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«La bête arrache le fouet au maître et se fouette elle-même pour devenir maître, et ne sait pas que ce n'est là qu'un fantasme produit par un nouveau nœud dans la lanière du maître.» Franz Kafka apparaît comme le précurseur de la théorie des discours de Lacan, mettant en évidence la primauté du signifiant…
L'univers de Kafka n'est pas une image "fantasmée" de la réalité, mais au contraire une mise en scène précise de la manière dont fonctionne le fantasme au sein de la réalité sociale elle-même.
Ce que nous appelons, sans trop y penser: "réalité" est le lieu d'inscription de notre fantasme fondamental, la réalité n'est pas donnée par avance mais co-produite par le sujet à travers la fenêtre de son fantasme, si la réalité apparaît sous la forme d’une image "cadrée", c’est le réel seul qui en aura permis le cadrage, le réel n'apparaît jamais à l’intérieur du cadre, il n'y a aucun espoir d'atteindre le réel par la représentation, les mots ou les images, cependant le réel se fait jour à travers le symbolique, dans ses interstices, comme l'abîme de notre liberté que l'ordre symbolique vient masquer…
L’un des traits majeurs de l’époque postmoderne, c’est que «la subjectivité libre infinie» (telle que la reconnaît Hegel dans sa lecture paradoxale de La république de Platon), est tous les jours mise à mal, bafouée, déniée, et la majorité de la population continue à se comporter en esclaves, mais des esclaves revendicatifs: ils demandent qu’on redore leurs chaînes…
The book explores how financial pressures, cancel culture, well-intentioned progressivism, and the online environment are shaping the creative industries.
https://quillette.com/2025/08/22/how-cancel-culture-and-sensitivity-readers-are-shaping-the-publishing-industry-and-silencing-dissent-quillette-cetera-ep-51/
"In this interview, Adam Szetela explores how progressive orthodoxy and societal pressure are silencing dissenting voices, why certain authors are targeted for persecution, and how identity politics have created a climate of fear in literature. Drawing on his research at Cornell's Social Dynamics Lab, he explains how conformity can be weaponized. He also discusses gender dynamics in the publishing industry, the marginalization of working-class voices, and why combat sports like weightlifting and wrestling can build greater cultural resilience than elite education. If you're concerned about free speech, artistic freedom, or the ideological takeover of the creative industries, this is a conversation you won't want to miss."
Chapters
00:00 Introduction and Background on Sensitivity Readers
03:05 The Role and Impact of Sensitivity Readers 05:50 Hypocrisy in Sensitivity Reader Culture
07:50 Militant Fragility and Social Dynamics
10:48 Personal Experiences and Perspectives on Academia 13:42 The State of the Publishing Industry and Cancel Culture
15:56 Infighting Among Progressives
18:43 Challenges for Right-Wing Authors
21:47 Emerging Publishing Alternatives
24:06 Social Psychology and Cancel Culture
27:04 The Influence of Peer Pressure
29:51 Resilience Through Weightlifting and Wrestling
30:56 The Impact of Combat Sports on Mindset
33:38 Consequences of Cancel Culture
36:00 Case Study: Jessica Cluess
39:00 The Indecision of Some in the Publishing Industry
41:59 Gender Dynamics in the Publishing Industry
44:41 The Future of Men's Literature
47:36 Conclusion and Final Reflections
Un des tours de force de Kafka fut d'avoir démontré que la Loi ne repose sur rien, et ce qui lui permet d'exercer une influence d'autant plus forte, c’est son inexistence même. Ce qui n’existe pas insiste.
La structure même de ce que Lacan a épinglé du "Discours Universitaire" est ce qui permet de piger que la technique ne peut avoir d’autre but que de stériliser et d’évacuer toute idée afin de perpétrer la domination que son procès réclame.
Kafka décrit un monde abandonné du divin, mais dont la structure reste profondément religieuse, la bureaucratie occupant la place vide de Dieu.
Où en est-on un siècle après? La bureaucratie a crû et s'est multipliée, elle s’est "numérisée", elle est devenue technocratie...
"L'univers" de Kafka n'est pas une image "fantasmée" de la réalité, mais au contraire une mise en scène précise et réaliste de la manière dont fonctionne notre fantasme au sein de la réalité sociale elle-même, dans Kafka, nous savons parfaitement que la bureaucratie n'est pas "toute puissante", mais dans notre conduite effective vis-à-vis de la technocratie, ne nous comportons-nous pas comme si nous croyions à sa toute-puissance?
N'en est-il pas de même pour l'argent?
Voilà ce sur quoi Marx a attiré l'attention en parlant de "fétichisme de la marchandise", l'argent étant la marchandise par excellence (la marchandise de toutes les marchandises), dans la plupart des vies, c’est la logique de l’argent qui en détermine le cours de bout en bout...
Le discours capitaliste, que Marx a fondé à son insu, se soutient plus que jamais du Discours Universitaire, que Lacan a présenté comme comme un Discours du Maître perverti...
"La bête arrache le fouet au maître et se fouette elle-même pour devenir maître, et ne sait pas que ce n'est là qu'un fantasme produit par un nouveau nœud dans la lanière du maître."
À le lire de près, Franz Kafka apparaît comme le précurseur de de la théorie des discours de Lacan, mettant en évidence la primauté du signifiant.
L'univers de Kafka n'est pas une image "fantasmée" de la réalité, mais au contraire une mise en scène précise de la manière dont fonctionne le fantasme au sein de la réalité sociale elle-même...
Ce que nous appelons "réalité" est le lieu d'inscription de notre fantasme fondamental, la réalité n'est pas donnée par avance mais co-produite par le sujet à travers la fenêtre de son fantasme, si la réalité apparaît sous la forme d’une image "cadrée", c’est le réel seul qui permet le cadrage, le réel n'apparaît jamais à l’intérieur du cadre, il n'y a aucun espoir d'atteindre le réel par la représentation, par les mots ou par les images ; cependant le réel se fait jour à travers le symbolique, dans ses interstices, comme l'abîme de notre liberté que l'ordre symbolique vient masquer.
Quelques phrases bien tournées pour finir ce bout d’an en marge de la novlangue, du disque ourcourant...
«Tous les documents ont été détruits ou falsifiés, tous les livres récrits, tous les tableaux repeints. Toutes les statues, les rues, les édifices, ont changé de nom, toutes les dates ont été modifiées.» (George Orwell, 1984 - 1949)
«Renoncer à sa liberté, c’est renoncer à sa qualité d’homme [...].» (Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social – 1762)
«Les chaînes de l'humanité torturée sont faites de papier de bureau.» (Franz Kafka)
«L'Esprit du monde semble parfois se changer en monstrueux Procuste... voilà qu'un cuistre a lu Rousseau et qu'il commence à mettre l'égalité en pratique; il coupe les têtes.» (Ernst Jünger – Eumeswil)
«Le despotisme fait illégalement de grandes choses, la liberté ne se donne même pas la peine d’en faire légalement de très-petites.»
(Honoré de Balzac, La Peau de chagrin – 1831)
«[...] préférer ce qui est noble à ce qui est ignoble et ce qui est beau à ce qui est hideux ; chercher à comprendre, tenter la conquête de n’importe quoi, en sautant par-dessus bornes et clôtures ; vouloir vivre enfin ; voilà ce qui tombe sous l’anathème.»
(Léon Bloy)
«Les hommes qui se mettent à combattre l’Église au nom de la liberté et de l’humanité finissent par liquider liberté et humanité pourvu qu’ils puissent combattre l’Église.» (Gilbert Keith Chesterton, Orthodoxie – 1908)
«Aujourd’hui on ne peut pas travailler en société [...] ; il faut le faire dans la solitude, comme un homme qui ouvre une brèche dans la forêt vierge, soutenu par l’unique espoir que, quelque part, dans les fourrés d’autres travaillent à la même œuvre.» (Ernst Jünger)
«[...] l’obscurcissement du monde, la fuite des dieux, la destruction de la terre, la grégarisation de l’homme, la suspicion haineuse envers tout ce qui est créateur et libre [...]» (Martin Heidegger, Introduction à la métaphysique - 1935)
«Quand le peuple ne croira plus à l’Immaculée Conception, il croira aux tables tournantes.» (Gustave Flaubert, Lettre à Mlle Leroyer de Chantempie, 25 janvier 1866)
«La vérité n’a pas besoin de l’adhésion de l’homme pour être assurée.» (Nicolás Gómez Dávila, Le Réactionnaire authentique [Nuevos Escolios])
«Je ne veux pas croiser le fer avec la société, et surtout pas pour l'améliorer, par exemple, mais la tenir à distance, quoi qu'il advienne. Je supprime mes services, mais aussi mes exigences.» (Ernst Jünger)
Non seulement il s’agit de la même idéologie qui a accouché de la pieuvre nazie, mais il s’avère à l’étude que ce sont aussi les mêmes réseaux, les mêmes financements…
"Evil is whatever distracts" note Kafka …mais distraire de quoi? De l’inconscient en tant qu’il est le réel (de la jouissance) dont est affligé le sujet…
«Je n'ai jamais écrit, croyant le faire, je n'ai jamais aimé, croyant aimer, je n'ai jamais rien fait qu'attendre devant la porte fermée.»
(Marguerite Duras, L’Amant)
La vérité de cette phrase de Duras fait écho
-d’une part au piège inhérent au fonctionnement de l’ordre symbolique où se prend le sujet, à savoir dans son fantasme, où le croire qui possède son moment de réflexivité propre lui permet de croire qu’il croit, et lui fait donc percevoir ce qu’il appelle "la réalité" seulement à travers la fenêtre de son fantasme
-et d’autre part au mur du langage, ce que Kafka décrit sous les auspices de "la porte de la Loi", où K découvre que derrière le masque des apparences, il n'y a rien ...si ce n'est une répugnante substance visqueuse de jouissance palpitant dans toute la monstruosité de son hors-sens ; loin de la visée traditionnelle où la Loi est présentée dans une pure perspective d'universelle neutralité, chez Kafka la Loi doit assumer son statut de bricolage inconsistant, pénétré de bout en bout par la jouissance.
Nous sommes dans l’attente de quelque chose qui n’arrivera pas pour la bonne raison que c’est toujours déjà arrivé, nous aurons été libres d’apprendre (à lire) qu’il n’y a pas d’autre objet que notre fantasme.
Rien d’autre au monde qu’un objet petit a.
«(...) la transformation de la musique en bruit est un processus planétaire qui fait entrer l'humanité dans la phase historique de la laideur totale, hélas la laideur visuelle ne tardera pas à suivre.»
Franz Kafka
— Pourquoi prétendre garder un énorme secret alors qu'il n'y a rien derrière cette porte?
Chez Kafka (comme pour Hegel), le secret c'est qu'il n'y a pas de secret, derrière la porte (ou le rideau des apparences, le miroir...) tu trouveras seulement ce que ton désir y aura porté.
Un mouvement indécelable intentionnel-inintentionnel est le siège de forces secrètes (Franz Kafka à Milena)
Passif, actif, réflexif: victimisation, culpabilité, responsabilité
La plupart "des choses décisives qui nous arrivent" comme tomber amoureux ou tomber malade par exemple, cela se passe sans que nous ayons l’impression d’y avoir été pour grand chose, ce n’est qu’après-coup que nous "reconstruisons l’histoire" pour essayer de conférer un minimum de sens et de cohérence à notre existence, d’en faire un récit convaincant nous donne l’illusion de maîtriser le cours de notre vie, alors que nous sommes le plus souvent les observateurs passifs de ce qu’on appelle "le cours des choses" (ou "le destin"), raison pour laquelle nous passons notre temps à refouler l’inquiétude que notre radicale passivité génère en nous engageant dans toutes sortes de distractions, d’actions, de divertissements...
L’absence de maîtrise (et même de la moindre prise) dans ce qui se sera présenté à nous comme les événements les plus déterminants de notre vie nous apparaît si difficile à admettre que la posture de "victime" offre une échappatoire commode au sentiment de culpabilité: si nous sommes coupables, cela veut dire que ce qui nous arrive aura dépendu de nous, donc nous aurions pu faire autrement et entreprendre de nous sauver nous-mêmes...
L’impasse "culpabilité ou victimisation" a été explorée par Kafka: d’un côté, dans la logique du Château, il n’existe aucun pardon pour les innocents (raison pour laquelle pour être entendu, tu dois d'abord trouver de quoi tu es coupable...), de l’autre: «...je ne prétends pas être un martyr. Ni même une victime de la société. Non, je ne suis pas une victime, je suis un membre de la société...» K. rejette le rôle de victime, il finit par déclarer que si l'on peut parler de conspiration, c'est seulement dans la mesure où la fonction essentielle du "pouvoir" est de persuader les sujets qu'ils sont les victimes de forces irrationnelles absurdes, que le monde est fou, dépourvu de sens et dangereux... (comment ne pas mieux saisir dès lors l’importance dans l’idéologie contemporaine de la profusion des "informations" destinées à inquiéter les populations, en distillant la peur, en maintenant l’effroi, afin de maintenir le plus grand nombre possible de nos concitoyens en suggestion de victimisation, qui à tout prendre, puisqu’elle est "reconnue", semble préférable aux affres de la culpabilité...)
Une psychanalyse menée jusqu’à son terme logique aura conclu à l’inconsistance de l’Autre, le grand Autre, avec un grand A, et il n’y a donc plus dès lors pour le sujet qui en émerge rien d’autre au monde qu’un objet petit a, selon l’équation de son fantasme ($ <>a) par lequel il "voit le monde" — la psychanalyse, à l’instar du marxisme, n’étant pas une Weltanshauung.
Le sujet s’y retrouve à assumer sa responsabilité, ce en quoi il échappe à l’impasse mortifère de l’alternative victimisation/culpabilité: être responsable cela veut simplement dire qu’il accepte de répondre de sa position de sujet, en tant qu’il est rejet de la chaîne signifiante: qu’on le veuille ou non, de notre position de sujet, nous sommes toujours responsable, ceci constitue le fondement indépassable de l’éthique psychanalytique, qui débouche et renouvelle la perspective ouverte par Kant de la sortie de notre propre "minorité"... Sapere Aude. Scilicet.
Elle cherchait quelque chose et lui cherchait quelque chose, furieusement, faisant des grimaces, l’un enfonçant la tête dans la poitrine de l’autre, ils cherchaient et les étreintes et les spasmes de leurs corps ne leur faisaient rien oublier mais leur rappelaient leur obligation de chercher ; comme des chiens fouillent désespérément le sol, eux fouillaient désespérément leurs corps ; et abandonnés, déçus et cherchant encore un dernier bonheur, leurs langues, parfois, de toute leur largeur, parcouraient le visage de l’autre.
(Kafka, Le Château)
“De tous ceux qui n'ont rien à dire les seuls supportables sont encore ceux qui se taisent.” Rudy Goubet-Bodart
Le mythe permet à l’individu de sortir de la psychologie des foules.
Ces figures développées que sont les mythes ne se rapportent pas au langage mais à l’implication du sujet pris dans les rêts du langage ; et le jeu de la parole vient complexifier l’affaire… Bientôt en ligne !
Une étude terrifiante rapporte qu’il y en a qui se font encore vacciner contre le Covid…