Les sources d’inspiration de M. Christian Dior sont multiples mais toutes confirment l’ampleur de sa culture artistique et historique et surtout, son extrême raffinement, qui transcende ses créations et se combine à une inventivité, un souci du détail et une vision avant-gardiste, qui forcent l’admiration.
Portrait de Christian Dior – Expo Dior – Musée des Arts Décoratifs – [email protected]
C’est ce que l’exposition « Christian Dior : Couturier du Rêve” au Musée des Arts décoratifs à Paris nous fait découvrir tout au long du parcours, qui célèbre les 70 ans de la Maison Dior.
Nous sont ainsi présentés les collections et les stylistes, qui ont fait la réputation de cette Maison et ont permis qu’elle soit toujours en 2017 au Sommet de la Haute-Couture.
Robe Opéra Bouffe (1956) – Robe fourreau (1952) – Robe mohair et organza (2010 par J.Galliano) – Exposition Dior – Musée des Arts Décoratifs – [email protected]
Il faut également souligner qu’au-delà des collections déjà sublimes qui auraient pu nourrir à elles-seules l’exposition, la scénographie proposée par les Commissaires de l’exposition, Florence Muller, Historienne de mode et Olivier Gabet, Directeur du Musée, y est pour beaucoup dans l’émotion qu’elle suscite et, dont je vais partager avec vous quelques moments choisis aujourd’hui.
Galeriste avant d’être styliste, Christian Dior vivait entouré d’oeuvres d’art, qui l’ont inspiré dans ses créations, à la fois dans l’association des couleurs proposées, mais aussi dans le style et la structure des robes qu’il dessinait.
Cette connaissance des arts lui a également permis de pressentir dès le lancement de sa Maison de Couture, qu’il était temps pour les femmes de s’affranchir de la mode de l’époque et de leur proposer un style nouveau, le New look.
En 1947, le style était austère, masculin, avec des jupes droites et courtes, des souliers à plate-forme et semelles en bois, et des sacs en bandoulière pour circuler facilement à bicyclette… Comme l’explique, en effet, Florence Muller : “Christian Dior va réinventer les canons traditionnels de féminité, avec des épaules douces, une taille fine,… “
Avec le New Look, Dior se trouve ainsi à l’avant-garde des attentes des femmes qui, après la Guerre, ne souhaitaient finalement qu’une chose, retrouver leur liberté, leur féminité et leur droit à l’élégance.
Cette nouvelle élégance va aller de pair avec le concept de femme-fleur, et son ample jupe en corolle.
Inspiré aussi bien des peintures impressionnistes, que des jardins de son enfance et des catalogues d’horticulture pour laquelle il se passionne, Christian Dior considère en effet qu’ « après la femme, les fleurs sont les créations les plus divines.
Qu’il souhaite les allier semble alors comme une évidence…
Robe « Femme Fleur » Dior Haute-Couture – Exposition Dior – Musée des Arts Décoratifs – [email protected]
Cette thématique de jardins est tout particulièrement bien mise en valeur dans l’exposition. Dans la salle qui lui est consacrée, le plafond orné de fleurs blanches en papier crée une atmosphère bucolique et féérique, qui ajoute de la magie aux robes présentées.
Robe « Femme Fleur » Dior Haute-Couture – Exposition Dior – Musée des Arts Décoratifs – [email protected]
Toutes ces robes sont aussi bien des créations de Christian Dior que celles des stylistes qui lui ont succédés, eux aussi inspirés par ce concept de femme-fleur qui se retrouve soit dans les tissus, soit dans la forme des robes ou dans les broderies qui s’y ajoutent.
Robe « Femme Fleur » Dior Haute-Couture – Exposition Dior – Musée des Arts Décoratifs – [email protected]
Robe « Femme Fleur » Dior Haute-Couture – Exposition Dior – Musée des Arts Décoratifs – [email protected]
Robe du soir bustier en satin brodé de cristaux Swarovski (Dior Haute-Couture 1956) – Exposition [email protected]
Dior inspiré par l’Histoire, et plus précisément par le 18ème siècle …
Fasciné par le 18ème s., Christian Dior s’en inspire aussi bien dans ses créations que dans la décoration de sa Maison de Couture, avenue Montaigne.
Les robes de Cour, le style Marie- Antoinette, le Petit-Trianon, les portraits de Mme Vigée le Brun, sont pour Dior, des sources d’inspiration pour les robes de bal et la présentation des parfums et, correspondent tout particulièrement à sa définition de la féminité.
Robe Palmyre – Dior Haute Couture (1952) – Exposition Dior – Musée des Arts Décoratifs – [email protected]
Portrait de la Duchesse de Polignac par Elisabeth Vigée Le Brun – Robe Dior Haute Couture – Exposition Dior- Musée des Arts Décoratifs [email protected]
Robe Dior Haute-Couture – Exposition Dior- Musée des Arts Décoratifs – [email protected]
Dior inspiré par le voyage…
Cette culture internationale se retrouve non seulement dans ses créations mais également par la dimension qu’il va donner à sa Maison de Couture dès 1948 en s’implantant à New York, en 1952 à Londres, et en 1953 à Caracas, en Amérique Latine.
Plus tard, cette tradition du voyage se poursuivra notamment avec Yves Saint Laurent, avec un défilé Dior organisé à Moscou et John Galliano, dont certaines créations sont inspirées par l’Antiquité égyptienne ou l’Afrique.
Inspiration Antiquité égyptienne – John Galliano – Exposition Dior – Musée des Arts Décoratifs – [email protected]
Inspiration Antiquité égyptienne – John Galliano – Exposition Dior – Musée des Arts Décoratifs – [email protected]
Au-delà des collections de robes, le parfum est également un élément essentiel de la Maison Dior.
Dès 1947, Christian Dior voulait pour sa collection “New look”, un parfum qui puisse être vaporisé dans les salons le jour de sa présentation.
Très riche et fleuri comme la robe Miss Dior, ce nouveau parfum s’inspirait également du caractère de la soeur de Christian Dior, Catherine. C’est d’ailleurs indirectement grâce à elle, que le nom de ce parfum a été trouvé.
L’anecdote que nous révèle l’exposition est, en effet, la suivante : « Alors que Dior cherchait avec son état-major un nom pour ce parfum, sa muse Mitzah Bricard se serait écriée en voyant arriver Catherine Dior : Tiens, voilà Miss Dior ! »
Edition d’exception du flacon Miss Dior avec noeud brodé main par les ateliers Vermont (2013) – Exposition Dior – Musée des Arts Décoratifs – [email protected]
Edition d’exception Diorissimo dessinée par Christian Dior et réalisée en cristal Baccarat clair (1956) – Exposition Dior – Musée des Arts Décoratifs – [email protected]
Et pour couronner le tout, quelle belle dédicace cher M. Dior !!… En tant que Dame Catherine, je vous remercie 😉
Autre point saillant de l’exposition, la relation privilégiée de Christian Dior avec les photographes, qui ont su mettre en valeur ses créations et ainsi contribuer à la renommée de la Maison Dior dès 1947.
Dior en Couverture des Magazines – Exposition Dior – Musée des Arts Décoratifs – [email protected]
Il y aurait encore beaucoup de choses à dire car cette exposition était vraiment très riche donc en synthèse, voici quelques photos supplémentaires pour vous montrer :
L’atelier reconstitué avec toutes les toiles, c’est-à-dire les ébauches de robe réalisées par les couturières, sous la direction des « premières » et des « secondes » , à partir des croquis réalisés par Dior et par les stylistes qui lui ont succédé.
Toile de l’Atelier Dior – Exposition Dior – Musée des Arts Décoratifs – [email protected]
Les lignes Dior, présentées de façon chronologique, sont symbolisées par des lettres et/ou des noms évocateurs (Corolle, Envol, Zig-Zag, Ailée,…) qui caractérisent l’évolution du style, de la structure des vêtements et des collections de la Maison.
Collection Charme – Tailleur en tweed « Gamin » par Marc Bohan pour Dior (1961)
Collection Ailée – Manteau Arizona – Christian Dior (1948)
Les différents stylistes de la Maison Dior, qui se sont succédés, après le décès de Christian Dior en 1957 : Yves Saint Laurent, Marc Bohan, Gianfranco Ferré, John Galliano, Raf Simons, Maria Grazia Chiuri.
Maria Grazia Chiuri – Exposition Dior – Musée des Arts Décoratifs – [email protected]
Les robes Haute-Couture les plus emblématiques, portées par les célébrités et les stars du monde entier : ces robes de bal sont tout simplement des merveilles !
Robe “Roncier de Mûres” (2017) en noir – Robe Vénus (1949) au Centre – Exposition Dior – Musée des Arts Décoratifs – [email protected]
Robe longue en faille et dentelles, bijoux Swarovski – John Galliano (2009) – Exposition Dior – Musée des Arts Décoratifs – [email protected]
Robe longue en faille et dentelles, bijoux Swarovski – John Galliano (2009) – Exposition Dior – Musée des Arts Décoratifs – [email protected]
Robe New Junon – Maria Grazia Chiuri (2017) – Exposition Dior – Musée des Arts Décoratifs – [email protected]
Robe de grand gala « Junon » – Ligne Milieu du Siècle – Christian Dior (1949) – Exposition Dior – Musée des Arts Décoratifs – [email protected]
Pour conclure, je ne peux m’empêcher de vous faire part de mon expérience mémorable, celle d’avoir attendue 6 heures (en étant tout de même arrivée à 9h00 du matin, soit 2 heures avant l’ouverture), pour avoir une chance de voir cette sublime exposition. Mon seul réconfort a été de rencontrer dans cette file incommensurable, des personnes très sympas, qui nous ont permis de nous relayer, de nous approvisionner en thé et café, d’échanger et de papoter comme jamais !
Pour le plaisir, je vous présente notre fine équipe, modestement re-baptisée la Dior team 🙂
Et une dernière petite vidéo pour vous faire rêver 🙂
L’Expo Dior : le Chic absolu ! Les sources d’inspiration de M. Christian Dior sont multiples mais toutes confirment l’ampleur de sa culture artistique et historique et surtout, son extrême raffinement, qui transcende ses créations et se combine à une inventivité, un souci du détail et une vision avant-gardiste, qui forcent l’admiration.