HH : Helms accuse l'artiste qui est mort du Sida d'avoir été un pornographe et d'avoir prôné l'homosexualité. En automne de la même année, le climat politique s'était détérioré au point que le Congrès adopta une loi, proposée par Helms, interdisant au NEA de soutenir « des travaux qui, de l'avis du National Endowment for the Arts ou du National Endowment for the Humanities, pourraient être considérés comme obscènes et qui comprenaient (non exhaustivement) les représentations de sadomasochisme, d'érotisme homosexuel, d'exploitation sexuelle des enfants, ou d'individus se livrant à des actes sexuels... ». (C'était la première fois depuis le début du NEA en 1965 que des critères politiques étaient imposés aux délibérations des jurés professionnels, qui jusque-là étaient les seuls à juger les demandes d'aide des institutions et des artistes).
En bon démagogue, Helms annonça que ceux qui voteraient contre sa loi de censure, seraient accusés dans des spots télévisés (lors de la campagne électorale) d'être pour la subvention publique de la pornographie.
Pierre Bourdieu & Hans Haacke, Libre-échange, Paris, Seuil / Les presses du réel, 1994, p. 14.