Samedi 5 août : Faire et refaire.
Alerte générale ! On se réveille en retard vu que la veille nous avons beaucoup parlé de l'heure du réveil (fort matinal soit dit en passant) mais qu'aucune de nous n'a pensé à en mettre un (de réveil), étonnant non ?
Nous plions tout dans l'urgence, c'est à dire en moins d'une heure et demie et sans petit déjeuner. Puis on part. La truffe au vent et la vague à l'ùme. Nous sommes si innocentes... Et surtout ignorantes de ce qui nous attend !
Il fait beau et chaud, le soleil brille haut dans le ciel trÚs bleu et crame nos petites peaux blanches... Enfin surtout celle de W., qui d'ici la fin de la journée ressemblera à un étrange mélange entre un poivron rouge, une tomate, une langoustine, un homard et la polaire de M. ! (Rouge la polaire !)
Cependant ça vaut le coup puisque la route des cĂŽtes du Nord est magnifique. Puisque par delĂ les champs nous apercevons la mer qui se jette contre les falaises et qui rĂ©verbĂšre sous l'azur la lumiĂšre du soleil (on sait, on est de vrai pouĂȘtesses).
Mais voilĂ , ça grimpe. Un peu, gentiment ... Puis malgrĂ© nous, malgrĂ© tout, ça descend plus que jamais et nous, petites oies blanches, nous nous laissons entraĂźner vers le bas des falaises, ce que nous pensions ĂȘtre The Devil's Hole.
W. suggÚre alors à M. de manger un morceau car il est déjà midi et demi. Mais M. rechigne car il est trop tÎt selon elle, et puis, le camping n'est pas si loin, n'est-ce pas ?
S'ensuit une montée diabolique, d'au moins 20% par endroits (sans exagérer pour une fois), qui nous épuise moralement, physiquement et tout-ce-que-vous-voulez-ment.
Par quel miracle sommes nous arrivées en haut ? Personne ne le sait car la route était étroite et sinueuse et la circulation dense. Il y avait un festival en plus dans le tout petit port, avec pas mal de bruit aussi.
Pleines d'allégresse de retrouver le plat, et jurant de ne plus jamais, jamais, JAMAIS, JAMAIS, JAMAIS retourner dans cet endroit maudit, nous pédalons à bon rythme vers le camping. Ah-ah. Sauf que non.
Nous arrivons au-dessus d'une immense plage, celle de Saint-Ouen mais nous l'ignorons encore .. Jusqu'Ă ce que nous Ă©tudions la carte et qu'avec effroi nous constatons que le camping est derriĂšre nous et Ă plusieurs kilomĂštres ! En gros : on va beaucoup trop vite (ou l'Ăźle est beaucoup trop petite - Ă vous de choisir). Ou la carte nâa pas du tout la bonne Ă©chelle.
AprĂšs un demi-tour, moultes lamentations ("j'ai faim", "moi aussi", "j'en peu plus", "moi non plus", "j'en ai marre", "je veux ma maman", "quand c'est qu'on arrive", "bientĂŽt Kevin") et une incertitude (demander Ă des gens qui repeignaient des chaises oĂč Ă©tait le camping - 20 mĂštres plus loin), nous parvenons enfin au Daisy Cottage Campsite. Et nous nous rendons compte, que si nous Ă©tions passĂ© du bon cĂŽtĂ©, nous n'aurions jamais pu louper le panneau vu qu'il fait 5 mĂštres par 4 et qu'il y a des marguerites peintes dessus.
Thor nous accueille (coucou Corinne !) et nous mĂšne Ă notre emplacement et nous informe qu'il reste Ă notre disposition.
Nous jetons avec rage toutes nos affaires (vélos compris) sur le sol.
Il est 14 heures, aprÚs avoir trÚs rapidement monté la tente et tout jeter dedans parce qu'on avait trop faim, nous nous précipitons vers un petit endroit que nous avons repéré sur la carte et qui se nomme la GrÚve de Lecq.
Selon les rumeurs, il y a un fameux petit restaurant au bord de l'eau.
Forte de notre derniÚre expérience, malgré un petit panneau indiquant "Lecq Bay" à 30 mÚtres du camping nous décidons de nous en tenir à la carte et de suivre la route.
Les premiers mĂštres, Ă plat, tout va bien et nous filons la truffe au vent, telles deux hirondelles dans la brise (on sait les hirondelles n'ont pas de truffes mais pouĂȘt d'abord).
Puis nous commençons à descendre, descendre, descendre... Et là c'est le drame !
Nous nous apercevons avec effrois, horreur et dĂ©sespoir que nous redescendons la cĂŽte de l'enfer et ce que nous pensions ĂȘtres alors le trou du cul du diable (Devil's Hole on vous rappelle ! Nom qui nous paraissait plutĂŽt appropriĂ© Ă l'endroit).
En fait on s'Ă©tait trompĂ© depuis le dĂ©but ! On n'Ă©tait pas du tout lĂ oĂč l'on pensait (surpriiiiiise !).
Lorsque nous sommes sorties des griffes de la bĂȘte la premiĂšre fois nous Ă©tions en fait (littĂ©ralement) Ă 5 minutes du camping ! Nous avons fait des kilomĂštres en plus pour rien ! (Et ça aurait pu ĂȘtre pire comme la journĂ©e du lendemain nous le montrera).
Nous abandonnons nos vĂ©lo Ă mi chemin de la cĂŽte (hors de question de la refaire deux fois entiĂšrement !), complĂštement dĂ©goĂ»tĂ©es et nos estomacs commençant Ă s'auto-digĂ©rer. Nous parvenons malgrĂ© tout Ă nous traĂźner lamentablement jusqu'Ă chez Mr Colleen (aucun lien pour ceux qui comprendrons la rĂ©fĂ©rence ;)) oĂč nous nous affalons sur des chaises prĂȘtes Ă rendre l'Ăąme.
Heureusement grùce au fumet qui s'échappe de la cuisine nous trouvons le courage d'aller commander à manger.
Une fois servies nous reprenons vie, enfin.
Repues et Ă deux doigts de nous endormir, nous nous traĂźnons jusqu'Ă la plage et nous laissons choir sur le sable.
Quand on se réveille une heure plus tard, la marée montante nous lÚche les orteils (nous étions au milieu de la plage et la marée monte trÚs vite).
En pleine forme (il nous en faut peu), nous dĂ©cidons qu'il est trop tĂŽt pour rentrer et assez tĂŽt pour marcher le long de la falaise (au-dessus bien sĂ»r, pas en bas - en bas, il nây a que de lâeau et lâeau ça mouille puisque le feu ça brĂ»le). AprĂšs une ascension douloureuse, une de plus et pas la derniĂšre, nous constatons avec une pointe de tristesse que nous sommes revenues Ă cĂŽtĂ© du camping : c'est dommage, les vĂ©los sont en bas !
Nous nous promenons en profitant du paysage, les orties nous lĂšchent les mollets (coucou Sylvain) et W. fond en larmes Ă chaque fois qu'elle en croise Ă cause d'une douloureuse et assez rĂ©cente expĂ©rience oĂč "quelqu'un" l'a lĂąchement laissĂ© tombĂ© le cul dans les orties.
AprĂšs avoir fait demi-tour, une fois arrivĂ©es en bas, nous reprenons la route pour rĂ©cupĂ©rer nos vĂ©los et rentrer au camping. Ăa a l'air simple comme ça, non ? Bah non.
On pourrait penser que la récompense serait au moins et à juste titre des jambes de déesse mais à la place de quoi on a les cuisses de la taille des bras d'Arnold Schwarzenegger et on passe tellement de temps à se cogner les tibias et les mollets contre diverses parties de nos vélos (pédales, chaßnes ...) qu'on ressemble à des dalmatiens tachetés de bleus.
Cette soirĂ©e lĂ , nous nous rendons compte que Thor s'appelle en rĂ©alitĂ© Matthew, qu'il est masseur junior (dans le sens oĂč il dĂ©bute) et qu'on sait oĂč envoyer Corinne pour ses prochaines vacances.
Nous nous effondrons épuisées sur nos couches (nos lits hein ? on porte pas de couche. Pas encore.).