Protection de l’écosystème mangrove
Des clubs scolaires pour l’environnement impliqués dans le delta du Saloum
Foundiougne : La commune de Mbam, a abrité samedi (22 juin 2019), un forum de capitalisation des activités 2018-2019 du réseau des clubs environnement mangrove du Saloum. Cette rencontre de Mbam rentre dans le cadre du nouveau programme lancé en septembre 2017 par l’Ong Wetlands international en vue de consolider ses acquis en matière de protection de l’écosystème mangrove. Ainsi, le forum a regroupé les différents encadreurs des clubs scolaires des différents établissements élémentaires qui ont été ciblés dans le cadre d’un partenariat noué entre l’Ong Wetlands international et l’Inspection d’Académie de Fatick. Ceci selon Babacar Diouf, chargé des programmes dans le delta « pour faciliter le passage à l’échelle de l’ensemble des expériences qui ont été déroulées dans la conservation et la régénération de la mangrove ces dernières années ».
La mise en place des clubs scolaires découle de cette dynamique de capitalisation des activités de protection de la mangrove dans le delta à travers le réseau des clubs environnementaux. La zone est riche de ses 55 000 ha de mangrove mais sur lesquels 2000 ha ont subi les conséquences de dégradation et de perte des fonctions de frayères, d’habitat et de niche écologiques liées à la main de l’homme.
A travers le partenariat noué entre l’Ong Wetlands international et l’Inspection d’Académie de Fatick, les deux parties veulent ainsi inverser la tendance en impliquant les jeunes enfants dès le cycle élémentaire.
Un réseau de 27 clubs environnement mangrove
Le réseau, nous informe M. Youssou Sané, le coordonnateur, « est riche de ses 27 clubs scolaires composés chacun d’une trentaine de membres, (du CI au CM2) à partir d’une sélection rigoureuse basée sur les bons résultats des élèves qui ont une moyenne supérieure à 7. Donc un club d’excellence qui déroule chacun dans sa zone, un plan d’action basé sur une bonne connaissance par les enfants de cet écosystème de mangrove et sa biodiversité ».
Car, dans le delta du Saloum les populations vivent dans un environnement qualifié d’un si beau trésor que la majorité des populations riveraines ignore l’importance. Et dont il convient aujourd’hui de sensibiliser davantage ces populations en impliquant les élèves de l’élémentaire pour les amener à mieux cerner les bienfaits que procure la mangrove indique l’enseignant à la retraite, Babacar Dieng qui travaille en étroite collaboration avec l’organisation Westland.
D’autant que, dans le domaine socioéconomique, l’exploitation des ressources de mangroves joue un important rôle de rempart des moyens d’existence des populations côtières. Ce, à travers la cueillette des huitres et autres produits halieutiques qui ont fini de faire des mangroves leur refuge. Aussi, il faut noter les biens et services que la mangrove procure et qui ont fait naître des intérêts divergents, il s’y ajoute une gestion sectorielle qui constitue également un obstacle du fait de l’implication de plusieurs acteurs au niveau étatique rendant difficile les mesures de conservation.
Partage des bonnes pratiques
Les activités déroulées depuis la mise en place des clubs ont commencé à porter leurs fruits. Lors du forum, il a été beaucoup question du partage de bonnes pratiques et des acquis des clubs mangrove souligne Youssouf Sané. Aussi, ajoute-t-il « des perspectives pour l’année 2019-2020 ont été identifiées et nous envisageons le tournage d’un documentaire vidéo sur le réseau des clubs mangrove et dont il s’agira de répondre aux principales questions liées aux actions sur le terrain, les moments et les activités clés, les grandes avancées en termes de succès tout en occultant pas les difficultés et les leçons apprises ». En tout cas, cette initiative de collaboration entre l’organisation Westland International et l’inspection d’Académie de Fatick pour intervenir dans le Delta du Saloum est salutaire en ce sens qu’elle cible les enfants des écoles pour les inciter à mieux connaitre cet écosystème et sa biodiversité. Et, pour la suite préconiser des stratégies de sauvegarde dont le but visé est surtout de former le citoyen de 2024 qui sera soucieux de son environnement de mangrove.
Education environnementale
24 élèves du club environnement de l’école 2 de Mbam primés
En marge du forum de capitalisation des activités 2018-2019 du réseau des clubs environnement mangrove du Saloum, il a été organisé une journée de l’excellence récompensant les meilleurs élèves membres du club de l’école 2 de Mbam.
Une belle occasion pour 24 élèves qui se sont distingués dans l’animation des activités environnementales de cet établissement durant l’année scolaire 2018- 2019 d’être primés. Ils ont reçu leurs prix des mains des autorités scolaires et des nombreux invités. Et la particularité selon le directeur de l’école, Salif Mané, « est que les jeunes filles sont plus nombreuses que les garçons et cela est extrêmement important. D’ailleurs, cela se ressent même sur les compositions de classes ».
Le club environnement de l’école de Mbam est connu pour le dynamisme de ses membres. Ceux-ci vivent au quotidien dans cet environnement avec la multitude d’arbres fruitiers qui ont poussé dans la cour de l’établissement. Ceci grâce à la vision de son directeur, Salif Sané dès son arrivée dans cette école qui a démarré à l’époque avec trois (3) abris provisoires, a entrepris avec le personnel et les élèves, des actions de reboisement pour changer le décor. « Ici, vous voyez vous-mêmes, il y a des manguiers, des orangers, des goyaviers et même le meringuas a poussé dans notre cour », nous indique M. Sané dont le père est un forestier. L’entretien des arbres est confié aux élèves car selon le directeur, « nous avions dit que chaque arbre planté devant une classe devait être arrosé par les élèves de cette classe ». Situé dans un quartier ou les parents d’élèves sont pour la plupart d’anciens militaires ou en activité, l’école 2 de Mbam dispose de 12 cours avec 10 salles mixtes et deux abris qui devraient bientôt disparaitre avec la construction de deux nouvelles salles dans le cadre du programme zéro abris lancé par l’Etat. En termes de résultats scolaires, l’école de Mbam 2 enregistre des taux annuels variant entre 45 à 60% aux examens scolaires selon son directeur.
Les activités extra-muros ne sont pas aussi en reste au sein de l’établissement qui dispose d’un groupe de théâtre qui, a l’occasion de la cérémonie de remise de prix, a gratifié le public d’un sketch fort riche sur les violences faites aux femmes. Un sujet d’ailleurs qui intéresse beaucoup les élèves selon la maitresse responsable Mme Ndéye Djié Faye. Elle qui, en tant que présidente du groupe Amnesty de Foundiougne, a jugé pertinent selon elle, « de créer un sketch sur les violences faites aux femmes particulièrement sur les viols sur mineur et les violences conjugales. Ce que les élèves ont beaucoup aimé car constituant pour eux une belle occasion d’être mieux informer et pouvoir sensibiliser leurs camarades ». Le constat est qu’aujourd’hui, selon Mme Faye, « dans notre pays, les violences faites aux femmes ont atteint des proportions inquiétantes et démesurées. Nous pensons que cela doit cesser et par voie de conséquence, il faut alerter l’opinion et les populations en général, à travers la sensibilisation et l’information pour qu’il y ait plus de dénonciation afin que justice soit faite ».