Art Martial de 7 à 77 ans !
par Christian
En ce début d’après-midi d’un samedi de septembre 2015, je ne m’attendais pas à faire une rencontre grâce à laquelle je pratiquerai de nouveau des arts martiaux. Plusieurs personnes s’apprêtaient à descendre dans le métro. Elles portaient toutes un fourreau noir, identique à celui où je mettais mon bokken (sabre en bois) d’Aïkido. Intrigué, je leur ai demandé ce qu’ils pratiquaient. Réponse : le Jodo. Ouille, ouille ! À regret, j’avais dû arrêter l’Aïkido 10 ans auparavant. Dans mes souvenirs les quelques heures annuelles de la pratique du Jo me semblaient être un passage obligé. Je n’en comprenais pas l’intérêt. Ce n’était pas plaisant. Je me suis rendu au « ShinBuKan Dojo » aux 2 cours suivants pour voir la pratique du Jodo. Bien que pratiqué dans une salle de sport, l’ambiance était celle d’une salle d’armes. À l’évidence, c’était le cours d’un Sensei (Maître) et non un prof. La relation amicale entre les membres laissait deviner qu’un lien invisible les reliait. La mixité laissait présager qu’il ne s’agissait pas d’un club de furieux ne demandant qu’à en découdre. Pour définir le Jodo, je dirais que le jodoka muni d’un bâton répond à l’attaque d’un adversaire muni d’un sabre (bokken). Le jodoka doit gagner toujours ou mourir !!! J’écrirai peut-être un jour sur ce truc qui m’émerveille à chaque fois !!! J’ai pris ma licence. Surprise ! Les barrières physiques qui m’interdisaient de reprendre les Arts Martiaux tombaient toutes avec le Jodo. Tout d’abord, dans le Jodo, aucune technique ne se pratique à genoux (suwariwaza). À partir d’un certain âge me déplacer à genoux devenait trop douloureux. Cette 1re barrière tombée, il en restait une 2e, de taille : en Jodo, pas de chute. Je n’aurai plus à craindre la mauvaise chute un jour de fatigue. La 3e barrière relève du confort pour mes pieds : le Jodo se pratique sur un parquet ce qui autorise à mettre des tennis. La fragilité de mes pieds bénit ce confort à chaque cours. À ces 3 barrières, j’ajouterai une dimension esthétique à laquelle j’accorde une importance toute personnelle. Il s’agit de la tenue vestimentaire. En Arts martiaux, la tenue nous relie à cet état d’esprit que l’Histoire, les contes et les légendes nous rapportent. Le jodoka, guidé par son Sensei, est porté par l’esprit samouraï. Porter le Hakama dès le 1er jour en Jodo, c’est comme être adoubés. Nous devenons des gentilshommes samouraïs. Le Hakama est cette jupe culotte plissée destinée à cacher les pieds et ne pas laisser l’adversaire deviner la technique à venir. À cet usage martial, le Hakama fait du praticien une autre personne qui, extraite de son train-train quotidien, relève le défi de rejoindre le héros qui se cache en elle. Parfois, le samedi, je me retrouve face à Nelson et ses 14 ans tout mouillé… Nelson et moi sommes les extrêmes en âge des membres du club ShinBuKan, d’où le titre de ce billet : Jodo de 7 à 77 ans. Cela me laisse encore 4 années et demie pour pratiquer le Jodo et peut-être plus ??? Ça me réjouit. Je bénis ce samedi de septembre 2015 où quelque chose m’a poussé vers ces « jodokas ».












