Histoires de sexe(s) (2009) Ovidie, Jack Tyler

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Histoires de sexe(s) (2009) Ovidie, Jack Tyler
Extrait de La Dialectique du calbute sale, actuellement en librairies. 🩳 Une enquête d'Ovidie adaptée du podcast éponyme de Binge Audio avec Tancrède Ramonet, Maïa Mazaurette, Damien Mascret, Juliette Dragon, Diane Saint-Réquier, Caroline de Haas, Xavier de la Porte, Chloé Delaume, Judith Duportail et Usul.
NOTE DE LECTURE : La chair est triste hélas. Ovidie. 2023
Un livre coup de poing pour continuer à découvrir la littérature féministe. Je ne connais pas Ovidie autrement que par sa réputation sulfureuse d'ancienne star du porno, mais surtout pour ses derniers travaux et engagements féministes. C'est donc avec curiosité que je me suis procurée ce bouquin témoignage d'années d'abstinence et de son analyse de comment en être arrivée là. Et puis il y a ce titre "La chair est triste hélas" tiré d'un poème de Mallarmé dont je me souviens encore des premiers vers.
Un livre coup de poing, disais-je, puisque la violence du propos est tout d'abord insupportable, jusqu'à la nausée. Et puis le souvenir de mon propre vécu dans mes relations de couple, de ce rapport de force inévitable entre amour et mort. Violence physique avec les rapports sexuels non consentis / viols ordinaires et objectification du corps féminin, violence psychologique avec les rapports humiliants de soumission / dépendance au regard de l'autre mâle et assujettissement de l'esprit féminin à son désir à lui.
Un livre coup de coeur, finalement, puisque nous sommes de la même génération et que je partage sa position quant au féminisme dont je ne me revendiquais pas jusqu'à présent, mais qui fait tellement écho à mon ressenti de femme, aux thèmes qui me travaillent depuis toujours : féminité, identité, sexualité, et à la paix que j'ai trouvée depuis que je suis seule et libre, autonome et indépendante.
Merci à Ovidie et toutes les autrices qui nous accompagnent dans la démarche et sur le chemin, puisque je n'ai pas encore lu tous les livres...
"Certaines femmes vont jusqu'à s'appliquer du fond de teint et du baume sur les grandes lèvres, s'enfoncent des ovules pailletés pour mouiller telles des princesses, ou se font liposucer le pubis ou réduire les petites lèvres au laser. Quel enfer ! Et si ce n'était pas suffisant, on vend maintenant des douches vaginales astringentes qui resserrent les parois du vagin, pour que les hommes se sentent moins perdus à l'intérieur de nous, les pauvres. Tout est bon pour faire oublier que notre chatte n'a rien d'une fente imberbe et lisse de petites filles, que des fluides en sortent, que nous ne sommes pas des real dolls en silicone. Ils disent désirer les femmes, mais ils veulent en réalité des corps à peine formés à déflorer."
Ovidie, La chair est triste hélas, citée ICI par @les-cris-des-fendues
Voir aussi ICI, note de lecture de @petit-atelier-de-poesie
Mais être belle ne suffit pas, il faut surtout être bandante, comme si l'érection était le pôle d'orientation de notre existence. Nous sommes tyrannisées par notre quête désespérée et obstinée d'être au cœur du désir des hommes. Et cette quête est délétère, car elle nous condamne à n'être définies que par l'axe d'un désir extérieur, et à nous entre-jalouser. Je ne veux plus de ce rapport destructeur entre femmes. Je veux me réjouir de leur beauté et de leur réussite, qui ne me retire rien.
Ovidie, La chair est triste hélas
La Nuit Des Horloges (Jean Rollin, 2007)
"Emmanuelle, la plus Longue Caresse du Cinéma Français" documentaire de Clélia Cohen (2020) - autour du contexte socio-culturel post mai 1968 de la sortie du film érotique "Emmanuelle" du réalisateur-photographe Just Jaeckin et du producteur Yves Rousset-Rouard avec Sylvia Kristel et Alain Cuny (1974) tiré du roman "Emmanuelle" de la franco-thaïlandaise Marayat Rollet-Andriane sous le pseudonyme d'Emmanuelle Arsan - avec les participations des auteurs Ovidie et Marc Gaudin, de l’historienne Christine Bard et de la styliste Vanessa Bruno, août 2022.