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Trauma
Mon corps entier qui se déchire Hurle en silence et je suis seule Je n'ai que du vide à saisir Dans ce linceul Le courage est une illusion Sous le masque de mes sourires Le cœur fissuré saigne encore Et sous l'assaut de mes démons L'âme se tord...
Le chasseur et le soldat : Les invisibles - Visibles (on Wattpad) https://www.wattpad.com/1077910290-le-chasseur-et-le-soldat-les-invisibles-visibles?utm_source=web&utm_medium=tumblr&utm_content=share_reading&wp_uname=barjy02&wp_originator=d%2BM3Kg5qzS9Ww93iPgPn9IK4zcKBs7IAqBKkk4JYh3L%2FyOtbio1vDo%2FKDZPKKKRtbI8UswjbUnYx9Y3qMCSwUF%2B8hGcaFP2aR%2BzsVUbbOH5sCzQyYVo7SGq%2F1jIXo%2FbZ UA Destiel. Il aurait dû passer à autre chose depuis longtemps, il le sait. Il a essayé, mais rien n'y fait ; ni les chasses ni ses soirées de beuverie... et encore moins le sexe...Ça le bouffe... Il se déteste pour ça.
Dernier chapitre en ligne.....
Le 11 octobre 2015 aux alentours de 23h30 un homme m'a violée pendant environ 45 minutes.
Le viol, dans ma tête, ça n'arrivait qu'aux autres, dans la rue, forcément menacée de mort par un dangereux inconnu, forcément déséquilibré. Pourtant ce soir là, j'étais chez moi, avec quelqu'un en qui j'avais confiance, quelqu'un que n'importe qui aurait qualifié de sympathique. Ce soir là, j'ai connu la douleur à un endroit de mon corps, mais aussi dans mon esprit. Ce soir là j'ai appris que dire les « Si j'avais su/fait/dit ... » étaient tout autant inutiles qu'un 9,75/20 à un partiel de fin de semestre. Tout peut arriver dans la vie, que ce soit aux femmes ou aux hommes : y compris les mauvaises choses peu importe votre prudence.
Si j'ai fait le choix d'en parler ici, ce n'est ni pour me positionner comme une martyre, ni comme un exemple à suivre. Simplement je pense qu'il faut en parler car c'est actuel, pour des million de personnes à travers le monde, et que bon nombre d'écrits, paroles, à ce propos me choquent. Je vais essayer, avec mes maigres moyens et mes pauvres mots, de partager les choses qui m'ont indignée ou aidée après cette fameuse nuit.
13 octobre 2015
J'ai pris connaissance de ce qui m'est arrivé 24h après les faits. Le lendemain je me suis rendue en cours à la fac normalement. Je me sentais bien. Pourtant le matin même j'avais eu du mal à me lever. J'avais vu du sang dans mes toilettes. Mais tout allait bien. Le 13 octobre, je ne suis pas arrivée à me lever, mon corps ne m'obéissait pas et me faisait beaucoup trop mal. Je suis donc allée chez le médecin, sans trop savoir pourquoi, ce que j'allais lui dire si ce n'est que je pensais avoir une petite cystite (non mais vraiment, j'y croyais dur comme fer). La porte du cabinet s'ouvre, et au moment où il me demande quels symptômes m'ont conduite chez lui, je panique. Je ne sais pas quoi dire, je ne sais pas comment décrire mes douleurs. D'abord par peur de ce que cela implique puis par honte. Incapable d'articuler, de mettre du sens dans mes phrase j'entends « Mademoiselle, vous avez été violée ». Ces mots que je ne voulais pas entendre ni comprendre. Il m'a fait passer une série d'examens, les constats sont tombés, une ordonnance avec un tas de médocs que je devais prendre. J'ai eu surtout en ma possession un son constat sur papier, attestant de mon état, si jamais je désirais porter plainte. Je me suis rendue dans un supermarché, j'ai acheté une excellente bouteille de vin, des chocolats et plein d'autres conneries que je n'achète jamais. J'ai appelé deux amies sans vraiment leur dire pourquoi. Ce soir là je leur ai annoncé la nouvelle après avoir rempli nos trois verres à vin. Ce soir là nous avons, autant ri que pleuré tout en buvant à ma santé.
Une fois mes convives parties, je prends mon téléphone et j'appelle mon copain de l'époque (que nous appellerons Monsieur Y) . Je ne lui ai toujours pas dit, je sais qu'il est occupé. Nous étions ensemble depuis 3 ans à l'époque, relation, récemment libre, à distance Paris-Marseille (non mais vraiment, c'est possible je vous jure). Ironiquement nous avions évoqué la question du viol un soir, à la suite d'une conversation sur le film IRREVERSIBLE de Gaspard Noé. Je m'étais à l'époque indignée de la réaction de Vincent Cassel, qui au lieu de rester auprès de Monica Bellucci à l'hôpital s'était lancé dans une vengeance sanglante inutile. Je lui avais dit que j'espérais qu'au cas où je traversais la même chose, il ne soit pas aussi con. Le téléphone sonne, il répond. Je lui dit « On m'a violée ». Gros silence.
_ « Quoi ? Qui ? »
_ « Peu importe. Juste je veux que tu sache que je suis allée chez le médecin, il m'a donné un papier si jamais je veux porter plainte ».
Ça passe dans l'oreille d'un sourd. J'entends des « mais pourquoi tu t'es pas débattue ? Comment ça, c'était chez toi ? Je veux savoir qui c'est, je veux le buter. »
Aïe … bon je savais que ça allait pas très bien se passer. Mais quand il m'a demandé de lui raconter dans les détails la scène, j'ai vraiment compris que j'allais pas entendre « Ca va aller je suis là ». A la place j'ai passé tout le coup de fil à tenter de le rassurer (bon c'était pas glorieux vous vous en doutez). Je lui ai dit que j'allais juste avoir besoin de sa présence, je ne voulais pas lui livrer les détails juste être rassurée de temps à autre. J'essaye de dormir.
14 octobre 2015
Vient la question « mais est-ce que tu portes plainte ? ». Question que mon médecin m'avait posée quelques heures auparavant. Bien entendu que non. Je n'avais toujours pas vraiment saisi le concept du « viol », du moins j'avais des idées bien arrêtées dessus à travers les films, l'art, la littérature, le Larousse, mais aucune ne correspondait vraiment avec ce que j'avais vécu. Le premier problème que je veux soulever est celui-ci : personne ne nous prépare vraiment à réagir dans ce genre de situation. Alors oui, j'ai toujours évité de rentrer seule tard le soir, j'ai fait attention à ne pas porter de minijupe quand j'avais des talons hauts, je surveillais toujours mon verre en boîte ou dans les bars pour ne pas qu'on y mette une poudre suspecte. Malheureusement aucune de ces choses ne m'ont servie le 11 octobre. Pas sûre non plus que mon violeur (qu'on désignera à présent comme Monsieur X), se soit dit que ce qu'il avait ce soir là était aussi condamnable. Non parce qu'on va pas se mentir : violer quelqu'un c'est facile, encore plus quand on a gagné sa confiance. Monsieur X avait pourtant 39 ans, j'en avais 21 aux moments des faits. A son âge, tout de même, il devrait savoir qu'un « non » ou un « j'ai mal » sont clairs, non ? Et bien non, visiblement. Ma mère ne m'a jamais dit « Bon, alors ma chérie, si jamais on te viole, faut faire ci et ça ... » haha. Non j'avais vraiment pas la moindre idée de ce que je devais faire, comment m'en remettre. Poussée par mes deux amies, je prends la décision de déposer une main courante, n'étant pas prête à porter plainte. Après de multiples hésitations elles m'accompagnent au commissariat de mon quartier.
_ « C'est pour quoi ? » me dit l'un des policiers à l'accueil.
_ « Je voudrais déposer une main courante »
_ « Pourquoi ? »
Bon alors là il faut bien réaliser que ça se passait dans le hall d'entrée et qu'il y avait tout plein de gens autour.
_ « Pour agression sexuelle. » à voix basse.
_ « Juste des attouchement ou un viol ? » répond le policier, un peu comme si il me demandait si je voulais mon café avec ou sans sucre.
_ « Un viol »
_ « Ah mais nous pour ça on prend que les plaintes, vous pouvez pas déposer une main courante. Vous connaissez l'agresseur ? Ça s'est passé où ? »
_ « A mon domicile, oui je connais l'agresseur. Je connais mes droits et je déposerai une main courante aujourd'hui. »
Après ces échanges qui m'ont légèrement énervée, je pars donc m'asseoir avec mes deux accompagnatrices qui semblent tout aussi dégoutées que moi vis à vis de la qualité du réceptionniste. Nous attendons à peu près une heure, je lâche un « Pas étonnant que trop peu de victimes déposent plainte vu comment ça se passe ». Une policière m'appelle.
_ « Bon c'est vous pour le viol ? J'ai pas trop de temps à vous accorder je déborde de travail, venez là. Pas de langue de bois racontez moi rapidement comment ça s'est passé. »
Nous nous installons dans une pièce ouverte, avec un petit bureau juste à côté de l'accueil. Tout le monde peut me voir. Je jure que je n'avais pas été droguée ce soir là, que oui, je connaissais l'agresseur, oui c'était chez moi.
_ « Votre histoire va pas tenir jusque chez le procureur » m'annonce mon interlocutrice.
Ah ? Peut-être pas assez sensationnel peut-être ? Effectivement je retenais mes larmes, je gardais mon sang froid. Mais là c'était un peu trop à encaisser. Je lui dit que je ne comprends pas, que j'ai un dossier médical qui atteste de ce que j'ai subi. Or là, on me disait que les circonstances du viol n'étaient pas « convaincantes ». Je comprends qu'en plus de supposer que je mens, ça ne tiendra pas jusqu'au tribunal.
_ « Peu importe, je veux déposer une main courante, c'est mon droit. »
_ « Comment ça ? Vous n'êtes pas là pour porter plainte ? »
_ « Non »
La policière ne comprend pas. Visiblement il y a eu un malentendu entre l'homme avec qui j'ai parlé à mon arrivée et elle.
_ « Bon attendez quelques minutes ».
Je retourne m'asseoir. Je commence à perdre mon calme et je veux partir. Soudain une autre femme s'approche. Elle se présente comme étant une psychologue, me demande si je veux lui parler. Je lui répond gentiment que non. Elle me donne son contact « dans le doute ». La policière m'appelle, je me dirige avec elle dans son bureau. Elle se met derrière son ordinateur et me demande cette fois-ci de lui raconter ce que j'ai vécu. Je suis sur la défensive, je ne veux pas lui parler. Vient ensuite un échange où elle m'explique qu'elle est désolée si je me suis sentie agressée par son franc-parler. Je lui répond que je ne suis pas dans mon état normal et que je veux simplement faire valoir mes droits. L'entretien aura duré 2 heures, ou un peu plus. Je lui raconte tout, je lui livre tout ce que je sais sur Monsieur X. Après quoi elle me dit « ne vous inquiétez pas, vous êtes la victime ».
A cet instant j'ai compris. Les nerfs lâchent, elles me prend dans ses bras et me dit de me reposer, de prendre un congé d'une semaine le temps de souffler. Elle espère que j'irai plus loin qu'une main courante et me souhaite le meilleur.
Une fois rentrée je relis le papier sur lequel figure les faits. Je lis un sms de Monsieur Y qui me dit à quel point il veut faire la peau à Monsieur X, à quel point il lui détruit sa vie. Je l'appelle, je l'engueule en lui disant de se calmer, que ce qu'il veut faire est stérile. Que ça me fait plus de mal que de bien de l'entendre dire des abominations pareilles, que j'ai besoin de calme et de paix. Non il n'aura pas de nom, ni de récit détaillé. Et surtout que je ne suis pas en état de le rassurer, que pour la première fois de ma vie je lui demande de l'aide.
Premiers temps
Voilà comment se sont clôturés les premiers jours post-incident. Après ça, Monsieur Y a fait le choix de se séparer de moi après m'avoir dit : « je ne peux pas t'aider », « ça fait trop mal », « j'aurais préféré que ça se soit passé dans la rue un couteau sous la gorge, plutôt que ça se passe chez toi après qu'il t'aie séduite », « je ne peux plus t'enlacer, ça me fait penser à l'autre bât*rd ».
Alors voilà, deuxième point important de mon article : quand votre copine/copain, sœur/frère, un(e) proche se fait violer. NE FAITES/ DITES PAS CE GENRE DE CONNERIES S'IL VOUS PLAIT. J'en ai énormément voulu à Monsieur Y. Tout d'abord parce que le combo mortel viol – rupture amoureuse, ouais ça fait mal. Qu'il a dit des choses affreuses et fait de la merde. Mais la réaction de Monsieur Y, je la comprends. Il a paniqué, sa mère ne lui a pas dit « bon alors mon chéri, si jamais tu connais quelqu'un qui a subi un viol, voilà ce qu'il faut faire ... » . Monsieur Y je le connais bien. Il n'est pas méchant, très intelligent, mais pourtant il a mal réagi. Ce genre de réaction, c'est celle que l'on a les ¾ du temps. Je comprends donc les victimes qui n'osent pas en parler. Certaines ont peur, d'autres sont dans le déni, et surtout les mots que peuvent avoir vos interlocuteur(trice)s peuvent se révéler assassins. Moi on m'a souvent demandé « mais pourquoi tu lui a pas pété la gueule à Monsieur X ». Non parce que je fait tout de même 1m70, j'ai fait de la boxe, et j'ai un caractère bien trempé.
Pour vous resituer : vous êtes chez vous avec Monsieur X, vous avez bu donc vous êtes un peu dans les vapes. Monsieur X commence simplement, mais d'un seul coup vous ressentez une très forte douleur. J'ai appris que dans ce genre de situation il y a autant de réactions que de victimes : une infinité. Certaines, et je les applaudis, vont se débattre Dans mon cas, je savais que j'étais seule, que Monsieur X connaissait mon adresse, mon numéro de téléphone. Alors après avoir, sans succès, dit non une fois et tenté de le repousser, je me suis dit « bon ok ferme la et attends que ça passe ». Mon instinct de survie m'a dit « sors-toi en comme tu peux, épargne toi des violences physique supplémentaires et prie pour que ça passe vite ». Donc j'ai posé ma tête sur le lit, et j'ai regardé le mur en silence. Mais sous l'effet de la douleur, j’ai tout de même passé près de 30 minutes à hurler, sans que Monsieur X ne s’arrête. Malgré les idées reçues, c'est pas vraiment évident de démonter la gueule de quelqu'un quand vous avez l'impression qu'on déroule vos intestins via vos organes génitaux. Si une victime vient vous parler, ne lui demandez pas « pourquoi tu ne t’es pas débattue ? ». Ne vous étonnez pas si elle vous dit « je l'ai laissé partir calmement ». C'est pourtant ce silence qui, je le sais, me sera reproché lors de mon futur procès. Mais sachez que le choix de ne rien faire peut aussi se révéler comme étant la défense la plus efficace. J'ai voulu simplement éviter une visite aux urgences pour blessures au visage ou un bras cassé, et ça a marché. Mon corps s'est soigné ainsi plus facilement.
Mais comme dit Haruki Murakami : “ce que l'on appelle un viol ne cible pas uniquement le corps. Les violences ne prennent pas toujours une forme visible. Les plaies ne font pas toujours couler du sang.”
Deuxième temps :
Vous l'aurez deviné, j'ai mis longtemps à m'en remettre. Même plus d'un an après les faits, je suis toujours en thérapie. Le plus dur à gérer, c'est ce qu'il se passe dans la tête. Je me suis toujours considérée comme étant stable, forte. Là mon ego en avait pris un coup. La première réaction que j'ai eu fut donc le déni. Mon psy m'a tout simplement expliqué que ça m'aurait tellement détruite de l'admettre au début que mon subconscient m'a fait avoir une sorte de black out. A tel point qu'aujourd'hui je ne suis plus en mesure de me souvenir de ce que j'ai fait entre le mois d'octobre et février. J'ai mis du temps à en parler et à me faire suivre par mon médecin (à peu près 6 mois). J'en ai mis encore plus à accepter d'être sous anti-dépresseurs. Pourtant il faut accepter de se faire soigner. C'est assez délicat d'avoir à subir pendant et après les conséquences d'un truc que vous avez jamais demandé. Mais c'est comme ça. Accepter de vous faire aider n’est pas un signe de faiblesse, ce n’est pas de la passivité. Je ne pense pas que ma vie se limite à un viol, je sais que m’interdire d’effectuer les démarches pour m'en sortir aurait été largement plus pénible que de d'essayer de lutter comme je l’ai fait. « J'ai » sacrifié une année universitaire pour ça, mais je ne le regrette pas. Donc si vous avez été victime, ou que vous en connaissez une : laissez lui le temps de s'en remettre, ce travail peut prendre des semaines ou des années. Personne n'a le droit de vous juger, ni de vous brusquer.
Troisième temps :
J'en veux un peu à ce qu'on appelle la « rape culture ». Ces viols spectaculaires qui engendrent tout de suite une vengeance (généralement masculine, oui je sais que Savage Streets existe mais bon …). Ca alimente les idées reçues sur ce qu’est réellement la chose, et ça risque de décrédibiliser les victimes si leur schéma ne correspond pas à ce à quoi vous vous attendiez. Encore une fois je ne donne que mon avis et je n'ai pas de légitimité concernant le vécu d'autres victimes. Or j'aimerais bien pour une fois qu'on prône le calme et la paix comme remède immédiat. Je ne dis pas qu'une victime de viol ne peut pas ressentir de la haine pour son violeur, loin de là. J'en ai ressenti, mais c'est quelque chose qui est très franchement pénible, qui peut vous détruire. Or post viol, vous êtes déjà assez dans le mal pour en rajouter une couche. Résultat j'ai longtemps médité sur le sujet. Je pense très sincèrement que les vendetta sont stériles. Pour me pencher sur la question, j'ai essayé de lire des articles sur le sujet. Et c'est le cinéma qui m'a sauvée. J'ai parlé plus haut d'IRREVERSIBLE de Noé. Certains y voient un pervers qui filme un viol pendant près de 10 minutes en plan séquence fixe. Pourtant, si on oublie le facteur des conditions et du lieu qui varient, cette scène rend assez justice à ce qu’est un viol en vrai. C'est trop long, moche et pénible. Gaspard Noé construit le film de telle manière qu'il commence par la vendetta ratée de Cassel, et se termine sur Bellucci allongée paisiblement dans un jardin. En utilisant cette timeline inversée, j'y vois une manière de dire « la vie ne s'arrête pas là, rappelez-vous des bonnes choses et que vous êtes quelqu'un pouvant dépasser l'agression ». Le deuxième film qui m'a marquée est I saw the Devil de Kim Jee Woon. Foncièrement violent, il raconte l'histoire d'un mec qui se met à traquer celui qui a tué sa fiancée. Il veut se venger et il y arrive. Mais à la fin il termine aussi minable que l'agresseur. C'est un film que je recommande énormément à tous ceux qui se prennent pour des justiciers masqués (Monsieur Y en premier, même s'il ne lira jamais ces mots).
Quatrième et dernier temps :
Quand vous aurez digéré toute cette violence, ressourcez-vous. Tournez-vous vers des gens de confiance. Ne faites pas la même erreur que moi : le cacher, à commencer à vos proches. Cela a eu pour résultat de m'éloigner d'eux sans qu'ils aient la moindre explication. De plus, vous couper socialement de tout n’aide pas : cela peut vous faire sombrer encore plus dans la dépression et la paranoïa qu’engendre, généralement, le choc post-traumatique que vous subissez. Prenez le temps qu'il vous faut pour aller mieux. Si vous avez peur d'en parler à la police pour déposer une main courante (qui est anonyme) ou une plainte, n'y allez pas seul(e). N'hésitez pas à demander de l'aide. N'ayez pas honte, vous n'avez rien fait de mal. Longtemps j’ai douté de moi, je me suis dit que j’étais quelque part un peu fautive et m’interdisais le droit de porter plainte, j’avais peur. Or désormais je sais que c’est complètement absurde (même si parfois cette angoisse de “me tromper” sur ce que j’ai vécu me cause des crises de panique). Si il y a bien un facteur qui ne trompe pas et qui m’a toujours ramenée à la réalité, c’est le souvenir de la douleur que j’ai pu ressentir cette nuit du 11 octobre. Ne vous triturez pas trop l’esprit afin de savoir “pourquoi ça vous est arrivé. Pourquoi vous ?”. Pour ma part je ne suis pas psychologue, je sais que je n’aurais jamais de réponse concernant ‘le pourquoi du comment”. Et puis il y a déjà tant de pensées à organiser dans votre tête, ne vous occupez pas de ce qui peut se passer dans celle de votre agresseur. Si ce dernier est quelqu'un de votre entourage, fuyez-le au plus vite et réfugiez-vous chez quelqu'un de confiance. Si vous ne voulez pas en parler (à vos proches ou pour des poursuites judiciaires) c'est aussi votre choix, ne laissez personne vous le reprocher. Reprenez possession de votre corps (c’est un peu étrange à dire), il est à vous seul(e). Si dans les premiers temps ça vous rassure de vous doucher sans cesse faites-le. Mais progressivement faites-le pour vous faire plaisir et non par dégoût. FAITES VOUS PLAISIR ! Prenez des bons bains avec tout plein de bonnes odeurs, lisez des livres qui vous détendent, écoutez de la musique, dansez, aimez ...
Le principal dans cette histoire, c'est qu'au bout du compte vous alliez bien, et que vous ayez encore la force de tenir debout. La vie est belle, vraiment. Laissez pas une sous merde vous dire le contraire. La vraie justice, vous vous la faites vous-même en vous relevant. Peu importe l’issue d’un éventuel procès.
Je remercie toutes les personnes qui de près ou de loin m'ont aidée à m'en sortir, parfois simplement en acceptant de m'écouter : ma mère, Clémentine, Chloé, Morgane, Justine, Pauline, Kévin, Fabien, Lucie, Margaux, Lola, Naguim, Marija, la maman de Monsieur Y ... Puis mon psy et mon médecin même si, bon en vrai, ils sont payés pour ça (: …
Et enfin j'espère que cet article, dans l'idéal, aura aidé des victimes ou des personnes qui en connaissent. Me concernant j’aurais respecté ma première résolution de 2017 : oser en parler, pour moi et pour tous ceux qui auraient besoin de s’informer sur le sujet.
take them off for me
Le chasseur et le soldat : Les invisibles - Pourquoi ? (on Wattpad) https://my.w.tt/vkWN9p20mcb UA Destiel. Il aurait dû passer à autre chose depuis longtemps, il le sait. Il a essayé, mais rien n'y fait ; ni les chasses ni ses soirées de beuverie... et encore moins le sexe...Ça le bouffe... Il se déteste pour ça.
A un menteur
Et le malaise est là, de nouveau, impérieux ; Tu ne peux le cacher en abaissant les yeux Le vide est une enclume Lourde de ton passé Oublié pour faire taire Tes traumas, tes blessures...
Tu saignes Et tu ne sais vraiment pourquoi Tu n’es pas sûr de toi Tu titubes, amnésique Dans le flot continu d’une même musique Où se lit l’indicible Angoisse De ne pouvoir répondre à son désir de toi De tout savoir de toi De te connaître enfin...
Si tu veux la garder, il faut que tu lui dises. Que tu lui dises tout.
more claude & soren