Les raisons de ma colère...
Agenouillée au milieu de ma salle de bain, les poings sur les murs et le visage ruisselant de larmes je ne savais plus quoi faire. Je percevais seulement le peu d’humanité qui m’habitait me quitter définitivement. Mon cœur reprenait son apparence de pierre et ma tête finissait de bruler. Je poussais le dernier cri de rage que je voulais expier avant de devenir l’horreur que j’avais décider de chérir.
Plus aucun intérêt la bienveillance ou l’altruisme, fini la réparatrice des couples à la dérive et l’oreille attentive. Je deviendrais un monstre d’égoïsme puisque le reste du monde ne fonctionnait plus qu’à l'unilatérale. Plus jamais je ne rendrais de service, plus jamais je n’aurais de compassion, plus jamais je ne serais qualifiée de gentille, plus jamais... Puisque seul le mensonge triomphe j’allais jouer cette partie moi aussi.
Cet homme-là m’aura détruite bien plus que le premier qui me fit souffrir. Il voulait que je le crois et le pire c’est que je l’ai cru. J’avais enfin baissé ma putain de garde pour m’ouvrir aux autres sans me laisser commander par mes pulsions de contrôle. Et tout ça pour quoi?
Pour me faire insulter, briser, manipuler, souiller, juger et bannir! Quelle aventure hein?
Je ne comprendrais jamais comment on peut tenir quelqu’un d’autre que soit même pour seul responsable de ses malheurs. J’ai arrêté d’attendre que la raison l’emporte et j’ai agi. J’aurai préféré dire que j’ai tout quitté mais en réalité j’ai juste fui. Je n’avais plus la force de me battre, plus le courage de vouloir lui ouvrir les yeux. Au fond je refusais toujours de croire que cette histoire pouvait finir ainsi mais quelque part je n’aurais jamais dû m’attendre à mieux hein?
Comment ai-je pu réellement croire qu’il se battrait pour nous???A quel moment ses sentiments ont été suffisamment forts pour qu’il soit lui-même et pas l’homme de façade qu’il m’a trop souvent servi? Quand allions-nous arrêter de nous voiler la face?
Il a toujours préféré se morfondre et se plaindre plutôt que vivre à fond et mériter son bonheur. Aujourd’hui il préfère me voir comme le mal incarné afin de me détester car assumer son amour pour moi c’est sûrement un aveu de faiblesse insupportable.
Je ne pouvais plus le sauver, il ne le voulait pas en réalité. Je lui donnai donc raison de me détester et de voir en moi l’origine du mal.
J’ai pris le parti de disparaître et de faire comme si je n’avais jamais existé.
On ne croit jamais que ça puisse être réellement fini lorsque nos sentiments sont plus forts que notre raison mais il y a quelque chose de plus puissant que la raison..:le dégoût de soi! Quand quelqu’un vous fait ressentir du dégoût pour vous même là vous savez que c’est fini.
Cette sensation est tellement violente et tellement douloureuse qu’il est quasiment impossible de rester face à celui ou celle qui vous fait vous sentir aussi sale et misérable. J’aime cet homme mais rien que l’idée ou même l’hypothétique pensée qu’il puisse parler de moi dans certains termes c’est trop.
Je me dégoûte littéralement, je me vomi, je me tuerai si j’avais accès à ce monstre qu’il décrit dans ses messages. Je réalise qu’on ne se voit jamais vraiment, chaque être humain ne possède absolument aucune objectivité sur lui-même mais je ne pensais pas me tromper à ce point sur moi-même...
Je dois donc vivre avec l’idée que je suis une personne décevante, malveillante, malsaine, perverse, méchante, mauvaise et vilaine...Finalement j’ai réussi à combiner les 3 dernières...
Il me restait juste à tuer le dernier sentiment que je percevais encore comme beaucoup trop positif: l’espoir! Quelle émotion de merde celle-là. Comment pouvais-je encore espérer? Comment pouvais-je encore avoir de doux rêves à caresser? Comment me défaire de tout cela? Si le dégoût de moi-même ne me guérissait pas mais me condamnait à la place?J’allais errer dans les méandres de la mélancolie quelques temps et après?
Toutes ces questions qui me rendaient toujours un peu plus malade car je refusais les réponses. Mon for intérieur refusait malgré tout d’accepter de devenir celle qu’on jugeait en moi. Je n’ai jamais voulu ça au contraire mais forcée de constater que je ne pourrais jamais gagner face à la haine et la déception.
J’avais du mal à respirer, comme si reprendre mon souffle était totalement impossible. Mes poumons se bloquaient tellement mon cœur me faisait mal. J’avais l’impression de sombrer...
Comment allais-je pouvoir renaître après ça?















