Pourquoi changer de nom est-il si difficile?
Un récent article paru sur le site en français du Huffington Post met en lumière les difficultés qu'éprouvent certaines personnes dans la société, au quotidien, en raison de leur patronyme prêtant à sourire: Legros, Legras, Vilain, Baize, Crotte, Blerot, Gronichon, Vieil, Lehideux, Lelay, Petard, etc.
J'ignore en fait si ces noms existent ou pas, mais nous avons tous connu des gens dont le nom nous a fait sourire. Pourtant les personnes concernées semblent s'accomoder de leur sort. Ils connaissent l'histoire de leur famille et n'ont pas à en rougir. Certes. Mais ne s'agit-il pas là d'une inégalité criante? En effet, votre nom de famille vous conditionne dès votre naissance, de façon indirecte mais l'impact est réel, tout comme l'est ceux dont le nom de famille rappelle un illustre personnage ou une célebrité marquante. Et ne parlons pas des particules qui sont 250 ans apres la Revolution toujours une valeur sûre, que ce soit à l'école, à l'armée ou à l'embauche.
Bien avisé l'homme - ou la femme - politique qui mettra dans son programme une réforme de l'Etat-Civil, permettant à tous de modifier ne serait-ce qu'une, deux ou trois lettres de son nom pour en faire un mot plus neutre, évitant quolibets et discriminations diverses. Reste à organiser les archives, certaines personnes mal intentionnées pourraient en profiter pour se faire oublier de la Justice et disparaitre plus facilement.
Le fait que le changement de nom reste un parcours du combattant tient plus à notre bureaucratie malade qu'à une volonté de préserver l'existant pour des rasons de "sécurité". Pourtant, ces demandes pourraient faire l'objet d'un paiement en fonction du nombre de lettres par exemple. Avec un tarif de 1000€ par lettre, pour la publication au Journal Officiel, ce serait des millions d'euros de recettes pour l'Administration.
Et puisque la particule est (encore) à la mode, pourquoi ne pas la vendre? 20 000 euros pour rajouter à son un "de" ou un "du" et voilà que les recettes s'envolent. Reste à rajouter des cases sur les formulaires pour pouvoir inscrire des noms à rallonge!
De même, l'Administration française ne permet pas aux propriétaires de véhicules de choisir leur immatriculation, alors que c'est le cas dans de nombreux pays (Royaume-Uni, Belgique, USA...). Là aussi, ce sont des millions d'euros de manque à gagner.
Bref, le patrimoine immatériel de la France reste une ressource encore largement inexploité. question de "mentaliter" peut-être.