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WIP of an Art Trade I’m working on for a friend. This is a Wildling, not a pony btw. But I wanted to show him off because hot damn his sketch turned out good. xD
When I discovered the #Tarandus constellation, the Reindeer, was around Christmastime last year 2019; I had to bring to life my own version of #Rudolph the #RedNosedReindeer. In the sequel to #PorterMarcusMathias, #PorterWilliamChase, I introduced a bunch of new characters that I love including Elijah “EJ” Jones, Porter of the Malus constellation, the Mast; Nari Anser, Porter of the Vulpecula constellation, the Fox; Jonathan Asterion, Porter of the Canis Venatici Constellation, the Hunting Dogs, also known as the CVO (The Canis Venatici Organization - the FBI of the Solar System) and, of course, Rudolph Skye. While Rudolph looks nothing like the character in this drawing (don’t know which character is this or who created it) but he somehow inspired me to create my own version of this famous reindeer. Next photos are the exempt of one of my favorites part, when we see Rudolph in action for the first time. I’m one day ahead of #MarcusMathiasMondayMadness but I really had to share this with you guys, hope you enjoyed it. #HappySunday! 💫 #StayStellar 💫 Porter: Marcus Mathias (Book 1) and Porter: William Chase (Book 2) are both available in digital and paperback on nmbobok.com (Those of you who know me personally, let me know if you don’t have my book(s) and I can get you a signed copy/copies at no extra charge) #MarcusMathiasSaga #Author #SelfPublished #Amazon #Kindle #IndependentAuthor #Writer #GayWriter #GaySuperHero #Fantasy #Book #NewBook #GayFantasy #GayAuthor #LBGTQFantasy #Astrology #Geek #Astronomy #Epic #Saga #SuperHero https://www.instagram.com/p/CIebpeBhYt1/?igshid=118ahb09i2xc
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La survie du caribou au Québec (partie 3)
Malgré son nom de caribou des bois, ce cervidé se retrouve autant en forêt boréale qu’en montagne ou encore dans la toundra. Les populations distinctes évoluant dans des habitats différents et ayant des caractéristiques et des comportements particuliers sont qualifiées d’écotypes. On dénombre quatre écotypes en Amérique du Nord soit migrateur, forestier, montagnard et de Peary.
Au Canada, 11 des 16 populations de caribous évaluées par le COSEPAC1 ont un statut particulier allant de «préoccupant» à «disparu». À l’heure actuelle, les 4 populations sans statuts ne font pas l’objet d’évaluation de la part de cet organisme. Au Québec, les populations de l’écotype forestier sont désignées «vulnérables» depuis 2005 tandis que la population de caribou de la Gaspésie (écotype montagnard) est désignée «menacée» depuis 2009.
1 Comité sur la situation des espèces en péril au Canada
Dans les années 1800, l’aire de répartition du caribou des bois dans l’est de l’Amérique du Nord s’étendait au sud jusqu’aux États-Unis. On en retrouvait notamment au Maine, au Michigan, au New Hampshire, au Vermont et au Wisconcin. Entre 1840 et 1925, toutes les populations de ces États sont disparues. Au Canda, les populations de l’Île-du-Prince-Édouard, de l’île-du-Cap-Breton, de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick ont subies le même sort sensiblement au cours de la même période. La limite sud de répartition du caribou des bois n’a cessé de migrer vers le nord depuis. Au Québec, on retrouve le caribou des bois (écotype forestier) essentiellement entre le 49° et le 55° de latitude Nord alors qu’il se retrouvait jusque dans le sud de la province dans les années 1800. En 2003, le nombre d’individus a été estimé à tout au plus 3000 répartis sur un territoire de près de 241 400 km2. Dix ans plus tard, les nombreux inventaires ont permis de réévaluer le nombre de caribous des bois pour un territoire de 644 000 km2 à 5 980 - 8 570 individus. Seulement trois hardes connues de l’écotype forestier existent encore sous le 49e parallèle, soit celles de Val-d’Or (Abitibi), de La Sarre (Abitibi) et de Charlevoix (Charlevoix). De ces trois hardes, celle de Charlevoix est due à la réintroduction de l’espèce dans les années 1960. Elle comptait entre 100 et 125 individus au début des années 2000. Dans les années 1990, les hardes de Val d’Or et de La Sarre comptaient respectivement environ 40 et 400 individus. Depuis, la population de Val d’Or a périclité pour atteindre 15 individus. La harde de La Sarre est encore la mieux portante des trois avec à l’heure actuelle entre 500 et 600 individus.
Une population de caribous (écotype montagnard) survie à l’intérieur des limites du parc national de la Gaspésie et de la réserve faunique des Chics-Chocs (Gaspésie). Ce sont les seuls individus indigènes de l’espèce au sud du fleuve Saint-Laurent. Cependant, ses jours sont comptés. En 1957, cette population avait été estimée à 500-1000 individus. Elle était réduite à 200-250 individus au début des années 1990. Dix ans plus tard, le nombre d’individu avait encore chuté et la population était estimée à 140 bêtes. Les chances de survie de cette population sont pratiquement nulles sans l’intervention de l’homme afin de diminuer les populations de carnivores du secteur et de moduler les effets négatifs des interventions en milieu forestier ayant lieu autour du parc national de la Gaspésie. À cela, il faut ajouter les conséquences de possibles problèmes de consanguinité dû à la petite taille du cheptel et de la fragmentation de celui-ci dans trois secteurs distincts du parc cet de la réserve faunique adjacente.
Deux troupeaux de caribous de l’écotype migrateur utilisent le territoire québécois à certaines périodes de l’année, soit les troupeaux de la rivière aux Feuilles (Nord-du-Québec) et celui de la rivière George (Labrador). Les populations de caribous migrateurs sont reconnues pour connaître des fluctuations dans le temps. Les inventaires successifs entre 1975 et 2001 ont permis de constater l’accroissement du troupeau de la rivière aux Feuilles, passant de 56 000 à 628 000 individus. Par la suite, le déclin s’est amorcé. En 2016, la taille estimée du troupeau était de 199 000 individus. Cette situation a obligé les autorités à suspendre la chasse hivernale au caribou dans certaines zones. Parallèlement, le troupeau de la rivière George a perdu près de 99 % de ses effectifs en une dizaine d’années. Il ne resterait que 8 900 individus selon le dernier inventaire effectué en 2016 .
Les autorités gouvernementales travaillent à la préservation de ces populations de caribous. Ils doivent cependant jongler avec les enjeux propres aux différents acteurs présents sur les territoires utilisés par les caribous (ex : autochtones, chasseurs, industriels). La cohabitation de ces derniers avec l’humain n’est pas aisée, mais il est impératif que tous puissent y trouver leur compte et que la survie du caribou soit au cœur des stratégies élaborées de bonne foi par tous les acteurs concernés. De ce fait, il sera intéressant de voir si les plans de rétablissements mis sur pieds par le gouvernement du Québec porteront leurs fruits à terme (ex : 2023 pour l’écotype forestier). Il serait dommage d’assister en temps réel à l’extinction d’un animal emblématique de notre contrée nordique.
Références
Champagne, É.P. 2017. Le caribou des bois plus menacé que jamais à Val-d'Or. Article de journal publié sur le site Internet La Presse.ca. [En ligne] : http://www.lapresse.ca/environnement/especes-menacees/201702/28/01-5073994-le-caribou-des-bois-plus-menace-que-jamais-a-val-dor.php
COURTOIS, R., DUSSAULT, C., GINGRAS, A., LAMONTAGNE, G. 2003. Rapport sur la situation du caribou forestier au Québec. Société de la faune et des parcs du Québec. Direction de la recherche sur la faune, Direction de l’aménagement de la faune de Jonquière et Direction de l’aménagement de la faune de Sept-Îles. 45 p.
ÉQUIPE DE RÉTABLISSEMENT DU CARIBOU FORESTIER DU QUÉBEC (2013). Plan derétablissement du caribou forestier (Rangifer tarandus caribou) au Québec — 2013-2023, produit pour le compte du ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs du Québec, Faune Québec, 110 p.
MFFP. 2016. Caribous de la rivière George – Résultats de l’inventaire aérien du troupeau. Communiqué de presse. [En ligne] : http://mffp.gouv.qc.ca/caribous-de-la-riviere-george-resultats-de-linventaire-aerien-du-troupeau/
MFFP. 2016. Fermeture de la chasse sportive au caribou migrateur. Communiqué de presse. [En ligne] : http://mffp.gouv.qc.ca/fermeture-de-la-chasse-sportive-au-caribou-migrateur/
Radio-Canada. 2016. Déclin du troupeau de caribous de la rivière George: pas de répit en vue. Article de journal publié sur le site Internet Radio-Canda.ca. [En ligne]http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/801556/caribous-riviere-george-declin-poursuite
TAILLON, Joëlle, Vincent BRODEUR et Stéphane RIVARD. 2016. État de la situation biologique du caribou migrateur, troupeau de la rivière aux Feuilles, ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, Québec, 69 p.
La survie du caribou au Québec (partie 2)
Menaces anthropiques
Exploitation des ressources naturelles
Les activités liées à l’exploitation des ressources naturelles peuvent nuire au caribou. La destruction d’habitats et la présence d’infrastructures humaines peuvent provoquer l’abandon de sites essentiels à la survie du caribou (ex : aire de mise bas ou aire d’hivernage). Des sites plus pauvres en nourriture et offrant moins de couvert de protection contre les prédateurs peuvent augmenter le risque de mortalité chez les faons et, par le fait même, diminuer le recrutement annuel des populations de caribous.
Exploitation forestière
L’habitat préférentiel du caribou forestier est la forêt boréale mature caractérisée par une densité élevée de tiges d’épinettes noires (Picea mariana) et/ou de sapins baumiers (Abies balsamea) et riche en lichen arboricole et terrestre (nourriture du caribou). Malheureusement pour cet animal, l’industrie forestière affectionne également les peuplements résineux matures. Ainsi, à la suite d’opérations de récoltes de bois, le caribou se voit dans l’obligation de changer l’utilisation qu’il fait du territoire et de ses habitats de même que ses habitudes alimentaires. Le caribou éviterait les parterres de coupes récentes dû à l’absence de couvert de protection et de nourriture (lichen) fournis par les tiges d’épinettes et de sapins. Il peut s’éloigner des parterres de coupe sur des distances allant jusqu’à 15 km. Le caribou continue tout de même à fréquenter les territoires perturbés. Cependant, il ne fréquente que les massifs forestiers préférentiels, ce qui réduit la superficie de son domaine vital. L’hiver, en combinaison avec la diminution du domaine vital, l’accumulation de neige force le caribou à réduire ses déplacements, ce qui le rend plus vulnérable à la prédation. Ces deux facteurs contrecarrent la stratégie anti-prédatrice du caribou consistant à augmenter l’espacement des individus en forêt afin de diminuer le pouvoir de détection des prédateurs. Des individus isolés sur un grand territoire sont plus difficiles à détecter qu’un ou plusieurs groupes d’individus. Les effets des coupes forestières sont différents selon les sexes. Les mâles semblent plus tolérants aux perturbations que les femelles, spécialement celles avec des faons. En été, dans les milieux perturbés, les femelles trouveraient davantage refuge dans les massifs de conifères matures encore disponibles pour des raisons de sécurité. En temps normal, ces dernières ont tendance à utiliser tous les types de peuplements matures disponibles, tout en privilégiant les peuplements de conifères. Il pourrait s’écouler jusqu’à 40 ans avant que le caribou fréquente à nouveau les parcelles de forêts coupées. De plus, la régénération des parterres de coupes offre un environnement davantage propice à l’orignal (Alces alces). L’accroissement des populations d’orignaux peut favoriser l’augmentation des densités de son principal prédateur, le loup gris. Cette situation peut entrainer un risque de prédation accrue sur le caribou forestier.
Développement hydroélectrique
La mise en eau de grands réservoirs et de toutes les infrastructures nécessaires afin d’alimenter les centrales hydroélectriques provoquent la perte d’habitat pour les caribous. Ces derniers doivent donc compenser en essayant de trouver de nouveaux territoires propices à leur survie tout au long de l’année. De plus, pour les populations migratrices, les grandes étendues d’eau que sont les réservoirs peuvent augmenter le risque de noyade.
Infrastructures de transport
Les routes, oléoducs et lignes de transport d’énergie représentent des menaces pour le caribou car elles fragmentent sont habitat. Malgré des mesures de mitigation observées dans certains secteurs d’activités, les infrastructures de transport agissent comme des voies de pénétration du territoire permettant aux prédateurs de se déplacer plus aisément ou de coloniser de nouveaux secteurs. Par exemple, bien que les industriels forestiers pratiquent des coupes qui se veulent représentatives de la dynamique des feux de forêt dans l’habitat du caribou, ils laissent tout de même des chemins utilisables pour les humains et prédateurs longtemps après la cessation de leurs activités commerciales. De plus, les infrastructures de transport peuvent occasionner des mortalités suite à des collisions avec des véhicules. Les routes permettent aux chasseurs d’avoir accès à des portions de territoire qui leur seraient autrement inaccessibles. Du même coup, les risques de braconnage s’accroissent dans ces territoires autrefois inaccessibles. Ce n’est pas un hasard si les populations de de caribous de plusieurs secteurs sont disparues ou en forte baisse suite au développement d’infrastructures de transport liées au développement industriel.
Chasse et braconnage
La chasse peut avoir de graves conséquences sur les populations de caribous. La pression de chasse accrue et les avancées technologiques en cette matière ont eu des effets négatifs observables sur des populations de caribous par le passé. L’utilisation des armes à feu à la fin des années 1800 et au début des années 1900 a significativement fait diminuer le taux de croissance du troupeau de la Rivière-aux-Feuilles (Nunavik). De plus, la harde du lac Harp, dans le nord-est du Québec a disparu suite à l’apparition de la motoneige vers la fin des années 1970. Heureusement, de nos jours, la chasse est réglementée et de la recherche se fait afin de maintenir le fragile équilibre entre le taux de prélèvement par la chasse et l’état des populations de caribous. Cependant, il est impossible d’empêcher totalement les braconniers de sévir. Contrairement aux prédateurs naturels, l’homme se concentre souvent sur les individus en bonne santé (mâles trophées). Au sein d’une population dont les effectifs sont stables ou en croissance, le prélèvement d’un pourcentage d’individus n’aura pas d’incidences négatives. Cependant, si la chasse se fait sur des populations à statut précaire, la situation pourrait dégénérer rapidement. Le caribou est une espèce tolérant mal les effets d’une augmentation de la pression de chasse. Ce dernier n’a pas un taux de fécondité aussi élevé que d’autres cervidés tels l’orignal ou le cerf de Virginie. Ces derniers peuvent donner naissances à des jumeaux lors de périodes d’abondance de nourriture. La femelle caribou ne donne naissance qu’à un faon par année, et ce, en tout temps. La perte de femelles adultes affecte plus rapidement la dynamique des populations que pour d’autres cervidés.
Récréotourisme
Les parcs nationaux et autres aires de conservation sont une arme à double tranchant lorsqu’il est question de la survie du caribou. D’un côté, les populations vivant dans les limites de ces aires de conservation ne subissent pas de mortalité provoquée par la chasse. D’un autre côté, les dérangements humains entraînent des changements comportementaux. Les caribous tendent à s’alimenter moins et être aux aguets plus souvent dans les milieux fréquentés par les adeptes de plein air. De plus, le comportement d’évitement des milieux fréquentés par l’homme accroît le potentiel de prédation (notamment des faons) en forçant les bêtes à fréquenter des milieux où ils ne se trouveraient pas en temps normal. Les loisirs motorisés, comme la motoneige, peuvent également représenter une menace en dérageant les caribous dans leurs aires d’hivernage. En établissant un réseau de pistes, ces motoneigistes facilitent le déplacement des prédateurs tels que le loup qui auraient autrement beaucoup plus de difficulté à se déplacer afin de trouver de grosses proies dans la neige profonde.
Références
Beaulieu, F. 1996. Rapport sur la situation du caribou (Rangifer tarandus caribou) du parc de conservation de la Gaspésie. Ministère de l’Environnement et de la Faune. Québec. 49 p.
Chubbs, T.E. et Keith, L.B. 1993. Responses of woodland caribou (Rangifer tarandus caribou) to clear-cutting in east-central Newfoundland. Can.J.Zool.Vol. 71. 487-493
Courtois, R., Gingras, A., Fortin, D., Sebbane, A., Rochette, B. et Breton, L. 2008. Demographic and behavioural response of woodland caribou to forest harvesting. Can. J. For. Res. Vol. 38, 2837-2849
Festa-Bianchet, M., Ray, J.C., Boutin, S., Côté, S.D. et Gunn, A. 2011. Conservation of caribou (Rangifer tarandus) in Canada : an uncertain future. Can. J. Zool. Vo. 89: 419-434
Prescott, J., Ferron, J. et Taillon, J. 2013. Sur la piste de nos cervidés. Collection Nature Sauvage. La Macaza (Québec). 262 p.
Smith, K.G., Ficht, E.J., Hobson, D., Sorensen, T.C. et Hervieux, D. 2000. Winter distribution of woodland caribou in relation to clear-cut logging in west-central Alberta. Can. J. Zool. Vol. 78. 1433-1440
La survie du caribou au Québec (partie 1)
Le caribou (Rangifer tarandus) est un mammifère originaire d’Eurasie. Ce dernier aurait profité des glaciations ayant eu lieu entre 2,6 millions et 12 000 ans avant aujourd’hui pour migrer de la Sibérie vers le continent nord-américain par l’entremise d’un lien terrestre passant par le détroit de Béring. La glace a permis au caribou de coloniser le nouveau continent. Il n’est donc pas surprenant que ce mammifère soit adapté aux environnements nordiques. Cette relique vivante d’une époque révolue, soit celle des mammouths laineux et des mastodontes d’Amérique, est peut-être en train de s’éteindre à son tour. Pour le caribou, les causes ne seraient pas uniquement naturelles. L’intention de ce billet est d’exposer plusieurs des causes de mortalité naturelle (partie 1) et menaces d’origine anthropique (partie 2) pouvant affecter la survie du caribou. Ce billet se terminera avec la présentation du statut des populations de caribous au Canada et au Québec (partie 3).
Menaces naturelles
Parasitisme
Le caribou vit dans des environnements où pullulent les insectes hématophages. Les mouches noires, maringouins et autres insectes piqueurs se succèdent entre le mois de juin et d’août afin de se nourrir du sang des caribous. D’autres mouches, les œstres, sont des parasites du caribou. Certaines espèces pondent leurs œufs sur la fourrure et les larves s’infiltrent dans le corps de l’hôte au travers de la peau. À terme, ces larves migrent vers le dos de l’animal, percent la peau et tombent au sol afin de compléter leur cycle vital. Pour sa part, l’œstre du nez pond ses œufs près des cavités nasales du caribou et les larves se développent dans ces dernières. Ces petits insectes occasionnent du dérangement dans la quête d’assouvissement des besoins vitaux des animaux affectés. Ainsi, les individus accroissent le temps passer à essayer de se débarrasser de ces irritantes bestioles plutôt que se nourrir et se reposer afin de se constituer les forces nécessaires pour la migration automnale.
En plus d’être harcelé par des parasites externes, le caribou est aussi l’hôte de parasites internes. Au Canada, 21 espèces de vers gastro-intestinaux ont été recensés. Cependant, d’autres types de parasites infestent ce cervidé, dont Elaphostrongylus cervi ou Parelaphostrongylus andersoni, qui se logent dans les muscles. Ces derniers peuvent provoquer des désordres neurologiques et on peut reconnaître les effets de ces parasites par une réticence de l’animal à se tenir debout, à une piètre condition physique, à un essoufflement, au manque de coordination des membres postérieurs ou encore, leur paralysie. En combinaison avec d’autres parasites ou lors de cas sévère d’infestation, les parasites peuvent mener à une diminution de la fécondité chez les femelles, à un risque accru de maladie dû à l'affaiblissement ou encore, à la mort de l’hôte en le rendant incapable de se nourrir ou davantage vulnérable aux prédateurs.
Prédation
Le loup gris (Canis lupus) est le principal prédateur du caribou des bois adulte. Celui-ci cible davantage les individus malades, vieux et en mauvaise condition physique. Cependant, ce sont les faons de moins de 2 mois qui sont les plus à risque de prédation. En plus du loup, l’ours noir (Ursus americanus) est un efficace prédateur de faons de caribous. Une étude réalisée au Québec laisse supposer que l’ours noir peut surpasser le loup en tant que premier prédateur des faons dans des endroits où les deux carnivores se côtoient. Un autre canidé, le coyote (Canis latrans), peut supplanter l’ours noir en tant que principal prédateur de faons. Ce dernier serait responsable d’environ 75 % des cas de mortalité de faons par prédation dans le parc national de la Gaspésie. Dans le nord-est de l’Alberta, le coyote et le lynx du Canada seraient responsables d’environ 44 % des mortalités de faons (lynx également présent sur le territoire québécois). Dans une moindre mesure, l’aigle royal (Aquila chrysaetos) s’attaque également aux faons naissants. Par contre, la mère peut facilement repousser les assauts de ce prédateur aérien contrairement à ceux des prédateurs terrestres. En somme, une densité élevée de ces prédateurs peut représenter une sérieuse menace à l’équilibre des populations de caribous en affectant le taux de survie des faons, limitant ainsi le recrutement annuel et par le fait même, le maintien ou l’accroissement du nombre d’individus au sein d’une population.
Feux de forêts
La forêt boréale est régulée par les feux de forêts. Ces feux font partie intégrante de la vie des caribous. Cependant, la superficie annuelle moyenne touchée par les feux s’est accrue depuis 1960. Ce phénomène, en addition avec les coupes forestières, contribue à la fragmentation de l’habitat auquel le caribou est très sensible. Les caribous évitent les brûlés jusqu’au moment où la nourriture est de nouveau suffisante pour eux, soit plus de 40 ans en considérant que le lichen (nourriture) ne recommence à pousser qu’après ce laps de temps suite au passage d’un feu.
Changements climatiques
Le caribou a survécu à plusieurs ères glaciaires et interglaciaires. Cependant, sera-t-il en mesure survivre aux présents impacts des changements climatiques qui affectent son milieu de vie et qui devraient s’accentuer au cours des prochaines années? Sera-t-il capable de faire face aux niveaux d’enneigements fluctuants et aux épisodes plus fréquents de pluie verglaçante envisagés avec l’augmentation de la température dans son aire de distribution? Sera-t-il capable de s’adapter à la montée vers le nord d’espèces comme l’orignal et le cerf et de leurs prédateurs et parasites? Sera-t-il capable de s’adapter à des forêts mixtes plutôt que strictement de conifères avec la montée vers le nord d’essences feuillues? Saura-t-il adapter son régime alimentaire aux nouvelles plantes disponibles dans son environnement? Quels seront les impacts sur les populations migratrices des fontes hâtives ou des gels tardifs? Beaucoup de questions restent en suspens concernant la survie du caribou dans un contexte de changements climatiques accélérés. Les recherches en cours ou à venir vont permettre d’en savoir davantage sur cet animal et sur la façon de le conserver.
Références
Beaulieu, F. 1996. Rapport sur la situation du caribou (Rangifer tarandus caribou) du parc de conservation de la Gaspésie. Ministère de l’Environnement et de la Faune. Québec. 49 p.
COMITÉ DE RÉTABLISSEMENT DU CARIBOU DE LA GASPÉSIE. 2004. Plan de rétablissement du caribou de la Gaspésie (2002-2012) (Rangifer tarandus caribou)- Mise à jour. Société de la faune et des parcs du Québec, Direction du développement de la faune, Québec. 51 p.
Festa-Bianchet, M., Ray, J.C., Boutin, S., Côté, S.D. et Gunn, A. 2011. Conservation of caribou (Rangifer tarandus) in Canada : an uncertain future. Can. J. Zool. Vo. 89: 419-434
Fruetel, M., et Lankester, W. M. 1988. Gastrointestinal helminths of woodland and barren ground caribou (Rangifer tarandus) in Canada, with keys to species. Can. J. Zoolo 67: 2253-2269
Lambert, C., Courtois, R., Breton, L., Lemieux, R., Brodeur, V., Ouellet, J-P., Fortin, D. et Poulin, M. 2006. Étude de la prédation du caribou forestier dans un écosystème exploité : Résultats préliminaires. LE NATURALISTE CANADIEN, VOL. 130 NO 1 : 44-50
Lankester, M.W. et Northcott, T.H. 1979. Elaphostrongylus cervi Cameron 1931 (Nematoda: Metastrongyloidea) in caribou (Rangifer tarandus) of Newfoundland. Can. J. Zool. 57: 1384-1392.
Miller, M.J.R., Dawson, R.D. et Schwantje, H. 2014. Manual of Common Diseases and Parasites of Wildlife in Northern British Columbia – Second Edition. 255 p.
Prescott, J., Ferron, J. et Taillon, J. 2013. Sur la piste de nos cervidés. Collection Nature Sauvage. La Macaza (Québec). 262 p.
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