Jour 33 | Votons!
"Le droit de vote, ce n'est pas l'expression d'une humeur, c'est une décision à l'égard de son pays, à l'égard de ses enfants."
- Jacques Chirac
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Jour 33 | Votons!
"Le droit de vote, ce n'est pas l'expression d'une humeur, c'est une décision à l'égard de son pays, à l'égard de ses enfants."
- Jacques Chirac
Jour 32 | La Charte révisée et réécrite par 33contrelaCharte
En guise de billet de clôture, voici la Charte et le projet de loi 60, révisés et réécrits par 33contrelaCharte :
L'Assemblée nationale et l'ensemble des citoyens du Québec affirment les valeurs que constituent la séparation des religions et de l'État ainsi que la neutralité religieuse et le caractère laïque de celui-ci. Nous affirmons ainsi le chemin parcouru ces dernières décennies pour dissocier irrévocablement les pouvoirs religieux et étatiques. Nous réitérons les valeurs de neutralité et de laïcité qui protègent les citoyens de toute atteinte aux droits et libertés en vertu de principes religieux, mais qui ne justifient en aucun cas l’interdiction de l'expression religieuse chez ses citoyens. Nous déclarons que la neutralité et la laïcité imposent de préserver l’exclusion de l’influence religieuse dans les affaires de l’État, mais n’imposent pas d’exclure de l’État tous les individus avec une affiliation religieuse.
L'Assemblée nationale et l'ensemble des citoyens du Québec réitèrent l'importance qu'ils accordent à la valeur que représente l'égalité entre les femmes et les hommes. Nous reconnaissons ainsi les avancées importantes réalisées, mais aussi les importantes avancées encore à réaliser à ce chapitre. Nous voyons dans cette valeur davantage qu'une question d'apparence de signes religieux. Nous déclarons aussi que le combat pour l'égalité hommes-femmes doit dépasser le seul cadre des employées de la fonction publique et parapublique. Nous affirmons que les préoccupations réelles concernant l'égalité hommes-femmes touchent davantage à l'équité salariale, à la discrimination basée sur le sexe ou à l'image corporelle et l'objectification de la femme.
L'Assemblée nationale et l'ensemble des citoyens du Québec estiment qu'il est nécessaire d'établir certaines balises pour le traitement des demandes d'accommodement et des demandes de modification à la Charte des droits et libertés. Nous estimons que seul des données objectives peuvent servir de justification pour évaluer si une demande est raisonnable. Nous réaffirmons que ni les perpections ni la perception des apparences ne constituent un motif valide. Nous réitérons qu'il n'existe pas de droit de ne pas être exposé à la différence et que l'État québécois n'institutionnalise des préjugés.
L'Assemblée nationale et l'ensemble des citoyens du Québec reconnaissent qu'il y a lieu de prévoir certaines mesures visant à assurer le respect de ces valeurs. Nous affirmons qu'il y a urgence de remédier à la méconnaissance et à la peur de l'Autre. Nous mettrons en oeuvre des mesures afin que la distance entre les Québécois ne soit plus perçue comme un gouffre, mais comme un tremplin, et que la distance qui les sépare ne se transforme pas en mur, mais plutôt en pont.
En définitive, l'Assemblée nationale et l'ensemble des citoyens du Québec réaffirment l'édification d'une société où les valeurs québécoises sont le reflet de celles qui ont fait de la nation québécoise ce qu'elle est devenue. Une société où le "nous" québécois ne sert pas à créer un vous d'exclusion, mais plutôt à rallier tous ceux désirant contribuer à la richesse du Québec. Une société où "nos valeurs" ne servent non pas à diviser, mais à rassembler comme fiers Québécois tous ceux pour qui la libre-détermination, l'ouverture, la tolérance, l'inclusion et l'intégration, sont les vraies valeurs fondamentales de notre société, pour aujourd'hui et surtout pour demain.
Pas convaincu? - Voir tous les billets de 33contrelaCharte.
Jour 31 | La Charte et les raisons de s'y opposer
Voici, en rafale, un récapitulatif des raisons de s'opposer à la Charte selon 33contrelaCharte :
J1. Un appui majoritaire n'est pas nécessairement gage de bonne décision.
J2. La Charte des valeurs se compare difficilement à la loi 101.
J3. Le Coran ne devrait pas être instrumentalisé par les partisans ni par les opposants à la Charte.
J4. La peur de l'Autre ne peut être une raison d'adopter la Charte.
J5. On parle beaucoup trop du voile dans le présent débat de la Charte.
J6. Le prosélytisme d'apparence est un faux argument.
J7. L'État québécois est déjà laïc.
J8. L'exercice de la religion dans l'espace public est un droit protégé par les Chartes des droits et libertés québécoise et canadienne.
J9. "C'est bien pire ailleurs" ne justifie pas de niveler par le bas.
J10. Le "nous" des partisans de la Charte n'est pas le "nous" québécois.
J11-12. La Charte ne combat pas l'intégrisme.
J13. La Charte ne promeut pas l'inclusion.
J14. Les signes religieux ne sont pas réducibles à des signes politiques.
J15. La Charte ne favorise pas l'égalité hommes-femmes.
J16. Il ne faut pas confondre laïcité et laïcisme.
J17-18. L'interdiction des signes ostentatoires est une tempête dans un verre d'eau.
J19. Il n'existe pas de droit de ne pas être exposé à la différence.
J20. Une école laïque prépare ses étudiants à la société pluraliste qu'est le Québec actuel.
J21. La différence devrait être non seulement tolérée, mais aussi célébrée.
J22. Les institutions ont aussi un devoir face à ses citoyens.
J23. Interdire des vêtements religieux sur la seule base de l'apparence, c'est institutionnaliser un préjugé.
J24. Il n'y a aucune crise qui nécessite l'adoption de la Charte.
J25. La Charte est une très mauvaise mesure de prévention.
J26. La neutralité des institutions ne peut justifier la Charte.
J27. La peur de l'islam ne peut justifier la Charte.
J28. Il y a une différence entre l'action et l'apparence.
J29. La Charte est raciste.
J30. La Charte nous rapproche plus qu'elle ne nous éloigne de la Grande Noirceur.
Jour 30 | La Charte et le retour à la Grande Noirceur
- Evelyne Wassef -
« Personne ne veut retourner à la Grande Noirceur d’antan » - Nathalie Petrowski
Un pas vers la Grande Noirceur?
Sous le « règne » de Maurice Duplessis, le Québec s’est longtemps vu plongé dans une période assez obscure ayant été surnommée la Grande Noirceur. Celle-ci était caractérisée par une grande emprise de l’Église et de la religion sur la vie des citoyens.
Certains promoteurs de la Charte évoquent la crainte d’un retour à cette période où les gens se faisaient dicter leurs pratiques personnelles et leurs modes de vie par une Institution Toute-Puissante.
Bien que l’Église n’impose plus ses dogmes sur notre quotidien comme elle le faisait à cette époque pas si lointaine, cette Charte ne donnerait-elle pas au gouvernement un pouvoir tout aussi intrusif, en brimant notre choix de manifester nos croyances et nos pratiques ? Nous serions donc témoins d’un retour du pendule vers un contrôle et un pouvoir, cette fois-ci exercés par l’État plutôt que par l’Église. Un État qui brimerait nos droits individuels et s’infiltrerait dans nos vies privées... Bref, un État qui risquerait de posséder trop de pouvoir. Un État qui paverait la voie à une période qui aurait le potentiel d’être tout aussi noire, pourtant au nom même de la liberté que cette Charte promet de protéger.
De plus, il est important de souligner que l’interdiction du port de signes considérés comme ostentatoires pour les personnes occupant des postes dans les fonctions publiques serait l’équivalent moderne des obligations « duplessiennes ». En effet, alors qu’avant on imposait la pratique du Carême à tous les Québécois, il s’agirait aujourd’hui de leur imposer une apparence neutre et de brimer à nouveau leurs libertés individuelles.
Un État trop envahissant et interdisant le port de signes dits « ostentatoires » ne serait pas sans rappeler cette Grande Noirceur. Il y a une soixantaine d’années, la Révolution Tranquille est venue ôter le voile qui nous y plongeait. Sommes-nous prêts à revivre dans cette obscurité en adoptant comme loi cet errement qu'est la Charte?
Pas convaincu? - Il ne devrait pas y avoir de signe religieux dans l'espace public? Voir billet 8. - Voir les autres billets de 33contrelaCharte.
Jour 29 | La Charte et le racisme
- Nathalie Batraville -
Est-ce que je suis face à une personne sikh, en sachant tout ce qu’ils ont contre les homosexuels, ou est ce que je suis face à un agent représentant de l’ordre? - Leila Bensalem, de la Coalition Laïcité Québec, en entrevue à Radio-Canada
La Charte est raciste.
La Charte est raciste parce qu’elle accepte que l’on juge les gens selon leur appartenance religieuse et qu’en fonction de ce jugement on leur retire leur emploi.
La Charte est raciste parce qu’elle pose l’uniformité et l’effacement des minorités religieuses comme formulation idéale du lien civique.
Qu’est-ce que le racisme ?
Le racisme a toujours été fondé sur des notions de suprématie culturelle, linguistique, et religieuse. C’est ainsi que les Québécois des années 60, en tant que peuple catholique, francophone, et marginalisé sur le plan social, économique et politique, s’identifiaient dans certains cas au combat pour l’égalité et contre le racisme que menaient des groupes comme les Panthères noires, aux États-Unis.[1]
Le cas des Québécois est loin d’être le seul. L’antisémitisme est un racisme anti-juif. Les immigrants polonais en Europe par exemple, ou les Irlandais aux États-Unis sont autant d’exemples de groupes victimes de racialisation, c’est-à-dire perçus et traités, de manière généralisée, comme des groupes inférieurs non pas en fonction de la couleur de leur peau (comme le veut l’image caricaturale du racisme), mais plutôt en fonction de leur culture, leur langue, leur religion et leur classe sociale.
Le racisme existe toujours dans un contexte de marginalisation sociale, économique et politique, et est constitué de préjugés sur l’apparence ou l’identité culturelle, ethnique, linguistique et religieuse des groupes marginalisés.
Ce déterminisme a pour conséquences concrètes les plus directes : la discrimination à l’emploi et au logement, la brutalité policière, la surreprésentation carcérale, la prolifération et la prédominance d’images négatives dans les médias et dans la culture, le harcèlement et la violence, et une désolidarisation des élites politiques et de la société en général (enseignants, personnel médical, travailleurs sociaux, etc).
La Charte et le racisme
Dans le contexte du Québec (ou encore de la France), dire que parce qu’une femme porte un hijab, elle est nécessairement soumise, manipulée, et exprime un « message » politique ou antiféministe, c’est tenir un discours raciste, et ce même lorsque ce discours est tenu par des musulmans ou des musulmanes. Ce discours nie l’individualité de ces femmes, ainsi que leur capacité à s’auto-définir et à réfléchir de manière critique.
S’il est possible de débattre du caractère antiféministe, homophobe ou transphobe de tel ou tel précepte ou pratique religieuse (puisque visiblement il n’y que dans le contexte de la religion que ces questions intéressent les gens) sans tomber dans le racisme ; transposer, sans aucune autre forme de procès, les jugements que l’on peut avoir sur ces religions sur les personnes qui les pratiquent relève du racisme.
C’est particulièrement le cas lorsque ces jugements servent de prétexte pour institutionnaliser l’exclusion des personnes en question d’un milieu de travail, en l’occurrence la fonction publique et parapublique.
Pas convaincu? - Le “nous” des partisans de la Charte. Voir billet 10. - La Charte et la peur. Voir billet 4. - Voir les autres billets de 33contrelaCharte.
1. http://montrealserai.com/2013/10/06/fear-of-a-black-nation-david-austins-new-book-examines-the-complex-politics-of-race-and-belonging-in-quebec-and-canada/
Jour 28 | La Charte et la neutralité des actions
- Andréanne Wassef -
"Nous proposons que la neutralité religieuse s’applique à toutes les personnes au service de l’État." - Bernard Drainville
En prétendant vouloir la neutralité, le gouvernement Marois démontre qu’il est tout sauf.
La position d’employé apporte avec elle certains devoirs ainsi que certaines restrictions nécessaires pour que l’employeur puisse s’assurer d’un travail bien fait. Par exemple, ce ne sont pas tous les emplois qui peuvent permettre aux employés de s’absenter pour aller faire de nombreux appels personnels, et ce n’est pas tous les emplois qui peuvent permettre aux employés de s’absenter pour prier plusieurs fois par jour. Il est donc attendu que, parfois, en raison de normes de sécurité ou d’efficacité, un travailleur perde certaines libertés personnelles sur les heures de travail pour satisfaire aux exigences de son emploi.
M. Drainville affirme que les employés de l’état se doivent d’être neutres, ce qui est tout à fait vrai et déjà appliqué partout au Québec.
Là où l’on s’égare, c’est que cette neutralité devrait s’appliquer uniquement au niveau de l’exécution des fonctions et non pas au niveau de l’identité individuelle ou de l’apparence.
Il est important de rappeler que le port d’un signe religieux ne se traduit pas nécessairement en un changement de l’attitude de l’employé au travail. Un travailleur peut afficher son appartenance personnelle à une religion tout en gardant un jugement professionnel non teinté par ses croyances. La religion est pour certains aussi fondamentale à l’identité que l’origine ethnique ou l’orientation sexuelle, mais comme ces autres variables (que le présent gouvernement n’oserait critiquer publiquement), elle n’a habituellement pas d’impact sur l'exécution du travail.
L’interdiction du port de signes religieux au travail viendrait sévèrement atteindre les droits des personnes à qui elle s’appliquerait, car en touchant directement leur identité et valeurs les plus fondamentales, elle dépasse largement la restriction des libertés personnelles que l’on doit s’attendre à perdre en étant employé. Surtout, puisque cette mesure n’affecterait qu’un groupe spécifique de gens, d’ailleurs minoritaire, elle créerait de la discrimination.
En prétendant vouloir la neutralité, le gouvernement Marois démontre qu’il est tout sauf.
Pas convaincu? - Au-delà des actions, l'apparence importe? Voir billet 23. - Il existe un droit de ne pas être exposé à la différence? Voir billet 19. - Voir les autres billets de 33contrelaCharte.
Jour 27 | La Charte et la peur de l'islam
- Catherine Larochelle -
Selon un sondage CROP réalisé pour La Presse, 57 % des Québécois disent avoir une opinion « plutôt négative » ou « très négative » des musulmans. - Le malaise musulman, Louise Leduc, La Presse, 16 mars 2014
Au lieu d’entretenir la peur de l’Autre, nous devrions nous questionner sur cette peur, pour la comprendre et mieux la surpasser.
Les partisans de la Charte fixent leur objectif, majoritairement, sur la religion musulmane. Nécessairement accentuée par l’actualité des dernières décennies (11 septembre 2001, guerre en Afghanistan et en Irak, printemps arabe), la peur de l’intégrisme islamique permet aux pro-Charte de justifier leur exclusion des femmes musulmanes voilées de la fonction publique. Le débat sur la Charte a mis au jour ce malaise québécois face à la religion musulmane.
Or, rien n’est plus dangereux que d’accentuer cette peur de l’Autre. Pour l’avenir de notre société, on doit maintenant s’attarder à comprendre d’où vient cette opinion négative des musulmans, et des Arabes (52%[1]).
Pourquoi l’islam et les Arabes? L’Orient a été aux XIXe et XXe siècles, l’altérité fondamentale par laquelle l’Occident se définissait. À l’époque, au Québec, ce choc Occident-Orient était imaginaire, car géographiquement lointain. Il n’y avait pas peur de l’Autre, mais plutôt une distanciation d’avec cet Orient lointain et exotique.[2]
L’arrivée d’une immigration maghrébine au Québec a donné lieu à un déplacement de la confrontation Orient-Occident. Combinée à une immigration de plus en plus diversifiée, cela a ajouté au questionnement identitaire propre à la société québécoise francophone depuis près de deux siècles.
L’identité collective québécoise est principalement culturelle et basée sur l’histoire du groupe ethnique majoritaire (issue de l’immigration française). La communauté maghrébine francophone a aussi une identité culturelle forte. On se sent menacé dans notre identité collective car la communauté visée s’intègrent bien à l’identité culturelle de la majorité.
Il serait préférable, en se penchant avec plus d’attention sur les fondements historiques profonds de cette peur de l’islam et des Arabes, de mieux documenter cette peur de l’Autre, pour l’effacer graduellement. Au lieu de s’en distancer, il faut trouver un moyen d’intégrer l’apport de cette communauté à l’identité collective québécoise. Dans la position démographique actuelle, il en va de l’avenir du Québec. Veut-on une société de plus en plus divisée et entretenant la peur de l’Autre? Ou préfère-t-on un avenir où l’Autre sera devenu "prochain", "voisin" et "concitoyen" car cette peur aura été fouillée, comprise, puis rejetée?
Le défi actuel du Québec est de mieux comprendre les réactions de certains Québécois face à l’islam. Nous pourrons ainsi travailler à construire une identité québécoise inclusive et contemporaine, qui demeurerait culturelle et donc porteuse du passé, incluant, il faut le rappeler, le passé de l’immigration québécoise.
Pas convaincu? - Il y a menace d'intégrisme? Voir billet 11 et 12. - Le Coran est un texte de violence? Voir billet 3. - Voir les autres billets de 33contrelaCharte.
[1] http://plus.lapresse.ca/screens/4d02-dc68-53237404-ad87-7128ac1c6068%7C_0.html
[2] http://www.archipel.uqam.ca/5398/
Jour 26 | La Charte et la neutralité des institutions
- Nathalie Batraville -
Le port de signes ostentatoires revêt en soi un aspect de prosélytisme passif ou silencieux qui apparaît incompatible avec la neutralité de l’État, le bon fonctionnement de ses institutions et leur caractère laïque. - Site www.nosvaleurs.gouv.qc.ca
Le faux argument de la neutralité des institutions
Selon le Larousse, le prosélytisme est un "zèle ardent pour recruter des adeptes, pour tenter d’imposer ses idées".[1] La notion de "prosélytisme passif ou silencieux" est donc un non-sens.
L’on peut convenir cependant, que lorsqu’une personne aperçoit un vêtement religieux, elle effectue parfois en même temps – hélas – un jugement sur la personne qui le porte : sur sa personnalité et ses valeurs. La même opération se produit face à la couleur de peau, l’identité sexuelle et de genre, la classe sociale, le rapport à la langue française : langue maternelle, langue seconde, accent québécois, etc. Même si ces marqueurs ne sont pas nécessairement associés à un ensemble de croyances, ils sont malgré tout perçus ainsi par bien des gens.
Or, vraisemblablement, aujourd’hui, lorsqu’un Québécois ou une Québécoise interagit avec un ou une fonctionnaire dont il est capable de percevoir la religion, cette interaction lui permet de constater que les individus ne peuvent être réduits à leur apparence et que les institutions québécoises sont des espaces où les employé.e.s sont appelé.e.s non pas à cacher, mais à transcender, par leurs actions, leurs particularismes identitaires et leurs valeurs personnelles, quels qu’ils soient. Paradoxalement, les minorités religieuses qui sont employées par l’État sont probablement parmi les personnes qui répondent le mieux à cette obligation.
Le "malaise" décrit par le gouvernement signifie que plus de personnes doivent avoir la chance d’interagir avec des minorités religieuses visibles afin que ledit malaise puisse enfin être dissipé.
Si le gouvernement était réellement préoccupé par la "neutralité de l’État", il s’attaquerait au profilage racial et à la brutalité policière, à la surreprésentation des Premières Nations et des personnes racisées dans le système carcéral, à la crise du logement au Nunavik , ou encore à la répression policière du droit de manifester.
Pas convaincu? - La Charte et l'apparence de neutralité. Voir billet 23. - On a le droit de ne pas être exposé à la différence? Voir billet 19. - La Charte et le "prosélytisme" d'une enseignante. Voir billet 6. - Voir les autres billets de 33contrelaCharte.
1. http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/pros%C3%A9lytisme/64456
Jour 25 | La Charte et la prévention
- Quoc Dinh Nguyen -
Il ne faut pas “attendre une crise pour agir”. “On nous dit en médecine qu’il faut faire de la prévention. Alors on fait de la prévention.” - Janette Bertrand
Réponse à Mme Bertrand et aux tenants d’une Charte de la prévention
La prévention sert souvent d’argument pour justifier l’adoption de la Charte des valeurs. Mme Bertrand et d’autres défenseurs de la Charte comparent fréquemment l’adoption rapide du projet de loi 60 à un juste acte de prévention. Après tout, qu’il y ait réellement problème ou non, pourquoi ne pas se prémunir d’un rempart contre “l’intégrisme” ou “l’inégalité hommes-femmes”, comme on tente de le faire en médecine contre la polio ou le cancer de la prostate?
Mme Bertrand a raison de mentionner que la médecine enseigne qu’il vaut mieux prévenir que guérir. Mais en médecine, on ne fait pas de la prévention n’importe comment, et dresser un parallèle entre la Charte et la prévention permet de jauger si la Charte répond aux exigences d’une bonne prévention. Malheureusement, à ce test, elle échoue lamentablement.
La prévention en médecine vise notamment à (1) diminuer l’incidence d’une pathologie, en mettant en place des mesures (2) acceptables et (3) efficaces. Le vaccin contre la polio est un exemple de bonne prévention. Il s’attaque à une réelle pathologie pouvant mener au décès, est acceptable puisque ses effets secondaires sont quasiment inexistants et avéré efficace puisqu’il est en voie de faire disparaître cette terrible maladie du globe.
Il ne faut pas être bien malin pour constater que le projet de Charte - comme mesure préventive - fait long feu. D’abord, incapables de produire ne serait-ce qu’une seule preuve non anecdotique d’un réel problème à régler, les défenseurs de la Charte parlent abusivement de prévention… d’une maladie non documentée et fort probablement inexistante.
Ensuite, le bât blesse aussi quand au lieu d’endiguer un problème, une mesure préventive vient en créer. Le dépistage intensif du cancer de la prostate est un exemple seyant: plus de cancers dépistés, mais autant de mortalité. En d’autres mots, plus de tests, de biopsies et de patients inquiets, mais aucune différence sur la survie. Pour revenir à la Charte, il est difficile de nier que le seul spectre de cette mesure préventive a exacerbé au sein de notre société intolérance et division. Sur le critère de l’acceptabilité, la Charte ne passe pas le test (sans parler du test de son acceptabilité auprès des tribunaux).
Sur le critère de l’efficacité, il y a lieu de se demander comment un projet de loi reposant sur une mesure phare controversée basée sur une apparence de neutralité et affectant potentiellement moins de 0,1% de la population québécoise saura servir de rempart contre “l’intégrisme” ou “l’inégalité hommes-femmes”. Il y a bien d’autres façons plus efficaces et porteuses de faire avancer ces causes.
En médecine, on ne joue pas avec la santé des gens. En politique, on ne devrait pas jouer avec leurs libertés et leurs droits au nom d’une soi-disant prévention qui n’a de prévention que le nom.
Pas convaincu? - Le Coran est une religion dangeureuse? Voir billet 3. - L’égalité hommes-femmes est menacée? Voir billet 15. - Voir les autres billets de 33contrelaCharte.
Jour 24 | La Charte et la crise
- Quoc Dinh Nguyen -
Depuis 2006, plusieurs cas d’accommodements religieux très médiatisés ont suscité un profond malaise au Québec. Pour préserver la paix sociale et favoriser l’harmonie, nous devons éviter de laisser les tensions s’accroître. - http://www.nosvaleurs.gouv.qc.ca/fr#regles
Y a-t-il une crise sur les accommodements raisonnables ou sur le port de signes ostentatoires?
Y a-t-il actuellement, au Québec, la nécessité de légiférer sur la question des accommodements religieux et sur le port de signes religieux ostentatoires? Les tenants de la Charte affirment que oui. Comme le mentionne le site du gouvernement Marois, à cause d’un malaise profond et pour éviter l’accroissement des tensions, il faudrait établir "des règles claires pour tout le monde".
On ne légifère pas sur des malaises, pas plus qu’on devrait le faire sur des anecdotes. C’est pourquoi dans le débat touchant à la Charte, il est essentiel de déterminer objectivement s’il y a "profond malaise", "tensions" ou réellement crise.
D’abord, sur les accommodements raisonnables : combien y a-t-il eu, en six ans (2000-2006), de demandes d’accommodements entendues à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse? 32, soit une moyenne de cinq par année. Rappelons-nous que ces années précédaient la grande « crise des accommodements » de 2007. Sans même tenir compte du fait que la moitié des demandes d’accommodements provenaient de chrétiens (!), avec cinq demandes d’accommodements par année, il est impossible de parler de crise objective sur la question des accommodements raisonnables. [1]
On dira qu’il s'agit d'anciennes données et qu'il y a nombre de demandes d’accommodements qui ne sont pas officialisées ou répertoriées. C’est vrai. Dans un tel contexte, le fardeau d'une documentation à jour et solide justifiant la loi 60 repose sur ceux qui la proposent.
Malheureusement, depuis la présentation du projet de Charte, et malgré le talonnement des journalistes et de l’opposition, M. Drainville n’a toujours pas été en mesure de citer une seule donnée objective révélant des problèmes causés par des accommodements, et encore moins par le port de signes ostentatoires.
À l’opposé, des données existent à l’effet qu’il n’y a pas actuellement de problème causé par le port de signes ostentatoires. Les plus parlantes : celles de l’AQESSS, qui regroupent les établissements du réseau de la santé du Québec. Dans un sondage produit en septembre dernier, 100% des établissements ayant répondu (74 sur 125) disent n’avoir connu aucun problème significatif lié aux signes ostentatoires. Dans ces 74 établissements, aucune plainte n’a jamais été enregistrée à cet effet. Aucune. [2]
Bien sûr, il y a aura toujours l’argument de l’anecdote, des perceptions ou des malaises ressentis par certains. Mais tout gouvernement responsable, et nous espérons que celui de Mme Marois en est un, ne devrait jamais légiférer et restreindre des libertés au nom d’une simple subjectivité.
Pas convaincu? - Il n'y a pas de problème dans les hôpitaux, mais il y en a dans l'espace public? Voir billet 8. - Voir les autres billets de 33contrelaCharte.
1. http://voir.ca/chroniques/theologie-mediatique/2013/09/04/charte-des-valeurs-quebecoises-crise-didentite-ou-crise-de-la-majorite/ 2. http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2013/10/01/006-charte-valeurs-aqesss-sante-refus-ostentatoires.shtml
Jour 23 | La Charte et l'apparence de neutralité
- Nathalie Batraville -
Indépendamment du comportement de la personne, un tel signe à caractère religieux est susceptible de soulever un doute sur le fait que l’État est neutre et apparaît neutre. - Site www.nosvaleurs.gouv.qc.ca
La délicate question de l’apparence de neutralité
Lorsqu’une personne doute de la neutralité d’une autre personne en fonction de son apparence, ce malaise a un nom. C’est un préjugé. De plus, personne n’est à l’abri de ce type de préjugé, car personne n’a, face à tous les Québécois et Québécoises, “l’apparence de neutralité”.
L’apparence de neutralité ne peut qu’être relative : elle varie forcément en fonction des personnes qui sont confrontées les unes aux autres. Une femme victime d’abus sexuel, peut par exemple en venir à douter de la neutralité des hommes. Un homme qui est forcé de laisser à son ex-conjointe la garde de leurs enfants, peut en venir à douter de l’impartialité des femmes et même de l’État. Un jeune noir qui se fait tabasser par un groupe de jeunes blancs peut en venir à douter de la neutralité des blancs, et ainsi de suite.
Le mot “neutre” nous vient du latin neuter, qui signifie “ni l’un, ni l’autre”, et décrit une personne qui s’abstient de prendre position pour un camp ou pour un autre.[1]
Ce n’est pas en n’ayant pas de signe ostentatoire que l’on semble être “ni l’un, ni l’autre”. Même chose pour l’identité culturelle, sexuelle, ou linguistique. Une personne ne peut être “neutre” que dans ses actions.
L’apparence de neutralité ne peut s’accomplir que par la diversité de l’ensemble – comme par exemple lorsqu’un parti politique travaille à ce que les femmes et les hommes soient représentés de manière équilibrée. C’est ce qui prouve que l’État ne prend parti ni pour l’un, ni pour l’autre.
L’interdiction des vêtements religieux, c’est l’institutionnalisation d’un préjugé.
Pas convaincu? - On a le droit de ne pas être exposé à la différence? Voir billet 19. - Il y a prosélytisme avec port d’un signe religieux? Voir billet 6. - La Charte et la peur de l’autre. Voir billet 4. - Voir les autres billets de 33contrelaCharte.
1. http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/neutre/54443
Jour 22 | La Charte et les devoirs citoyens face aux institutions
- David-Dan Nguyen -
La citoyenneté comprend des droits, mais aussi des devoirs civils face aux institutions. - Yasmina Chouakri, candidate du PQ
Les institutions ont des devoirs face aux citoyens.
Les seuls devoirs qu'a le citoyen sont de se conformer aux lois, de contribuer à la prospérité économique et sociale du pays ainsi que de respecter la liberté d'autrui; il n'a pas à sacrifier un acquis fondamental au nom d'un soi-disant «devoir civil» face aux institutions.
Or, ces institutions, peu importe leur fonction, possèdent tous un devoir unique envers le citoyen: celui de garantir l’autonomie et la libre détermination de chacun. Cette notion d’autonomie et de libre détermination a évolué à travers le temps et se cristallise aujourd’hui au Québec et au Canada dans les Chartes des droits et libertés, qui garantissent plusieurs libertés, dont celle de religion.
Dans le contexte qui nous intéresse, chaque individu a donc le droit de pratiquer la religion de son choix et de travailler dans des institutions étatiques tant et aussi longtemps qu'il le fait en respectant ses concitoyens. Avec la présentation de la Charte, le gouvernement de Pauline Marois croit clairement que ce n'est pas possible. Pourtant, dans une société démocratique et tolérante, les porteurs de symboles ostentatoires (et nous avons tous bien hâte de savoir ce que mot veut dire concrètement!) devraient avoir le droit de contribuer à leurs institutions sans avoir à rejeter une part d'eux-mêmes. Cela était possible avant le projet de Charte, et cela le restera.
Ce n'est pas la croix qui fait le Chrétien, ou même la barbe le Musulman: c'est la croyance, indissociable de l'être, qui fait d'un croyant un croyant. En retirant le voile d'une fonctionnaire sous prétexte que cette action favorisera la neutralité est absurde, puisque cette fonctionnaire n'oubliera pas pour autant sa foi.
Pour revenir à la question de la responsabilité, l'adoption de la Charte cimenterait l'échec de nos institutions, incapables de trouver des solutions respectant les libertés de chacun. En renversant la responsabilité État-citoyen au profit d’un État qui brimerait des libertés aussi fondamentales que celle de croyance et de conscience, Mme Chouakri commet une erreur.
Je cite encore une fois, Mme Chouakri: "La laïcité, c'est un instrument que le gouvernement doit avoir pour pouvoir réaliser ses missions dans la sérénité". Oui. Mais la Charte, elle, est une muselière fabriquée par le gouvernement Marois qui au contraire de la sérénité, aura contribué bien davantage à créer trouble et discorde au sein de la société québécoise.
Pas convaincu? - La majorité a toujours raison? Voir billet 1. - Voir les autres billets de 33contrelaCharte.
Jour 21 | La Charte et la différence
- Andréanne Wassef -
Construisons une société où la différence est non seulement tolérée, mais célébrée.
M. Drainville affirme que les gens ont le droit de ne pas vouloir être exposés aux signes religieux des autres.
Pourtant, en acceptant de vivre en société, nous acceptons de rencontrer à tous les jours des gens dont les apparences et les convictions sont divergentes des nôtres. Ce qui dérange l’un ne dérange pas nécessairement l’autre.
Plusieurs se sont opposés au mariage gai en voulant interdire une officialisation publique d’une relation homosexuelle. "Qu’ils s’aiment en privé, personne ne leur en empêche…". Comme société, nous en sommes venus à la conclusion que les droits des couples homosexuels d’officialiser leur union au niveau public dépassaient grandement les insatisfactions que certains pouvant ressentir face à cette situation. Le même principe devrait s’appliquer au port de signes religieux. On ne devrait pas légiférer à partir des malaises de certains, tant que leurs propres droits sont également respectés.
De plus, on peut se questionner sur pourquoi certaines personnes sont si préoccupées et dérangées par la vie des autres quand celle-ci n’empiète pas sur leurs libertés.
Ne voulons-nous pas prôner une société tolérante plutôt qu’une où les insatisfactions de tout un chacun peuvent changer la vie et le bien-être de d’autres personnes?
M. Drainville a également annoncé que le parti québécois « voulait protéger nos enfants qui sont influençables ». Pourtant, il y a une grande beauté dans le fait de vivre dans une société où l’on peut côtoyer des gens des quatre coins du globe, apprendre sur leurs croyances et leur partager les nôtres. Pour un enfant, le fait d’être exposé à une éducatrice voilée aimante peut être vu comme une richesse énorme. Dans la mesure où celle-ci respecte les fonctions de son travail et ne fait pas d’enseignement religieux aux enfants, ceux-ci bénéficieront sans doute du fait de côtoyer des gens différents de leurs parents.
Cette diversité d’expositions permet aux adultes de demain de grandir dans un environnement où la différence entre les gens est non seulement tolérée, mais célébrée.
Pas convaincu? - Les signes religieux sont des vêtements? Voir billet 14. - Il faut compléter la sécularisation de l'État? Voir billet 7. - Voir les autres billets de 33contrelaCharte.
Jour 20 | La Charte et la déconfessionnalisation des écoles
- Sébastien Lachance -
La neutralité de l’école publique ne passe pas par l’exclusion de toute dimension religieuse.
Le ministre Jean-François Lisée mentionnait à l’automne que la Charte correspond à la suite logique de la création des Commissions scolaires linguistiques, de même que de la disparition du cours de religion et de catéchèse dans les écoles. Il mettait ainsi de l’avant l’argument selon lequel la Charte poursuit le travail de déconfessionnalisation de nos maisons d’enseignement, ceci dans un objectif de neutralité religieuse de l’État.
Cet argument repose toutefois sur une fausse perception que notre système d’éducation demeure confessionnel. Les dernières décennies ont été le théâtre de profonds changements. L’école publique, dans son administration et son enseignement, a été séparée des institutions religieuses. Elle est devenue démocratique et inclusive.
Le débat ne porte donc pas sur le caractère confessionnel des écoles, inexistant au public, mais davantage sur la neutralité et la manière dont le respect de la liberté de conscience et de religion s’exprime dans nos institutions.
La neutralité, ce n’est pas l’exclusion de toute dimension religieuse. La neutralité de l’école, c’est plutôt le fait de ne pas y favoriser ni défavoriser aucune confession religieuse.
Or, cette neutralité peut-elle être menacée par le port de symboles religieux de la part du personnel scolaire? À cette question, la réponse est non. L’éthique professionnelle commande qu’un enseignant ne mette pas en valeur ses croyances et qu’il n’exerce pas de pression indue pour que ses élèves se conforment sur le plan religieux. Même que faire preuve d’éthique professionnelle, c’est aussi contribuer à des attitudes de respect et de tolérance à l’égard des visions du monde et des modes d’agir différents.
Le port du voile ou de la kippa n’ont rien à voir avec l’éthique des individus.
À vrai dire, le port de signes religieux au sein de nos institutions d’enseignement reflète la pluralité de la société dans laquelle nous vivons. Elle marque notre capacité d’intégration et d’ouverture. Elle renvoie finalement à l’objectif d’une école laïque, celui de préparer les étudiants à la société pluraliste et multiculturelle qu’est le Québec actuel.
Pas convaincu? - Voir les autres billets de 33contrelaCharte.
Jour 19 | La Charte et être exposé à la différence
- Geneviève Bois -
Pourquoi "ne pas être exposé à la différence" n'est pas un droit.
On a entendu à plusieurs reprises depuis le début de la saga de la Charte que « l’on » n’avait pas à être exposé aux croyances ou aux choix - dans ce cas-ci en matière de symboles religieux de ceux qui nous entourent. D’un point de vue légal, rien ne pourrait être plus bancal: il existe un droit à l’expression de son identité, il n’existe pas de droit de ne pas voir celle de quelqu’un d’autre. Peu importe les impressions ou émotions que cela fait naître en nous, cela ne justifie pas de limiter quelqu’un pour s’éviter un hypothétique malaise.
C’est à force d’être exposé à la différence que l’on apprend à vivre avec elle. C’est à force de vivre dans la diversité que l’on devient tolérant. Moins l’on est exposé à la différence et plus celle-ci nous inquiète.
Masquer la différence ne nous rendra pas plus confortable: l’on devient inconfortable pour des choses de plus en plus banales quand on est tous pareil. L’habit ne fait pas le moine, il est terriblement réducteur de penser que l’on connaît, ou comprend les valeurs de quelqu’un en observant quelques signes dans leur façon de s’habiller. Être simplement voilée ne rend pas musulman, pas plus que de porter un signe religieux - du collier à la kippa - ne rend intégriste. L’identité religieuse de quelqu’un est plus complexe qu’un symbole et l’identité globale de chaque personne est plus qu’une identité culturelle ou religieuse. Ce que l’on voit de quelqu’un en fait, c’est la pointe d’un iceberg: le genre de vêtements, la coupe de cheveux, le parfum… l’on ne peut pas comprendre quelqu’un à partir de ce seul élément, pas plus que l'on ne le peut à partir d’un symbole religieux.
Ne sautons pas aux conclusions: nous sommes tous des individus complexes et compliqués, il n’y pas un item unique pour nous définir. Plus l’on sera exposé à la diversité, plus on l’appréciera et plus on réalisera la complexité d’une identité.
Pas convaincu? - Il y a prosélytisme avec le port de signes religieux? Voir billet 6. - Un signe religieux, ce n'est qu'une pièce de vêtement? Voir billet 14. - Voir les autres billets de 33contrelaCharte.
Jour 18 | La Charte, tempête dans un verre d'eau.
Combien y a-t-il de porteurs de signes ostentatoires dans la fonction publique? Une projection, cette fois-ci en vidéo... Si une image vaut mille mots, combien vaut une vidéo?
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Références
http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/201310/16/01-4700056-quebec-ignore-le-nombre-de-fonctionnaires-qui-travaillent-avec-le-public.php
http://www12.statcan.gc.ca
http://blogues.journaldemontreal.com/liseravary/societe/signes-ostentatoires-combien-de-personnes-visees/
Une image vaut mille mots. Pas convaincu? - Voir les autres billets de 33contrelaCharte.
Références
http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/201310/16/01-4700056-quebec-ignore-le-nombre-de-fonctionnaires-qui-travaillent-avec-le-public.php
http://www12.statcan.gc.ca
http://blogues.journaldemontreal.com/liseravary/societe/signes-ostentatoires-combien-de-personnes-visees/