Et si la France était un lièvre plus malin que la tortue ?
Un sujet s‘est érigé au coeur de l’actualité de ce premier week-end de 2021 : la France a vacciné 500 personnes en 1 semaine, quand les US sont a plus de 3M, le UK a près d’1M et l’Allemagne (avec qui nous partageons pourtant la commande et la répartition des vaccins en Europe) à plusieurs centaines de milliers.
Ridicule ? Une honte ?
Si nous ne sommes pas suffisamment le centre du monde pour en être la risée, c’est en tout cas cette idée que véhiculent les témoignages des politiques et des professionnels de santé français dans tous les médias.
Et si c’était volontaire ?
Les grands pays sont partis à rythme soutenu, dans un marathon de vaccination qui durera plusieurs mois. Et ils sont partis par le seul chemin possible aujourd’hui : avec un vaccin dont l’acheminement relève de la prouesse logistique, et dont le coût complet (vaccin + ladite logistique) représente, une débauche financière si on le compare aux autres candidats “valides” (tout récemment déployés aux UK... et bientôt chez nous ?).
Et si nous ne faisions que semblant de nous lancer ?
Ces premières vaccinations françaises en 2020 envoient un message aux Français “nous sommes dans le même temps que les autres grands pays” (e.g. dont nous sommes, donc) et au Monde “nous nous joignons à la dynamique internationale de vaccination des grands pays” (e.g. et avons toujours droit au chapitre, donc). Mais la critique, par le gouvernement lui-même de cette lenteur au démarrage, n’est-elle pas feinte ? Car il y aurait sans doute du sens à attendre qu’un chemin plus direct, plus facile, moins onéreux, se trace dans ce marathon de la vaccination. En particulier dans un pays qui ne peut/veut pas l’imposer.
Et si la France prenait là une vraie décision régalienne ?
Nous avons suivi les tactiques du confinement (voir Chine), du masque (voir Corée), du couvre-feu (voir Italie), de l’utilisation de l’appli TousAntiCovid (voir UK), de la fermeture des remontées mécaniques (voir Allemagne)... en prenant si peu (pas?) de recul avant de nous lancer et en n’y brillant pas à chaque fois. Serait-il si étonnant que le pays de Pasteur ait cette fois pleinement pesé cette étape pour s’engager dans une voie qu’elle a pleinement choisie ... comme la Suède au début de la pandémie (même si nous aurons tous à attendre quelques années avant de compter les points) ?
Et si cette lenteur, cachait en fait une discrète émancipation de la France, vis-à-vis d’un automatisme mondial à répliquer les mêmes tactiques que les voisins ? Un moment, où nous dépassons ce qui ressemble de plus en plus à une bataille de cour d’école en terme de mesures : qui à le plus petit R0 ? qui a le moins de malades ? qui a développé le meilleur vaccin ? qui l’administre en premier ? qui a le plus soutenu ses entreprises ? qui a l’économie la plus résiliante ? ... Et si nous temporisions car nous gageons que les chemins les plus courts, les plus efficaces et les plus rapides ne sont pas encore connus ... et qu’ils passeront peut-être par des solutions que nous maîtriserons, développées par des entreprises françaises.
C’est sûr, nous le saurons bientôt... mais d’ici la, espérons deux choses quand même : que les vaccins fonctionnent, et que nous ne sommes pas en retard juste parce qu’on ne s’était pas organisé...











