Apprivoiser (jour 2)
Te souviens-tu de notre premier geste ?
Ensemble au bord du lac, tu m’avais prêté ta main,
Et j’ai saisi mon corps pour peser notre être,
Le regarder en face, avide de qui j’étais.
Tu sommes seul, nous murmurais-tu,
Et si nous me faisions de la place, dehors ?
Entiers, nous serions impénétrables,
Maîtres et possesseurs de notre nature.
Et je nous ai dit oui, je prendrai ta main aujourd’hui,
Pour un aller-retour, mais si tu glisses, si tu prends un détour,
Je ne te retiendrai pas, quitte à perdre la chair.
Emporte-nous ou laisse-nous, je préfère être sûr.
Maintenant je te regarde, et je me demande encore
Ce que je peux faire de toi, de tous mes calculs.
Au fond tu me rassures, je sais qui je suis : pas toi,
Mon sombre ami, ma déchirure, j’ai peur qu’un jour tu me sois utile.

















