Ferdinand-Sigismond Bach dit Ferdinand Bac ou Bac, né à Stuttgart le 15 août 1859 et mort à CompiÚgne le 18 novembre 1952 (à 93 ans), est un écrivain, dessinateur, caricaturiste, décorateur, peintre, ferronnier, paysagiste et lithographe français.
Par son pÚre, enfant illégitime, il est le petit-neveu de l'empereur Napoléon Ier.
Son pĂšre, Karl Philipp Heinrich Bach, gĂ©ologue, ingĂ©nieur-cartographe et paysagiste, nĂ© en dĂ©cembre 1811 et dĂ©cĂ©dĂ© le 15 dĂ©cembre 1870, est le fils illĂ©gitime de JĂ©rĂŽme Bonaparte, roi de Westphalie[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Ferdinand naquit d'un second mariage de son pĂšre avec Sabina Ludovica de Stetten, fille du baron Sigismond-Ferdinand de Stetten ; ce dernier, nĂ© en 1772, en BohĂȘme, assista au congrĂšs de Vienne et raconta ses souvenirs Ă son petit-fils.
Ferdinand Bac, petit cousin germain de NapolĂ©on III, fut Ă©levĂ© en marge de la cour du Second Empire. Quelques annĂ©es aprĂšs lâeffondrement du rĂ©gime, il choisit de quitter lâAllemagne et sa mĂšre pour vivre Ă Paris une existence studieuse, et nĂ©anmoins bohĂšme. Introduit dans le monde par ArsĂšne Houssaye et le prince NapolĂ©on, il devint un artiste Ă la mode. Il est lâauteur de nombreux ouvrages littĂ©raires et artistiques quâil illustre brillamment de sa main.
Il fréquente Adolphe Thiers, Gambetta, Richard Wagner, Victor Hugo, Taine, Villiers de L'Isle-Adam, Paul Verlaine, Maurice BarrÚs, Barbey d'Aurevilly, Alphonse Daudet, Guy de Maupassant, Verdi, Gounod, Pierre de Nolhac, etc.
Il s'impose alors comme l'un des premiers dessinateurs et caricaturistes de son temps, aussi célÚbre qu'Albert Robida, Job, Sem, Jean-Louis Forain ou Caran d'Ache.
Il vit au cĆur de l'Europe troublĂ©e de la fin du xixe et du dĂ©but xxe siĂšcle et occupe une position de passeur entre les traditions allemande et française. TĂ©moin de la bataille de Sadowa en 1866, Ă la formation de l'Allemagne en 1871 Ă Versailles, fuyant les armĂ©es allemandes en 1914 et contraint Ă l'exil en 1940, il vit une partie de son travail partir en fumĂ©e en 1944. Il redevint un homme public courtisĂ© Ă la LibĂ©ration.
InstallĂ© l'hiver dans le Midi pour raison de santĂ©, il entreprend tout d'abord d'amĂ©nager les jardins de la Villa Croisset (1912), puis ceux du Domaine des ColombiĂšres Ă Menton, transformant cette ancienne bĂątisse en une rĂ©sidence mĂ©diterranĂ©enne, crĂ©ant, entre 1918 et 1927, un jardin oĂč chaque parterre est inspirĂ© d'un pays de la MĂ©diterranĂ©e. Il consigne ses rĂ©flexions dans plusieurs ouvrages relatant ses travaux, ses envies et ses projets, et, Ă 60 ans, s'installe dans cette propriĂ©tĂ©, acquise par Ămile Ladan-Bockairy et son Ă©pouse, oĂč il y croise Marcel Proust, Jean Cocteau, Gabriele D'Annunzio et Anna de Noailles.
Dans sa propriété de CompiÚgne contiguë au vieux rempart de la ville, Bac dessina des jardins, dont un « cloßtre de charmilles encadrant un vaste tapis de buis » ; la grande maison du xviiie siÚcle (9, rue des Domeliers) avait abrité avant lui Talleyrand - voir supra - et les architectes Jacques-Ange Gabriel et Ledreux de La Chartre[Qui ?], « qui, en 40 ans, réalisa le grand dessein de Gabriel à CompiÚgne »1.
Bac fut lié à Madeleine Jacquemaire puis Iung, fille de Georges Clemenceau, qu'il voyait quotidiennement et à qui néanmoins il faisait porter une lettre chaque matin; cette correspondance amoureuse, découverte dans une armoire à sa mort à 78 ans (1949), fut alors détruite par ses héritiers2.
JusquâĂ la fin de sa vie, Bac continue de voyager, dâĂ©crire, de dessiner, rĂ©flĂ©chissant sur le devenir politique et historique du monde ; Ă prĂšs de 80 ans, il effectue encore trois heures de correspondance par jour, ses connaissances et ses amis attendant ses conseils, parmi lesquels le baron Coudein, proche du baron NapolĂ©on Gourgaud, Ă qui Bac offrit une de ses caricatures mettant en scĂšne un « incroyable » et une « merveilleuse »3.
Son esprit toujours vif lui permet de dessiner et de commenter les livres quâon lui envoie. De nature pourtant inquiĂšte, il sâappliqua trĂšs jeune Ă lĂ©guer une partie de son travail Ă de nombreux musĂ©es et bibliothĂšques (BibliothĂšque de l'Arsenal Ă Paris, BibliothĂšque municipale Ă Menton, BibliothĂšque Cessole Ă Nice) ; chaque document est annotĂ© de sa main et parfaitement archivĂ©.
NommĂ© chevalier de la LĂ©gion d'honneur en 1913, reconnu par l'AcadĂ©mie française, il meurt Ă 93 ans, le 17 novembre 1952 Ă CompiĂšgne, quatre jours aprĂšs le dĂ©cĂšs de son ami Ămile Ladan-Bockairy ; il fut inhumĂ© aux ColombiĂšres dans un mausolĂ©e aux cĂŽtĂ©s du couple Ladan-Bockairy.
Il est lâauteur de nombreux ouvrages littĂ©raires et artistiques.
Plusieurs photos du jardin des ColombiÚres et trois aquarelles signées de Bac datées de 1931 ont été reproduites dans le numéro spécial sur les jardins de "L'Illustration" daté du 28/05/1932 (arch. pers.).
Un collĂšge de CompiĂšgne porte son nom.