Vixa, chronographe type 20, vers 1954.
HĂ©ritage de la Seconde Guerre mondiale, le chronographe Vixa nâest pas seulement un superbe garde-temps militaire, câest un morceau dâhistoire.
Ă la fin des annĂ©es 1940, les plaies de la guerre cicatrisent Ă grand peine, lâheure est Ă lâoccupation de lâAllemagne par les puissances victorieuses, aux pĂ©nuries en tous genres et aux ârĂ©parationsâ. PrĂšs de soixante ans plus tĂŽt, en 1902, iâhorloger Johann Adolf Hanhart sâinstalle Ă Schwenningen, lâun des berceaux de lâhorlogerie dans le sud de lâAllemagne, dix ans aprĂšs sâĂȘtre Ă©tabli Ă Diessenhofen, dans le Nord-Est de la Suisse. En 1924, Hanhart se lance dans la production de chronomĂštres sportifs qui se dĂ©clinent bientĂŽt sous forme dâinstruments de bord, de montres de poche et de montres-bracelets. En 1932, prenant la succession de son pĂšre, Wilhelm Julius Hanhart entretient la renommĂ©e de la maison familiale et se concentre sur la fabrication de mouvements. En 1938, le premier chronographe monopoussoir entre en production, Ă©quipĂ© du calibre 40. Ce modĂšle, en version militaire, Ă©quipera les pilotes de la Luftwaffe pendant la Seconde Guerre mondiale. AprĂšs le conflit, les besoins des armĂ©es alliĂ©es demeurent importants dans tous les domaines mais les ressources manquent. Une partie de lâAllemagne est occupĂ©e par la France, dont la rĂ©gion de Schwenningen. Lâappareil de production Ă©tant opĂ©rationnel et les matiĂšres premiĂšres, disponibles, lâarmĂ©e française prĂ©lĂšve alors, au titre des rĂ©parations de guerre et pour les besoins de ses forces aĂ©riennes, boĂźtiers et mouvements de la manufacture Hanhart et les fait assembler en France.
Suivant le fameux cahier des charges âType 20âł, qui comprend la complication dite "retour en volâ, le chronographe Vixa rĂ©pond donc aux spĂ©cifications initialement dĂ©finies pour les pilotes allemands et utilise des Ă©lĂ©ments directement issus de lâun des horlogers de la Luftwaffe. Les mouvements (cal. 15, 40 ou 4054) sont dâailleurs gravĂ©s âMade in Germanyâ. Peu aprĂšs la production des premiers prototypes, au dĂ©but des annĂ©es 1950, BrĂ©guet sâinspirera de ce modĂšle pour concevoir sa propre interprĂ©tation du Type 20. Puis viendront, Ă partir de 1954, les soumissions des maisons Auricoste, traditionnellement horloger de la Marine (avec un calibre Lemania 15TL), et Dodane (sous sa marque et sous dâautres appellations : Airain, Chronofixe), Ă©quipĂ©s de calibres Valjoux.
De gauche Ă droite : Dodane, Vixa, Airain, Auricoste, Chronofixe, Auricoste.
La Vixa Type 20 sera livrĂ©e en deux vagues (peut-ĂȘtre davantage ?) en avril et septembre 1954, Ă raison dâenviron quatre mille unitĂ©s. Elle se rencontre sous deux types de cadrans. Le second type se distingue par la typographie des chiffres (1 moins Ă©pais, 6 fermĂ©, jambe du 7 courbĂ©e), les inscriptions âVixaâ et âAntimagneticâ plus prĂšs du centre et des compteurs lĂ©gĂšrement en creux. Le boĂźtier de 39 mm est en acier, de mĂȘme que la lunette cannelĂ©e et le fond vissĂ©. GĂ©nĂ©ralement marquĂ© de la rĂ©fĂ©rence â5100 54âł et du numĂ©ro de sĂ©rie, il est Ă©galement frappĂ© de la lettre âPâ, rĂ©fĂ©rence Ă lâatelier PĂ©choin, horloger de lâarmĂ©e. Selon les âĂ©tats de serviceâ de la montre, on y trouve aussi plus ou moins de dates de fin de garantie (âFGâ) correspondant aux passages en rĂ©vision.
Le fond du modĂšle prĂ©sentĂ© ici porte bien ces marques et, selon les dates de fin de garantie, il a Ă©tĂ© en service âactifâ pendant une trentaine dâannĂ©es ! Dommage que des montres comme celle-lĂ ne puissent pas parler...