Volontaires Fidesco - Mathieu Au Congo / RDC from Tiens Le Cap ! on Vimeo.

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Volontaires Fidesco - Mathieu Au Congo / RDC from Tiens Le Cap ! on Vimeo.
Dans l'Eastern Province, la région la plus pauvre de Zambie, la grande majorité de la population n'a pas accès à l'éducation. L'université et les formations professionnelles ne sont accessibles qu'à un très faible pourcentage. Les étudiants de l'école de Chikowa viennent de toute la Zambie pour suivre des formations professionnelles en Charpente, maçonnerie et agriculture, car les frais de scolarité y sont les plus bas du pays.
Alexandre Chabot, jeune charpentier et couvreur-zingueur français, y travaille comme professeur de charpente. Il y passera en tout deux ans, dans le cadre d'un volontariat avec l'ONG Fidesco.
Voici l'entracte... Une carte postale vidéo sur le delta de l'Okavango et Chobbe au Botswana. Un endroit incroyable...
Chilubi Island is a beautiful place... Lost on the Bangweulu lake (which means Dragon in Chibemba), in the North-East of Zambia, you can reach it twice a week by spending eight hours on the old ferry.
Henrike and Pauline are going to spend two years there, as Fidesco volunteers. They are working as nurses at the Santa Maria Hospital, helping to treat and heal the inhabitants of this very remote area.
Voici le reportage sur David Ryppa. A Bethléem en Afrique du sud, ce volontaire allemand participe à l'organisation de forums et ateliers de réflexion communautaires sur les problèmes sociaux dans les townships.
Voici le reportage sur Jakub et Dennis, volontaires en Afrique du sud à Johannesburg. Ils travaillent tout deux à l'université Saint Augustine.
La Zambie forme peu de médecins, mais les défis auxquels fait face son système hospitalier sont nombreux : dans un des pays le plus touché par le VIH, une grande partie de sa population vit en brousse et l'accès aux soins est difficile.
Samuel et Aline sont un couple de docteurs Lyonnais qui ont décidé de partir deux ans en tant que volontaires à l'hôpital de Chikuni, accompagnés de leurs deux fils.
Hopital de brousse
Il est sept heures du matin, Livingstone grouille déjà, et nous stationnons à un croisement de la rue principale. Nous attendons Chris et Betty, deux volontaires canadiens qui ont accepté de nous covoiturer jusqu’à la mission Chikuni, un peu plus au nord, sweet deal ! Nous y retrouverons la famille Guévart. Aline et Samuel sont de Lyon et ont décidé de partir comme volontaires pour mettre leur compétence de médecins au service des plus pauvres.
Après 3 heures de voiture et une heure de piste, nous arrivons dans la mission Chikuni, un grand centre très impressionnant au milieu du bush regroupant écoles, hôpital, internats, centre de dépistage du VIH, radio... Ici, les deux « Musungus » que nous sommes ne passent pas inaperçus et les « Mabuka Buti » (bonjour en Tonga) fusent de partout. L’hospitalité et la chaleur zambienne ! Les Guévart ont deux enfants, Colin et Léopold. Aline et Samuel viennent du nord de la France et ont fait leur internat à Lyon, avant de contacter Fidesco. Les deux garçons sont fans de Kung Fu Panda et se prennent en photo en imitant le fameux maître Chifoo, classe !
Samuel et Aline travaillent chacun dans leur partie de l’hôpital pour la tournée matinale : Aline en pédiatrie, Samuel chez les adultes. Ils nous expliquent très vite une des principales différences entre le travail ici et en Europe : l’omniprésence du SIDA parmi les patients. En Zambie, le chiffre officiel est de 15% de séropositifs parmi la population totale et ce chiffre dépasse les 80% parmi les malades du Chikuni Hospital. Le gouvernement a pris des mesures et fait de ce sujet une de ses priorités. Outre la prévention et les campagnes publicitaires immanquables de « safe sex » menées à travers le pays, les professionnels de la santé veulent limiter les transmissions de la mère à l’enfant. Cela passe par l’éducation mais aussi en limitant l’allaitement, qui peut transmettre le SIDA à un enfant qui ne l’aurait pas attrapé durant la grossesse. Ce n’est pas si simple cependant : dans le pays les familles n’ont pas les moyens de payer du lait maternisé :Empêcher l’allaitement pour protéger du SIDA peut donc entraîner la mort du nourrisson par malnutrition, ce qui a poussé à autoriserà nouveau l’allaitement maternel.Un autre problème est la persistance de croyances accentuant la dissimulation de la maladie par les malades. Le VIH est une malédiction, une punition divine pour une faute, ou bien un sort jeté par un ennemi. La plus terrible de ces idées est qu’un rapport avec une jeune fille vierge mineure permet de se guérir de la maladie…
Le travail de communication et de sensibilisation est donc énorme, mais les moyens de communication sont faibles.
Radio Chikuni, c’est l’idée géniale, le moyen parfait pour informer, sensibiliser la population du coin. La distribution de radios bloquées sur la bonne fréquence un peu partout en brousse, la programmation d’émissions informatives, alternées avec de bons sons zambiens et l’affaire tourne ! Nous profitons de notre passage pour grimper sur l’antenne de 70 mètres et visiter les locaux…
L’hôpital de Chikuni gère les soins pour 25 000 personnes…Il est très bien équipé car il reçoit du matériel médical venant directement d’Europe par larges containers grâce au réseau de financement de l’hôpitalmais c’est surtout la main d’œuvre qualifié qui manque. Un tout nouveau service de maternité a ouvert ses portes peu avant notre arrivée et le laboratoire est suréquipé ! Les machines pour faire les tests sont très perfectionnées mais les produits pour les faire marcher sont très chers ce qui fait qu’elles sontfinalement peu utilisées… Les problématiques de soins sont très différentes ici par rapport à l’Europe, où l’on a toujours ou presque du stock pour chaque médicament ou réactif. En brousse, il faut gérer au mieux en fonction de ce que l’on a pour optimiser les soins et s’occuper de tout le monde. Il faut aussi familiariser les gens à la prise de rendez-vous réguliers pour le suivi de leurs maladies, le premier réflexe en cas de problèmes n’étant pas souvent l’hôpital mais plutôt la médecine traditionnelle. Ce problème est d’autant plus grave pendant la saison des pluies, où tout le monde va travailler aux champs dès les premières gouttes car la terre peut alors être travaillée. Les malades ne sont pas emmenés à l’hôpital et le mois suivant, lorsque la saison des pluies se termine,l’hôpital doit faire face à une arrivée brutale de patients en très mauvais état. Une période dure où de nombreux patients ne survivent pas car le mal est trop avancé.
Nous ne resterons que 3 jours à Chikuni, malgré l’accueil chaleureux d’Aline, Samuel, Colin et Léopold.
Le paysage défile, les arbres s’espacent doucement et quelques collines apparaissent. Nous sommes dans le bus pour Lusaka et somnolons (ça occupe bien…). Tout à coup, le bus ralentit… « Everybody out ! » What what ? Que pasa ? Hein ? Toutes ces pensées nous traversent l’esprit embrumé. On se penche dans l’allée centrale : ah, c’est juste un camion de paraffine qui a pris feu. Nous passerons à pied à travers le nuage opaque noir de gaz pas vraiment hilarants, le bus passera sur la route, vidé. Brave chauffeur…
Notre mission, et nous l’acceptons, c’est de récupérer le visa pour la RDC à l’ambassade congolaise de Lusaka, afin de rendre visite aux volontaires de Lubumbashi. Ce visa nous avait été refusé en France car nous n’avions pas de lettre officielle validée par les autorités compétentes, malgré la présence de tous les autres papiers. Nous avons désormais une lettre, envoyée par les salésiens de Don Bosco, et c’est plein d’espoir que nous nous rendons à l’ambassade par un vendredi matin ensoleillé (sérieux ? en Afrique ?). Tout se passe parfaitement, il faut moins de papiers qu’en France, ils s’occupent des photocopies et c’est moins cher, un bon plan à retenir ! Surtout qu’il délivre le visa dans la journée sans supplément de prix (contre 50€ de plus par visa en France…), mission accomplie ! Oh joie et allégresse. Nous jubilons !
Notre visa commençant le lundi, nous avons donc 4 jours à passer à Lusaka, cité sans charme particulier. Le centre-ville est constitué de hauts immeubles, épars et sans cachet.Les principaux centres d’intérêt de la ville sont les marchés et le musée. Nous nous installons dans un backpacker, le Flinstones, dans lequel nous nous efforçons d’avancer un peu nos montages. L’endroit est surtout fréquenté par des zambiens de passage, mais un anglais croisé à Livingstone vient discuter avec nous. Le billard nous appelle, et nous cédons. Un indien en costard nous propose une partie, et Guilhem se lance. Au fil de la discussion, le type s’avère être le gérant du backpacker. Ni une ni deux : « on parie une nuit gratos ? ». C’est un deal, mais c’est louche, le gars accepte sans négocier…
Dix minutes plus tard, le gars a plié le jeu, après quelques coups assez magiques, reconnaissons le… Il nous avoue humblement être dans l’équipe nationale Zambienne (de billard, sinon cela n’aurait aucun rapport). L’honneur est sauf.
Internet est en panne ici, il n’y a pas d’eau chaude et les ronflements nocturnes sont puissants. La tentation est grande de tester un autre backpacker mais succombant à leur promesse d’un accès internet illimité qui nous permettrait l’upload de nos vidéos, nous restons une nuit de plus.Pas de mouvement de leur part ?Nous prenons notre envol (un peu alourdi par nos sacs) et nous rendons à deux rues de là au Lusaka Backpacker, anciennement « ChaChaCha ». Une tout autre ambiance règne là bas, il y a un grand bar ouvert sur une piscine, un barbecue et des dortoirs accueillants ! On apprend rapidement que notre migration est loin d’être un cas isolé : Greg, l’anglais, a fait comme nous et son taxi lui a dit qu’il n’était pas le premier et que la promesse d’eau chaude au Flinstones date de plus de 6 mois !Petit repos (mérité ?)jusqu’à notre départ pour Lubumbashi le lundi suivant…
Un passage de frontière assez épique nous y attend, ou l’on y rencontre un colonel amical, des faux guides peu scrupuleux et un chauffeur de Nissan noire (la Nissan).
Allons-nous passer la frontière sans problèmes ? Vous en saurez plus dans notre prochain récit : « un passage de frontières problématique ».
Sur la route
Nous voici donc sur le chemin du retour vers Johannesburg après notre escale dans la province du Free State chez Chris et David. Nous avons le plaisir de revoir Jakub et Dennis avant de quitter l’Afrique du Sud. L’université nous prêtant à nouveau le cottage, nous nous imposons une pause de montage intensif pour finaliser les trois reportages en cours. C’est un véritable relais et l’ordinateur n’a pas droit à beaucoup de répit pendant cette période. De plus, la bonne connexion internet nous permet d’envoyer à FIDESCO la version quasi-définitive du premier reportage. De temps à autre, on s’aménage bien sûr de petits créneaux de détente dont une soirée à Monte Casino, lieu fort cocasse… Construite sous un vaste dôme l’isolant de l’extérieur, Monte Casino est en effet la reconstitution 100% artificielle d’une petite ville du sud italien. Le plafond feint un ciel étoilé, les bâtiments renferment des restaurants, des magasins, un cinéma, un bowling, etc. Le faux lierre rampe sur les façades dans lesquelles se nichent parfois quelques peluches de hiboux. Le tout autour du casino (d’où le nom bien sûr) et à l’intérieur !
Nous décidons de rejoindre le Botswana par la liaison Johannesburg Gaborone en bus. Jakub nous aide une nouvelle fois en nous déposant en centre-ville à la gare routière. Le bus Intercape nous permet de rejoindre Gaborone dans la soirée. Pas grand-chose à faire dans le coin et nous décidons donc de rejoindre le plus rapidement Maun, au nord du Kalahari, près du delta de l’Okavango. Malheureusement, les bus pour Maun ne partent qu’à 5h30 le lendemain matin. Deux canadiens rencontrés durant le trajet nous ont indiqué un Backpacker (auberge de jeunesse) pas trop loin de la station de bus, et un taxi nous y dépose. Manque de bol, il a fermé ! Pour quelques heures, nous choisissons finalement de nous faire déposer à la station service la plus proche des bus pour Maun pour y passer la nuit et économiser quelques deniers. Le chef de la sécurité nous propose de nous mettre dans la loge du personnel, ce que nous acceptons avec joie. Il est assez impressionnant : le jour il est étudiant, la nuit il travaille pour payer ses études et cela fait déjà un an qu’il suit ce rythme. Le local est modeste, mais cette nuit est l’occasion de faire un peu de lecture et de rencontrer deux larrons qui se rendent à la « disco », l’un très sympa, l’autre un peu flippant et les deux une bière à la main, ambiance !
Après un trajet en bus d’une bonne dizaine d’heures, à travers le désert du Kalahari et ses « champs » de sel, nous arrivons à Maun et débarquons au Old Bridge Backpacker, niché au bord du delta... Meilleur Backpacker ! Entre hamac, billard, matelas/poufs à l’ombre et bar sous les palmiers, la tente a toute sa place pour quelques jours peinards… …Oui, si. C’est bien ça. Alors on s’organise une petite ballade sur le delta dans un Mokoro (une espèce de pirogue à fond plat). Pas très très stable… Attention, ne nous agitons pas trop ! Si tu as le hoquet, tu nages. Là, croiser un hippopotame donne à réfléchir, surtout si le type qui vous emmène vous raconte que ce sont les animaux qui font le plus de morts ici (après les moustiques of course). En mokoro, le guide nous emmène sur la grande île au centre du delta pour un walking-safari avec des éléphants, des girafes, des zèbres, et autres sympathiques quadrupèdes. Il nous emmène ensuite dans son village. Petite leçon de BTP local sur la construction de leurs cases. A l’aide de mortier à base de terre de termitière et de cannettes en guise de briques, ils construisent ces cases qu’ils chapeautent en séchant de la paille ou des roseaux. Une communauté presque familiale, dans un cadre magnifique, mais pas de police à proximité en cas de conflit…
Après Maun, destination Kasane près de la frontière avec la Zambie, notre dernière escale au Botswana. Nous faisons la première moitié de la route en gros bus et la seconde en stop à l’arrière d’un pick-up couvert de son « canopy », avec les deux enfants de notre aimable conducteur. Après une crevaison, un éléphant posé tranquille sur la route et une initiation aux masques africains par Lala, le plus dégourdi de nos compagnons de voyage, nous arrivons à Kasane sans pépins même si le lieu que l’on nous avait recommandé n’est pas idéal… Plutôt adapté aux gros groupes ou aux clients fortunés. Au bar, la faune est assez variée. Quelques européens ou américains venant passer quelques jours au parc Chobe et un petit groupe de blancs du coin. Pour la plupart d’origine sud-africaine, ils tiennent la majorité des lodges et backpackers ici. A ceux-là s’ajoute des bus de jeunes, les overlands tours. Ces « super » bus sont d’ énormes 4x4 suréquipés en tentes, gamelles, ustensiles de cuisine, bidons, crics, outils, pharmacie, pièces de rechange, scroubougnous et autres… Ils parcourent les routes de Cape Town à Nairobi, sur un mois, un voyage qui doit être intense. Un comprimé d’Afrique Australe par jour, pendant un mois, et vous vous sentirez mieux ! Nous comprenons d’ailleurs rapidement leur étape à Kasane : le parc Chobe. Les visites en 4x4 sont trop chères pour nous mais la version bateau sur le fleuve Chobe (qui existe aussi en version Booze cruise) est abordable. Nous en profitons donc pour visiter un peu l’un des principaux parcs du pays des éléphants. Nous ne serons pas déçus… A bord de notre petit bateau à moteur nous naviguons sur cette large rivière séparant la Namibie et la Zambie. Sur les berges se pressent des éléphants, des crocrodiles, des volées d’oiseaux bariolés, des impalas, des antilopes… Le plus impressionnant est la proximité que le bateau permet avec ces gros hippos qui n’arrêtent pas de mâcher et ces éléphants avec leurs piquiers : nous nous approchons à quelques mètres d’eux, canon !
La frontière entre le Botswana et la Zambie, à ce niveau là, est naturelle : le Zambèze. Comme nous sommes prévoyants, nous avions bien sûr pris les 160 dollars nécessaires pour l’obtention de nos visas multi-entrées… Bien sûr… Nous nous retrouvons donc entre les deux postes, sans dollar, ni envie de refaire la route en sens inverse et sans possibilité de retirer de l’argent, sachant qu’au Botswana on trouve des pulas mais pas de dollars… Nous devons, en plus, à nouveau traverser le large Zambèze pour gagner la Zambie ! On ne doit pas être les premiers, il doit bien y avoir moyen de s’arranger… On raconte donc notre détresse à un tswana qui fait traverser les touristes moyennant finance, et il nous fait traverser gratos. Sympa le tswana... De l’autre côté on trouve (facile) un zambien qui s’occupe du change. Il nous propose de nous avancer les dollars moyennant une petite contribution financière... Ce n’est pas gratuit, mais on n’a pas vraiment le choix ! Il nous accompagne donc jusqu’à Livingstone en taxi et nous payons notre dette avant d’échouer au Jolly Boys, le backpacker inévitable du coin. Le billard ici sera l’occasion de nombreuses rencontres…
Livingstone, qui porte le nom du fameux explorateur écossais, est l’ancienne capitale de la Rhodésie du nord, mais c’est surtout la ville zambienne la plus proche des fameuses chutes Victoria (en langue locale Mosi oa Tunya, également nom de la bière locale , signifiant « fumée qui gronde »). Une chouette première étape en ce début de Zambie ! Inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO, ces chutes sont créées par le passage du Zambèze le long d’une longue et large crevasse d’une hauteur pouvant atteindre 108 mètres (à notre avis…). Le fleuve constitue ici la frontière entre la Zambie et le Zimbabwe et le pont Victoria est le passage obligé pour tous les camions arrivant du Zimbabwe. Provenant souvent d’Afrique du sud, ils doivent parfois patienter plusieurs jours à ce poste frontière. Ce pont, outre l’accès au Zimbabwe, propose un saut à l’élastique classé comme l’un des premiers en hauteur du monde, avec ses 111 mètres. Seuls les plus braves osent ici faire le grand saut, sous le regard impressionné des badauds curieux... C’est aussi le fameux saut à l’élastique dont le fil a cassé sous le poids (qui a malheureusement été gardé secret) d’une australienne en septembre dernier. Mais rassurez-vous, le ministre du tourisme a vérifié lui-même la nouvelle corde en sautant du pont. Nous finirons la journée sur le deck de l’hôtel du Royal Livingstone, au bord du Zambèze. Posé. Sympa comme tout.
Notre prochaine étape sera la Mission Chikuni, ou la famille Guévart est en mission pour deux ans. Aline et Samuel y travaillent en tant que médecins.
Aux frontieres du lesotho
Voici donc la deuxième étape de notre voyage : Bethleem, petite bourgade au nord du Lesotho (prononcé Lesoutou et où on parle le soutou). Malgré les nombreux nids de poule sur le trajet, la voiture de location a tenu le coup et nous sommes arrivés à bon port en début d’après-midi le jeudi 10 mai. Nous avions rendez-vous sur le parking du centre commercial de la ville avec Christopher et David, les deux volontaires Fidesco sur place, ainsi qu’avec Hubertus, directeur de CCS (Catholic Community Services), là où travaille Chris. Hubertus est un allemand ayant passé plus de 20 ans en mission en Afrique et parlant parfaitement français, mais cen'est pas le sujet ici ! Pas le temps de nous reposer : on pose les sacs et on attaque directement le vif du sujet ! Notre temps sur place est plus restreint qu’à Saint Augustine, il faut donc s’organiser et tenir compte du weekend qui limite nos prises de vue. On décide donc, en accord avec eux, de suivre David du vendredi au samedi, et Chris du lundi au mardi.
Les deux volontaires nous ont proposé de nous héberger, ce que nous avons accepté avec plaisir. Nous avons donc le privilège de dormir dans la fameuse « treehouse ». Ils vivent en effet au premier étage d’un « chalet » en bois entouré d’un rideau végétal (si, si, vraiment !). Nous débarquons donc chez eux après le travail et quelques courses, et faisons un peu plus connaissance. On démasque alors Chris, c’est un serial-volunteer ! Cette mission est la 4ème à son actif ! Il est déjà parti deux ans à Bogota et trois mois en Zambie avant d’arriver en Afrique du Sud ! Il est américain, aime la photo (heureux propriétaire d’un D5100 comme Thomas) et est diplômé en biologie. David quant à lui est allemand, de Bavière s’il vous plaît (et fier de l’être, il y a même le drapeau de Bavière dans la treehouse), et sort d’une Business School allemande. En comparant nos dates de naissance on apprend aussi très vite que Guilhem est le plus vieux de nous quatre ! Le veinard. Notre chambre sera le salon, et l’on découvre à nos dépens la deuxième différence entre Bethleem et Joburg : hors la taille (ah oui ?), la température ! La journée, avec le soleil, on survit… Mais une fois la nuit tombée, le thermomètre baisse progressivement, jusqu’à un niveau froid, voire très froid, voire vraiment très froid… Et question isolation, la treehouse, ce n’est pas trop ça ! Au fur et à mesure de la nuit on empile donc les couches de vêtements, et tout va bien !
Bethleem est bien différente de Johannesburg, et les problématiques aussi. C’est une petite ville d’environ 120 000 habitants dont la majorité vit dans le township. Le développement et les progrès réalisés mettent plus de temps à arriver dans ces contrées rurales et les projets locaux contribuent notamment à réduire le fossé entre zones rurales et zones urbaines. Chris et David travaillent dans l’enceinte du centre John Paul II, qui regroupe divers projets de développement ruraux. David pour sa part travaille dans le centre Sekwele, qui organise des ateliers de formation pour les volontaires sur le terrain et les met en relation. Les thèmes abordés sont très variés et vont des droits de chacun aux questions de mœurs. Pour résumer, ce projet est un projet de réflexion sociale, afin d’organiser une sensibilisation de la population sur les droits des femmes, la violence… Certains comportements qui peuvent nous sembler évidemment condamnables, et que nous pensions comme des cas particuliers, ne le sont pas forcément ici (nous avons notamment assisté à un atelier sur les violences commises par les hommes et dans lequel la définition même d’un viol faisait débat). Chris, quant à lui, travaille pour CCS, organisme soutenant différents projets réalisés par la population locale. Il travaille en particulier sur les projets Impilo et M.A.R.U., qui respectivement fournissent de la nourriture et du soutien scolaire aux élèves après l’école et développent des projets agricoles (principalement des poulaillers et des potagers).
David et Chris sont arrivés il y a moins de deux mois. Leur travail est pour l’instant axé sur l’administratif ainsi que sur leur propre formation. Nous avons suivi Chris au long d’une journée de visites de différents projets dans la province de Qwa-Qwa, ancien Homeland pour la tribu Basuthu. Une région montagneuse, ressemblant au Lesotho (selon Hubertus…). Qwa-Qwa se prononce avec un claquement de langue, pas facile ! Nous abandonnons nos tentatives de claquements hasardeux après une petite heure de route, et nous admettons nos limites… (true story). Le matin, nous visitons donc deux projets Impilo (Food Centers pour les enfants, cf. plus haut), où nous avons eu droit à un véritable bain de foule quand nous avons sorti nos appareils photos. Une marée d’enfants se bousculant pour être immortalisés ! Pour l’un des projets, le terrain est prêté par un vieux fermier du village. Sa femme participait au projet avant sa mort, et depuis, il continue de le soutenir en prêtant son terrain et en donnant une partie de ses récoltes. Il nous montre l’étendue de ses biens. Une dizaine de moutons, un veau, un poulailler, ainsi que deux grands champs !
L’après-midi sera consacrée à la visite d’un projet Maru, dans lequel nous assistons à des zigouillages de poules en règle, grand moment vidéo ! Ce sera donc un reportage interdit au moins de 18 ans ? En même temps ce sont des poules… Nous visitons donc ce poulailler en expansion couplé à un large potager. Une dizaine de volontaires sont investis dans ce projet, qui fonctionne comme une entreprise. Les visites de Chris et du reste de l’équipe ont pour but de guider le fonctionnement des ces deux projets ainsi que de vérifier la bonne gestion des fonds répartis par CCS. Sur la route du retour nous traversons le parc naturel Golden Gate, très joli, qui nous a fait penser au Grand Canyon (même si ni l’un ni l’autre n’y avons jamais mis les pieds). Nous avons aussi eu le droit d’assister à un atelier de formation de Sekwele avec David, ce qui fut très intéressant : on a pu discuter un peu avec les volontaires bénévoles sur place, ils sont très motivés et l’atelier est très professionnel. Cela nous a permis de mesurer plus concrètement le rôle de ces « workshops ».
Nos moments de liberté ont été consacrés au dérushage et au temps passé avec Chris et David. Vendredi soir, David et son ami Enok nous emmènent au Casino, un des rares bars du coin où blancs et noirs se mélangent, pour partager quelques bières avec les collègues de David. Drôle d’endroit : un jukebox aux chansons douteuses, des afrikaans en shorts trop courts qui se bagarrent, des mamies assises qui jouent aux machines à sous… Un bon moment quoiqu’il en soit ! Le dimanche, après la messe dans le township, nous avons fait une rando sur la « Kop mountain », une « grosse » colline surplombant Bethleem. Il y avait notamment des autruches et des gazelles aux alentours, la vue d’en haut était très belle et on a échappé de peu à la pluie (oui il pleut en Afrique !).
Nous avons quitté Bethleem, Chris et David, le mercredi. Le temps est venu (après une petite pause, bien entendu) de terminer les premières vidéos. L’avancement correspond à nos attentes, au prix de quelques nuits de travail un peu longues !
Les debuts
Après un vol sans pépins en A380, nous arrivons à Jo'burg à 9h50 heure locale (ce n’est pas compliqué, c’est la même que chez nous!), température au sol 21°, tout va bien ! Après les formalités d’usage, dont la caméra infrarouge pour repérer les malades, nous voici arrivés dans le hall de l’aéroport. Mika en musique de fond, le dépaysement ce n’est pas encore ça ! Après avoir retiré un peu d’argent et nous être équipés d’un portable, nous contactons les volontaires Fidesco avec qui nous avons rendez-vous. Nous convenons donc de rejoindre Jakub à une station de Gautrain (mot-valise, contraction de Gauteng et train), système de train reliant Pretoria, Johannesburg et l’aéroport dont les premiers tronçons datent d’avant la coupe du monde et les derniers de moins d’un an. C’est un peu cher (250 rand, soit environ 25 euros), mais le trajet s’avère rapide et confortable malgré nos bagages (chacun 3 sacs, avec du matériel pas toujours léger) ! Nous retrouvons Jakub à la station Rosebank. C’est dans une des voitures de l’université qu’il nous amène au St. Augustine College, et le trajet est le théâtre de premiers échanges. Jakub est polonais et a passé une partie de ses études à Angers, il a malheureusement un peu perdu sa maîtrise de notre langue depuis !
A peine arrivés, nous sommes conduits vers le « cottage » de l’université,studio adjacent aux bâtiments, avec deux lits, une salle de bain, et de très jolis rideaux. Le parfait QG pour faire les montages et récupérer. Nous avons de la chance, celui-ci a été libéré peu de temps avant notre arrivée et est dédié aux amis « overseas ». Après un rapide déjeuner dans la cantine, nous rencontrons Dennis, autre volontaire Fidesco sur place. Peintre au service de l'université, il s'occupe aussi de la maintenance. Très sympathique et accueillant, il nous guide pour une première visite des lieux et quelques courses... Un peu vannés par le voyage, nous dînons avec lui et partons pour une bonne nuit de 11h !
Samedi matin, breakfast à l’extérieur avec Dennis et Jakub, puis notre première interview : Dennis, dans le parc de Saint Augustine.Il nous apprend entre autre qu'il est volontaire depuis trois ans. Hollandais aux multiples talents, il est dans l'action et s'engage sans compter... Mais vous en découvrirez un peu plus dans le premier reportage (coming soon)! Une fois l'interview terminée, nous retrouvons Jakub pour aller manger chez Nontando, d'origine Zimbabwéenne et enseignante comme Jakub à l’université. Elle nous invite très gentiment pour déjeuner et le repas fut passionnant (culinairement parlant aussi...). Elle partage avec nous ses histoires sud-africaines et nous l'écoutons les oreilles "écarquillées"... Elle nous raconte notamment la fin de l'apartheid, et son aide à la mise en place "épique" du premier système de vote pour tous en Afrique du sud : depuis l'encre indélébile sur l'index et les photos des candidats sur les bulletins de vote au chef zoulou refusant que sa femme puisse voter différemment, les histoires sont nombreuses et passionnantes. Le vin Cape Townien se marie d'ailleurs fort bien avec notre saucisson, et nous discutons du programme du lendemain. Nontando nous propose de nous guider à travers Soweto en matinée, puis de "visiter" le centre-ville de Johannesburg.
Départ à 8h donc pour Soweto le dimanche avec nos trois amis de la veille, après une rapide lecture de guide sur l’apartheid et sur ce township, au réveil ! Il n’y a aucun doute, c’est différent du quartier de l’université qui se trouve dans une banlieue calme. A Soweto, on trouve tous types de maisons (dont celles appelées matchbox). Le développement de cette banlieue historique est récent et rapide, et certains quartiers sont aujourd'hui entièrement rénovés . Il est toutefois encore conseillé d’être accompagné par une personne noire pour venir à Soweto pour éviter les désagréments. Notre reconnaissance envers Nontando est exponentielle... Après la messe dans l’église Regina Mundi, qui a servi d’abri à de nombreuses personnes durant la révolte, nous nous rendons dans le quartier de Nelson Mandela pour tribuler de façon plus pédestre. Le quartier est animé et les rencontres cocasses : l’ancienne voisine de Mandela pour Guilhem, de jeunes rappeurs du township pour Thomas. Les habitants de la rue nous parlent de Mandela avec passion, et sont peut-être les seuls terriens à avoir eu pour voisins deux prix Nobel de la paix... (Nelson et Desmond Tutu).
Nous passons l’après-midi à Johannesburg (en zoulou Egoli : la ville de l’or) assister à une pièce de théâtre sur l’apartheid. La pièce est très intéressante : Une petite salle intimiste dans l’ancien marché aux fruits et légumes de la ville, avec uniquement deux acteurs sur scène. Tous les textes ne sont pas en anglais et les blagues en zoulou font rire le reste de la salle, mais leur énergie est communicative et même si on ne comprend pas toutes les références, on rigole beaucoup et le message passe ! Johannesburg est la troisième ville d’Afrique en terme de population, et il y a beaucoup d’activité, même le dimanche. Johannesburg nous apparaît comme une ville en ébullition. Les gratte-ciels modernes côtoient de nombreux bâtiments désaffectés, et les taxis-bus jouent à Fast & Furious. Encore une fois, Nontando nous accompagne pour une rapide déambulation dans le centre-ville.
De lundi à mercredi nous nous sommes concentrés sur les reportages (et accessoirement des prises de vues du toit de St Augustine pour faire de jolis time lapses!). Départ ce jeudi pour Bethléem et une nouvelle mission!