Un jour, j'ai tout jeté. En vérité je ne sais plus si c'était un jour, ou une fois, ou en plusieurs fois.
J'ai eu peur, c'était impulsif. J'ai fais ça parce que j'avais peur, oui je me répète, mais parce que ma vie d'écrivain (si on peut appeler ça comme ça) avait été pleine de dramas ridicule, quand je revois ces photos de moi en train de me défoncer, ou faire semblant, ou fumant, cet air sombre avec des paroles de gros gothiques émo de 17 ans, j'ai méga honte. Franchement quoi, avoir l'air si edgy premier drama à 27, 28 ans, ca va quoi, mec tu n'est plus adolescent, reprends toi.
Depuis que j'ai 16 ans, j'ai toujours écrit. J'ai écris des nouvelles, j'ai commencé un bouquin, tout ce que j'écrivais parlait de baise et de suicide et de malheur et d'addiction, avec de la musique, la musique me rythmait, même là j’écris en musique et mes écrits semblent pour moi comme un rythme discordant d'un paragraphe à l'autre. Je voudrais que ce que j'écrive soit lu avec ce que j'écoute parce que l'écrit à ce moment même n'a de sens et n'est rythmé, lisible que via la musique, comme une symbiose, comme si l'écriture donnait le rythme de ce que j'écris.
Il y a de fortes chances qu'à nouveau je détruise ce texte car j’écris, puis je détruit car j'ai honte, une putain de honte de m'épancher indignement sur des états d'âme à la con, être là, à balancer tout mes ouins ouin. Ouin ouin et que je souffre, et que j'ai envie de me faire ceci ou cela, et que j'aime machin, et que j'ai peur de ceci et cela, je me dis mais bordel, on s'épanche pas comme ca, c'est inpudique, je suis inpudique, je me fout à poil comme ca devant les gens, mais ca va pas la tête, ca va vraiment pas la tête, non ça va pas la tête hein.
C'est dommage j'ai voulu retrouvé ce que j'avais écris, on m'avait dit des trucs cool, genre que c'est comme si je cognais une personne dans un coin, comme si un train te roulais sur la gueule comme si j'écrasais les gens. On m'a aussi dit de la merde, genre que c'est plein de fautes et qu'on écrit pas comme ca. On a demandé à lire mes textes pour une pièce de théâtre. J'ai voulu publier et on m'a dit qu'on écrit pas comme ceci et cela, et là cette phrase ne va pas, on ne peut pas publier comme ca, c'était pour un magasine d'usager de drogues, j'ai eu honte, j'ai eu mal comme une petite merde, alors j'ai pleuré, j'ai dis que je ne voulais plus revoir cette pseudo travailleuse social de mes couilles.
J'ai écris à des mecs, j'ai écris des lettres d'amour (ridicule), une pièce de théâtre à un ex (ridicule), des poèmes (ridicules), des trucs romancé pseudo vrai faux sur la défonce (ridicule), sur des nouvelles avec des gens qui baisent sous une pluie de sang (ridicule). J'ai écris sur un mec qui baisait un autre en le tuant et combien c'était excitant, j'ai écris pour provoquer, pour faire mal, pour rouler sur la gueule des gens, pour les choquer, comme si je leur hurlait dessus, j'ai écris de manière bien gênante sur une blog publique, j'ai voulu écrire des mémoires (j'y pense toujours), j'ai envoyé des textes à des potes, j'ai voulu être relecteur.
Je me suis dis et si j'allais faire parti d'un groupe d'écriture mais quel enfer, me refoutre à poil et je n'ai pas les bons mots, moi je ne sais pas être autrement que impudique, que balancer tout à la gueule, je ne sais pas faire autrement que de casser la gueule des gens, les frapper de partout et regarde comme je vais potentiellement mal, c'est ce qu'on attend et attendait de moi.
Oui voilà, je suis de ces artistes (c'est un grand mot) qui ne savent créer que quand ca va mal et vraiment, vraiment mal. J'étais seul, j'avais tout perdu, mon lit était vide, mon lit était froids, mon cul n'avait plus personne, j'étais rejetté, humilié, et je me dis, mais enfin tu en rajoutes en disant tout ca non, tu en rajoute toujours et puis ca vient de l'enfance, et puis et puis, j'entend mon père dit ca et ceci (grande chance que ce texte soit détruit, again).
Je ne sais créer que dans la boute et la merde, la bière qui se renverse, les fois où je me vomissait dessus pcq j'avais trop bu, les fois où je me réveillais pleine de sueur d'alcool, les fois où je faisais une crise parano à croire la cia dans un coin de mon appartement parce que j'avais mélangé alcool et ritaline et joint et coc de merde. Je ne sais créer que si je suis dans un état lamentable et le pire, mais le pire de tout ca, c'est que les gens kiffaient ce que j'écrivais, ils était wahou, impressed, c'est fort hein, quand même, et là tu deviens piegé dans ce rôle du mec schlag qui écrit sous taz mental, wahou putain c'est fort, on se prends tout dans la gueule, ca me flatte, ca m'entraine je continue.
Un jour, j'ai été operé, un truc important, puis je sais pas, c'est allé + ou moins bien, même si j'ai developpé d'autres merdes d'addiction à la con, et j'ai réalisé combien j'avais été naze, à me prendre trop au sérieux, donc j'ai tout jeté. Je suis parti du principe que les choses étaient derrière moi, allez, arrete ton cirque, tu t'es assez ridicule en fait, pas la peine d'en rajouter, je ne sais même pas au final, si ce regard venait de moi ou d'autres choses (de mon père bien entendu, c'est toujours les daddy issues le soucis).
Du coup, je me suis dis, allez tu va réécrire et surtout tu vas laisser une trace, un jour quelqu'un tombera dessus, dans genre 50 ans, un siècle, j'aime bien l'idée de laisser une marque, des voyageurs du futur trouve ce skyblog des années 2020 et se disent putain, quel témoignage de zinzin sur une personne dans une époque, peut etre on dira que ca a une grande valeur, peut etre post morthem je serai un grand heros, un grand écrivain, un délire égo centré, allez on essaye.
(Merci E, ma sœur que j'ai jamais eu)