ANALYSE D’ADIEU DES MÉDIAS NUMÉRIQUES :PROBLÈMES ET ENJEUX.
Tout le long de la session, il a été question de discuter sur les problèmes et enjeux des médias numériques précisément avec l’avènement du web 2.0. De ce fait, plusieurs thématiques ont été abordées dans le cadre de ce cours pour nous sensibiliser à des enjeux et problèmes des médias numériques entre autre par la métamorphose de nos pratiques sociales dans le web de manière radicale.
Ce bilan consistera à d’abord classer les différentes thématiques par ordre d’importance, pour ensuite effectuer une analyse critique et élaborer une conclusion sur mes pratiques tout en tenant compte des enjeux et problèmes qui seront soulevés.
Durant le premier cours, il a été question du panorama des médias numériques et, nous avons vu que le web 1.0communément appelé web traditionnelétait statiqueet unilatéral, car l’information ne pouvait être générée que par le propriétaire du site web. Cependant, une décennie plus tard, le web devient une plateforme collaborativeavec le 2.0 car permettant une multi latéralitédans les échanges d’informations; désormais, les utilisateurs deviennent des «prosomateurs[1]».
Toutefois, ce changement ne se fera pas sans conséquences dans les pratiques, car dorénavant, des régimes numériquesprescrivant des normes, lois et un algorithme qui façonnent nos pratiques sont mises à notre disposition et nous incite à fournir des traces personnellespour une utilisation optimale ; ce qui soulève les enjeux liés aux promesses et vertus du numériques et du «capitalisme numérique[2]»
Le web 2.0 nous a permis de développer une culture participative à travers des plateformes collaborativescomme Wikipédia. Pour les précurseurs d’Internet qui prône un retour à la base du fonction d’Internet, cela constitue un garant de la gratuité sur Internet. Par contre, le développement du 2.0 a engendré parmi d’autres problèmes celui de la convergence des médias qui a un impact fulgurant sur les journalistes traditionnels. Ces derniers se sont vu menacés par des pratiques comme le journalisme citoyen, qui a le pouvoir d’informer la population et de devenir leader d’opinion. Sur ce, l’enjeu réside dans le manque de pluralité des sources et du contenu informationnel.
Ces nouvelles pratiques et l’importance du flux informationnel que l’on reçoit avec le numérique, créent une angoisse. En effet, vu que toutes pratiques laissent des traces numériques qui se sédimentent et ne disparaissent point, ils finissent par servir aux conglomérats à des fins publicitaires, politiques ou servir à des réseaux de cybercriminalité ; nous devenons en quelques sortes prisonniers de nos propres pratiques.
Par ailleurs, ce flux d’information qui nous vienne de différentes plateformes numériques occupe une place très importante dans notre société dite de l’information. Ce qui fait que nous faisons face à des problèmes liés aux fausses nouvelles qui gagnent de plus en plus du terrain dans la sphère numérique d’où l’affirmation de Claire Bourget, directrice principale de la recherche marketing au CEFRIO :
L’information journalistique et les nouvelles sont de plus en plus accessibles et proviennent maintenant de sources très diversifiées et parfois à la crédibilité douteuse. Or, les jeunes qui fréquentent en majorité les réseaux sociaux pour s’informer doivent rester vigilants face au phénomène des fausses nouvelles (« fake news), qui sont de plus en plus présentes partout dans le monde[3]
La remise en cause des gatekeepers, l’absence de temporalité, mais aussi et surtout, à la légitimation des agrégateurs de contenus comme Google, géant faisant partis des oligopoles du GAFAM. Comme nous pouvons le constater dans l’article de Catherine Mathyspublié le 9 janvier 2016 à Radio-Canada «63 % des répondants font plus confiance aux moteurs de recherche qu’aux sites des médias traditionnels[4]».
Malgré les nombreux enjeux et problèmes que le web regorge, la notion de la vie privée et de la sociabilité pose une autre problématique avec les réseaux sociaux et du «phénomène d’aplatissement[5]» évoqué par Proulx, S., Milette, M., Heaton, & Loma. (2012). Vu que ces derniers nous promettent une socialisation accrue avec des communautés virtuelles, nous sommes tentés sans remettre en cause, ou même amener à banaliser les informations relevant de notre intimité que l’on rend visible et, comme l’a affirmé Casilli (2013),« La quantité et la visibilité des renseignements dérivant des profils individuels, accessibles à autrui par défaut, ont régulièrement augmenté au cours des dernières années[6] ». Pour certains, l’importance de se faire remarquer les poussent à se créer une page professionnelle tout en ignorant que dans une même plateforme, le régime prescrit est différent dépendamment du type de profil. Cette quête de visibilité rend vulnérable certaines personnes de la société, comme les adolescents face aux dangers liés à la cybercriminalité mais aussi, aux potentiels futurs employés à la recherche d’une stabilité de vie.
De ce fait, les internautes n’hésitent guerre à recourir à un «lifting identitaire[7]»pour mieux paraître et plonger dans une identité entre le «clair-obscur[8]» et le «Phare[9]» qui leur permet de projeter le meilleur d’eux-mêmes au monde extérieur de façon virtuelle.
Cela dit, il est fort de constater la mutation que le web 2.0 a engendré, et qui ne cesse de muter vers d’autre notion comme celle de la démocratie. Certes plusieurs diront que c’est un gage de la démocratie, mais je pense que cela porte des enjeux sur la fiabilité et la stabilité d’une démocratie. C’est exactement ce que relève plusieurs observateurs surtout durant la révolution du Jasmine qui induit à la libération du peuple tunisien et égyptien. La démocratie représentative qui régie notre société est en train de muer à celle dite collaborative, grâce au numérique. D’une part, c’est une bonne initiative qui reconfigure l’espace public, mais des enjeux et problèmes d’envergures peuvent d’autre part se situer au niveau de l’anonymat des intervenants, la fracture numérique dans certaines zones et, le fait de passer à coté des sujets importants d’intérêt public comme le dit Cardoncité par Marcello Vitali (2010),«l'espace public d'Internet met côte à côte l'information et le bavardage et ce bavardage modifie l'information[10]».
En dépit de toutes ces notions apprises dans le cadre du cours des médias numériques problèmes et enjeux, je pourrais dire que je suis dorénavant mieux outillée pour développer des pratiques tout en ayant conscience des enjeux. C’est évident que nous vivons de manière générale dans un monde régi par un système de traçage, mais en attendant de trouver une alternative, je me retiens de toute éventualité qui m’amène à divulguer des données personnelles.
[1]ALVIN TOFFLER (1980)
[2]CACCAMO, Emmanuelle, « L’emprise numérique. Comment Internet et les nouvelles technologies ont colonisé nos vies de Cédric Biagini », Cygne noir, recension, juillet 2014. En ligne : http://www.revuecygnenoir.org/recension/emprisenumerique- biagini> (consulté le 16/02/2018).
[3]Martine Rioux, (2017). S’INFORMER AVEC LES RÉSEAUX SOCIAUX repéré à http://www.quebecnumerique.com/sinformer-avec-les-reseaux-sociaux/consulté le 15 avril 2018.
[4]Catherine Mathys, (2016). S’informer avec Google repéré à http://blogues.radio-canada.ca/triplex/2016/01/19/catherine-mathys-105/consulté le 16 avril 2018.
[5]Proulx, S., Milette, M., Heaton, & Loma. (2012). Médias sociaux ENJEUX POUR LA COMMUNlCATION. Page 23.
[6]Antonio A. Casilli, « Contre l'hypothèse de la « fin de la vie privée » », Revue française des sciences de l’information et de la communication [En ligne], 3 | 2013, mis en ligne le 31 juillet 2013, consulté le 26 janvier 2018. URL :  http://journals.openedition.org/rfsic/630 ; DOI :10.4000/rfsic.630
[7]Lardellier et al 2010
[8]Cardon 2008
[9]Idem
[10]Marcello Vitali Rosati, en ligne. «L'ambiguïté politique d'Internet. Lecture de La démocratie Internet de Dominique Cardon», www.sens-public.org, Seuil, La république des idées, 2010 P.4.















