Ken Ikeda / Roger Turner, an Asura in Spring, (CD – Edition of 200, Digital album), ftarri-945, Ftarri, 2024

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Ken Ikeda / Roger Turner, an Asura in Spring, (CD – Edition of 200, Digital album), ftarri-945, Ftarri, 2024
“Notting Hill Carnival Girl” by Roger Turner.
POST-SCRIPTUM 802
JEAN-FRANÇOIS PAUVROS / GABY BIZIEN, No Man's Land, SouffleContinu records
Que ce soit pour le label Palm, ou pour Un-Deux-Trois, l'on doit à Jef Gilson d'avoir produit certains des meilleurs disques français de free jazz et d'impro. Mais ce n'est pas tout : on lui doit également d'avoir offert des conditions d'enregistrement idéales permettant à de jeunes talents d'éclore, parmi lesquels Daunik Lazro, André Jaume et Jean-François Pauvros, tous trois ayant réalisé sur l'un ou l'autre label leurs premiers enregistrements – et quels enregistrements !
Signé par Jean-François Pauvros (guitare, mais pas que) en compagnie de Gaby Bizien (batterie, percussions, trombone aquatique, balafon, appeaux), et donc produit par l'audacieux Jef Gilson, le bien-nommé No Man's Land n'a guère d'équivalent en France (et dans le monde) quand il sort en 1976. Radical, libre, primitif, intemporel : il est à l'image de leurs auteurs, qui ne figurent pas pour rien dans la liste d'influences majeures concoctée en 1979 par Nurse With Wound. Ici le vertige des sens ne s'étiquette pas vraiment : tout en fulgurances et jaillissements déchirés, il grouille de crachotements et de scories – de mystère et de vie.
Disons-le tout net : No Man's Land est LE grand disque d'impro français. À tel point qu'on peine à le croire surgi de nulle part, imaginant forcément ses deux signataires au courant des dernières avancées de la Music Improvisation Company britannique avant de réfléchir à une réplique. Pas du tout ! À en croire les intéressés, ces expérimentations étaient menées dans leur coin, quasiment en secret, dans l'ignorance totale des travaux de l'avant-garde liée à l'improvisation ! Au contraire, ce n'est qu'après la sortie de cet album que Jean-François Pauvros et Gaby Bizien prirent conscience d'une mouvance aux préoccupations proches !
C'est dire le degré d'inventivité de ce disque, que l'on rapprochera volontiers d'autres grands duos du même genre, tels Derek Bailey / Tony Oxley, Fred Frith / Chris Cutler, John Russell / Roger Turner ou Gary Smith / John Stevens… La variété d'un poly-instrumentisme spécifique et débridé joue toutefois en faveur des Français !
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Whether it is with the label Palm, or for Un-Deux-Trois, Jef Gilson has produced some of the best albums of French free jazz and improvisation. But that's not all: he also offered perfect recording conditions enabling some of the fresh young talent to emerge, including Daunik Lazro, André Jaume, and Jean-François Pauvros, all three of whom released their first recordings on one of those labels.
Recorded by Jean-François Pauvros (guitar, but not only...) alongside Gaby Bizien (drums, percussion, aquatic trombone, marimba, bird calls), and, of course, produced by the audacious Jef Gilson, the appropriately named No Man's Land had virtually no equivalent in France (nor worldwide) when it came out in 1976. Radical, free, primitive, timeless: in the image of the musicians, it is not for nothing that it appears in the famous Nurse With Wound list of major influences concocted in 1979. No label can be placed on this vertiginous sensory adventure: an explosive flow of shrapnel and tearing intensity, full of mystery and life.
To be clear, No Man's Land is the key recording of French improvisation. So much so that it is difficult to imagine it coming out of nowhere, the two musicians must surely have been listening to the latest forays of the British Music Improvisation Company and decided to reply in their own way. But not at all! If you believe what the protagonists have to say, these experiments were carried out in secret isolation, and with a total lack of awareness of everything that was going on in the avant-garde of improvised music. Indeed, it was only after the album was published that Jean-François Pauvros and Gaby Bizien learned that there was a movement going on with similar ideas.
That tells us something about the level of invention of this album, which comfortably bears comparison to other similar duos such as Derek Bailey and Tony Oxley, Fred Frith and Chris Cutler, John Russell and Roger Turner, or Gary Smith and John Stevens... The Frenchmen were well served by their unbridled variety and poly-instrumentalism.
( John Stevens, par là, by there )
POST-SCRIPTUM 726
AGITATION FRITE 2 : ME PROMENER DANS MON PROPRE PAYSAGE
Agitation Frite 1, Témoignages de l’underground français est donc sorti chez Lenka lente. Un second volume est en préparation. La forme en est la même : un peu moins d’une quarantaine d’entretiens dont la plupart, cette fois, sont inédits. On en trouvera ici des extraits, régulièrement. Par exemple, Didier Lasserre (Free Unfold Trio, Nuts, Snus, Amor Fati, Ici en deux, Pourtant les cimes)…
EXTRAIT…
Ton kit de batterie a-t-il toujours été aussi dépouillé qu'aujourd'hui ?
Non, au début j'avais une batterie dite complète. Cela m'arrive encore parfois aujourd'hui, tout dépend des personnes avec qui je joue. J'adapte chaque fois, si possible, le matériel aux besoins – et c'est parfois difficile de savoir ce dont on aura besoin... Comme me le disait un jour Roger Turner, la batterie est un instrument qui n'est « jamais fini »… Donc, qu'est-ce qu'une batterie complète ? Et comme le disait Max Roach, la batterie n'est pas un instrument, mais un orchestre... Donc, qu'est-ce qu'un orchestre complet ?
Ton kit actuel correspond à un jeu débarrassé de tout superflu. Parmi les pionniers de la batterie, en est-il qui t'ont inspiré ? Connais-tu, par exemple, l'album Talking And Drum Solos de Baby Dodds édité par le label américain Folkways au début des années 1950 ?
Oui, je connais ce disque, que j'aime d’ailleurs beaucoup. Dans cet esprit de disque consacré à la batterie, celui de Papa Jo Jones, The Drums, est une merveille. J'adore Jo Jones, et aussi Denzil Best, qui faisait vivre la musique avec presque rien, comme Kenny Clarke sur certains disques. Et puis Jo Jones est attaché à la musique de Lester Young, le « Président », mon musicien favori avec Morton Feldman.
Et parmi les batteurs plus « modernes » ? Ichnos de Tony Oxley par exemple, ou le Solodrumming de Fritz Hauser, sont-ils de disques importants pour toi ?
J’aime beaucoup Tony Oxley (même si je ne connais pas ce disque) : j'aime surtout quand il joue « aéré », avec Bill Dixon par exemple. Fritz Hauser : je l'ai vu en solo à Mulhouse, très impressionnant, même si trop « parfait » pour moi ! J'aime aussi Paul Lytton : il swingue ! Et Paul Lovens : là aussi, quand il joue aéré, c'est merveilleux.
Et en dehors des batteurs de jazz, y en a-t-il qui t'aient marqué ?
À vrai dire, même si je peux en apprécier certains, ce sont surtout les batteurs de jazz qui m'ont marqué (quelques-uns tout du moins), tout d'abord pour leur qualité de son, leur écoulement du temps, leur poésie parfois.
Qu'est-ce qui t'attire plus particulièrement chez Lester Young et Morton Feldman au point que tu les lies ?
La douceur.
Peut-on dire qu'une certaine douceur caractérise notamment ton jeu ? Jeu par ailleurs très aéré, où le silence revêt une grande importance...
J’aimerais que l'on puisse dire cela... je l'espère.
Qu'est-ce qui t'amène à jouer de la batterie ? Pourquoi avoir choisi cet instrument plutôt qu'un autre ?
J’ai choisi la batterie car il me semblait que cela n'était pas trop difficile – tout du moins au début ! À ajouter au fait que j'ai toujours eu, aussi loin que je remonte dans mes souvenirs, une oreille pour ça. Et encore maintenant, avec peu de moyens, je trouve que c'est un instrument qui donne beaucoup. Certains musiciens se plaignent de leur instrument, je trouve pour ma part que quand il y a un souci avec un instrument, c'est en fait avec le musicien qu'il y a un problème (je commence par moi). Mais au-delà de ça, c'est la poésie que peut générer la percussion qui me plaît – et en fait, c'est la poésie tout court qui m'intéresse…
Quels seraient selon toi les grands poètes de la batterie et des percussions ?
« Ne cours pas après la poésie. Elle pénètre toute seule par les jointures » disait Robert Bresson. Peut-être les grands poètes de la batterie n'ont-ils pas cherché à l'être. Kenny Clarke voulait être seulement un bon accompagnateur. Mais veux-tu des noms ?
Pourquoi pas ? Kenny Clarke donc... L'on peut d'ailleurs imaginer qu'aux balais il t'ait influencé, mais qui d'autre encore ?
C’est un peu difficile pour moi de répondre à cette question, car en ce moment je me sens assez détaché de cet instrument, je me sens de plus en plus « percussionniste » même si ce terme n'est pas forcément satisfaisant. C’est un peu aussi comme si une page se tournait. Bien sûr je peux te citer beaucoup de batteurs que j'admire en plus de ceux que je viens d’évoquer, mais j'essaye tellement, en ce moment, de « me promener dans mon propre paysage » (pour reprendre De Kooning), que c'est un peu étrange pour moi de parler de tout ça !
Tu te vois désormais plus dans l’implicite que dans l’explicite ? Quel est ton « paysage actuel » ?
Disons que je m'intéresse à l'ombre (la percussion peut être terriblement « brillante »). Disons que j'aimerais..., ..., ...
( Tony Oxley, par là )
Fred van Hove & Roger Turner - Live @ Instants Chavirés 19/01/2017
The Ferals, 'Ruff' LP (Leo Records)
Saturday, January 15, 2022, 7:13pm (full listen)
It kinda doesn't get any better than this, as far as free improv goes, especially from the so-called "second generation" of British Improvisers. This disc is fully on par with some of the first gen stuff like Music Improvisation Company, some of the key early Spontaneous Music Ensemble recordings, and other second gen stuff like Alterations and the Bead Records albums. Roger Turner is chameleonic on this, utilizing a seemingly endless array of percussive objects, Hugh Davies really knows how to tuck himself into a group (like he did in MIC), and Alan Tomlinson is such a an amazing foil for Phil Minton's strangulated vocalizations; what a group.