Contribution de Desmond Sandrine :
N°23 / David / 41 ans / Vichy / Infirmier
Aujourd’hui j’ai décidé de vous faire connaitre quelqu’un de mon entourage, quelqu’un de très proche. Il s’agit tout simplement de mon mari. Ceux qui nous connaissent savent que nous ne sommes pas de la région mais plutôt de la banlieue de Paris. Comme à tous les autres j’ai commencé mon entretien en lui demandant de me raconter son parcours de vie … David est fier de dire qu’il est né à Epinay sur Seine dans le 93 en 1974 à la polyclinique d’Orgemont, rue de Lyon … Oui il a le sens du détail ! Petit il n’a jamais aimé l’école qui à son goût lui prenait trop sa liberté. Malgré tout il garde un très bon souvenir de son enfance, il se targue d’avoir vécu ses meilleures années, qu’il situe entre 6 ans et 16 ans et ceci dans les années 80. Il garde en mémoire les moments de bonheur auquel il a gouté dans l’Eure et Loire auprès de ses grands-parents. Des moments encore empreints de liberté, les pieds callés sur son vélo pour aller voir ses copains. A 17 ans et demi il commencera à travailler comme éducateur sportif par le biais du vélo qu’il pratique intensément .Par manque d’heure de travail et de perspective d’évolution il sera contraint d’abandonner cette voie. Son parcours professionnel sera un temps marqué par différents, et oh combien nombreux petits boulots en intérim ; qui à terme le mèneront à travailler chez un prestataire qui officie pour les centrales nucléaires et EDF. Au terme de ces années, l’idée de partir en province commence à germer. La vie parisienne a ses charmes et atouts mais sachez que la vie de banlieusards quant à elle, est plus difficile. Le coût de la vie à Paris est plus élevé et rien que le projet de fonder une famille s’annonce plus facile en province . L’idée est partagée avec sa femme. Pour parvenir à ses fins David choisit de s’orienter vers un métier, celui d’aide-soignant, qui lui permettra de pouvoir assouvir ce projet. Vers l’âge de 30 ans David s’installera alors avec femme et enfant dans la région de Vichy et travaillera à l’hôpital. Il tient à préciser que ce changement s’orientera surtout en vue d’une amélioration de sa vie personnelle : fonder une famille et la loger convenablement, et parallèlement poursuivre un élément important dans sa vie : le sport et en particulier le vélo et la course à pied. Le sport, une soupape pour David qui est quelqu’un de stressé. Il se retrouve lorsqu’il va courir, se dépense et de nouveau se sent libre ! Il n’y retrouve pas de contrainte de lieu, d’horaire, de météo et peut y aller au gré de ses envies. Il me raconte qu’à travers la pratique de la course à pied il a, surtout ces dernières années, fait de belles rencontres humaines ; les barrières socio-professionnelles ne sont plus ! Un coureur est juste un coureur.
David a peur de « s’enterrer vivant «, au sens figuré bien évidemment ! Il ne supporte pas de ne plus avoir de projet. Ayant l’impression de se retrouver au pied d’un mur, sans avenir nouveau, vers l’âge de 36-37 ans il fait le choix de reprendre ses études et de devenir infirmier. Diplôme qu’il obtient il y a presque 2 ans maintenant.
Lorsque je lui demande s’il a un livre préféré ou une chanson préférée il me rétorque que voir les choses de cette façon est trop réducteur ! Il aime au gré de ses humeurs. Il aime écouter de la musique en cuisinant ou bien en courant. Un nouveau bonheur s’est présenté à lui ces dernières années : parfois lorsqu’il rentre de ses compétitions il revient avec des petits lots qu’il aime partager avec ses enfants.
Son rêve ultime à lui est plein de poésie je trouve. Il rêve de pouvoir avoir du temps perdu … du temps juste pour profiter de l’instant lui-même. Une nouvelle fois une quête de liberté que le quotidien nous subtilise.
« Là où il y a une volonté, il y a un chemin.» Voici le conseil de David. Dans la vie rien n’est impossible …














