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Les noms de famille valaisans sont francoprovencaux et remontent à l’époque romane pour la plupart. Tous ont une signification bien précise, ce qu'on a parfois tendance à oublier. De nombreuses familles portent des noms de métiers ou d'activités qui étaient pratiquées au Moyen-Âge, par le premier ancêtre commun qui fut ainsi désigné dans le village, en relation avec sa principale occupation.
Dans l’Entremont, les Carron de Bagnes sont des charrons, donc des fabricants de roues de charriots ; les Tissières (Orsières) évoquent les anciens tisserands, les tisseurs de textile ; les Moulin originaires de Vollèges doivent leur nom au métier de meunier, tout comme les Monnier d'Isérables, les Meunier du Bas-Valais et les Lugon-Moulin de Finhaut, qui géraient un moulin et broyaient des graines pour fabriquer de la farine.
Les Terrettaz du Levron et de Vollèges étaient des cultivateurs qui travaillaient et labouraient la terre.
Les Rouiller de Martigny-Combe et de Troistorrents sont d’anciens rouliers, donc des conducteurs de chars qui parcouraient les voies carrossables sur leur charriot pour effectuer des transports de porte à porte.
Dans le Valais Central, Mounir est celui qui s’occupe de la meunière, de la monneresse en francoprovençal, bief ou canal de dérivation conduisant l’eau au moulin.
Les familles Fournier de Salvan et de Nendaz nous parlent d’un temps où leur lointain ancêtre enfournait du délicieux pain dans un fournil, ancien nom donné à nos vieux fours à pain. Il en va de même des Fornage du Chablais valaisan, nom qui a la même signification d’enfourneur.
Les Praz, originaires de Nendaz, possédaient sans nul doute des prés, « praz » en francoprovençal régional.
Les Charbonnet étaient à l’origine des charbonniers qui fabriquaient du charbon de bois en calcinant du bois dans les profondeurs des forêts.
Les Pellaud de Bovernier et les Pellissiers du district de Sion étaient d’anciens fabricants de peaux, des pelisses comme on disait au Moyen-Âge, qui travaillaient donc habilement le cuir.
Les Schmid de Loèche étaient d’anciens forgerons, habiles à mettre en forme et battre le fer pour réparer les outils et fabriquer des objets utilitaires. Il en va de même des nombres familles valaisannes qui se nomment Favre (Isérables, Anniviers, etc.) ou Fabri (Liddes), formes francoprovençales du latin faber, « fabricant », nom souvent donné au forgeron du village.
Les Berclaz du district de Sierre travaillaient des bercles, nom francoprovençal donné aux treilles de vignes: ils étaient donc vignerons.
Les Bovier d'Hérémence sont d’anciens bouviers, donc des gardiens de bovins, de bovidés, des bergers de vache, du latin bos, bovis, « bœuf ».
Les Folloniers de Saint-Martin et Evolènaz activaient un foulon, donc un battoir mécanique où l’on « foulait » le chanvre et les fibres textiles, notamment le lin qui servait à fabriquer les draps et certains vêtements.
Les Mayor du Val d'Hérens doivent avoir un ancêtre qui assuma la fonction de « major », officier local de l’évêque qui habitait la "Majorie" du village et qui était chargé d’épauler le vidomne (vice-dominus, donc vice-seigneur) dans la gestion d’une contrée ou d’une communauté. C'était donc un officier épiscopal attitré à un lieu. Le mot latin major a d’ailleurs donné le mot français maire et le maire de Londres s'appelle officiellement le Lord-Major.
Les Métrailler du Val d’Hérens et les Métral de la région de Martigny portent également le nom d’une charge officielle, celle de Métral, sorte de chef de la police chargé de prélever les taxes et les amendes, et de faire respecter les lois dictées par le vidomne, représentant local de l’évêque de Sion.
Les Pannatier du Val d'Hérens étaient des pannisseurs qui cultivaient des céréales pour fabriquer du pain.
Les Sauthier de Chamoson portent également le nom d’une charge épiscopale, celle du Sautier chargé par le vidomne de la surveillance et de la gestion des forêts locales, de réglementer les coupes de bois et de prononcer les interdictions temporaires de pâturage (mise à ban). C'était le garde-champêtre du Moyen-Âge.
Les Chappot, originaires de Trient, étaient d’anciens bucherons qui exploitaient les forêts et coupaient les arbres avec une tsape, en tsapotant avec une ancienne hache à lame évasée en demi-lune. Les Tavernier de Martigny tenaient un débit de boisson, une ancienne taverne.
Les Pot et les Pottier du Chablais travaillaient l’argile en tant que potier, pour fabriquer des pots et des récipients qu’ils tournaient sur un tour. Quant aux Martinet et aux Martenet (Chablais valaisan), il s’agit sans doute d’anciens forgerons qui frappaient le fer au marteau, ou d’anciens possesseur d’un martinet, installation mécanique équipée de gros marteaux pilons.
Quant aux Magnin, il s'agit du nom francoprovençal désignant le rétameur qui passait de village en village pour redresser et réparer les casseroles.
La liste est longue et on pourrait mentionner bien d'autres noms.
Et vous? Avez-vous déjà réfléchi à la signification de votre propre nom de famille et à ce qu’il évoque?
Certains portent un nom renvoyant à un lieu ou à un accident du relief, d’autres parlent d’une fonction. Beaucoup remontent simplement à un prénom ou à un diminutif, comme on en attribuait autrefois dans les villages: ainsi les Michellod, Michelet, Aymon, Girard, Giroud, Vuilloud, Vouilloz, Reynard, Jean, Jeanneret, Jacquier, Jacquod, Richard, Hugon, Lugon, Oggier, etc.
On ne choisis pas son patronyme on l'héritie
Pourquoi changer de nom est-il si difficile?
Un récent article paru sur le site en français du Huffington Post met en lumière les difficultés qu'éprouvent certaines personnes dans la société, au quotidien, en raison de leur patronyme prêtant à sourire: Legros, Legras, Vilain, Baize, Crotte, Blerot, Gronichon, Vieil, Lehideux, Lelay, Petard, etc.
J'ignore en fait si ces noms existent ou pas, mais nous avons tous connu des gens dont le nom nous a fait sourire. Pourtant les personnes concernées semblent s'accomoder de leur sort. Ils connaissent l'histoire de leur famille et n'ont pas à en rougir. Certes. Mais ne s'agit-il pas là d'une inégalité criante? En effet, votre nom de famille vous conditionne dès votre naissance, de façon indirecte mais l'impact est réel, tout comme l'est ceux dont le nom de famille rappelle un illustre personnage ou une célebrité marquante. Et ne parlons pas des particules qui sont 250 ans apres la Revolution toujours une valeur sûre, que ce soit à l'école, à l'armée ou à l'embauche.
Bien avisé l'homme - ou la femme - politique qui mettra dans son programme une réforme de l'Etat-Civil, permettant à tous de modifier ne serait-ce qu'une, deux ou trois lettres de son nom pour en faire un mot plus neutre, évitant quolibets et discriminations diverses. Reste à organiser les archives, certaines personnes mal intentionnées pourraient en profiter pour se faire oublier de la Justice et disparaitre plus facilement.
Le fait que le changement de nom reste un parcours du combattant tient plus à notre bureaucratie malade qu'à une volonté de préserver l'existant pour des rasons de "sécurité". Pourtant, ces demandes pourraient faire l'objet d'un paiement en fonction du nombre de lettres par exemple. Avec un tarif de 1000€ par lettre, pour la publication au Journal Officiel, ce serait des millions d'euros de recettes pour l'Administration.
Et puisque la particule est (encore) à la mode, pourquoi ne pas la vendre? 20 000 euros pour rajouter à son un "de" ou un "du" et voilà que les recettes s'envolent. Reste à rajouter des cases sur les formulaires pour pouvoir inscrire des noms à rallonge!
De même, l'Administration française ne permet pas aux propriétaires de véhicules de choisir leur immatriculation, alors que c'est le cas dans de nombreux pays (Royaume-Uni, Belgique, USA...). Là aussi, ce sont des millions d'euros de manque à gagner.
Bref, le patrimoine immatériel de la France reste une ressource encore largement inexploité. question de "mentaliter" peut-être.
Patronyme pas trop juste
BLOG KELOU. Sam 04.07.2015, 14:58. MISE À JOUR. http://jfsaby.com/blogs/index.php/kelou/wC5 Article modifié. 1 PHOTO. Le maire de Pleumeur-Bodou vient d’être réélu président de l’association du Planétarium. Il a vraiment un nom qui n’est pas adapté. À votre avis, quel est son nom ? A - Pilote, B - Cosmonaute…
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