Je regarde mon cœur
comme un lieu où plus personne ne vit.
Les murs tiennent encore,
mais tout résonne creux à l’intérieur.
Il y a des traces d’amour partout,
des prénoms gravés dans la poussière,
des promesses qui n’ont jamais appris
à tenir debout.
J’ai aimé comme on se jette à l’eau
sans savoir nager,
convaincu que la profondeur
finirait par me porter.
Mais j’ai bu la peur,
j’ai avalé les silences,
et je suis ressorti fatigué
d’avoir trop espéré.
Aujourd’hui, j’avance avec prudence.
Je souris par habitude,
je parle pour remplir le vide.
Quand on me demande si j’aime encore,
je détourne les yeux.
Comment expliquer que le cœur
peut continuer de battre
tout en ayant oublié pourquoi ?
Je ressens les choses en décalé.
La joie arrive en retard,
la tristesse s’attarde trop longtemps.
Quant à l’amour,
il frappe parfois à la porte,
mais je n’ose plus ouvrir.
Pas par manque de désir,
mais par excès de souvenirs.
J’ai appris à me méfier
des élans trop beaux,
des mots qui promettent l’éternité.
Je sais maintenant
que même les mains les plus douces
peuvent lâcher sans prévenir.
Alors je garde mes distances,
je protège ce qu’il reste.
Aimer est devenu un risque
que je ne sais plus calculer.
Je voudrais aimer calmement,
sans me dissoudre dans l’autre,
sans avoir à me reconstruire
après chaque chute.
Je ne dis pas que l’amour est mort.
Il est juste fatigué.
Assis quelque part en moi,
il attend peut-être
que je réapprenne à lui faire confiance.












