Dimanche 07 juillet 2013. 15 kms / Esperou
Belle journée, chaude dès le matin. Nous arrivons à l'Esperou. Peu de monde encore mais les bureaux d'inscriptions sont déjà pleins.
Echauffement tranquille, tout d
oux. Je conserve une foulée volontairement très souple et détendue car je veux plutôt chauffer en douceur et monter progressivement. Être pleinement prêt au top-départ car la course est réputée pour aboutir très rapidement en goulet d'étranglement, mais aussi ralentir dans les montées.
Que faire alors ? Partir très vite pour s'assurer de ne pas être bloqué juste après le départ ? Ou bien se placer à mi-chemin du peloton et tâcher de trouver un rythme approprié, compromis entre puissance/vitesse et endurance ? Le risque est connu, griller ses ressources et ne pas tenir le rythme sur la suite de la course.
Après les 4000 marches, j'ai plutôt fait le choix raisonnable. Partir doucement, se respecter et monter progressivement en puissance, quitte à dépasser plus tard. 430 inscrits sur le 15 km, plus de 300 sur le 37 km. Cette édition du trail de l'Aigoual est un succès !
Une demi-heure après le départ des 37 kms (inscrit au challenge gardois), voici le départ du 15km. Recommandations données au préalable : "N'oubliez pas de boire et ménagez-vous".
Top, c'est parti. Foulée légère, petit trot. Du monde, du monde. Parvenir à trouver son rythme, ne pas être trop ralenti. Je dépasse tranquillement, je ne cherche pas à me mettre en position dangereuse, j'évite les passages glissants et remonte, remonte.
Piste forestière, très roulante, ombragée. Odeurs de sous-bois, fraîcheur et passages plutôt plats. La course se déroule bien et l'ensemble des coureurs concentrés. Nous arrivons après 2 kms environ sur la première montée. Décomposée en deux partie, une première assez courte et raide, la seconde partie plus longue mais plus douce. Les coureurs et coureuses se mettent en file indienne et marchent. Même si ce passage est étroit, je profite de quelques passages rocailleux sur les côtés pour avancer et dépasser des groupes un peu plus lents. Une coureuse m'apostrophe, un peu choquée : "C'est bouché plus loin aussi ! ça sert à rien de se presser". Or, je connais le parcours et connais surtout mes capacités. Il faut envoyer dans cette montée ! Cela fait des mois que je travaille les fractionnés et me fais aider de David en coaching. Les montées, j'aime ça ! Enfin, oui, vous excuserez mon enthousiasme. J'aime ça tant que mon cœur n'éclate pas le cardiofréquencemètre... Je suis à 170, je sais que je peux pousser.
Je monte donc et continue de dépasser dans cette montée, j'atteris enfin sur une piste plate, je relance. Foulée un peu courte, le temps de laisser les poumons se réoxygéner. Continuation de la course.
Le rythme est bon. Arrivent ensuite une nouvelle montée, plus courte mais assez sèche. J'envoie encore mais préfère marcher et n'hésite pas à étendre mes foulées. Quand après, grand plaisir. Une belle longue descente technique. Ombragée, en zig-zags terreux, quelques racines accrochent parfois mes semelles. Le chemin doit être raviné en temps de pluie car il forme comme un entonnoir. Mais, là, pas de soucis, c'est sec et agréable. Je dépasse assez vite plusieurs coureurs. Je suis un peu étonné, ils semblent très prudents; Je trouve enfin devant moi un coureur qui semble autant s'éclater dans cette descente. Forte et longue foulée, la course est pleinement jubilatoire dans ces moments. Lorsque le vent caresse le visage, lorsque le corps anticipe assez tôt les obstacles sans imposer au corps de chocs trop traumatiques.
Grand éclate qui se conclut sur une petite route bitumée. 500 mètres en descente et on engage déjà la dernière montée. Nous en sommes sans doute à 9-10kilomètres. Je me prends un gel pour assurer cette dernière partie qui coupe assez les jambes. 2kms environ de montée, marche forcée. Souffle court. Accroche-toi, sois persévérant. Pas facile, facile, la fatigue arrive toujours trop rapidement sans avertir.
Mais je m'accroche et arrive enfin au niveau de la maison de pays. Grande ligne droite ensuite sur de petits chemins monotraces pour déboucher enfin sur une descente technique et assez pentue à travers les arbres. Je gère et me cale sur plusieurs lapins qui envoient leurs dernières ressources.
On entend la sono non loin. J'envoie un grand coup, remercie les quelques coureurs devant moi pour dépasser et balancer tout mon jus. Les derniers 500 mètres se font à fond, pied au plancher.
J'arrive alors à l'arrivée assez galvanisé. 3 minutes en retard sur l'objectif idéal de 1h30... M'étant en cours de course rendu à l'évidence que je ne pourrais l'assurer, je prévoyais plutôt finir en 1h40 voire 1h45. Belle surprise donc et satisfaction de voir mon évolution en un an.
Eh oui, car le trail de l'Aigoual 15km, ce fut ma toute première course. En juillet 2012, je l'ai fini en 1h52. En juillet 2013, je le boucle en 1h33. Belle progression qui m'encourage mais, évidemment, que je relativise au regard des belles prestations de tant d'autres coureurs. Des juniors aux V4, je suis toujours aussi admiratif. Un coureur de 80 ans finit la course frais comme un gardon avec un chrono de 1h40. Ouah ! Respect...
Enfin, dédicace à Didier. Lecteur du blogue et coureur dont j'ai pu faire la connaissance en chair et en os sur l'Esperou. Rencontre durant laquelle nous avons pu échanger et partager nos expériences de coureurs. Je lui suis reconnaissant, car c'est lui qui m'a fait découvrir les 4000 marches et je dois reconnaître que c'est la plus belle course que j'ai faite. De plus, je suis certain que nous avons toujours à partager entre passionnés. Didier, je compte sur toi pour de prochains entraînements cévenols :)