Le Sorano (Toulouse) a mis en avant dans le cadre de Super Nova de jeunes créations. Alors la fraîcheur était-elle au rendez vous me demanderez vous? Dans les thèmes, peut-être, trouvait-on quelque renouveau, quelque regard concerné que seuls des jeunes peuvent avoir sur la société contemporaine? Non, rien que du sexisme, de l’emphase, des mots, des mots, pour si peu, vraiment.
Un couple déchaîné a exposé devant nous ses pires méchancetés. Au sol, sur le plateau, les débris d’un amour vache qui n’a de sens que parce que rien n’a de sens. Les convives, les spectateurs, ont été pris au jeu et pris à partie par ces amoureux de l’horreur. Et ça marche. “Vous vivez en couple?” “Et ça fait combien de temps?” “Respect, vraiment”. Ça marche tellement que quand ils ont invité un.e spectateurice à chanter une est venue nous présenter sa version hésitante de Hit the road Jack.
Est-on toujours seuls, même en amour? Existe-t-il des tendresses suffisamment fortes pour consoler les âmes écorchées par la vie? Décadence, musique nulle, jalousie. Beaucoup de rires pourtant. Ceux de Lucrèce dépressive devenue hystérique qui jubile des moqueries qu’elle a su inventer. Et les rires du public, parce que les histoires de couples qui s’engueule ça fait rire. Peut-être ils nous rappellent des couples qu’on a connu; peut-être nous quand, fatigués de vivre, nous ne pouvons plus faire mine d’aller bien et ne faisons rien pour aller mieux.
Est ce que ça parlait d’amour? Et quelle amour, alors? Une amour dont on croit tant qu’on est sûr.e.s de ne pas savoir ce que c’est, quand on ne l’attend pas. Amour comme rencontre continue, surprise et plaisir d’existence, contemplation d’un être qui nous aide à penser que la vie vaut le coup. Mais alors que vivent-ils ces deux là, qui disent s’aimer? Le propos de la pièce était surement l’inutilité et l’impossibilité du couple, d’un amour de tous les jours et pour toute la vie. Arrêtez de vous obstiner disait peut-être cette pièce.
En tout cas je rentre chez moi énervée et j’espère vite tomber sur des preuves d’une amour valable, des contres exemples à cette amour de la destruction.