Une autre p’tite narration, trois ans après. Début Octobre.
Sur une autre planète. C’est là où j’ai l’impression de déambuler après cette dure et laborieuse soirée au Qkaff. Les rues vertes et dorées de la Neustadt sont calmes, on discerne de rares bribes de voix, le bruissement des feuilles, quelques voitures. Après deux trois heures de sommeil, mes pas me guident au hasard. J’ai comme l’impression de découvrir la ville pour la première fois, je flotte au dessus du sol, éthérique. Je m’efface du paysage, comme pour mieux l’absorber.
Bukafski, Buchhandlung und Café, Marmorkuchen und Cacao. Les clients étaient difficiles. Autour de leurs personnes, un nuage d’arrogance leur collait à la peau. La certitude bien ancrée sur leurs visages lisses, d’être de l’ordre de l’exception, des humains supérieurs, telle un masque de carneval montrait les dents, et transformait le bar et ses alentours en un enfer enjoué.
J’ai faim. Ich gönn’s mir. Hier et aujourd’hui sont magnifiques, c’est un étrange mélange quelque peu séduisant ; les liquides s’entremêlent en de nouvelles couleurs.
(...)
Je n’ai plus de voix sans avoir haussé le ton. Les éclats de rire sont comme des nuées d’oiseaux qui s’échappent du coeur.
(...)
C’est pour ses journées là, ces moments figés dans l’espace que je suis ici. L’univers stays still, reprend son souffle étalé sur un milliard d’années. Je sens la force tranquille du monde autour de moi, en moi, en nous tous.
Les mots du mémoire pleuvent sur les feuilles vides, certains s’accrochentet demeurent, d’autres glissent dessus, certains vascillent d’un perchoir trop instable.
Des flaques, des lacs de pensées se forment et un sentiment de fierté m’emplit. Dr. M. Sa présence bienveillante m’enveloppe, clin d’oeil, avant de se fondre dans la constellation à sept étoile du monde. Ses paroles un baiser, digne d’une Fur Queen.
Boum boum. Quelque chose à propos du pouls de l’univers. Boum. Quelque chose à propos du sang dans mes veines. Boum. Quelque chose qui, boum, ouvre mes yeux plus grand, diffuse la lumière d’aujourd’hui dans les diamants, les chutes d’eau inneffables d’il y a peu. Si loin, si proche.
C’est une belle journée pour exister.
Il me pousse l’envie de toute part, comme une nouvelle fourrure, d’offrir mes mots à tous les êtres chers. J’aimerai que l’espace d’un instrant, ils voient le monde et se voient ieux au travers des pupilles de mon esprit délicieusement malade, ivre.
Des timbres à 0.01.
















