ℕ°𝟘𝟛𝟘𝟡 – 𝔸𝕠𝕦𝕥 𝟚𝟘𝟙𝟚
« Tu sais, vivre avec ou sans mon père,
au point où j’en suis, ça serait pareil. »
Je me rends compte ô combien cette phrase est stupide et fausse. Au contraire, rien n’aurait été pareil. Je ne vivrais pas avec la culpabilité qui me ronge, un peu plus chaque jour, de lui avoir sauvé la vie, après ce qu’il nous a fait à ma mère et à moi. Je n’aurai pas eu en mémoire ces nombreuses scènes insoutenables pour un enfant, des mots qui transpercent le corps jusqu’à l’âme. Je ne vivrais pas avec cette personne, qui profite de chacune des faiblesses des personnes qui l’entourent pour les rabaisser, qui profite de chaque moment de bien-être pour tout gâcher et persécuter encore plus fort. Oui, c’est dur de se lever chaque matin, avec la boule au ventre, dans l’infime espoir qu’il vous reste qu’il ne fera aucun dérapage.
Que je vive avec ou sans lui, je n’aurai jamais connu l’amour d’un père. Aujourd’hui, je suis incapable de vous dire ce que c’est un véritable père, qui n’a pas juste un statut de géniteur. Certes, j’ai une personne qui vit chez moi, je connais mon père, alors que d’autres non, mais est-ce assez pour lui donner le nom de « père » ? J’ai une personne à détester, mais est-ce assez pour le considérer comme un père ? Non, croyez-moi. C’est inimaginable de pouvoir l’appeler « papa ».
















