Semaine 3 : Monologue intérieur d’une plume qui ne sait pas encore où aller
De sa main douce, elle m’ôte mon capuchon. J’ai un peu froid mais je me blottis vite contre cette feuille blanche 100g au toucher velouté. La douceur du papier me laisse présager que je sers une cause bien plus noble qu’une liste de courses.
Je commence à danser sur le papier, je débute une phrase, la rature, recommence. J’entame la valse chaotique de l’ébauche des mots. Je sens les doigts faillir, trembler, me poser pour mieux reprendre. La force qui me pousse se perd parfois dans les méandres des pensées pas encore formulées ou des souvenirs qui servent le cœur. Pourtant, je la sens déterminée. Une vague à l’âme me submerge, que rien ne semble arrêter, pas même la douleur de certains mots. Mon encre qui, par le passé a servi les plus brûlantes passions, me semble plus terne que jamais lorsqu’une larme marque le point final de mon labeur.

















