Médias numériques et démocratie
Le sujet de cette semaine permet de faire un lien direct avec l’actualité des derniers jours. Avec les évènements qui ont eu lieu en Belgique, on a vu refaire surface sur les médias sociaux la fameuse fonctionnalité qui permet de mettre un filtre sur notre photo de profil au couleur du drapeau belge. Il était possible de faire la même chose peu après les attentats de Paris avec le drapeau français. Ce genre d’appui et de soutien rentre dans la catégorie du « slacktivisme ». En d’autres mots, c’est un activisme paresseux qui ne demande pas beaucoup d’engagement, selon moi. Dans la même catégorie, on peut y ajouter, la signature de pétitions en ligne et le partage de statut ou l’utilisation de certains mots-clics. Cette nouvelle lutte dite 2.0 permet-elle réellement de changer le monde?
Montrer notre soutien aux victimes de la Belgique ou de la France en changeant notre photo de profil sur Facebook est facile et rapide. La planète se mobilise entièrement pour une même cause, mais de façon virtuelle. Concrètement, ce sont les gestes réels qui permettent de faire avancer les choses et de se battre contre ces atrocités qui ne cessent de se produire. Comme le dit Malcolm Gladwell, journaliste au New Yorker, « l’engagement social, l’activisme sur les médias sociaux, est une légende ». Ce genre de récit fait normalement appel au merveilleux. Malheureusement, on ne vit pas dans un conte fantastique où tout est bien qui finit bien.
Les médias numériques mènent la société moderne à tomber dans le cercle vicieux de la facilité et de la paresse en ce qui concerne le militantisme, d’après moi. Les gens se donneront bonne conscience en joignant un mouvement sur les réseaux sociaux. La vraie différence sera marquée par ceux qui, en plus de militer sur la toile, sortiront de leur bulle virtuelle et iront poser des gestes concrets (même si petits ils sont) dans le but d’aider les individus, victimes de près ou de loin.










