MM. Lameth, Prieur, Rœderer, Roberspierre [sic], de Noailles et autres députés de l'Assemblée Nationale, et M. Reubell, président, ont parlé avec une force dont rien n'approche. Plusieurs d'entr'eux ont dit que les aristocrates de l'Assemblée comptoient sur une contre-révolution, que commençoit pour eux l'armée de Sainte Cécile*, qui s'étoit rendue à Carpentras, qu'ils appelloient leur armée, qu'ils disoient y avoir de bons généraux et de bons artilleurs ; que cette armée, après avoir réduit les Patriotes Avignonais [sic] et Comtadins, elle se porteroit dans les provinces Méridionales où elle seroit renforcée de tous les mécontens et continueroit la contre-révolution qui se propageroit dans le Royaume.
Lettre de Palun et Tissot, députés d’Avignon auprès de l’Assemblée constituante, à la municipalité d’Avignon, qui décrit la séance de la Société des amis de la constitution de Paris du 4 mai 1791, citée dans OMR, t. VII, p. 311.
*L’armée de Sainte-Cécile, évaluée à 6 ou 7.000 hommes, commandée par M. de Tourreau, avait en réalité été défaite le 19 avril et s’était dispersée [note des OMR].
Les OMR résument bien le contexte (p. 310) :
Le jour même, l’Assemblée nationale a rejeté l’art. 1 du projet de décret que lui avait soumis son Comité diplomatique, concernant la réunion d’Avignon et du Comtat à la France.
À la séance des Jacobins, les députés patriotes vont rechercher les moyens propres à reporter l’affaire devant l’Assemblée. [...]

















