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Dans un lyrisme élégiaque traversé d'un pathos assumé, Cohen couche à l'encre de ses regrets et de sa gratitude le portrait d'une femme hagiographique et abnégatrice qui fait de lui sa raison d'être. Il parle de sa mère et la définit solennellement par l'amour inconditionnel qu'elle lui porte. À titre posthume, retorque le cri d'un enfant dans un corps d'homme submergé par le remords de sa déréliction.
Au-delà de la célébration de l'amour maternel qui est au cœur et au but de cette écriture empreinte d'effusion sentimentale, la réduction de l'identité de cette femme à son seul statut maternel et domestique produit en moi l'effet inverse d'une catharsis. Cette femme est décrite presque exclusivement comme sa mère et on connaît peu la femme indépendante de cette relation. Est-ce le défaut de la vision narcissique de l'auteur exacerbée par sa componction (les gestes qu'il raconte sont tous rapportés parce qu'ils concernent lui) ou une naïveté innée en nous en tant qu'êtres humains de percevoir l'autre d'abord à travers le lien qui nous unit à lui? Plus délibérément, ce qui subsiste, c'est l'effet que l'autre a eu sur nous, plus que sa singularité. D'où mon premier point appréhendant un angle mort propre à Cohen, renforcé par sa culpabilité, et/ou une limite plus générale de l'amour humain.
Bien que toute relation d'amour comporte cette aporie, il est indéniable que l'amour donné par sa mère était, en effet, réel. Ses allées et venues chez lui, ses télégrammes soucieux, son acceptation d'être isolée de sa vie privée, son statut de nouricière, sa clemence... Le lecteur ne sait presque rien de ce que la mère fait lorsqu'elle n'est pas en relation avec Albert Cohen. À aucun moment Cohen n'évoque une enième personne à laquelle sa mère est attachée. J'aurais mieux saisi la singularité de son amour maternel si Cohen l'avait inscrit parmi les autres liens affectifs qui structuraient son existence. Comment se comportait cette femme avec les autres lorsque son fils n'était pas là ou même quand il était là ? Hélas, son amour demeure sans contexte. Néanmoins, je sympathise profondément avec Cohen qui, sous l'effet du deuil, érige sa mère en figure presque sacrée.
En tant que femme susceptible de donner la vie, je ne peux m'empêcher d'interroger le rapport que j'entretiendrai un jour avec d'éventuels enfants. L'idéal d'une maternité totale, où l'existence entière se résorbe dans le soin de l'autre, m'apparaît à la fois admirable et inquiétant. S'il témoigne d'une capacité d'amour exceptionnelle, il semble aussi menacer ce qui constitue l'identité propre d'un individu. À partir de quel moment le dévouement cesse-t-il d'être une vertu pour devenir une dissolution de soi ? Cette tension me confronte à une question plus fondamentale : sommes-nous libres de résister à l'instinct qui nous pousse à faire de nos enfants le centre de notre monde, ou cet instinct finit-il inévitablement par submerger toute délibération rationnelle ? J'imagine qu'au moment où l'émotion prendra le pas sur la raison, une part de celle que je suis aujourd'hui cédera la place à une autre. Protéger un enfant, le défendre, accepter de souffrir, voire de risquer sa propre vie pour lui, constitue sans doute l'une des expressions les plus élevées de l'amour humain. Pourtant, cette grandeur porte en elle une forme de tragique : elle exige que la valeur de sa propre existence devienne, dans certaines circonstances, secondaire. Pourtant, lorsque j'écoute de nombreuses mères parler de leur progéniture, elles la décrivent comme le plus bel accomplissement de leur existence. Ce témoignage, si récurrent soit-il, me laisse perplexe. J'y vois moins une vérité universelle qu'une transformation profonde de la conscience, où les priorités, les valeurs et même le sentiment de soi semblent réordonnés par l'expérience de la maternité. Cette observation me conduit à m'interroger sur le pouvoir qu'exerce notre biologie sur notre vie psychique : jusqu'à quel point les bouleversements neurochimiques associés à la maternité façonnent-ils notre manière d'aimer, de hiérarchiser nos attachements et de donner un sens à notre existence ? Cette interrogation n'enlève rien à la sincérité de cet amour ; elle invite seulement à se demander dans quelle mesure ce que nous tenons pour les convictions les plus profondes de notre être est aussi le produit d'une physiologie qui nous dépasse.
Confessions - Entry 3
Cause of death: Alzheimer's disease
You make me hard, but she makes me weak
Les pieds dans l’eau, la tête dans les cieux.
pet sitting gig got me cheating on my cat
/\___/\
꒰ ˶• ༝ - ˶꒱
./づᡕᠵ᠊ᡃ࡚ࠢ࠘ ⸝່ࠡࠣ᠊߯᠆ࠣ࠘ᡁࠣ࠘᠊᠊°.~
URBEX IS LIKE A LOTTERY. Either you stumble on an Ali Baba cavern or a homeless person’s refuge that stinks.
Biology is machine-like the deeper you look into it. Evolution figured out microscopic gears, what about macroscopic ones?
I LOVE JELLYFISH
GOD IS THE BEST GRAPHIC DESIGNER
Saclay circa 2026
A rich Jewish family’s abandoned home nested in the Parisian suburb
They left packed boxes full of their belongings and administrative documents. We assumed they died before they could move out. A simple Linkedin search proved us wrong: the wife liked a post 2 weeks ago and was well alive.
One love story
Us against the world
Tenancy at Will
Tenant of my heart, did you heedlessly read the tenancy at will? Its termination had been premeditated long before you read the room. You have been living on borrowed time. The landlord, however, is not left scrambling for a new occupant.
Ex-tenant of my heart, you left some packed boxes in the living room and the windows unlatched, open to the unworthy who can find their way through the cracks. I am left to tend the wreckage of your departure. Is this how I handed my heart when you first came to stay?
We are both without shelter now, or perhaps only you are. I have since moved in No one is more deserving of this heart than its landlord. Suitors circle the perimeter, press their faces to the glass. This heart is no longer for rent. Not for sale. Not for sharing. Come morning, I will mend the fence, water what was left to wilt, open the doors to family and friends. I have surrendered the idea of a romantic life built for two, but if someone wishes to build in the same neighborhood, their own walls, their own ground, I will not turn them away.