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@flasqueetenclume
Des limites de l’analyse de l’émotion - Hopes&Fears
Dans son livre, Le contrĂ´le social de la technologie (1980), le philosophe David Collingridge rĂ©sumait assez bien le dilemme de la maĂ®trise des technologies. Lorsqu’on imagine et dĂ©veloppe une nouvelle technologie, nul ne connaĂ®t ses consĂ©quences et ne peut vraiment prĂ©voir son impact. Nous manquons d’information. Lorsque l’on commence Ă en comprendre les rĂ©percussions, il est souvent trop tard pour exercer un contrĂ´le efficace sur sa diffusion. Nous manquons de pouvoir. Un dilemme toujours aussi pertinent aujourd’hui qu’hier, rappelle Elise Thomas dans un article pour Hopes&Fears sur l’informatique Ă©motionnelle (voir notre article de 2011).Â
La capacité de nos machines à analyser notre état émotionnel et à y répondre (donc à pouvoir aussi le manipuler) promet des applications aussi éblouissantes qu’intimidantes, rappelle la journaliste en retraçant l’évolution de ce secteur de recherche et des différentes startups qui se partagent ce marché. Etica, le programme de recherche sur les enjeux éthiques des applications émergentes des TIC, avait souligné que l’informatique émotionnelle posait, comme bien d’autres technologies, des problèmes éthiques. Notamment des erreurs d’interprétation, des atteintes à la vie privée et des risques de manipulation et d’instrumentation.
Mais comment adresser ces problèmes dès Ă prĂ©sent ? Â
Les travaux de Rosalind Picard, qui est Ă l’origine de l’informatique Ă©motionnelle, ont soulignĂ© dès l’origine le rĂ´le des Ă©motions dans la prise de dĂ©cision. Pour elle, la capacitĂ© des machines Ă reconnaĂ®tre et rĂ©pondre Ă nos Ă©motions est la clef de l’amĂ©lioration de l’intelligence de nos machines. Bien sĂ»r, le monde du marketing est le domaine le plus intĂ©ressĂ© par ces recherches. L’enjeu pour le marketing consiste Ă ĂŞtre capable de crĂ©er des messages publicitaires individualisĂ©s en masse selon nos rĂ©ponses Ă©motionnelles.Â
Elise Thomas a testĂ© les logiciels d’analyse Ă©motionnel. Pour elle aussi, le fait que la machine ne connaisse pas le contexte de l’utilisateur est une porte ouverte Ă la dĂ©multiplication des erreurs d’interprĂ©tations. Qui portera la responsabilitĂ© des rĂ©ponses Ă©motionnelles inadaptĂ©es de nos machines ? Y’aura-t-il des limites aux rĂ©ponses Ă©motionnelles apportĂ©es selon le niveau de dĂ©tresse Ă©motionnel des gens ? L’informatique Ă©motionnelle a le potentiel d’affecter intimement les rouages de la sociĂ©tĂ© et de façonner la vie des individus, explique encore la journaliste. Son caractère très invasif nĂ©cessite que les utilisateurs soient très informĂ©s de ses possibilitĂ©s. Affectiva et le Media Lab du MIT avaient lors d’une Ă©tude de 2013 utilisĂ© des webcams pour tenter de cerner les intentions de vote d’utilisateurs regardant des dĂ©bats politiques, leur permettant de prĂ©dire leurs prĂ©fĂ©rences politiques Ă partir de leurs expressions faciales avec une prĂ©cision de 73%. Une façon de souligner les limites de l’informatique Ă©motionnelle appliquĂ©e. “Le mĂŞme programme utilisĂ© pour analyser les rĂ©ponses Ă la publicitĂ© pourrait aussi ĂŞtre utilisĂ© pour surveiller les visages des gens devant des films politiques et identifier des dissidents potentiels”. Pour Drew Mitnick du collectif pour les libertĂ©s numĂ©riques Access, la collecte de ce type de donnĂ©es devrait ĂŞtre bien plus encadrĂ©e qu’elle ne l’est. Ne nous laissons pas prendre au piège du dilemme de Collingridge : initions un dialogue prĂ©coce sur son encadrement pour non pas devenir dĂ©pendants des technologies que nous allons avoir, mais pour rester maĂ®tre du type de sociĂ©tĂ© que nous voulons avoir.  Â
The Good Old Days Are Now
A qui appartient la connaissance ? - Mediapart.fr
Hervé Le Crosnier pour Attac France, revient sur les enjeux de la société de la connaissance, comme nouveau terrain de lutte des classes. Si les nouvelles dominations sont culturelles, les mouvements d’émancipation doivent investir ce terrain :
“Si nous devons vivre une « société de la connaissance », dans laquelle les savoirs, les pratiques collaboratives, le design ouvert, les principes d’élaboration et de création collective seraient la norme, il nous faudra la construire en nous opposant aux forces de mainmise sur tout le travail intellectuel de la planète. C’est un nouvel enjeu et un nouveau terrain de la lutte de classes. De nouvelles dominations émergent à chaque condition nouvelle du capitalisme et de nouveaux mouvements s’y opposent.
Les grands groupes concentrés, souvent plus puissants que les États, tels les béhémots de l’internet (Google, Apple, Facebook, Amazon… mais également Baidu, Yandex…), les Big Pharma ou les multinationales de l’agro-alimentaire (Monsanto, Bayer, Syngenta…), sans oublier les majors du divertissement (Disney…) ont une tout autre approche de la « société de la connaissance ». Le pouvoir sur la partie de savoir des productions, leur capacité à devenir indispensables dans la vie quotidienne de milliards de personnes ont tissé un écran nouveau sur les nouvelles formes de domination. En s’opposant aux anciennes structures industrielles, ces nouveaux acteurs de l’économie de la connaissance ont souvent englobé leur public parmi les soutiens à leur mode de pouvoir et de richesse. Une certaine confusion s’installe entre les opposants démocratiques, qui pensent les communs comme un outil d’émancipation, et ces nouveaux acteurs qui participent de la vie de tous les jours et qui promettent en permanence un avenir meilleur par l’explosion de la technologie en niant les réalités des dominations sociales et des inégalités.
Il devient donc particulièrement important pour les mouvements d’émancipation d’investir ce terrain d’affrontement, de se plonger dans les arcanes des nouvelles dominations, des méthodes que ces secteurs industriels utilisent pour y parvenir, des dangers que cela comporte pour les individus. Il est nécessaire que la pensée émancipatrice soit capable d’intégrer la force de conviction issue des avancées techniques, la critique de la concentration et les changements des formes de domination. La question des grandes plateformes de l’internet est par exemple significative de ce besoin d’une dialectique adaptée à la situation actuelle et à la place de la connaissance dans le processus social. Pour étendre leur pouvoir, ces plateformes doivent également offrir des moyens à leurs opposants, au même titre que le capitalisme industriel rendait possible l’organisation ouvrière. Et chacun d’entre nous en utilise certainement la puissance dans sa vie quotidienne. La logique du « eux et nous » n’est plus de mise, surtout quand le discours positiviste de la « science des promesses » et les résultats dans l’économie et dans nos modes de vie des technologies de l’information sont si intrinsèquement tissés.
Il nous faut donc inventer des formes de résistance adaptées à la société de la connaissance, et pour cela travailler avec les mouvements sociaux qui émergent de cette nouvelle situation. Et trouver d’autres lunettes pour observer les formes actuelles de la lutte de classes. Pour ce travail fondamental, nous pouvons nous appuyer sur les mouvements des communs qui s’opposent à la logique propriétaire, et sur les diverses pratiques que ces mouvements mettent en œuvre dans le monde entier.”
Un groupe d’économistes et de spécialistes des technologies (dont Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee, les auteurs de Race Against the Machine, Tim O’Reilly, ou l’investisseur Vinod Khosla,…) viennent de publier une lettre ouverte manifeste sur l’économie numérique dans la Technology Review.
Pourrons-nous demain avoir accès à des gadgets plus modulaires, et ne plus avoir à choisir entre une machine qui dispose d’une bonne batterie ou celle qui dispose d’un bon appareil photo ? Pourrons-nous construire nos ordinateurs et téléphones selon les spécifications dont nous avons besoin plutôt...
Mail & mobile
Aujourd’hui environ les ⅔ des emails sont ouverts sur smartphones et s’ils ne sont pas optimisés pour ce support, ils ont 75% de chance d’être supprimés. Dans ce contexte il semble bon de se mettre au point sur les bonnes pratiques de l’emailing pour être mobile-friendly. Cet article propose exactement ça : quatre points a absolument garder à l’esprit au moment de la conception de votre campagne.
Optimiser l’ouverture
Faciliter la lecture
Adapter le design
Repenser ses CTA
http://unbounce.com/email-marketing/no-one-is-reading-your-emails-on-mobile/
(Pas de panique chez nous non plus c'est pas optimisé)
Votre activité en ligne sera-t-elle votre prochain mot de passe ? - Technology Review
On sait combien il est difficile de se souvenir de ses mots de passe et ce d’autant qu’il faudrait les dĂ©multiplier par le nombre d’applications et services qu’on utilise. Et si notre activitĂ© en ligne permettait de gĂ©nĂ©rer de meilleurs mots de passe ? Quel est le dernier film que vous avez visionnĂ© sur Netflix ? Avec qui avez-vous Ă©changĂ© un SMS hier ?… Des questions de ce type pourraient permettre de remplacer très simplement la plupart des mots de passe, rapporte la Technology Review. Tel est l’enjeu d’ActivPass : crĂ©er des mots de passe selon le journal d’activitĂ© des utilisateurs. Les chercheurs qui s’intĂ©ressent Ă ce sujet ont notĂ© qu’on se souvient assez bien des Ă©vĂ©nements rares de nos activitĂ©s numĂ©riques et que ceux-ci ne sont connus que de nos machines et de nous. L’authentification basĂ©e sur nos activitĂ©s remplacera-t-elle un jour nos vieux mots de passe ?Â
Le 7 avril dernier, Martin Baron, rédacteur en chef du Washington Post, prononçait un discours sur la transition de journalisme de l'imprimé au numérique devant l’université de Californie. Intitulé “Journalism’s Big Move: What to Discard, Keep, and Acquire in Moving From Print to...
The Hedgehog from Chris Lee & Paul Storrie on Vimeo.
V’Don Making the Beat : Bodega Bamz “Bring Em Out”
(via https://www.youtube.com/watch?v=rhlkTeohu5U)
Cass Sustein (@casssunstein, Wikipédia), le père de l'économie comportementale (voir notre dossier) vient de publier un intéressant article de recherche intitulé “50 nuances de manipulation”. En plus d'être une réponse aux accusations de manipulation qui accablent l'économie...
IMG_3489.jpg on Flickr.
Last Week Tonight with John Oliver: Government Surveillance (HBO)
We're Gonna Be Lords
ROYGBIV: A Pixar Supercut
Japan's Disposable Workers: Net Cafe Refugees