Petit atelier d'écriture #5 : la nouvelle
Consigne donnée par Macha Seruoff : Ecrire en 30 minutes le début d’une nouvelle* en introduisant dans le texte le dialogue suivant extrait de “Histoire de la sexualité” d’Arthur Dreyfus :
- Vous êtes séparés depuis longtemps ?
- Un an et un mois.
- C’est marrant, tu comptes encore.
[1e partie - octobre 2014] -> 2e partie dans un nouveau billet
- Vous êtes séparés depuis longtemps ?
- Un an et un mois.
- C’est marrant, tu comptes encore.
- Oui. Je crois que j’en ai besoin. C’est ma façon de garder un peu le contrôle. Ma liberté.
La seule, pensai-je immédiatement. Mais je n’avais pas envie de verser dans le mélo et Sally venait tout juste d’arriver. Elle, j’espérais au fond de moi qu’elle resterait toujours. C’était très égoïste. Non, c’était très cruel. Mais la vie d’enfermement conduit parfois à des sentiments peu glorieux.
C’était la première fois qu’on se parlait vraiment. Le premier jour, quand ils l’ont balancée dans ce trou à rats, je l’ai laissée tranquille. Elle avait l’air d’une poupée abîmée, une peluche informe et décousue avec laquelle on aurait trop joué. Elle avait expliqué très brièvement, en une phrase sortie comme un fil couvert d’aiguilles, qu’on l’avait obligée à faire un numéro spécial tous les soirs pendant six ans. Puis elle avait esquissé un sourire triste, un sourire déchirant, plein de petites dents pointues, en déclarant que cette année, la septième, elle rejoindrait le ciel.
- Tu es malade ?
- J’ai mal, oui.
C’est tout ce que l’on s’était dit. Je n’avais pas voulu la faire développer parce que j’avais trop peur d’entendre qu’elle était condamnée. Qu’elle aussi, elle m’abandonnerait.
- Pourquoi vous êtes séparés ? me demanda Sally. En temps normal, j’aurais grogné. J’aurais peut-être même hurlé pour la dissuader de reposer ce genre de questions. Mais cette fois, je voulais faire patte de velours. Elle semblait si fragile qu’elle en devenait touchante, avec cette curiosité franche dont les enfants ont le secret. Je me suis retourné sans répondre et j’ai regagné le fond de la cellule, là où jamais la lumière ne parvient.
Je crois que j’ai pleuré. Je ne suis plus sûr, parce qu’il n’y avait pas de larmes. Tout ce temps passé dans la geôle m’avait asséché les paupières. Mais mon cœur, lui, oui, il chialait, avec des soubresauts insupportables. Je ne me souviens plus de ce qu’il s’est passé ensuite. Ça m’arrivait souvent, ces trous noirs, ces absences. L’habitude de quitter mon corps quand il criait trop.
Je me rappelle qu’à sept heures, on nous a apporté le repas. Je n’y ai pas touché, j’ai glissé le bol doucement vers Sally et je l’ai fixée dans les yeux pour lui dire : « Prends ça, tu en as plus besoin que moi ». C’était ma façon de racheter ma mauvaise conduite, mon accueil un peu farouche et mes pensées égoïstes.
Elle a tout dévoré comme un chien puis s’est endormie au milieu des restes, à même le sol. Elle est restée couchée pendant deux jours et puis une nuit, alors que je regardais les trous du mur décrépit de notre cage en imaginant très fort que c’étaient des étoiles, elle est venue là, tout contre moi, derrière mon dos. Encore une fois, par réflexe, j’ai failli bondir, mais son petit soupir d’aise m’a fendu l’âme comme un navire la mer. Et les remous ainsi créés m’ont doucement bercé.
La suite en novembre…! Et toi, tu aurais écrit quoi ?
Envoie-moi ton texte ici, que nous partagions nos idées tous ensemble !
Texte & photomontage © Nathalie Gautreau
*la nouvelle est généralement un texte court terminé par une fin inattendue, se déroulant en une unité d’espace et de temps.
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Texte de Jean-Paul et photo de Nathalie Gautreau
La plage était immense… …A perte de vue. C’était à peine si l’on devinait de quel côté se trouvait le rivage.
Alfonsina avait laissé sa guimbarde et avait traversé une dune d’herbes rares qui lui avaient frôlé timidement les genoux.
Le ciel australien avait cette particularité de ne pas imposer sa couleur. Le bleu intense des rivages atlantiques et le gris perle des côtes argentines étaient ces extrêmes à la lisière desquelles il prenait son essence.
Dans la tête d’Alfonsina le ciel importait peu.
Elle avait juste envie de rire comme lorsque on vient de pleurer.
Elle goûtait la douceur de l’après-midi et refusait juste de se demander si elle était triste, soulagée ou fière de cette liberté qu’elle venait de gagner.
Cela semblait si simple de tourner une page.
Tout en marchant elle laissa glisser son sweat à capuche sur le sable et tourna ses yeux vers la lumière voilée d’un soleil blanc qui entrebaillait des satins de nuages et pouffa d’un petit rire cristallin. Les derniers mots d’Hugo lui étaient revenus en
mémoire :
« Je voudrais tant compter sur toi… »
Et sa réponse inattendue improvisée, dont la cocasserie et la désinvolture la surprenait encore :
« Il te reste tes doigts ! Tu peux toujours compter dessus ! »
Elle revoyait sa tête ahurie et son air stupide.
Comment aurait-il pu imaginer une seule minute de plus qu’il pourrait encore l’emprisonner par ses phrases, par ses mots, par l’éclat de ses yeux…
…par ses calculs !
Elle défit l’anneau qui retenait ses cheveux et secoua la tête vers la gauche face à la lumière.
Cette fois Alfonsina riait. Elle ne riait plus de ce souvenir médiocre. Elle riait du petit vent marin qui dénouait ses boucles et leur permettait de glisser sur ses épaules.
Elle riait du présent, infime et saccadé qui offrait à ses pieds des creux de sable variés et à ses bras nus des caresses tièdes et froides à chaque mouvement.
Elle s’immobilisa et son sourire se mua en une petite moue pincée sur un côté. Ce petit air secret et mutin qu’un amant aurait sans doute interprété comme une invitation.
Elle se prit à imaginer cet être inconnu qui l’aurait surprise là et qui l’aurait transpercée ainsi de ces mots :
« Vous êtes séparés depuis longtemps ?
- Un an et un mois.
- C’est marrant, vous comptez encore. »
Son visage à nouveau s’éclaira.
La suite à découvrir par là
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Texte de Macha Seruoff et photo de 31g-prod
- Vous êtes séparés depuis longtemps ?
- Un an et un mois.
- C’est marrant, tu comptes encore.
Oui je compte. Non ce n’est pas marrant. Et ces questions m’emmerdent. Me perturbent. M’effrayent. Pourquoi vouloir toujours tout savoir de l’autre ? De son passé. Pourquoi comparer ? Ensuite vais-je avoir droit à ‘’Et tu l’aimais plus que moi ?’’ ‘’Qui a quitté l’autre ?’’ ‘’Tu lui as présenté tes parents au bout de combien de temps ?’’.
J’avais rencontré Lulu lors d’un vernissage. L’artiste était un ami commun. Je détestais les vernissages mais celui-ci fut un piège…
Je détestais ce genre de moment où dans un lieu souvent exigu et branchouille se côtoyaient le temps d’une courte soirée artistes, journaleux,
pique-assiettes et curieux. Il était évident que j’allais y croiser quelqu’un
que je n’avais pas du tout envie de revoir. J’évitais donc toujours le plus
possible les vernissages et j’allais voir l’expo plus tard avec moins de foule
et plus de temps. Celui-ci –un piège donc- tombait à la fin de l’expo que je
n’avais pas eu le temps de voir…
D’ailleurs ce fut la première chose dont je parlais avec Lulu :
- Je déteste les vernissages… Et vous ?
- Je déteste ça aussi !
Son sourire, sa voix, son charme, sa manière de me lancer des œillades aussi, tout ça avait achevé de me séduire. Sans échanger ni nos prénoms ni nos numéros, nous nous retrouvâmes prisonniers du corps de l’autre jusqu’à l’aube. Ce fut un échange charnel de belle qualité. Au matin, après un café rapide amer et sans sucre, je connus son prénom. Un peu plus tard chez moi, j’inscrivis sur mon carnet orange ‘’Lulu. Vernissage Paul vendredi 3 octobre. 17/20 mais café très mauvais’’.
Je lui avais laissé mon numéro de portable ainsi que mon adresse mail. Dans la même journée vers 15 h, je reçus un texto non signé : ‘’C’était bon cette nuit avec toi. Je vais au ciné voir le dernier Kaftan. 16 h devant le manège si ça te dit ?’’. Oui ça me disait et j’y étais à 15 h 57. Lulu aimait les
peintures de Paul, les films de Kaftan, le café sans sucre ça nous faisait des
points communs. Sur sa table de nuit j’avais repéré un roman de Pouelbeck :
- Tu as aimé ?
- Inbuvable !
Un autre point commun. Lulu baisait bien. Me souriait avec charme. Avait de la conversation. Détestait les vernissages et Pouelbeck. Et habitait à une station de métro de chez moi. Je n’allais pas tarder à tomber en amour…
Après le film je l’invitais dans mon appartement sous les toits. Beaucoup de vin et d’orgasmes plus tard nous menèrent au dimanche.
- J’ai prévu d’aller au marché de Saint-Aubin, tu viens ?
- Je viens !
Ce fut une belle journée pleine de soleil et de mots tendres, de courgettes et de fromages de chèvre, de pain aux noix et de câlins.
L’amour s’installait en nous. Moi qui voulais prendre mon temps, c’était raté… Lulu était une tornade. Un volcan. Le dimanche à 22 h 49 je savais que cette relation serait désastreuse.
- Vous êtes séparés depuis longtemps ?
- Un an et un jour.
- C’est marrant tu comptes encore…
Oui je compte encore. Non ce n’est pas marrant. Je soupirai.
- Je vais rentrer dormir chez moi, dit Lulu en embrassant mes mains.
- D’accord…
Ici la suite écrite en vingt minutes lors de l’atelier d’écriture de novembre
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Texte de Véronique et photo extraite du film “Week-end” de Andrew Haigh (2012)
9 novembre 2015
Norbert s’approche de Sylvain et Maxence qui partagent un plateau de petits fours, mais le cœur n’y est pas.
- Vous êtes séparés depuis longtemps ?
- Depuis un an et un mois.
- C’est marrant, tu comptes encore…
Les souvenirs remontent à la surface. Mais comment Norbert avait deviné ?
9 octobre 2014
Sylvain prit la route ce beau matin d’octobre. L’été indien tirait à sa fin, et malgré les couleurs chaudes du soleil qui se levait, il avait froid. Un froid intérieur, qu’aucune couverture, la plus épaisse soit-elle n’aurait pu réchauffer.
Sa vie, dorénavant, allait se résumer à une longue errance, peut être éternelle, peut être pas.
Il faudrait longtemps pour que son cœur meurtri s’en relève. Longtemps pour oublier les caresses, les baisers, les étreintes ou simplement le murmure de ses doigts sur la main de son compagnon…
Maintenant, il fallait partir. Loin. Très loin. Mettre des kilomètres entre sa douleur et lui. Ça valait mieux que de rester auprès de celui qui avait révélé son cœur, son âme, même, réveillé ce désir profond qu’il avait endormi, croyait-il à jamais, pour ne pas choquer, ne pas aller contre la Norme, contre sa famille, ses amis, et même ses ennemis. Mais les vrais ennemis ne sont ils pas les amis, justement ? Ceux qui, “bien” pensants, insistaient pour lui faire rencontrer des filles, l’emmener dans des soirées qui tenaient plus de l’embuscade que de l’amusement, afin de le détourner de sa véritable nature ?
Maxence, lui, au premier regard, avait compris. Il savait qu’il n’était pas de son monde, même si Sylvain, lui, ne le savait pas encore…
Mais voilà. Maxence lui avait annoncé la veille au soir. Il avait pris le soin de l’inviter dans leur “cantine” préférée, un petit salon de thé toulousain du centre ville, du côté d’ Esquirol, où se croisaient des mamies, des écrivains en herbe, des théâtreux amateurs, des promeneurs, des amoureux et des couples, des solitaires, tous ceux qui éprouvaient le besoin de faire une pause dans cet endroit chaleureux, clair et à la décoration aérée.
Il lui avait asséné le coup fatal devant une délicieuse tarte…
Maxence allait se marier. Mais pas avec lui…
Découvre la 2e partie de ce texte dans un autre billet (clic !)
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Texte de Thierry et portrait du véritable Charles Ingalls
Walnut Funk, états unis d’Amérique dans un passé qui avoisine à peu près une époque…
Marc Legalslegout était arrivé il y a de ça vingt ans déjà dans ce petit village tout près de Walnut Grove.
Il avait construit sa modeste maison en ne comptant que sur ses forces. Il avait déjà commencé par compter ses sous, et il faut dire ce qui est, il n’en avait pas des masses. Mais ce n’était pas bien grave car à cette époque on pouvait compter sur ses bras, et ça tombait bien, il en avait deux.
Ensuite il avait compté le nombre d’arbres à abattre qu’il lui fallait pour construire sa bicoque. Il en abattit quatre cents cinquante. Ce qui fût un mauvais comptage, car il se retrouva avec trois cents arbres sur les bras, toujours au nombre de deux.
Là il eut de la chance de rencontrer dans les bois un certain Charles Ingals, un habitant de Walnut Grove qui avait besoin d’arbres pour en faire des poteaux. Poteaux qu’il plantait dans les champs pour que sa fille aveugle puisse se cogner dedans. Bref !
N’empêche que ça lui avait rapporté une coquette somme, qu’il eut l’idée d’investir dans une entreprise qu’il créa. Il s’était aperçu qu’il était capable de compter à deux cents où trois cents près toutes choses, et décida de devenir compteur du village.
Après tout, il y avait bien un curé, un médecin alors pourquoi pas un type qui compterais tout et n’importe quoi !
Au début, ce sont les gamins du village qui venait le voir pour compter les billes, mais il stoppa vite cette activité car ça ne lui rapportais rien. Faut dire aussi que de compter les billes de chiards qui venait tous les jours en hurlant « hey m’sieur, m’sieur ! j’ai combien de billes aujourd’hui m’sieur ! » ça le gonflait légèrement !
Donc il décida de passer à la barre au-dessus en comptant le nombre de coups de fouet que les parents de ces mêmes chiards devaient leur donner, car au lieu de jouer aux billes ils auraient mieux fait d’aider à labourer le champ !
Et il fit vite son beurre, car les parents des gosses, étaient aussi nuls qu’eux pour compter.
Jusqu’au jour ou l’infâme Ranx Xerox arrivât au village…
- Hey toi ! vous êtes séparés depuis longtemps ?
- Bah, un an et un mois !
- Ok ! Mais tu comptes encore ?
La suite de ce texte poilant à retrouver ici
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Texte de David, photo de Lasolette (24/07/10)
Port Olympique de Barcelone, 01h57
Johann et Laetitia se trémoussent sur la piste de danse de l’Esmeralda. Onze mois qu’ils sont ensemble. Johann sortait d’une relation très intense mais ultra-destructrice. Mais il a rencontré Laétitia très rapidement et n’a pas eu le temps de gamberger. Ils se sont vus la première fois à un congrès sur les gastéropodes, ce n’est pas banal. Tous les deux sont biologiste et parmi les plus grands spécialistes dans leur domaine. Au début, c’était un échange professionnel mais très vite ils se sont aperçus qu’ils avaient d’énormes points communs. Et sont tombés amoureux l’un de l’autre. Ils se sont installés ensemble au bout de deux mois. Mais depuis quelque temps, la routine s’installe et Johann a décidé que ce week-end à Barcelone pourrait pimenter leur vie de couple.
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Sébastien et Anastasia s’embrassent langoureusement sur la piste de danse du 108. Dix mois qu’ils sont ensemble, se quittent au gré de leur tournage respectif et se retrouvent quelque temps plus tard. Anastasia sortait d’une relation très intense mais hyper destructrice. Elle a rencontré Sébastien sur un tournage et ça a été le coup de foudre. En même temps, depuis dix mois, ils n’arrivent pas à se voir plus de trois jours consécutifs et ce week-end à Barcelone, Anastasia y tenait énormément.
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Johann n’a pas pu s’empêcher de se remettre à fumer. Il dit à Laetitia qu’il en a pour 5 minutes et il sort sur le port olympique. La nuit de juin est très douce et Johann regarde l’étoile polaire. Il se dit qu’au moins elle ne change pas de cap. Une fois une relation tumultueuse, une fois une relation tranquille, il n’a jamais su vraiment ce qu’il voulait. Il repense souvent à Anastasia. D’un seul coup, il sent une présence féminine à ses côtés et reconnait le O de Lancôme. Mais c’est Anastasia ! Ils se retrouvent exactement là où ils se sont rencontrés et reconnaissent le videur du bar qui leur demande. Vous êtes séparés depuis longtemps ?
Johann répond : un an et un jour
Anastasia : c’est marrant, tu comptes encore.
Suite de l’épisode à lire par là
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Texte de Gaudérique, Photo de Haley Luna
- Vous êtes séparés depuis longtemps ?
- Un an et un mois.
- C’est marrant, tu comptes encore…
Arthur ne trouvait pas ça “marrant”, lui.
Il ressassait encore et encore cette phrase. Cette toute petite phrase dans sa tête. Comment une si petite phrase pouvait-elle avoir autant de force, de pouvoir sur ma pensée.
Assassine, cette phrase.
Non, Arthur ne trouvait pas ça “marrant”. Définitivement pas.
Rien de drôle dans sa séparation avec Sybelle. Rien d’amusant à trouver dans cette espèce de cessation d’activité de leur amour sans faille - le croyait-il- d’indéfectible dans sa relation idyllique de 5 ans, de son ininterrompue lune de miel avec sa douce et tendre Sybelle. Cessation d’activité. Tout doit disparaître.
Non. Arthur n’avait pas envie de rire, après avoir assisté impuissant au naufrage de cette idylle.
Pourtant leur rencontre avait forcé l’admiration de leur entourage. Loin du coup de foudre, comme semblable à une évidence.
Ce matin de printemps, l’air était encore frais, mais comme à son habitude, Arthur était déjà dehors. Encore petite, elle, était restée à l’intérieur. C’est près du grand portail en bois qu’il la vit pour la première fois complètement absorbée par l’observation d’une coccinelle. Rêveuse, elle comptait les pois. Les points sur le dos de la petite bête.
Comme lui aujourd’hui, les jours sans elle.
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Texte de Ché TedyBear “Guinness Whiskey et séparation”. Photo de Nataliaaggiato
Part 1
C’est un de ces soirs de déprime.
Le ciel grisonnant n’a fait que précipiter la nuit. Conor est assis au comptoir, le regard vide un peu nostalgique, un verre de whiskey à moitié entamé devant lui.
Il tient nerveusement entre ces mains une photo. Seamus le barman entame la conversation mais Conor n’est pas très loquace. Intrigué par cette photo, il demande à Conor de lui montrer. Celui-ci finit par accepter.
Après un silence quelque peu gêné, enfin si l’on peut qualifier de silence la sono qui passe les Pogues pas à fond mais presque et les exclamations des joueurs de fléchettes au fond de la salle, Seamus prend la parole :
- Vous êtes séparés depuis longtemps
- Oui et non … enfin les soirs de cafard quand ça va pas fort.
Seamus comprit qu’il valait mieux ne pas insister et laisser Conor seul. Conor se laissa dériver le long du fleuve de ses souvenirs heureux. Il finit son Whiskey, puis un autre et rentra chez lui en titubant et s’endormit comme une masse sans même ôter ces vêtements.
To be continued… Here !
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