Je ne saurais dire à quel moment ni pourquoi je suis tombé amoureux d’elle. Moi, loup solitaire et indépendant, je me suis réveillé un matin avec sa silhouette dans la tête. J’ai eu envie de l’appeler, là, sans raison, juste pour entendre sa voix. Je me suis mis à apprécier nos moments à deux, nos discussions et nos silences, nos disputes et nos confidences. Mon coeur, qui n’avait pas battu depuis des années, s’est remis à se faire sentir, à se serrer lorsqu’elle me touchait, me regardait de ses yeux de petite fille. Son innocence qui m’avait souvent agacé devenait touchante, sa nervosité apparente à mon contact, ses lettres, ses yeux qui s’humidifiaient lorsque je la repoussais m’attendrissaient. Je n’ai pas su l’aimer comme elle le méritait, et le fait d’en avoir conscience n’y a rien changé. Je n’ai jamais su lui parler, et j’avoue m’être appliqué à la faire fuir tant que possible. Je l’ai sans aucun doute brisée, peut-être aurais-je dû partir bien avant, mais elle guérira. Je ne l’aurais jamais rendue heureuse, quoi qu’elle en dise, je n’aurais jamais fait les efforts nécessaires. J’ai quitté ses bras, ses lèvres, son amour, la laissant volontairement à un autre, à un homme qui saura l’aimer à sa juste valeur, espérant qu’il lui rende cet éternel sourire que je lui ai volé. Je suis fait pour être seul, elle est faite pour être aimée. Je suis parti sans un regard en arrière, éloignant tant bien que mal mon coeur de glace de ses larmes de feu.