BROTHERHOOD : Teamwork - Nighttime - Comfort
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À Gusu, l'hiver été déjà bien entamé. Les journées étaient plus courtes, les nuits plus longues, et la neige recouvrait depuis quelques jours de blanc le paysage que le gel avait figé. Et dans cette apparence de nature endormie, rien ne semblait pouvoir bouger, le souffle de la vie endormie sous les glaces nacrées de blanc. Et dans ce calme froid, même les leçons matinales étaient récitées et lues avec moins d'ardeur que d'habitude, le murmure des lecteurs prisonniers des aurores bleutées d'argents. La raison en était simple, en l'absence de Lan Quiren et de Lan XiChen pour des conférences organisées dans une autre secte, beaucoup avaient implicitement profité de cette matinée pour grappiller quelques minutes de plus de sommeil sans que personne ne vienne les tirer de leurs lits, les leçons étant elles-mêmes suspendues pour quelques jours et les examens ayant été passés avant le départ des maîtres des lieux. Au final, seul les disciples de Gusu, habitués ainsi depuis leur tendre enfance, continuaient de faire comme tous les jours. Et, lorsque ce genre d'événement arrivait, il était de coutume que Lan WangJi restait à Jingshi, profitant du silence de ces journées pour travailler comme à son habitude sur ces anciens textes qu'il recopiait et traduisait méticuleusement. Le fait était que même si le terme de vacances n'était jamais prononcé, il flottait, dense et présent, partout dans l'air de Gusu.
Bien évidemment, Wei WuXian avait fait partie de ces derniers levés, si ce n'était le dernier tout court. Et Jiang Cheng ne l'avait sous aucun prétexte réveillé et avait plutôt mené sa matinée comme bon lui semblait. Après tout, il connaissait bien les habitudes désastreuses de son frère desquelles il n'était en rien responsable ! Il avait fini par le croiser, le soleil ayant déjà bien entamé sa course dans le ciel. Il avait encore sur son visage les traces d'un réveil tardif, et les yeux gonflés par un manque de sommeil alcoolisé. Derrière lui, Nie HuaiSang qu'il avait croisé en chemin et qui l'avait rejoint, portait les mêmes stigmates d'une soirée prolongée. Jiang Cheng les regardait tous deux désespérés, les yeux au ciel avant de lâcher, de cette manière brusque qui était sienne mais dans laquelle il fallait savoir comprendre l'amusement, un profond soupir.
-Je vois que vous avez bien profité de votre soirée après mon départ ?
-Tu ne fais pas si bien dire ! Sans ton humeur maussade, la discussion n'en est devenue que plus plaisante et passionnante ! Le temps est passé soudainement beaucoup plus vite !
-Dis plutôt que tu en as profité pour te saouler comme un ivrogne !
- Ce n'est pas tout à fait faux !