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@twiggalina-the2nd
Happy birthday David! You are so greatly missed! ❤️
David Bowie at Art Gallery (September 1994)
« Le 6 avril 1995, à New York, David Bowie retrouve le photographe Frank Ockenfels III pour ce qui deviendra leur quatrième séance ensemble, un projet baptisé The Berlin Project. Ockenfels lui présente alors une idée singulière : créer une série d’images inspirées de l’esthétique expressionniste du film muet Le Cabinet du Dr Caligari (1920), célèbre pour ses décors anguleux, ses ombres inquiétantes et sa lumière tranchée. Bowie, toujours curieux de nouvelles expérimentations visuelles, accepte immédiatement le principe.
Ockenfels se souvient que Bowie avait une capacité rare à « jouer avec une seule source lumineuse », à inventer des silhouettes, à modeler son visage et ses mains pour créer des formes quasi théâtrales. Sur cette série, l’acteur et le musicien se confondaient : Bowie ne posait pas, il performait, sculptant l’ombre comme un matériau. Son intérêt profond pour l’expressionnisme allemand — une influence récurrente dans son travail depuis ses années berlinoises — trouvait ici un terrain idéal.
L’atmosphère du shooting était apparemment très libre. Ockenfels raconte souvent que Bowie arrivait avec une énergie calme mais intensément créative, prêt à se jeter dans chaque image comme on entre dans un rôle. Pendant The Berlin Project, il se laissait guider par la lumière, changeant subtilement de posture, levant les mains pour créer des lignes géométriques, accentuant le clair-obscur sur son visage. Le photographe n’avait quasiment pas besoin de diriger : Bowie « composait » l’image presque instinctivement.
Cette séance s’inscrit dans une période particulièrement féconde de la vie de Bowie. En 1995, il prépare la sortie de Outside, un album sombre, conceptuel, rempli de motifs narratifs proches du film noir et de l’art brut. L’esthétique expressionniste allemande, avec ses distorsions visuelles et son atmosphère de trouble psychologique, résonnait parfaitement avec ces thèmes. Ockenfels et Bowie semblent avoir capté ce climat particulier, donnant naissance à une série de portraits d’une intensité presque hypnotique — où l’on reconnaît immédiatement la signature de Bowie : un mélange d’élégance, de mystère et d’avant-garde.
Cette photo, comme beaucoup issues de cette séance, témoigne de leur connexion artistique profonde, de la confiance mutuelle et, surtout, de l’infinie capacité de Bowie à se transformer, même au simple éclat d’une lampe. »
©Edward Bell
Photo by Jake Chessum
Photo by Jake Chessum
david bowie by andy warhol
Photo by Christian Simonpietri
Photos by Ray Stevenson