Notre fils est nĂ© au Canada, en Alberta. Il a donc Ă©tĂ© canadien avant dâavoir ses papiers français. Il connait quand mĂȘme la France, il y est dĂ©jĂ allĂ© plusieurs fois et comprend bien comment ça marche et ce qui est diffĂ©rent entre nos deux pays. Ce qui le surprend toujours en France câest la taille minuscule des voitures et la densitĂ© des maisons/immeubles, lui qui a lâhabitude des trĂšs grands espaces. Mais ce quâil adore par-dessus tout quand il est en France, câest de pouvoir manger des bons croissants tous les jours et de voir toute la famille.
De notre cĂŽtĂ©, je voulais vous partager ce que ça fait dâĂ©lever un petit franco-canadien dans un endroit si diffĂ©rent de lĂ oĂč jâai grandiâŠ
Alors Ă©lever un enfant en Alberta, câestâŠ
 Câest⊠revoir la dĂ©finition du mot froid
Combien de fois ma mĂšre voit Dorian (en vidĂ©o) partir le matin pour lâĂ©cole en petite veste, avec juste un bonnet sur la tĂȘte alors quâil fait -15° ? Demandez-lui, vous verrez ! Quand on Ă©lĂšve son enfant en Alberta, la notion de froid Ă©volue complĂštement. Pour Dorian, qui est nĂ© ici et qui a connu depuis ses premiers mois les trĂšs grands froids, -15° câest pas grand chose, ou du moins, ça ne justifie pas de se couvrir avec plus quâune veste lĂ©gĂšre pour aller dans la voiture.
Les seuls moments oĂč il met sans rĂąler sa combinaison dâhiver câest quand il va jouer dans la neige, sinon câest dur de le forcer Ă se couvrir⊠Câest aussi un enfant qui ne met presque jamais de gants, sauf sâil y a du vent. En fait, il a rarement froid et quand on y rĂ©flĂ©chit, câest normal. Quand il avait 6 mois, on a traversĂ© une grosse vague de froid avec des tempĂ©ratures entre -25 et -35° pendant 3 semaines et on a pas arrĂȘtĂ© de le sortir Ă cause de ça. Il sâest vraiment habituĂ©.
Câest⊠se mettre Ă faire des trucs quâon aurait jamais fait en France
  Vous ĂȘtes dĂ©jĂ allĂ©s Ă une parade ? Une parade nord-amĂ©ricaine, avec des tas de voitures dĂ©corĂ©es, suivies dâautres voitures et de gens qui lancent des bonbons ? Et quand je vous dis fĂȘte nationale, vous pensez feux dâartifices ou exposition de voitures ? Ici, on dirait quâĂ chaque Ă©vĂ©nement il faut des voitures et des camions de pompiers ! Ăa fait un peu bizarre au dĂ©but, mais on sâhabitude. Et les enfants sont super contents đ
On fĂȘte aussi le rodĂ©o avec des petits dĂ©jeuners gratuits en ville tous les jours pendant la fameuse semaine du rodĂ©o, des courses en chariots, et en portant des chapeaux et des bottes de cowboys.
Pour Halloween, tout le monde se dĂ©guise, mĂȘme les profs Ă lâĂ©cole. Les magasins sont dâailleurs dĂ©corĂ©es dĂšs la deuxiĂšme semaine de septembre et la police patrouille avec des joueurs de hockey en donnant des bonbons le soir du 31 octobre.
En fait, chaque saison est trÚs marquée et possÚde son propre folklore.
Lâautomne, on ramasse des framboises, on va chercher sa citrouille et on se perd dans les labyrinthes des champs de maĂŻs.
LâĂ©tĂ©, câest lâĂ©poque des jeux dâeau avec le tuyau, des bbq et des soirĂ©es feu de camp.
Au printemps, tout le monde jardine (mais vraiment, de maniĂšre intense) et pĂąques occupe tous les rayons des magasins (ah et Ă lâest câest lâĂ©poque des cabanes Ă sucre !).
Et lâhiver⊠Je crois que câest un autre monde lâhiver ici. Entre le hockey et les autres sports dâhiver, les journĂ©es au coin du feu et lâambiance de noĂ«l qui sâinstalle dĂšs quâon passe âle jour du souvenirâ (le 11 novembre), câest un vrai choc culturel.
 Câest⊠jouer dehors en toute saison
Quâil pleuve, quâil vente, quâil fasse -15° ou +35°, on joue dehors. On joue pas forcĂ©ment trĂšs longtemps dehors quand il fait -20°, mais on le fait quand mĂȘme. Comme il ne pleut vraiment pas souvent ici, au printemps et Ă lâautomne, dĂšs quâil pleut on met nos bottes et on part se promener au parc. La pluie câest un peu luxe ici, on alterne pĂ©riode de sĂ©cheresse (lâĂ©tĂ©) et pĂ©riode de neige/grands froids lâhiver.
En gros, on sort tout le temps et on trouve Ă©trange le fait de rester Ă lâintĂ©rieur Ă cause de la pluie ou des tempĂ©ratures un peu froides de la France. Ici le mot dâordre dans les Ă©coles et dans les garderies câest : rĂ©crĂ©ation dehors jusquâĂ -20° !!
 Câest⊠finir lâĂ©cole Ă 15h
Photo de Black ice sur Pexels.com
Eh oui. Ici lâĂ©cole finit Ă 15h, ou 15h20 dans celle oĂč je travaille . Ăa laisse beaucoup de temps Ă passer en famille. AprĂšs lâĂ©cole on peut aller au parc ou Ă la piscine et ĂȘtre Ă la maison avant 17h.
Câest un mode de vie que je trouve super agrĂ©able, ça nous donne vraiment lâoccasion de souffler. Et si vous voulez savoir comment on fait pour finir si tĂŽt, eh bien on a une pause dĂ©jeuner beaucoup plus courte le midi (de 11h35 Ă 12h30) et on commence Ă 8h20 avec juste une rĂ©crĂ©ation de 20mn le matin.
AprĂšs, les horaires varient selon les Ă©coles que ce soit primaire ou secondaire. Chaque Ă©cole a son emploi du temps, certains enfants commencent lâĂ©cole Ă 8h et finissent Ă 14h, dâautres commencent Ă 9h et finissent Ă 15h30, ça dĂ©pend.
Bon, pour le moment Dorian va Ă lâĂ©cole que de 8h30 Ă 11h30 puisquâil est en PS/MS et quâici ça finit Ă 11h30 pour ces deux classes. LâaprĂšs-midi il va donc Ă la garderie.
Câest⊠élever un enfant bilingue
Dorian est un enfant bilingue puisquâon parle français Ă la maison et Ă lâĂ©cole, mais quâil a Ă©tĂ© Ă la garderie en anglais pendant ces trois derniĂšres annĂ©es et que pas mal de ses copains dâĂ©cole parlent anglais.
Il sâexprime uniquement en français avec nous et je ne lâai jamais entendu parler anglais (sauf pour yes/no/bye). Je lâai juste espionnĂ© de loin quelques fois Ă la garderie parce que jâavais du mal Ă croire quâil soit vraiment capable de parler anglais (comme on me le disait). Et câĂ©tait bien vrai !
Il comprend aussi trĂšs bien lâanglais, mĂȘme sâil fait souvent semblant de ne pas comprendre quand il est avec nous. Pour le moment, il nâaime pas parler anglais, câest ce qui le gĂȘne le plus dans le fait dâaller Ă la garderie lâaprĂšs-midi. Et si nous on parle anglais avec quelquâun, il insiste pour quâon revienne au français.
Câest⊠vivre avec plein de gens du monde entier
Oui, vous allez sans doute me dire que câest la mĂȘme chose en France, mais en fait câest pas aussi fort quâici, surtout dans notre ville. MĂȘme si la France est un pays multiculturel, je ressens bien plus le multiculturalisme ici. Il y a vraiment des gens dâun peu partout lĂ oĂč on vit. En fait, sur une ville de 15 000 habitants, une grande partie nâest pas nĂ©e en Alberta, ni mĂȘme au Canada, et personnellement je trouve ça gĂ©nial de faire partie dâune communautĂ© aussi chouette.
Dorian a des copains qui viennent des quatre coins du monde. Pour lui, câest tout Ă fait normal de venir dâendroits diffĂ©rents, de parler plusieurs langues et de sâhabiller diffĂ©remment. Je suis contente quâil puisse grandir dans un endroit aussi ouvert oĂč on ne dĂ©nigre (presque) pas les gens parce quâils viennent de lâĂ©tranger.
Câest⊠avoir un enfant qui considĂšre que 2h de route câest un petit trajet
Ăa surprend souvent les gens en France, mais ici le moindre dĂ©placement câest minimum 1h de route. La premiĂšre ville est Ă 110km de lĂ oĂč on vit, Calgary est Ă 200km, Edmonton 480km. Câest comme ça, on vit dans un immense pays en grande partie vide. On a pris lâhabitude dâaller Ă Calgary pour le travail, pour un rendez-vous mĂ©dical, pour aller au zoo, ou encore pour prendre lâavion.
Pour Dorian, aller Ă Calgary câest rien du tout. Il ne se plaint jamais du temps passĂ© en voiture, il sâoccupe Ă lâarriĂšre, regarde par la fenĂȘtre ou Ă©coute de la musique. Il a mĂȘme pris lâhabitude de faire ce trajet aller/retour dans la journĂ©e au besoin. Bon, jâavoue que si on y va juste pour le zoo, on essaie de rĂ©server un hĂŽtel pour profiter un peu plus de la ville, mais pour le travail, on fait souvent le trajet dans la journĂ©e.
Ălever un enfant en Alberta⊠Notre fils est nĂ© au Canada, en Alberta. Il a donc Ă©tĂ© canadien avant d'avoir ses papiers français.