Revenir à Berlin
Retour d'une semaine à Berlin. Retour sur des souvenirs.
Crédit photo : Laurène Perrussel-Morin
Je me souviens de la boule d’angoisse et d’excitation nichée dans un coin de mon ventre à l’arrivée à l’aéroport de Schönefeld.
Je me souviens des questions inattendues qui m’ont été posées lors de mes castings de coloc.
Je me souviens du métro berlinois qui me berçait en faisant trembler mon appartement.
Je me souviens du panier de fruits livré dans nos bâtiments roses bonbon, trop fourni pour l’équipe, qui a embaumé le bureau pendant une semaine.
Je me souviens de la fumée de cigarettes et de bougie qui embuait les bars.
Je me souviens du premier jour de neige pour la Saint Nicolas qui a transformé les Berlinois en enfants.
Je me souviens du premier jour de soleil, qui les a transformés en photographes.
Je me souviens des promenades dominicales dans la boue du marché aux puces du Mauerpark.
Je me souviens de mon ventre prêt à exploser après les brunchs du quartier turc.
Je me souviens des avenues de Berlin Est qui semblent encore cacher des espions dans la brume.
Je me souviens des femmes, toutes avec un enfant, qu’il soit dans le ventre ou dans la poussette, à Prenzlauer Berg.
Je me souviens des dessins de street art qui coloraient les murs des immeubles.
Je me souviens du vin chaud en hiver, du Club Mate en été.
Je me souviens d’un vélo accroché dans un arbre au Club Renate.
Je me souviens d’un bateau posé au pied de ce même arbre.
Je me souviens des promenades amicales qui nous menaient d’une exposition à une autre.
Je me souviens des kebabs de Mustafa, et surtout du goût de leurs légumes fondants.
Je me souviens de l’odeur du cuir dans les friperies de la Bergmannstrasse.
Je me souviens de ce joueur d’harmonica qui refusait de quitter le squat artistique du Tacheles.
Je me souviens des larmes dans l’avion lorsque la Fernsehturm s’est cachée pour une dernière fois derrière un nuage.
Laurène Perrussel-Morin













