Sorti en 1968, quatrième album de John Lee Hooker sur le label ABC, après avoir enregistré sous des dizaines de pseudonymes différents, entre autres pour les labels Modern Records ou Vee Jay, « Urban Blues » porte magnifiquement son nom. L’électricité est en effet à l’honneur tout au long de ses 12 titres. Un véritable condensé du feeling si particulier du bluesman de Clarksdale : guitare primitive et obsédante, riffs’ tapageurs déboulant de l’enfer (Boom Boom), slows hypnotiques (Hot spring water), grooves classiques incendiaires (The motor city is burning). Sans oublier ce baryton-basse brassé au bourbon et au tabac, probablement l’une des plus belle voix noire enregistrée au XXème siècle. Superbement accompagné par une section rythmique aux petits oignons et le grand Eddie Taylor à la guitare , ce disque reste l’un des plus intenses enregistré par le bluesman, qui devient à l’époque, en même temps qu’une poignée d’autres, un modèle pour une génération de jeunes blancs en quête de «pères authentiques ».












