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Spirit Island... Lac Maligne... Parc national Jasper Colombie Britannique... Rocheuses canadiennes... . Wenderik.ch . . . . #wenderik #spiritisland #jasper #rocheuses #Canada #colombiebritanique #maligne #lacmaligne #spirit https://www.instagram.com/p/CXY9MJEqhYc/?utm_medium=tumblr
Feux de forêt
Quand tout est dévasté, on ne voit que les troncs calcinés, les épines brulées. On ne perçoit qu’un paysage fantomatique, où s'alignent des arbres noirs et décharnés. Il peut faire beau, tout semble mort. Il est alors compliqué de remarquer, dans cette immensité si abrupte, les prémices du renouveau. Il est difficile de concevoir que la forêt ait besoin d’être ravagée pour se recréer.
Si j’ai appris une chose de mon voyage au Canada, c’est que la vie nait des cendres. Ces feux qui dévorent sont indispensables au renouveau. La nature est résiliente et se nourrit de ses blessures pour exister, et se réinventer. Là-bas, j'ai appris que ce qui nous enflamme et nous consume sert à restaurer l’équilibre.
Aujourd’hui, j’entends le grincement du feu, le crépitement de la sève au contact de la chaleur, le craquement des troncs qui se brisent. Il y a de la lumière, mais elle brule. Il y a de la chaleur, mais elle tue. Plus qu’un feu de cheminée réconfortant, c’est tout à l'intérieur de mon être qui semble s’embraser. Je consomme les dernières gouttes de ma sève, et j’espère. J’attends de trouver les germes de vie. Je patiente, lasse, et je nourris l’envie de sentir à nouveau l’odeur suave des épines qui poussent ; il me tarde d'apercevoir l'ombre délicate de mes branches, d'entendre le bruit des sous-bois ; j’aspire à habiter une forêt en pleine santé, forte de ses épreuves, grandie, assainie. Et d’incarner ce terrain guéri qui abrite la vie.
Vidéo des Rocheuses, partie 3
Et on ferme ce long chapitre Rocheuses avec la dernière vidéo sur notre séjour au Canada ! La première vidéo se trouve ici, et la deuxième là.
Les Rocheuses
Waouh! De tous les paysages traversés, celui des majestueuses Rock Mountains est le plus fascinant. On passe des roches rouge sang à des forêts de sapin, puis de canyons dignes des western à des zones désertiques. Ce soir nous nous sommes arrêtés pour dormir dans un motel typique au bord du Colorado. C’est magnifique mais infesté de moustiques.
Rocheuses 2019, jour 16 à 20
Merci à Tourisme Alberta de nous avoir fait découvrir le Studio Bell !
Le dimanche 9 juin, après un petit-déjeuner à notre hôtel de Whitefish, nous nous mettons en quête d’une pizza à emporter en prévision du déjeuner qui se fera sur la route. Manque de pot, la pizzeria que nous avions repérée n’est pas encore ouverte. On part se promener dans la jolie rue commerçante, et on repère la crêperie « Amazing Crepes » chez qui on se rabat finalement. Une fois nos crêpes sous le bras, après une longue attente, on reprend la route.
On rentre à nouveau dans Glacier National Park, cette fois-ci par l’Ouest, et on s’arrête à Agpar. Nous nous installons pour pique-niquer au bord du Lake McDonald et on déguste nos délicieuses crêpes qui valaient bien l’attente. Mention spéciale à la brie pesto épinards, et encore plus à la succulente poire gorgonzola amandes toastées ! Le cadre lui aussi est magnifique, mais la pluie nous force à regagner notre voiture. Nous roulons jusqu’à Avalanche, point du parc où la route Going-to-the-Sun road est fermée. En route on s’arrête rapidement à Lake McDonald Lodge puis Sprague Creek, mais Lou dort à l’arrière donc je pars juste faire quelques photos et profiter brièvement de la vue sans m’attarder.
De retour à West Glacier, on fait quelques achats souvenirs, et on se prend une pizza pour le soir avant de regagner l’hôtel où nous étions deux nuits plus tôt. Le ventilo menaçant est encore là mais cette fois-ci on le rend amical en disant à Lou que c’est inoffensif et qu’elle peut le voir comme un copain qui lui fait coucou, elle se prête au jeu et sera bien plus rassurée cette nuit-là.
Le lundi nous repassons la frontière USA-Canada et faisons la route retour jusqu’à Calgary. On scinde le trajet en deux en s’arrêtant à Cardston manger dans un Subway. Au total on roulera près de 5h ce jour-là, avec quelques embouteillages près de l’aéroport. On rend notre voiture puis on prend le bus jusqu’à notre motel, dans l’Ouest de la ville. Le premier jour de route on avait repéré un éclat dans le pare-brise, qui était sans doute là avant nous mais n’avait pas été noté dans le contrat, et un deuxième éclat a été fait quelques jours plus tard à cause de cailloux sur la route. Nous n’avions pris que l’assurance de base sur la voiture (en plus de celle fournie par notre carte bancaire) donc nous étions un peu stressés à l’idée de la rendre, mais ils n’ont rien remarqué ou n’en ont pas tenu compte, ouf ! Une fois au motel, on fait quelques courses au Safeway, puis on complète avec les restes que nous avions, histoire d’alléger nos sacs, maintenant que nous n’avons plus de voiture.
Il nous reste 2 journées entières à profiter de Calgary avant de rentrer en France. Le mardi on prend un bus pour downtown. On se balade sur St Patrick’s Island, petite île-parc qui était encore en travaux quand nous étions partis en 2015. On déjeune dans un Tim Horton’s puis on continue notre marche jusqu’à Prince Island Park, une autre île-parc, puis jusqu’au Core Center, un centre commercial du centre-ville. Là on fait une pause aux Devonian Gardens, des jardins intérieurs au dernier étage du centre, puis on fait quelques magasins de souvenirs sur Stephen Avenue avant de rentrer au motel.
Le mercredi, on quitte notre motel, j’ai pris un autre hôtel proche de l’aéroport pour le soir même. On retourne au centre-ville, je repasse dans mon ancien bureau du journal Le Franco, au sein du Conseil de Développement Économique de l'Alberta, puis on déjeune au Sunterra tout proche, un supermarché plutôt hipster qui propose beaucoup de choses en traiteur.
On visite ensuite le Studio Bell, le musée national de la musique, qui a ouvert quelques années plus tôt. Il nous a beaucoup plu, on découvre la musique canadienne sous plusieurs facettes, son histoire, les instruments, le pouvoir de la voix, ses artistes, etc. La visite est interactive, on a ainsi pu tester notre tessiture et découvrir que je suis soprano et Rémy baryton, ou encore essayer guitare et batterie. Il y a aussi un coin où les enfants peuvent tester des instruments, Lou était tellement enthousiaste qu’elle en a zappé son habituelle sieste en porte-toddler !
Nous sommes ensuite allés à notre dernier hôtel du séjour, avons fait un petit tour au Michael’s tout proche, un magasin d’arts créatifs, puis nous avons dégusté les délicieux burgers du restaurant de l’hôtel. On tente de se coucher tôt pour être frais pour les vols du lendemain mais c’était sans compter une intervention des pompiers à notre étage. Ils portent des masques à gaz et font fonctionner des machines bruyantes, on demande s’il y a une fuite de gaz mais ni les pompiers ni l’accueil de l’hôtel ne voudra nous répondre. La nuit sera donc stressante et courte.
Le 13 juin, dernier matin sur le sol canadien, on se lève à 6h pour avoir le temps de profiter du buffet petit déjeuner très complet de l’hôtel puis on prend un shuttle jusqu’à l’aéroport. Le premier vol, d’un peu moins de 4h, se passe bien. Pendant l’escale à Toronto, Lou fait une petite sieste dans mon dos, ce sera la seule du trajet retour. Sur le deuxième vol on est bien installés avec une rangée pour nous 3 (en n’ayant payé que 2 sièges), l’avion est spacieux et agréable, mais Lou pleure les 30 premières minutes sans que l’on comprenne pourquoi. Les 7 heures suivantes du vol se déroulent bien, elle ne dort pas mais on arrive à l’occuper, on sympathise même avec une hôtesse de l’air qui a une fille du même âge. Lou pleurera à nouveau un petit peu à l’atterrissage puis s’endormira dans la foulée dans les bras de Rémy. Elle ne se réveillera que... 7h30 plus tard ! On fera nous aussi une sieste de presque 4 heures en arrivant chez nous, pour faire face au jet lag.
Et voilà la fin du récit de nos 3 semaines dans les Rocheuses canadiennes et américaines ! Je fermerai bientôt ce chapitre avec une dernière vidéo, puis je ferai un article spécifiquement dédié à la logistique d’un voyage comme celui-ci avec un enfant de 2 ans.
Vidéo des Rocheuses, partie 2
Voici la deuxième partie de notre voyage canadien en vidéo ! La première partie est à revoir ici
Rocheuses 2019, jour 10 à 15
Merci à Parcs Canada de nous avoir offert une Carte d’entrée découverte, à Banff & Lake Louise Tourism pour l’Alive Pass, et à Bear Mountain Motel de nous avoir hébergé !
Le lundi 3 juin, nous avions initialement prévus d’aller à Miette Hot Springs, une source chaude naturelle, située à 1h de Jasper. Mais on décide de s’épargner un peu de route, surtout qu’on a déjà prévu d’aller à la source chaude de Banff le lendemain. Le temps n’est en plus pas au beau fixe, il pleut des cordes, on en profite pour aller laver nos vêtements à la laverie. Mais ce n’est pas n’importe quelle laverie, Coin Clean Laundry propose un café, des fauteuils et canapés, des livres et même des ordinateurs, pour passer le temps pendant que le linge tourne. On se pose donc avec une boisson chaude en attendant de récupérer nos vêtements propres et relativement secs.
En rentrant à notre logement je passe me prendre un French Vanilla (café à la vanille) chez Tim Horton’s, avec un supplément sirop de framboise, une idée de boisson qui m’avait été un jour soufflée par Kenza du blog Cups of English Tea, et que j’avais pris l’habitude de boire quand nous vivions à Calgary. Une vraie madeleine de Proust, c’est toujours aussi délicieux !
L’après-midi le temps s’est un peu éclairci et nous en avons profité pour se promener autour des petits lacs qui bordent la ville de Jasper. On a commencé par le Lake Annette, et pendant que Lou faisait sa sieste habituelle en porte-toddler nous avons poursuivi par le Lake Edith. Deux très jolis lacs, où nous étions absolument seuls au monde. Sur le chemin du retour vers la voiture nous sommes tombés nez à nez avec un wapiti en pleine pause déj (je n’étais pas hyper rassurée), puis avant de rentrer nous avons fait un tour au Lake Mildred, au bord de l’hôtel Fairmont. Le soir le nom du restaurant « Lou Lou’s » nous a fait de l’œil et nous y avons pris poutine et burger pour célébrer notre dernière soirée à Jasper !
Le lendemain, nous avons repris la route vers le Sud, quittant Jasper à regret. Après 2h de route nous nous sommes arrêtés où nous pouvions, sur le parking d’une auberge de jeunesse située au milieu de nulle part, Rempart Creek. Après notre pause casse-croûte nous avons continué de rouler jusqu’à Banff. Grâce à l’Alive Pass qui permet de faire plusieurs activités autour de Banff, nous avons pu visiter Cave and Basin, une grotte où se situe un bassin d’eau chaude sulfureuse naturelle. C’est pour cet endroit qu’a été créé le Banff National Park, premier parc national du Canada. Il n’est pas possible de s’y baigner ni même d’y plonger la main, pour préserver les physes qui y vivent, de minuscules escargots en voie d’extinction. Bon à savoir, si vous avez la Carte d’entrée découverte des parcs nationaux, vous pouvez visiter Cave and Basin sans payer de supplément.
Nous avons ensuite profité de notre Alive Pass pour faire un tour en Banff Gondola, un téléphérique qui monte jusqu’en haut du Mont Sulphur, puis une baignade dans les Banff Upper Hot Springs, dans une eau naturellement à 38 degrés.
Nous reprenons ensuite la route jusqu’à Canmore où nous passerons la nuit. Nous passons dans le Safeway de la ville pour acheter de quoi manger, et immédiatement nous nous mettons à avoir des quintes de toux et beaucoup de mal à respirer, autour de nous les gens toussent également, certains sont pliés en deux. Nous avançons vite à l’autre bout du magasin mais c’est encore pire, alors nous en sortons vite ! Asthmatique, je suis obligée d’utiliser ma Ventoline plusieurs fois pour retrouver une respiration normale. Nous ne savons pas du tout ce qu’il s’est passé dans ce magasin, peut-être quelqu’un avait-il actionné sa bombe à poivre anti-ours ?
Le mercredi 5 juin, nous faisons les courses que nous n’avons pas pu faire la veille, avant de quitter Canmore. Nous prenons la direction du Sud et notre GPS nous envoie sur la route 40, malheureusement pour nous une portion de cette route est fermée pendant encore 10 jours, nous empêchant d’aller plus loin. Nous devons faire demi-tour et prendre un autre chemin.
Nous nous arrêtons au Ranch Bar-U, le seul ranch du Canada classé parc national. Le lieu est vide de touristes et sans doute méconnu, mais quelle belle découverte nous faisons là ! Ce qui devait être juste une pause rapide sur la route se transforme en visite de 2 heures où nous découvrons le vrai Far West canadien.
Nous sommes chaleureusement accueilli par Myriam, guide francophone, qui est plus que ravie de pouvoir parler français avec des visiteurs. De ce qu’elle nous dit, il n’y a jamais de francophones qui viennent visiter le ranch, nous sommes les deuxièmes qu’elle voit en 10 ans ! Elle nous offre le café et le thé, préparés au feu de bois, puis nous raconte l’histoire des ranchs du 19ème siècle. C’est passionnant, on termine par un petit tour en carriole et il est déjà temps de repartir, de la route nous attend. Mais nous sommes très frustrés de ne pas avoir pu prendre davantage le temps de visiter ce ranch !
Deux heures plus tard nous arrivons à Waterton Park, au Bear Mountain Motel, où un joli comité d’accueil nous attend sur le parking : des biches !
Le jeudi nous nous réveillons avec la pluie. Pour la première fois de notre séjour nous avons froid. Optimistes, nous partons tout de même visiter le parc mais nous sommes bien vite freinés dans notre enthousiasme : une partie du parc a brûlé dans un incendie en 2017, le Kenow Fire, et la plupart des routes et points de vue sont fermés. Nous nous rappelons avoir vu des bisons sauvages à l’entrée du parc la première fois, nous nous y rendons donc, mais là encore on fait chou blanc, ils ont été transférés ailleurs après l’incendie. Nous verrons juste un jeune coyote par la fenêtre de la voiture.
Nous retournons manger dans notre chambre puis l’après-midi on visite le village de Waterton sous la pluie. On mange une queue de castor pour se donner des forces puis l’on grimpe jusqu’au Prince of Wales Hotel, un hôtel majestueux datant des années 1920 et surplombant les lacs du parc. Il y a énormément de vent pour monter au sommet de la colline, mais nous sommes encouragés par des ground squirrels qu’il y a un peu partout, des « écureuils » ressemblant à des petites marmottes et qui vivent sous la terre. Une fois à l’hôtel nous faisons un tea time avant de rentrer au motel, toujours sous la pluie.
Le vendredi 7 juin, nous déjeunons dans le parc au bord d’un ruisseau puis nous quittons Waterton. Rapidement nous arrivons à la frontière entre le Canada et les États-Unis. Nous n’avons plus d’ESTA valides donc la procédure est un peu longue, le temps de remplir de la paperasse pour nous 3 et de payer nos 6 dollars chacun. Et ça y est, nous voilà dans le Montana ! Lou rentre pour la première fois sur le sol états-unien. Le but de la journée est de rouler dans l’est du Glacier National Park sur la Going-to-the-Sun Road jusqu’à Jackson Overlook, point où la route qui traverse le parc est fermée à cette saison de l’année. La pluie est encore avec nous, nous empêchant de vraiment profiter des points de vue, et arrivés à Jackson c’est même de la neige qui s’abat sur nous ! On rebrousse chemin pour aller à notre hôtel nous réchauffer.
Le samedi, le réveil est un peu dur. La nuit a été compliquée, au plafond de notre chambre se trouve un gros ventilateur en bois foncé dont Lou a eu très peur, et le bruit des trains qui klaxonnent nous ont dérangés toute la nuit. Il pleut à nouveau, et pas qu’un peu, décidément ! On ne tente même pas d’aller à Glacier, nous n’en profiterons pas dans ces conditions. À la place on se rend à Kalispell, une ville de taille moyenne, pour aller dans une zone commerciale. Nous mangeons mexicain puis nous filons découvrir l’enseigne Target ! C’est une institution de la grande distribution aux États-Unis, mais bizarrement nous n’en avions encore jamais fait. Target vend un peu de tout, des vêtements, de la décoration, des jouets, des cosmétiques, mais aussi un peu de nourriture. On découvre aussi Murdoch’s, enseigne de bricolage et loisirs extérieurs, où sont notamment vendues... des armes à feu !
On reprend ensuite la route, toujours humide, jusqu’à la station de ski de Whitefish où se situe notre hôtel du soir, le Kandahar Lodge, dans le genre chalet majestueux ! On apprécie grandement le côté cozy du lieu (cela donne très envie d’y retourner en hiver), et on profite allègrement du feu de cheminée du lobby.