(sorry for non-French readers) Là pour le coup, on est véritablement dans du fond de tiroir pur et dur... Un vieux texte écrit à la main sur une feuille volante avec un croquis de la tour, que j’ai retrouvé il y a peu dans une couverture de bd (ça arrive souvent, vu que me servait de mes bd comme support le soir pour écrire ou dessiner). Il doit dater des environs de 2010-2011 je pense. Je l’ai laissé tel quel, juste corrigé 2-3 trucs. Voili, voilou !
Du haut de sa tour de pierre, la Dame contemple l'horizon. Songeuse, mélancolique, elle n'écoute que le bruit du vent qui s'engouffre dans sa cellule. Son esprit est ailleurs, vers cette frontière lointaine entre le ciel et la terre, entre la nuit et le jour, entre le rêve et la réalité. Elle vagabonde, sautant d'un nuage à l'autre, tenant du bout des doigts la main du Soleil et embrassant la Lune. Elle danse avec les astres, chante avec les oiseaux, rit avec le vent, converse avec les arbres. Autour d'un vieux pommier, soudain, tous se rassemblent. Et se tenant les mains, ils entament une ronde. Alors l'Auguste Vieillard, voulant se joindre à eux, tourne, tourne, secoue ses feuilles, laisse tomber ses fruits. Les pommes rouges, gorgées de jus, roulent à terre, et chacun s'en saisit. Puis la ronde reprend, plus enivrante encore, et bientôt la Dame ne sent plus le sol. Sous ses pieds nus, la terre battue s'éloigne, elle s'envole, elle s'envole, nage parmi les fées. Bientôt, la Déesse elle-même se penche pour la saluer, et l'accueillir dans son palais de merveilles. Et sa beauté ensorcelle la Dame avant même qu'elle n'ait relevé la tête. Dans les couloirs de cristal du palais, elles sont deux reines éternelles que nul ne peut désormais séparer. L'horizon jette un éclat sur ces deux êtres uniques qui ne se quittent des yeux, puis la magie prend fin. La porte de la cellule s'ouvre, il lui faut repartir. Alors elle soupire et quitte sa fenêtre, laissant là sa tour et ses rêves. Elle est la Dame, celle qui contrôle le monde. Elle est la Dame.