Ils appellent cela la « victoire contre le fascisme ». Ils célèbrent le 8 mai 1945 comme le jour sacré où le monde aurait tourné la page de la barbarie. Les drapeaux claquent, les gerbes de fleurs s’amoncellent devant les monuments, les présidents se recueillent et l’école républicaine inculque la légende : l’Europe est en paix, les Alliés ont vaincu la barbarie. Mais pour qui sonne le glas de cette guerre ? Certainement pas pour les damnés de l’Empire français.
Pendant que les cloches sonnaient la paix à Paris, Londres ou New York, les canons français tonnaient sur la population algérienne. Sétif, Guelma, Kherrata. Ce jour-là, les troupes coloniales de la République française ont noyé dans le sang les espoirs de liberté de tout un peuple. Le prétexte ? Une manifestation pacifique organisée à Sétif par le Parti du Peuple Algérien pour réclamer ce que la France clamait avoir défendu contre les nazis : la liberté. Le régime « libérateur » assassine alors entre 20 000 et 45 000 civils.
Voilà la vraie face de la République triomphante : celle de l'ordre de la bourgeoisie bâtie sur des cadavres. Dans l'est Algérien une répression d’une férocité méthodique se met en œuvre : troupes coloniales, milices de colons, avions, blindés, bombardements : tout est déchaîné contre les civils.Tandis que De Gaulle se pavane en libérateur de la France.
Le général Duval lui-même l’admet : « La paix régnait à Sétif, mais il ne reste plus que des cendres. » Et c’est bien cela, la paix capitaliste : la paix des cendres, la paix des cimetières,
Voilà la vérité de la République : une démocratie bourgeoise, raciste, impérialiste, prête à exterminer pour maintenir l’ordre.Jusqu’à aujourd’hui, on nous parler de « drame » ou d’« événements », plutôt que de dire la vérité : massacre colonial prémédité. Alors non, ne fêtons pas le 8 mai 1945. Ne chantons pas la Marseillaise. N'acceptons pas le mythe d'une paix construite sur des charniers.
Car la paix pour les peuples ne viendra jamais des États bourgeois. Elle viendra de la lutte des peuples, de leur fraternisation en tant que frère/sœur de classe. Contre l’impérialisme, contre le capitalisme, contre toutes les dominations.