Mo dao zu shi, mon coup de cœur du moment. Comme j’ai perdu l’habitude d’écrire, j’espère que ça ne sera pas trop mal écrit. Je vais à mon tour ajouter un petit OS dans ce fandom ^^
J’y avais pensé le jour 3 du confinement, puis le temps que je me dise qu’il fallait l’écrire, le jour 6 venait de passer. Et l’écriture n’a commencé que le jour 7.
Et surtout, durant le confinement imposé dans votre pays, pour aider tout le personnel médical, RESTEZ CHEZ VOUS! Le plus possible. On ne le répétera jamais assez. Faites donc comme Lan Zhan et Wei Ying par exemple!
Bonne lecture à tous! ^^
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Confinement
Le gouvernement avait annoncé le confinement pour faire face au virus qui sévissait dans le monde entier, et dont la situation empirait dans le pays. Ceux ayant séjourné dans un pays à risque ou qui avaient été en contact avec une personne contaminée devait rester en confinement durant deux semaines. C’était le cas de Lan Zhan qui avait dû faire un petit voyage professionnel à l’étranger. Pour éviter tout risque à son cher petit ami Wei Ying, il avait décidé de rentrer chez son oncle pour séjourner dans son ancienne chambre, isolé du reste du clan Lan.
L’isolé en avait profité pour travailler sa musique, sa méditation, approfondit ses lectures, copié les règles de son clan en faisant le poirier… Mais son aimé lui manquait. Terriblement. Malgré son visage inexpressif, il se faisait violence pour rester dans sa chambre et ne pas courir vers son appartement pour revoir sa moitié. Et il ne savait même pas combien de temps allait durer ce confinement puisque le pays entier ne pouvait plus sortir insouciamment. Au départ, il avait en tête de tenir deux semaines mais c’était avant le discours du Président de la République. Pouvait-il se dire qu’il rentrerait chez lui après les deux semaines et risquer de rencontrer un porteur du virus sur le chemin? Non. Mieux valait s’abstenir de tout comportement à risque. Bien que cette décision lui brisât le cœur. Il se devait de respecter les règles. Pour le bien-être de celui qu’il aimait.
De son côté, Wei Ying était aussi confiné dans leur appartement, leur petit nid d’amour. Mais l’habitation semblait bien trop grande pour lui seul. Dire que lorsqu’ils étaient ensemble, la place manquait presque. Le jeune homme tout habillé de noir et coiffé d’une queue de cheval avait passé ses journées à regarder la télévision, visionner des films, lire quelques recueils d’image pour adulte gentiment prêté par l’un de ses amis et jouer aux jeux vidéos. Il fit même un visio-apéro avec son ami Jiang Cheng qui avait finit par couper la caméra, agacé d’entendre ses plaintes. Wei WuXian était quelqu’un qui aimait bouger. Aussi l’ennuie ne tarda pas à le rattraper dès le troisième jour de confinement.
Au septième jour, alors qu’il mangeait seul dans son immense salon, le confiné à la queue de cheval finit par attraper son portable et appela sa moitié. La première tonalité n’eut même pas le temps de finir de résonner que la voix de Lan WangJi se fit entendre.
- Wei Ying.
- Lan Zhan! Pleurnicha l’homme au pyjama noir. Je m’ennuie! Tu me manques! Rentre à la maison~
- Wei Ying, soupira le petit ami au pyjama blanc. C’est impossible. Patiente encore quelques jours.
- Mais c’est long! Et qui te dis que c’est quelques jours et pas quelques semaines ou pire, quelques mois? Se plaignit l’ennuyé.
- Je le fais pour ton bien, Wei Ying. Alors sois sage, d’accord?
- Alors…je te rejoins! Je veux rester en confinement avec toi!
- Non.
- Mais-
- Non.
Wei Ying bouda en tenant le téléphone dans une main et en serrant un oreiller dans l’autre. Ces «non» bien trop incisifs lui pinçaient le cœur. Qu’y avait-il de mal à voir rester ensemble pour faire face à cette pandémie? Et si Lan Zhan était vraiment malade, celui-ci pensait vraiment qu’il était le genre d’homme à rester sans rien faire enfermé dans leur appartement? Il soupira. Sa tête se posa sur le coussin retenu en otage. Il pouvait encore sentir l’odeur de son amoureux dessus. Bien que légère, elle restait réconfortante pour lui. Assis sur leur lit, certaines activités nocturnes lui revinrent en mémoire. Et entendre la respiration du petit ami absent ne l’aidait pas à calmer ses ardeurs.
- Lan Zhan… Je t’aime.
- … Moi aussi, Wei Ying.
Une petite fièvre s’empara du corps du noir. Sa chair et son sang réclamait sa drogue quotidienne. Et l’homme robuste habituellement à ses côtés n’était actuellement pas à proximité. Depuis tellement longtemps. Il ressentait un vide incommensurable en lui qu’il avait absolument besoin de combler. Une partie basse de son anatomie se réveilla. Sachant que son petit ami ne verrait rien, il glissa une main dans son pantalon.
- Lan Zhan…. Tu avais dit tous les jours… Menteur…
- Wei Ying.
- Lan Zhan, continue de me parler… J’ai besoin d’entendre ta voix.
A l’autre bout du téléphone, le confiné recouvert de blanc ne savait pas quoi raconter. Ses journées n’étaient pas des plus excitantes entre la méditation et l’écriture. Puis, il crut entendre une respiration irrégulière. Il se rappela des symptômes de la maladie qui menaçait chaque personne dans le pays.
- Wei Ying? Tu vas bien? S’inquiéta Lan Zhan.
- Hn? Ah, oui, oui, ça va, pourquoi?
- Ta respiration. Tu as du mal à respirer?
- Hm… Si je te le dis, tu vas te mettre en colère.
- … Pourquoi?
Celui qui s’amusait seul lâcha un petit rire et rajouta d’une voix langoureuse. Finalement, il avait trouvé un nouveau jeu pour taquiner son interlocuteur. Puisque leur corps était physiquement séparé, il pouvait bien trouver autre chose pour les rapprocherait. Et leur seul lien pour l’instant était ce téléphone.
- Parce que je me touche en pensant à toi.
- Qu- Wei Ying?!
Lan WangJi rougit instantanément en imaginant son petit ami s’occuper de sa partie inférieure seul, au téléphone, s’excitant en écoutant sa voix. L’image qui s’était installé trop vite dans son esprit réveilla également une partie de lui qu’il avait réussi à maintenir en veille jusqu’ici. Et la suite détruisit la dernière barrière de raison qu’il possédait encore.
- Eh! Lan Zhan… tu ne veux pas m’aider?
- Que- Ne dis pas n’importe quoi. Tu ne viendras pas ici.
Wei WuXian ria. Son amoureux, qui savait être un gros pervers lorsqu’ils étaient ensemble, était aussi très innocent sur certain point. Il allait avoir l’occasion d’apprendre quelques petites choses à son chéri un peu trop rigide.
- Tu sais, même à distance, on peut passer un agréable moment ensemble.
Le joueur de flute s’installa plus confortablement dans le lit commun, profitant des dernières odeurs de son amant. Il devait l’inciter à participer à son petit jeu. Il décida de provoquer un peu plus l’animal. Depuis qu’ils se sont mis en couple, le joueur de guqin élargissait ses connaissances sur ce qui se passait en dehors du clan Lan et découvrait petit à petit le monde extérieur en compagnie de sa moitié.
- Là, je suis couché dans notre lit. Et mon entrejambe commence à me faire mal, Lan Zhan. Aide-moi~
- … Tu n’as pas honte de me dire tout ça?
- Ahah, tu ne dis pas ça quand je te supplie au lit de me labourer le derrière. C’est même ce genre de discours qui t’excite, non? Il est vrai que je t’implore aussi de t’arrêter assez vite mais tu aimes mes discours cochon, non? Allez! Tu ne veux pas faire plaisir à ton pauvre petit copain esseulé que tu as abandonné à la maison?
- … Wei Ying…
- Hn?
- …
- …
- … Comment?
Ayant réussi à amener la conversation là où il le voulait, Wei Ying cliqua plusieurs fois sur son téléphone et mit le haut-parleur. Il le posa ensuite à côté de lui. Il ne savait pas ce que cela allait donner mais il sentait qu’il ne le regretterait pas.
- Mets-toi à l’aise et pose ton téléphone quelque part à côté de toi. J’ai mis le haut-parleur. Fait pareil pour avoir les mains libres.
Lan Zhan, qui était assis à son bureau, se décala légèrement et posa son smartphone sur la table en face de lui. Il savait que sa chambre était assez éloignée des autres bâtiments du clan mais connaissant la nature espiègle de son amant, le blanc prit des écouteurs assez longs et les brancha à son appareil.
- Voilà.
- Ok. Tu peux fermer les yeux pour t’aider. Maintenant, dis-moi ce que je dois faire. Imagine que je te sois offert sur un plateau d’argent, devant toi, et que là, j’ai très, très envie de toi. Tu peux faire ce que tu veux de moi. Tu n’as qu’à m’en donner l’ordre et je l’exécuterai.
- …
- Ahah, je vais t’aider un peu au début, mais j’espère que tu apprendras vite, d’accord, Lan Zhan?
- Hn.
- Alors…commençons. Est-ce que tu m’autorises à me toucher?
- … Hn.
- Regarde-moi bien, d’accord? Je descends ma main droite jusque dans mon pantalon. Je glisse mes doigts sur mon ventre en suivant la ligne que tu aimes lécher. Je passe sous l’élastique de mon boxer. Tu me vois?
- Hn.
Wei Ying effleura enfin son membre dressé et lâcha un gémissement. Ne voulant pas aller trop vite, il caressant lentement sa verge et continua son rôle de guide.
- Toi aussi, Lan Zhan, tu peux libérer ta bête. Tu commences à être serrer, non? Que veux-tu que je fasse de ma main gauche?
Suivant la demande de l’initiateur de ce jeu, l’isolé baissa légèrement son pantalon en même temps que son boxer pour libérer sa «bête». Il reprit sa visualisation d’un Wei Ying à sa merci en train de se faire plaisir tout seul devant lui. Ses oreilles étaient extrêmement rouges en réalisant où menait ses fantasmes. C’était une chose de les imaginer, de les appliquer lui-même et de les dire à haute voix à travers un petit appareil.
- Allez, Lan Zhan~ Ne me laisse pas m’amuser tout seul~ Joue avec moi, d’accord?
- Wei Ying…
- Je suis tout à toi, Lan Zhan. En-ti-è-re-ment-à-ta-dis-po-si-tion~
Depuis le temps qu’il connaissait son amant, Lan WangJi avait compris où cela allait les mener. Et il savait aussi que Wei Ying prenait un malin plaisir à l’embarrasser de la sorte. Il rouvrit les yeux pour observer la pièce vide autour de lui, à la rechercher d’un éventuel voyeur. Le silence régnait dans et en dehors de cette pièce. La seule oreille qui pouvait l’entendre était également seul dans leur appartement. Il inspira profondément, ne pouvant croire qu’il cédait à un tel caprice.
- …T-ta main…passe…sous ta chemise.
- Hn.
- Re-remonte…les lignes de ton-ton…ton torse…pour t-toucher ton t-t-
- Mon «t»? Taquina malicieusement le noir. Héhé, tu bégayes beaucoup~
- …
- Désolé, désolé, continue, continue. Qu’est-ce que je dois toucher?
- … Ton téton, souffla le blanc.
- Lequel?
- … Le droit.
Suivant les instructions, l’initiateur du jeu se remémora la sensation des grandes mains de son homme parcourant son torse pour s’amuser avec son téton droit. Dire qu’au téléphone, celui-ci faisait son timide alors qu’il lui avait fait subir bien pire sur ce matelas.
- Ah! Ah! Je sais que tu ne contentes pas de simplement les toucher. Tu aimes aussi les lécher, les sucer, les mordiller.
- Wei Ying!
- Ah… Je dis simplement ce que tu refuses de dire~ Toi qui joue habituellement avec~
- …
- Lan Zhan… Lan Zhan… Je ne vais pas m’amuser seul, n’est-ce pas, Lan Er-gege~
- …
- J’imagine que tu es déjà complètement rouge, ria le jeune Wei. Je m’occuperai bien de ton épée dressée. Tu dois souffrir là, non? Hn! Imagine mes mains parcourir de haut en bas ton sexe. Lentement. Ah! Avec juste assez de force pour la sentir palpiter dans ma paume. Mon pouce s’attarde un peu sur ton bout sensible.
Le confiné à la queue de cheval arrêta de se toucher, de peur de venir trop vite alors qu’il ne faisait que commencer leur petit jeu coquin. Sa respiration restait néanmoins un peu court.
- Ah, je vois déjà un petit liquide blanc sortir. Mais ça ne suffit pas à te faire venir, n’est-ce pas? Dommage que je ne puisse pas le prendre en bouche. Je me serais amusé à te lécher, de tes bourses jusqu’au gland. Tu aimes quand je te prend totalement en bouche jusqu’à la gorge, n’est-ce pas?
Un déglutissement ainsi qu’un souffle irrégulier lui répondit. Satisfait, le joueur de flûte voulut passer à l’étape supérieure. Sachant que son amoureux n’oserait jamais utiliser un tel vocabulaire, il fallait qu’il le dirige. Pour une fois qu’il en avait le contrôle, autant en profiter, non?
- Eh, Lan Zhan… mon trou se sent seul. Ne te touche plus jusqu’à ce que je te le dise et dis-moi comment m’en occuper, d’accord?
- …Hn… Il faut…te préparer, Wei Ying.
- Avec quoi? Du lubrifiant? Ma salive? Ou bien j’y vais directement?
- Non! Tu vas te blesser.
La réponse était bien trop précipitée. Mais cela fit plaisir à Wei WuXian qui pouvait sentir tout l’amour de son Lan envers lui. Même lorsqu’ils le faisaient tous les jours, son amant prenait toujours grand soin de lui et le préparait avec soin.
- Ahah, Lan Er-gege, tu vas me faire languir encore longtemps? Je t’attends là. Je te veux en moi le plus rapidement possible.
- … Ce sera plus facile avec le…lubrifiant.
- Ok.
A travers le petit appareil, Lan WangJi entendit un tissu glisser, sans doute son petit ami qui retirait son pantalon pour être plus à l’aise. Puis, une bouteille se fit décapuchonner suivi d’un liquide pressé hors de son contenant. Il entrevit la main de l’espiègle se couvrir d’huile et la porter vers son intimité.
- J’y vais, Lan Zhan.
- Hn. Fait attention, Wei Ying. Commence par un doigt.
- Je sais~
N’oubliant pas de positionner son téléphone un peu plus bas, Wei Ying entreprit sa préparation. Il commença par insérer un doigt et laissa entendre les bruits de va-et-vient que faisait son majeur. Il essaya tant bien que mal de reproduire les mouvements qu’il ressentait en général à l’intérieur de lui mais quelque chose manquait. Peut-être qu’un seul n’était pas assez? Ou était-ce l’angle de la pénétration?
- Ah, ah… je peux mettre le deuxième, Lan Zhan?
- Non. Pas encore.
- Hein? Mais ça a commencé à s’élargir.
- Non. Tu vas te faire mal. Attend encore un peu.
- Hn…ah…
Il faisait de son mieux mais ce n’était pas assez. Peu à peu, le noir sentit que son doigt n’était plus aussi à l’étroit qu’au début.
- … Tu peux maintenant.
- Ah! Tu avais raison! Ah, ah! Quel timing! Tu me connais vraiment par cœur~ Je suis même encore un peu étroit.
- Vas-y doucement, Wei Ying.
Son entrée s’était détendue mais cette sensation tant recherchée n’était toujours pas là. Serait-ce une différence de taille dans ce cas? Les longs doigts fins du joueur de guqin était bien plus agréable que les siennes.
- Tiens? C’est bizarre…
- Quoi?
- Ce n’est pas tout à fait pareil que quand tu me le fais. Je sens direct que ce n’est pas toi qui me touches.
- … Ton…
- Mon?
- Ton…point sensible…
- Oui?
- Il…il est…un-un peu plus…profond…et-et… un peu plus…à gauche…
- Eh~ j’arrive pas à aller plus loin~ se plaignit le pénétré.
- Fait…des mouvements…en-en…
- En quoi?
- Comme des…ciseaux…et…détends-toi…pour y-y mettre…trois…doigts…
Wei WuXian effectua les gestes et se mit à chercher au fur et à mesure. Il tenta d’aller un peu plus profondément en lui, soulevant un peu ses fesses pour en faciliter l’accès, juste un peu plus, et tâtonna sur sa gauche. Il palpa son intérieur encore et encore. Le bout de ses doigts frotta sa paroi jusqu’à atteindre sa destination. Sa voix libéra soudain un petit cri de surprise.
- Tu l’as trouvé, Wei Ying, félicita l’isolé.
- Ah-ah, oui! Ahah, tu me connais vraiment par cœur, Lan Zhan! Lan Zhan!
Celui qui découvrait son corps gémit de plus en plus. Il pouvait presque sentir le regard intense de son amoureux glisser sur son corps débauché par la luxure. Il voyait son membre viril qui n’avait qu’une hâte, le pilonner jusqu’à assouvir tous ses désirs.
- Lan Zhan! Je ne veux pas venir seul avec mes doigts. Aide-moi! Tu veux me pénétrer, non? Allez! Viens en moi! S’il te plaît!
- …J’arrive.
Lan Zhan contempla cette entrée offerte devant lui qui pulsait de lubricité. Sa main s’activa sur son membre dressé comme s’il était entré dans l’orifice de son cher et tendre. Quant à Wei Ying, il continua son exploration en ayant en tête son magnifique male au-dessus de lui, avec ce visage irrésistiblement sexy qui avait du mal à se retenir en faisant ses aller-retours en lui. Chacun pouvait sentir la présence de l’autre et sentir la peau de l’autre sur la sienne. Ils ne pouvaient penser à rien d’autre qu’à la démonstration de leur amour par cet acte passionnel.
Le bruit des mouvements qu’ils faisaient avec leurs mains s’harmonisait, renforçant la sensation de présence de leur partenaire absent.
- Ah-ah! Je t’aime, Lan Zhan! Tu me manques!
- Hn. Moi aussi, Wei Ying. Je t’aime.
- Ah! Je-je vais jouir!
- Ah… Retiens-toi.
- Mais… Je peux pas…
- Wei Ying… Attends-moi… ensemble…
- Dépêche-toi, Lan Zhan! Vite!
- Wei Ying!
- Lan Zhan!
Leur souffle se faisait de plus en plus lourd, les gémissements traversaient le combiné pour atteindre les oreilles de l’autre. Sentant que leur souffle commençait à se synchroniser, ils savaient qu’ils étaient sur le point de jouir ensemble. Encore quelques mouvements de va-et-vient et ils se libérèrent en même temps.
Il s’en suivit d’un silence où chacun reprenait son souffle. Le confiné chez les Lan prit un mouchoir et essuya la semence épaisse qui avait inondé ses mains tandis qu’il prêtait attention aux sons sur un éventuel geste de son amant.
- Lan Zhan…
- Wei Ying…
- La prochaine fois, on peut le faire par visio si tu veux. T’auras de vraies images en face de toi~
- Wei Ying!
- Reviens vite, d’accord?
- Je reviendrai après le confinement.
La fin du confinement fut annoncée après des semaines bien difficile pour chacun. A la seconde où elle a été levé, Lan WangJi avait déjà embarqué ses affaires rangées dans sa valise et se précipita pour rentrer chez lui. Chez eux. Au moment où il passa le pas de la porte, il allait prononcé le doux nom de son amour dans il entendit des gémissements et…sa voix?
Le blanc marcha silencieusement jusqu’à sa chambre où il put voir le noir amusé en écoutant en boucle l’enregistrement de leur premier appel téléphonique érotique. L’homme qui retournait enfin chez lui ouvrit violemment la porte, surprenant le dominé.
- Lan-Lan Zhan!
- Wei Ying!
Lan WangJi réduisit la distance en moins d’une seconde et jeta le téléphone dans un coin pour s’occuper de cette bouche au vocabulaire obscène et glissa sa main vers cette partie inférieure indécente qui le réclamait depuis des semaines.
- Att-attend Lan Zhan!
Les yeux dorés rencontrèrent ses homologues noirs. Ils étaient remplis d’impatience et d’amour. Comment pouvait-il garder un visage aussi sérieux avec de tels yeux?
- Bon retour.
- Hn. Je suis rentré.
Sans plus de cérémonie, Lan Zhan entreprit d’imprégner sa présence sur le corps de Wei Ying qu’il avait quitté depuis bien trop longtemps. Et pour cela, il fallait d’abord occuper cette bouche qui l’avait réclamé corps et âme depuis des semaines.
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J’espère que ça vous aura plus, n’hésitez pas à l’aimer et/ou la partager! Vous pouvez retrouver cet OS sur ffet!
N’oubliez pas RESTEZ CHEZ VOUS et appliquez les gestes barrières!
Vous êtes ici au dernier chapitre, passion! Je ne pensais pas que ça finirait ainsi. Si vous êtes venus directement ici, n'oubliez pas qu'il y a d'autres fins alternatives si vous voulez les lire. Si vous avez suivi l'ordre des chapitres, profitez-bien de ce dernier chapitre qui conclut cette fanfiction.
Bonne lecture à tous! ^^
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Chapitre 6: Passion
Bakugou n'avait plus qu'une envie, lorsqu'il voyait Midoriya dans cet état là, c'était de le prendre dans ses bras. Malheureusement, il n'était toujours pas libre de ses mouvements.
- Deku, détache-moi.
- Mais…
- Je ne m'enfuirai pas. Je te le promets. Alors détache-moi.
Hésitant un instant, Izuku finit par se lever, retirant ce qui retenait encore la semence de son petit ami en lui et la laissa s'écouler le long de ses jambes nues. Il avait l'impression que la chaleur de Kacchan le quittait peu à peu et il détestait cette sensation.
Le vert partit récupérer les clés du cadenas et se plaça derrière le héros pour le détacher. Il toucha le verrou et mit la clé devant la fente. Et si une fois libérée, le héros s'enfuyait? Et s'il l'abandonnait maintenant qu'il savait tout le mal qu'il avait causé? Il avait jusque là vaguement eu l'impression d'avoir des phases de lucidités et d'autres de démence. Il n'arrivait pas à se contrôler pleinement. Mais la frontière était si ténue qu'il ne se rendait pas compte de quand il glissait d'un côté ou d'un autre. Et lorsqu'il le savait, le mal était déjà fait. Il trembla en regardant ses mains. Combien de sang avait-il déjà fait couler?
Il respira profondément et choisit de faire confiance à Kacchan. Si vraiment celui-ci décidait de le quitter, il le lui ferait regretter de bien des manières. Une lueur brilla dans ses yeux verts. Hors de question de vivre sans lui. Il inséra la clé et la tourna jusqu'au déclic. Il fit ensuite tomber les chaînes et retourna face à son amant toujours immobile.
- Deku…
Le blond se leva doucement, massant ses membres endoloris et rougit par le fer. Il s'approcha du vert qui attendait le verdict, les yeux fermés. Soudain, il sentit des lèvres contre les siennes, l'embrassa à pleine bouche, ce qui fit fondre le psy qui sentait ses jambes faiblir, du moins, c'était ce qui devrait normalement se passer s'il ne s'était pas reçu un coup de poing dans l'estomac. Il avait mal… terriblement mal. Son souffle était coupé. Et il avait l'impression que sa lèvre inférieure avait un léger gout métallisé.
- Ca, c'est pour t'être foutu de ma gueule! Maintenant rhabille-toi et suis-moi. J'en ai pas fini avec toi. Putain d'Deku.
Assez déstabilisé par ce qui venait de se passer, Izuku s'exécuta. Le héros sortit à l'extérieure du hangar et contacta son équipe. Le vilain arriva à ce moment là et se tendit. Allait-il finalement se faire dénoncer? C'était ce que tout héros ferait dans ce genre de situation, n'est-ce pas?
- Ground Zero au rapport.
- Putain Ground Zero, t'es où mec? T'as foutu quoi cette nuit? S'énerva une voix familière dans l'appareil auditif.
- J'ai poursuivi un suspect qui a de grande chance d'être The Fool mais je l'ai perdu au niveau de la limite du centre ville Sud.
Au sud… Ils étaient actuellement sur les docks au nord. Le petit cœur fragile du vert se réchauffa et bondit une nouvelle fois pour son blond.
- Il portait une tenue verte émeraude moulante et un chapeau de cowboy marron.
Il portait actuellement un costume noir et une chemise verte forêt ainsi qu'un fedora noir. Il avait glissé ses gants salis dans ses poches. Manquerait plus qu'on le retrouve parce qu'il a négligé des détails. D'ailleurs, il s'était déjà occupé de la chaise et des chaines. Juste au cas où. Sans oublier les traces de leurs ébats.
- Je le soupçonne d'avoir reçu l'aide de l'alliance des vilains mais c'est encore à confirmer.
Il travaillait seul et ne s'était jamais allié à personne pour commettre tous ces méfaits. Après tout, tout le monde lui faisait confiance et personne n'irait le soupçonner. Normalement.
- J'ai coupé la radio afin de ne pas me faire surprendre à un mauvais moment durant la filature.
C'était lui qui l'avait coupé et il avait été bien tenté de détruire l'appareil. Mais il ne l'avait pas fait. Il savait que certain appareil émettait un signal au moment de leur destruction, activant un GPS pour localiser le point de disparition. Obtenir de telles informations était l'un des privilèges qu'il avait su retiré pour avoir côtoyé la cellule d'enquête. Il savait également que la fonction GPS n'était pas permanente, au risque de sur-polluer les informations à traiter au cours de l'enquête.
- Mec, t'as intérêt à te présenter au QG pour ton rapport. Les vétérans ont pas l'air d'apprécier ton initiative.
- Compris. J'arrive.
Le héros se retourna vers le vilain qui n'osait pas trop s'approcher. Il le pointa du doigt, donnant des ordres sur la marche à suivre.
- Va chez moi et attend-moi. Et t'as pas intérêt à te barrer avant que je revienne sinon je t'explose, compris?
Le vert hocha la tête et ils se séparèrent aussi rapidement qu'ils s'étaient retrouvés quelque heures plus tôt. Le psy profita du fait qu'au lever du jour, peu de personne trainaient dans les rues pour se faufiler dans l'appartement de son amant à l'insu de tous. Il savait également quel chemin prendre pour éviter quelque caméra de surveillance un peu gênante.
Dans un bureau de super héros qui servait de quartier général pour centraliser toutes les informations sur The Fool, la tranquillité n'était pas au rendez-vous. Le bureau explosait d'injures en tout genre et quelques meubles en avaient fait les frais. Pour n'importe qui, l'enfer se trouvait de l'autre côté de ces murs. Pour les associés travaillant aux côtés de ces héros, c'était un simple échange de point de vue un peu musclé entre deux héros à forte tête, rien de bien alarmant.
Ce ne fut que quelques heures plus tard que le blond put enfin troquer sa tenue de travail contre celle de civil et rentrer chez lui. Il ne savait pas pourquoi il n'avait pas balancé Deku aux autorités compétentes. Pourtant, il savait faire la part des choses et séparer vie professionnelle de sa vie privée. Mais cette distinction semblait mise à mal avec la présence du vert. S'il avait bien tout compris, c'était en partie de sa faute si son amant avait aussi mal tournée. Il y avait également le fait qu'All for One ait joué un rôle dans ses pulsions destructrices. En tant que héros, il devait sauver celui qu'il aimait. Il savait qu'il aurait du le dénoncer et le faire suivre par des spécialistes mais alors qu'il avait eu mainte occasion de le faire, il avait continué de le couvrir.
Il ne savait plus s'il pouvait toujours faire confiance à Deku après sa découverte. Et s'il était lui-même manipulé? De ce qu'il avait pu voir, en manipulant des émotions assez fortes, le vilain pouvait faire perdre la raison à ses victimes pour les faire se déchaîner contre des innocents. Mais en ce qui concernait le fort attachement qu'il ressentait? Le fait qu'il soit devenu incapable de s'éloigner de lui? L'idée même de foutre le vert en prison et de n'avoir droit à quelques visites, s'il en avait l'autorisation, devant une vitre ne l'enchantait guère.
En arrivant chez lui, il se demandait si Izuku n'avait pas abusé de sa confiance et s'était barré. Il respira profondément et inséra les clés dans la serrure. En ouvrant la porte, il découvrit son homme nu sous une serviette autour de sa taille, sortant probablement de la salle de bain.
- Ah, Kacchan! Bon retour!
Quelques gouttes d'eau glissaient sur sa peau laiteuse, traversant les différents sillons formés par ses muscles fins. Les yeux rouges qui étaient encore calme en entrant s'enflammèrent d'un coup. Surpris par le manque de réponse et par la réaction soudaine de son amant, Midoriya allait dire autre chose quand il vit le propriétaire de l'appartement se déchausser en moins d'une seconde et foncer vers lui. Il fut attrapé en chemin à bout de bras puis jeté sur le lit sans ménagement.
- Ka-Kacchan?
- La ferme, Deku!
Reportant sa frustration de n'avoir rien pu faire tantôt à part subir les idées lubriques de son partenaire, cette fois-ci, c'était à son tour de dominer. La serviette nouée autour de la taille se défit assez facilement et le blond en profita pour retenir ces bras qui l'avaient étreint plus tôt. Il utilisa le bout de tissu pour bloquer les bras pales de son amant au dessus de leur tête.
- Ka-Kacchan? Mais que-
- Tu t'es bien amusé tout à l'heure, non? A mon tour maintenant! Tu voulais te venger? Et bien moi aussi!
Joignant le geste à la parole, ses mains parcoururent le corps encore sensible du vert et tira d'un de ses tiroirs un lubrifiant. Bien que l'entrée était déjà bien élargit par leur activité nocturne, ou était-ce matinale, il savait que pour limiter la douleur et accéder au septième ciel plus rapidement, il fallait quand même quelques ingrédients supplémentaires qu'un peu de salive. Surtout après une douche qui aurait retiré toute substance glissante en lui.
Le héros à présent en repos descendit sa main vers l'entrejambe de celui qui subissait sa vengeance quand il remarqua que le membre était déjà bien dressé et sur le point d'exploser.
- Dis donc, je t'ai à peine touché et t'es déjà dans cet état là?
- Mais c'est toi, Kacchan, se plaignit Deku, les joues rougis. Ton excitation est si forte qu'elle me submerge de part en part. Je crois que je pourrais jouir juste en te regardant.
Le blond ne savait pas si le vert le faisait exprès ou pas mais ses mots ne faisaient que renforcer son envie. Il lui était déjà arrivé de sauter sur Izuku quand celui-ci venait dans son appartement mais il y avait quelque chose de différent par rapport à avant. Il n'aurait quand même pas… Sa main qui touchait se torse se plaça sous la gorge du vilain. Il resserra ses doigts sans pour autant étouffer son prisonnier.
- Eh, putain d'nerd, j'espère que t'as pas utilisé ton putain d'alter pour que je te baise là maintenant!
Le vert secoua la tête, le suppliant du regard de s'occuper de lui et de sa partie déjà trempée par l'impatience. Quel regard lubrique pour un super vilain. Son souffle était déjà court et son corps réclamait des caresses. Jamais il ne l'avait vu dans un tel état.
- Je ne t'avais pas encore touché que tu m'as sauté dessus… J'ai rien fait… Si je suis dans cet état, c'est parce que toi, tu as envie de moi. Je n'ai jamais eu besoin de t'envoyer quoi que ce soit pour que tu me prennes.
Donc, son envie de le dévorer venait vraiment de la frustration de leur petit tête à tête dans le hangar? Enfin, il n'avait pas très envie d'y penser tout de suite. Il lâcha ce cou si fin qu'il aurait pu le briser d'une simple pression et se concentra sur les zones érogènes de son partenaire. Sans avoir eu besoin de beaucoup de préparation, le héros pénétra le vilain d'un coup, faisant gémir celui-ci qui se mit à crier son nom. Il s'était lâché au moment de l'entrée mais son organe s'était redressé presque aussitôt.
- Ka-Kacchan… Laisse-moi… Laisse-moi… t'en donner un peu… C'est trop pour moi!
Il y avait quelque chose de différent dans les gestes du blond qui brûlait littéralement le vert d'une passion ardente qui lui était difficilement soutenable. Non pas que c'était désagréable, au contraire. Il perdait la tête bien trop vite par rapport à d'habitude. Cette violence désireuse pénétrait chaque pore de sa peau et il se sentait noyé en elle.
- De quoi? Grogna Katsuki, décident de changer de position pour prendre son amant par derrière.
A présent à quatre pattes, Izuku avait la tête enfoui dans le matelas, serra les draps avec ses doigts crispés de plaisir. Chaque coup était d'une bestialité rare et le frappait au plus profond de lui. Quelque chose avait changé en Katsuki. Même brusque, il n'avait jamais été aussi violent dans ses gestes. Quelque chose… Il y avait quelque chose de différent chez son amant.
- Tu-tu y vas trop fort… Ah… Ma tête… Je t'en supplie! Je deviens fou! Ah… Fou de toi, Kacchan! Laisse-moi! Laisse-moi t'en donner un peu, ah! Sinon… Sinon je vais pas tenir!
- Et ressentir ton désir pour moi pour m'exciter? Tu déconnes.
- Non! Ah! Non! Pas ça! Ah! A moi! Je te garde- ah! Pour moi! Hn! Et je te donne- ah! La mienne!
Ce n'était vraiment pas des mots à prononcer pour le calmer et sa vigueur augmenta d'un cran, remplissant l'intérieur du vert qui se resserra autour de lui. Il lâcha de nouveaux cris, de nouveaux gémissements, de nouvelles supplications.
- Si jamais tu me l'as fait à l'envers… menaça Bakugou.
- Non… Ah… Je vais… partager, ah! Ce qui est à moi! Ca va nous faire, ah! Beaucoup de bien, ah! Promis!
Se contorsionnant légèrement, Izuku attrapa le cou de son amant qui le culbutait pour l'embrasser et se décharger d'une partie de ses pulsions passionnelles. Erreur de calcul ou pas, l'activité se fit plus intense qu'elle ne l'était déjà. Voir l'homme aux yeux rouges se lécher le coin des lèvres après leur baiser, tel un gourmet, lui donnait un air sauvage qu'il aimait beaucoup.
- Wouah… En effet, ça fait du bien… complimenta le dominant de sa voix grave et sensuel.
- C'est toi… qui me rend comme ça, Kacchan.
Insatiable, le héros explosif continua ses représailles, affligeant des tortures charnelles à son compagnon qui se perdait dans la luxure, s'en déchargeant en partie pour la récupérer presque aussitôt, comme une boucle sans fin.
Ce ne fut que grâce à l'épuisement de leur endurance et de leur force qu'ils s'arrêtèrent en soirée. Midoriya avait de nombreuse trace rouge sur son corps, éparpillé de-ci de-là, tel des piqûres rougies ou des traces de dents. Bakugou avait quand à lui, de nombreuses griffures dans le dos ainsi que quelques morsures sur les épaules, bien que moindre par rapport à celle qui avait marqué le corps du vert.
Deku, dont le dos était collé au torse de Kacchan dans leur sommeil réparateur, se réveilla malgré la fatigue. Il sentit des bras l'entourer avec beaucoup de douceurs. Il se retourna légèrement pour voir le visage endormi de celui qu'il aimait. Il posa ses mains sur celle du blond, s'extasiant sur leur différence de taille.
- Je t'aime, Kacchan, chuchota-t-il.
- Je sais. Je l'ai senti.
Katsuki ouvrit les yeux et regarda les pupilles vertes tournées vers lui. Celui-ci en profita pour changer de position pour faire complètement face à son amant. Le blond caressa la joue de son amoureux avec tendresse avant de déposer un baiser sur le front de celui-ci.
- Faut qu'on réfléchisse à ce qu'on fera pour la suite.
- Si je sors, je risque de recommencer.
- Alors quoi? Tu veux que je t'enchaîne à moi et que je t'enferme?
- Oui! Bonne idée!
Honnêtement, il avait juste dis cela comme ça, sans vraiment le penser. Il était encore entrain de réfléchir à une solution qui déboucherait sur une fin heureuse pour eux deux. Mais il devait aussi accomplir son devoir de héros. Il avait déjà menti et mené sur de fausses pistes l'association des héros. Pouvait-il encore enfreindre sa justice pour un seul homme.
- Kacchan…
Kacchan sentit la prise sur son torse se resserrer et une tête s'enfouir dans le creux de son cou. Il passa une main dans la chevelure verte devant lui et profita de leur douceur.
- Si je sors, je serais exposé aux émotions négatives… plus nombreuses et virulentes que les émotions positives.
- C'est un putain d'problème en effet. Tu peux pas te contrôler ou les bloquer?
- Si je le pouvais, je n'aurais pas fini super vilain… Mais je sens que si je reste avec toi, tout ira bien! Tu es mon héros, Kacchan!
Katsuki se sentait perdue. Soit il accomplissait son devoir de héros et se séparait de cet incube personnifié soit il trahissait toute ses convictions pour son propre désir personnel. Il y avait quelques mois de cela, ce dilemme n'aurait même pas effleuré son esprit. A partir de quand ses priorités avaient-elles changé?
- Kacchan…
Deku releva la tête pour l'embrasser et Kacchan ressentie comme une petite décharge affluer en lui, comme lorsqu'ils s'étaient partagés leur excitation mutuel. Prenant soudainement conscience de cette coïncidence pas si hasardeuse que cela, Katsuki rompit le baiser et plaqua le vert dans le matelas, bloquant un bras au dessus de sa tête et avec l'autre main de libre, presser les deux joues autour de cette bouche impertinente qui avait voulu le manipuler.
- Deku! Enfoiré! T'as voulu utiliser ton alter sur moi!
- Je-
- Ose me mentir et je te jette dehors! Tu croupiras en prison et on ne se reverra plus jamais!
Deku garda le silence, se rendant coupable de sa tentative de forcer son amant à accepter son idée folle. L'idée même d'envisager une séparation lui brisait le cœur. Cela n'avait rien à voir avec leur dispute habituelle, où il savait qu'une réconciliation allait avoir lieu sous peu. Là, Kacchan était sérieux. Il était prêt à l'abandonner.
- Si… Si je suis pas avec toi, autant mourir, Kacchan… Je veux que ma tête ne soit remplie que par toi… J'en ai assez de réprimer leur désir pervers. Je ne veux plus faire de mal à personne, Kacchan… Je veux uniquement penser à toi et rien qu'à toi. Empêche-moi de faire du mal en m'emplissant entièrement de toi.
Ne sachant pas s'il était sincère ou s'il jouait la comédie, Katsuki le relâcha et se redressa, laissant le vert couché dans le lit, les larmes aux yeux. Vu son alter, il n'était pas impossible qu'il ait pioché dans une de celles qu'il avait capté pour lui sortir un tel discours. Mais il ne pouvait écarter la possibilité qu'il fasse réellement ce qu'il avait dit si jamais il le livrait pour le soigner. Et puis, la prison était loin d'être l'endroit idéal pour réprimer les émotions négatives qui affluaient en lui. La preuve, c'était en prison qu'il découvrit sa passion meurtrière.
- S'il te plait… Kacchan…
Le problème, c'était que Deku ne pouvait pas disparaître comme ça, au risque qu'une autre personne face le lien entre lui et The Fool. Seulement, il ne pouvait pas l'autoriser à utiliser son alter pour rendre fou un autre collègue et utiliser cet alibi. Il devait se débrouiller pour faire disparaître Deku et The Fool. Il se frotta énergiquement ses cheveux blonds.
- Faut qu'on fasse quelque chose pour ton appart pourri. Tu te rends compte du travail qu'on va devoir faire pour cacher toutes mes photos et tout ce que t'a fait au mur?
- Ah, ne t'en fait pas, je m'en suis déjà occupé.
- Comment ça?
Deku enlaça le dos de son amant et colla son oreille contre ce corps chaud. Il écoutait ce cœur qui battait à un rythme régulier. Il trouvait cela apaisant.
- J'avais déjà prévu qu'on me retrouverait, alors j'ai arrangé mon appartement. Ce que tu as vu était le camouflage qu'à fait The Fool pour diriger sa colère envers Ground Zero pour atteindre Midoriya Izuku. Toi que le psy ennemi des vilains aime tant. Les vrais posters vieillis d'All Might ont été jeté à la poubelle, facilement retrouvable par la police. Ah, quoiqu'on doit bien faire quelque chose pour la disparition de Midoriya Izuku. Kacchan, peux-tu m'aider pour la touche finale?
Le blond ne pouvait pas voir le visage de son amoureux, mais il sentait que ce n'était pas une expression qu'il voulait découvrir sur lui. Il savait qu'il se faisait manipuler. Il avait tout prévu? Même jusqu'à son hésitation à le livrer à la justice? Il soupira. Il n'arrivait pas à raisonner convenablement. Le fait de garder auprès de lui un tel danger public était-il du à ses sentiments ou à une altération de son jugement? Il avait mal à la tête rien que d'y penser.
Il devait faire disparaitre The Fool et Deku. Une fois cela fait, ils devaient être prudent dans leurs futurs mouvements pour ne pas éveiller les soupçons. C'était un gros travail et une immense farce qu'il fallait mettre en place. Si le problème de l'appart était réglé, il ne restait plus que la fuite, n'est-ce pas? Dans quoi s'embarquait-il…?
- Tu avais prévu que je te garderai?
- J'ai préféré privilégier cette éventualité parmi toutes les autres. Je n'aurai pas tenu le coup si j'étais certain que tu me rejetterais.
- Je suis un héros.
- Je sais.
- Mon devoir, c'est de t'arrêter.
- Je sais.
- Tu m'as manipulé?
- Non… J'ai juste travaillé dur pour que tu m'aimes autant que je t'aime…sans jamais tricher.
- Tu penses que je vais te pardonner tout le mal que tu as fait?
- Non. Mais j'espère que tu me garderas quand même à tes côtés. Que ce soit pour m'aimer ou pour me haïr, je veux rester avec toi, Kacchan. Sauve-moi ou tue-moi. Je serais d'accord avec tout ce que tu feras de moi. Du moment que c'est toi, je m'en fiche du reste.
Quelques années plus tard, alors que Bakugou Katsuki rentrait chez lui, il passa devant une vitrine remplie de télévision. Un reportage d'une chaîne d'information passa à ce moment sur un des plus grands supers vilains de l'histoire.
- The Fool, le plus grand super vilain après l'arrestation d'All for One a brusquement arrêté ses activités il y a quelques années. Il est apparut brusquement, plongeant dans la déchéance des dizaines de super héros avant de disparaitre tout aussi rapidement, libérant nos protecteurs de la peur. Après une enquête approfondie, la police a découvert que le vilain aurait visé les patients d'un psychologue renommé dans sa discipline qui avait aidé plus d'un héros à remonter la pente après avoir connu l'enfer. Ce héros des héros nommé Midoriya Izuku est également sa dernière victime.
- C'est une grande perte pour nous.
- En effet. Beaucoup de ses patients l'ont regretté. Voici quelques images de son enterrement. Nous y voyons beaucoup de héros soignés et reconnaissants d'avoir croisé sa route. Il était très aimé.
- Comment un tel drame a-t-il pu avoir lieu?
- D'après les enquêteurs, Midoriya Izuku prenait son travail à cœur et logeait dans son cabinet, ne retournant que peu dans son appartement. C'est à ce moment là que The Fool en a profité pour lui tendre un piège chez notre psychologue qui ne se doutait de rien.
- Ce n'était d'ailleurs pas le seul piège, n'est-ce pas?
- En effet, il aurait utilisé différent stratagème pour ralentir l'enquête. Pour n'en citer qu'un, il a tenté de faire de Midoriya un bouc-émissaire pour l'accuser à tord. Mais voyant que ce plan n'a pas marché, il a semé la zizanie dans notre société en altérant des héros au hasard pour brouiller les pistes.
- Quelle tragédie. Et donc, comment cette histoire a terminé?
- Après avoir rendu le héros Ouragan dément, The Fool s'est réfugié chez Midoriya Izuku et a saccagé son appartement. En pénétrant dans l'intimité de sa cible, il aurait tenté d'atteindre les proches de Midoriya. Sur place, la seule trace de notre victime retrouvée fut une immense flaque de sang. La quantité de sang éparpillée sur le parquet ne laisse que peu de doute quand à la survie de notre cher héros. Serait-ce un désir de vengeance qui a animé The Fool? Le vilain le plus fou que notre société n'ait jamais connu se cache toujours parmi nous.
- A présent revenons sur ce héros des héros qui a laissé sa vie pour sauver nos protecteurs.
Traversant la ville, se rendant dans un lieu peu habité, Bakugou Katsuki avait déménagé dans ces lieu peu de temps après que la police n'est déclaré la mort présumée de son amant. Les recherches n'avaient rien donné malgré tous les efforts de la police. Mais ni The Fool, ni Deku n'avait été retrouvé. Ses proches qui avaient connaissance de la nature de leur relation avaient compatis et accepté son désir de s'éloigner de la ville. Il avait besoin de mettre de la distance avec cette ville qui lui avait pris son amoureux. Ce n'était pas non plus comme s'il avait arrêté de travailler en tant que héros, donc ils n'avaient rien à y redire. Il avait juste un peu plus de trajet le matin.
Lors de cette fameuse enquête, seules les empreintes de Deku avaient été retrouvées dans l'appartement. Sachant que The Fool était ganté, il n'était pas étrange de ne pas retrouver ses traces. Il y avait bien un ou deux cheveux du blond, un ou deux vêtements lui appartenant, mais sachant que le vert vivait quasiment chez le héros et qu'il aurait pu emporter quelques linges avec lui, quoi de plus normal d'en retrouver chez lui?
Une hypothèse naquit suite à la découverte des posters de Bakugou dans la chambre de Midoriya. Tout comme l'affaire du stalker du psy, The Fool avait fait une fixette sur l'amant de son ennemi pour se venger. Quoi de mieux pour atteindre sa cible que de prendre celui qu'il aimait le plus? Il avait profité de l'absence répété du vert chez le blond pour occuper les lieux, s'imprégnant du lieu de vie de son ultime victime. The Fool avait sans doute viré les vrais posters dans la chambre d'Izuku pour les remplacer par celle de Katsuki, histoire de brouiller les pistes.
Ground Zero rentra chez lui et se déchaussa. Il posa un sac de course dans la cuisine et regarda autour de lui. Il retira sa veste et la posa sur une chaise avant de se diriger vers sa chambre. Il l'ouvrit et vit une forme enfouie sous les couvertures.
- Oi, tu vas rester encore combien de temps à dormir, comme ça?
La forme bougea légèrement, sans pour autant sortir la tête. Mais en se concentrant un peu, Katsuki pouvait entendre des gémissements. Il soupira d'exaspération et en quelque pas, atteignit le lit. Il tira d'un coup sec sur la couverture qui vola au dessus de leur tête.
Surpris par cette attaque, l'humain aux cheveux vert à moitié déshabillé arrêta ce qu'il faisait, sans pour autant retirer ses doigts de son orifice.
- Ka-Kacchan…
- Pourquoi t'es déjà dans cet état là? Je viens de rentrer i peine une minute.
- Kacchan! Kacchan! Enfin, tu es là!
Retirant ses doigts humides, le vert se jeta dans les bras de Katsuki qui le réceptionna sans problème. De sa main droite, il caressa le dos qui s'arqua à son contact.
- Je t'ai vu à la télé aujourd'hui et depuis, je ne peux plus penser à autre chose! J'ai envie de toi, Kacchan! Je te veux tellement!
Izuku embrassa son amant, transmettant au passage son désir au héros qui, à présent habitué, gérait un peu mieux ses pulsions et coucha le disparu. Il s'écarta un peu pour retirer son tee-shirt et d'une main, caressa le torse décoré d'une grande entaille sous lui.
Ce jour-là, le blond avait hésité jusqu'au dernier moment. Une fois dans l'appartement, Deku lui tendit une lame, lui demandant implicitement de choisir entre le laisser vivre ou le tuer. Selon le plan de base, il était prévu d'entailler simplement le bras du vilain. Pour des questions de direction de projection de sang, il fallait qu'il blesse son partenaire. Mais une fois l'arme en main, il se posa de plus en plus de questions. Il était un héros. Il était un vilain. Il l'aimait. Il ne parvenait pas à le détester complètement. Il devait mettre fin à cet ère de terreur. Il devait empêcher The Fool de recommencer. Il avait le devoir de l'arrêter. Mais il ne pouvait imaginer un avenir sans lui en sachant que Deku était encore en vie, loin de lui. Parviendrait-il à tourner la page s'il mourrait? Avant de comprendre ce qu'il se passait, le couteau qu'il tenait avait tranché ce torse qu'il avait mainte et mainte fois caressé et embrassé. Izuku s'écroula devant lui avant de se vider de son sang. Ses mains rougies de ce liquide poisseux le ramena à la réalité. Et le sourire heureux teinté de tristesse sur les lèvres de son amant le frappa de plein fouet. Il fit tout pour stopper l'hémorragie et en suivant un plan complexe, ils se retrouvèrent ensemble et vivants dans cette maison isolée. Il n'avait pu se résoudre à le tuer. Il avait faillit. Mais il n'avait pas pu aller au bout de son geste.
Le vert sourit en sentant ses doigts qu'il aimait tant le caresser avec gentillesse en suivant la cicatrice. Il avait bien cru que sa dernière heure avait sonné ce jour là. Mais comme il l'avait déjà dit, il acceptait tout de Kacchan. Ce jour-là, The Fool est mort et Ground Zero a sauvé Deku.
- Je ne regrette rien, Kacchan.
- Je n'ai rien dit.
- Mais je l'ai senti.
Deku porta les doigts qui l'effleuraient à sa bouche et y déposa des petits baisers avant d'effectuer des coups de langues aguicheurs.
- Ah! C'est si fort, Kacchan!
- C'est à cause de toi ça.
La main du vert se dirigea vers le bas ventre de son partenaire où l'organe qu'il désirait tant en lui était déjà bien dressé et le guida jusqu'à son entrée.
- Tu peux entrer directement, je me suis déjà bien préparé.
Ne se faisant pas prier, Katsuki entreprit d'assouvir son désir. Il ne savait plus depuis quand il était ainsi, mais depuis qu'il avait appris l'existence de ce pouvoir et accepté cette réalité, son monde avait changé. Avait-il était manipulé par cet alter? Sûrement. Mais cela ne gênait pas son travail, et il vivait avec Deku devenu complètement dépendant de lui. C'était comme si un déclic avait eu lieu. Pour tout cela, il pouvait bien garder la vérité sur The Fool pour lui.
Il y avait quelque année, lorsqu'il était en plein dilemme sur la marche à suivre concernant Izuku, il avait fait le choix de le cacher, de le garder auprès de lui. De l'enchaîner à lui. Il ne savait plus si l'alter y était pour quelque chose mais imaginer un instant sa vie sans l'homme qui gémissait sous lui était impossible. Il était comme drogué par sa présence. Cette soudaine dépendance qu'ils avaient l'un envers l'autre avait pris de l'ampleur le jour où le secret avait été dévoilé.
Il avait appris que ce vilain déchargeait son trop plein d'émotion en entrant en contact avec sa victime et cela marchait mieux avec un baiser. Donc alors qu'ils étaient en couple, le vilain avait des roulés des patins à tout ce qui bougeait. Lorsqu'il sut la vérité, le blond avait pété un câble et sa colère avait transpercé son amant qui s'était alors emporté comme une furie. Pour le calmer, il avait du «reprendre» sa colère et l'évacuer de lui-même. Mais comme cela l'avait encore plus énervé, il s'était lâché sur le vert, aussi bien verbalement que physiquement. Apparemment, le mort aux yeux de la société ne rendait pas l'émotion égale mais doublait voir triplait l'intensité selon s'il était en forme ou non. Profitant d'avoir une salle d'entrainement chez lui, une bagarre avait éclaté. Ils étaient deux hommes, ils pouvaient très bien se parler avec leurs poings. Et puis, ce n'était pas comme avant où Deku ne faisait que subir. Il savait rendre les coups. C'était dingue le nombre de technique d'entrave que ce maudit psy pouvait connaitre. Aujourd'hui, il se défendait comme un diable et il lui était déjà arrivé au héros d'aller au travail avec un œil au beurre noir. Ses collègues se moquaient de lui en disant que sa copine était une véritable tigresse. Ce n'était pas complètement faux.
En emménageant loin du centre ville, Izuku recevait beaucoup moins d'émotion et il pouvait mieux les «traiter» avant le débordement qui l'avait conduit sur le mauvais chemin. Mais le plus souvent, lorsqu'il n'y arrivait pas, le sexe était les meilleures solutions. Il emplissait son réservoir de pensées érotiques, jusqu'à le vider complètement des pensées futiles. Il y avait sûrement d'autre solution mais il n'allait pas s'en plaindre. Il était le seul à avoir ce privilège. Autant rendre l'utile à l'agréable. En annihilant les pulsions meurtrières, il contenait ainsi le vilain qui était en lui.
A présent que le héros savait comment marchait cet alter et à quel moment celui-ci était utilisé, les effets étaient moindres. Il faisait la différence entre ses différentes émotions, entre ce qui était vrai et ce qui était artificiel. Mais cela n'empêchait pas une nouvelle dispute d'éclater lorsqu'il se rendait compte que Deku essayait de le corrompre. Cela arrivait de temps en temps. De moins en moins souvent. En retour, il le punissait dans leur nid d'amour de bien des manières. Ils se faisaient perdre la tête l'un l'autre, perdant toute notion de réalité jusqu'à l'épuisement, partageant sans fin leur appétit gargantuesque.
La base de leur relation était malsaine mais Bakugou ne pouvait s'empêcher de goûter à ce fruit empoisonné, gardant à ses côtés l'auteur de crime atroce, un fou dangereux capable de le corrompre à tout instant. Il sentait de temps à autre sa notion du bien et du mal défaillir. En tant que héros, il voyait parfois des horreurs dont il n'avait qu'une seule envie, éradiquer la source de ce mal. Il se sentait plonger lentement mais sûrement dans des abîmes d'une noirceur sans nom avec pour seule bouée de sauvetage son vilain personnel qui s'amusait sans doute à ses dépends, tantôt en le plongeant profondément dans les abysses, tantôt en le sauvant.
Décidément, il ne pouvait pas laisser courir dans la nature un tel fou alors autant s'en occuper lui-même, jusqu'à dépasser ses limites.
- Plus ultra, murmura Deku après leur libération, plus pour lui-même.
- Hein? Plus ultra? T'es sérieux là?
- J'ai toujours rêvé de le dire au moins une fois.
- Et il fallait que ça soit maintenant?
- Justement, je sentais que c'était le bon moment, répondit le vert, le sourire aux lèvres. Tu es à moi, Kacchan.
- J'comprends rien à ce que tu dis, sale nerd.
- Héhé.
Le blond reçut un baiser accompagné d'une petite décharge. Pour se venger de cette tentative de manipulation, il mordit les lèvres de son amant qui émit un gémissement de douleur.
- Tu m'as fait mal, Kacchan!
- C'est pour avoir essayé de m'altérer.
Avant même de recevoir une réponse, Katsuki fondit sur cette bouche douloureuse et la maltraita avec une technique qui était loin de déplaire à Izuku. Il savait que petit à petit, sa raison s'en allait, mais il ne pouvait s'empêcher de continuer à mordre dans ce fruit défendu, encore et encore, imprégnant son corps de ce doux poison qu'était la folie.
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L'histoire est belle et bien terminée! J'ai bien aimé l'écrire et j'espère que les fins alternatives vous ont plu!
Êtes-vous venus directement ici? Ou bien aviez-vous lu les autres fins avant? Dans tous les cas, vous voici sur le chapitre amour!
Bonne lecture à tous! ^^
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Chapitre 5: Amour
- Fais-moi confiance, Deku. Je suis un héros après tout. Je t'aiderai quoi qu'il arrive.
Après cette déclaration, le visage enfoui dans le cou de l'un l'autre, les bruits d'une porte qui sautait ainsi que d'une multitude de pas se firent entendre. Bientôt, le héros enchainé et le vilain toujours sur ses genoux se retrouvèrent encerclés par une équipe de justiciers. Ils jugèrent la situation à une distance raisonnable des deux protagonistes de cette scène presque irréaliste vue l'état dans lequel étaient les deux hommes. Cela laissait peu de doute sur leur activité quelque instant plus tôt. Ils hésitèrent sur leur prochain mouvement. Ground Zero, un héros prometteur, aurait-il retourné sa veste? Mais il était actuellement attaché à une chaise, dans l'incapacité d'effectuer le moindre mouvement. Donc, n'aurait-il pas plutôt été forcé? A moins que cela ne soit un jeu pervers auquel jouaient les deux amants pensant être à l'abri?
Voyant les héros sur leur garde et sentant que son amant ne prévoyait pas d'effectuer le moindre mouvement, Katsuki prit calmement la parole.
- Faites attention. The Fool a un alter d'empathie. Tant que vous ne le touchez pas directement, il ne devrait pas vous rendre fou.
Des murmures s'élevèrent. Un grésillement et un entretien radio s'effectua à l'arrière. La police était sûrement à l'extérieur, bouclant le périmètre et prêt à agir en cas de dérapage.
- L'homme actuellement assis sur moi est celui que l'on recherche. The Fool. Derrière son masque se cache Midoriya Izuku, notre sauveur à nous, héros. Du moins, c'était ce que je croyais jusqu'à ce soir.
Le vert tressaillit en entendant son amant parler de lui. Kacchan n'avait-il pas dit qu'il allait l'aider? N'était-il pas tout simplement entrain de rejeter toute la faute sur lui? Il était vrai qu'il avait causé beaucoup de tors mais… de penser que son amoureux agirait ainsi…
- Je l'ai vu rendre fou Ouragan après l'avoir enlacé et embrassé. D'où l'hypothèse d'un contact pour activer son alter. Moi-même, je ne sais pas si j'ai été affecté par la déchéance. Alors faites attention s'il vous plait.
Le vert restait immobile, logé confortablement contre son amant. Il voulait profiter de leurs derniers instants ensembles. Ils allaient être séparés. Kacchan l'avait abandonné pour s'en sortir.
- Deku…est également mon petit ami. En tant que tel, je suis désolé de ne pas avoir vu à travers son masque et découvrir son autre identité. Désolé… de ne pas avoir pu t'arrêter plus tôt, Deku.
Deku frissonna légèrement, signe qu'il l'avait bien entendu. Il resserra un peu sa prise, cachant sa honte d'avoir douté de la sincérité du blond. Il avait dit qu'il l'aiderait. Il lui avait dit de lui faire confiance. Il redoutait tant l'instant où il devrait quitter cette chaleur rassurante. Qu'avait-il donc fait jusqu'ici?
- C'est toi qui m'as dit qu'il fallait oser dire qu'on avait besoin d'aide, non? Alors laisse-moi t'aider à mon tour. Rend-toi. Je te jure que je te protégerai.
Bien qu'hésitant, Izuku releva la tête, faisant reculer d'un pas tous les héros présents. Il se retira doucement de son pilier et un liquide blanchâtre s'écoula entre ses cuisses, faisant déglutirent et rougir certains héros, hypnotisé par cette vision quelque peu érotique.
- Kacchan…
- Tout va bien Deku. Je suis là.
Les surhommes qui suivaient l'échange ne savaient plus quoi penser. Ils avaient l'impression de regarder un drama où le héros serait du genre à dire des niaiseries comme l'amour triomphe toujours. Eraser Head arriva sur les lieux et activa son alter d'annulation. Il ligota The Fool dans ses bandes avant d'utiliser des menottes spéciales tandis que les autres libérèrent le blond prisonnier également sous l'effet de l'alter d'annulation.
Un tissu autour de la taille plus tard, le vert suivit sagement les membres des forces de l'ordre sans se débattre, ayant perdu toute volonté de résister. Le blond fut également embarqué dans une voiture séparée. Il devait être interrogé afin de connaître son rôle dans cette affaire. Des examens devaient également avoir lieu. Ne manquerait plus que cet utilisateur de bombe se déchaine en ville. Ils devaient être prudents jusqu'à ce que tout cela soit éclairci.
Au poste, les deux hommes furent interrogés à de multiples reprises, confirmant le déroulement des méfaits et les conditions de l'arrestation. Bien des semaines plus tard, il fut décrété que Ground Zero n'avait aucun lien avec horreurs commise par The Fool. Le risque d'une défaillance du héros explosif était également faible. Le fait d'avoir était l'amant d'un criminel n'avait évidemment pas joué en sa faveur. Il n'était pourtant qu'une simple victime. Lui-même s'était fait berné par la gueule d'ange du psy que tout le monde adorait. L'amour rendait aveugle. Qui oserait le critiquer? Comment un simple homme amoureux pourrait-il douter de sa moitié? Même le plus fort de tous les héros avait une faiblesse. Après bien des débats, des examens et des interrogatoires, Bakugou Katsuki avait fini à l'écart de tout soupçon. Heureusement, l'arrestation s'est passé avant que tout ne deviennent incontrôlable. Ce n'était bien sur pas sans séquelle, mais les autorités étaient certains que cela aurait pu être pire.
Quand à Midoriya Izuku, il fut jugé et condamné. Sa peine était cependant allégée. Le juge l'avait déclaré en partie non responsable de ses méfaits dû à un trouble psychologique causé par un alter transmis de force par un super vilain. Dans les faits, All for One avait transmis un alter de force à un pauvre homme qui n'avait su contrôler un tel pouvoir, surtout que de base, il n'en possédait aucun. Pour soulager sa douleur du à l'empathie trop forte pour être humainement supportable, le vert n'avait d'autre choix que de transmettre à son tour tout ce qu'il captait pour tenter de garder un semblant de lucidité. Le vilain malgré lui séjournait à présent dans une prison spécialisée où il suivait un traitement pour tenter de reconstruire sa personnalité détruite par la folie meurtrière de son alter.
N'ayant d'autre choix que de vivre avec ce pouvoir, Izuku devait apprendre à bloquer les flux qui pénétraient en lui. Il vécut un temps dans une aile isolée, avec un personnel strictement sélectionné pour l'aider dans son traitement. Bien des mois plus tard, lorsque son état s'était amélioré et sa tolérance envers la présence de plusieurs personnes dans une même salle fut constatée, le patient fut introduit dans une aile un peu plus peuplée. Ce n'était toujours pas l'aile principale, mais il y avait du progrès. Le contact était néanmoins prudent et la présence de gants était obligatoire lorsque l'ancien vilain interagissait avec d'autre personne.
Ce ne fut que bien plus tard encore que Bakugou Katsuki reçut l'autorisation de rendre visite à Midoriya Izuku. Plus de deux ans s'étaient écoulées depuis la dernière fois qu'ils s'étaient vus. Leur échange serait aujourd'hui étroitement surveillé. Aucun contact physique n'était permis. De plus, un dispositif supplémentaire fut installé pour les empêcher d'utilisation leur alter. Une vitre les séparait l'un de l'autre. Le blond attendit dans sa partie de la salle et les gardiens amenèrent le vert dans l'autre moitié. Le prisonnier fut installé à une chaise et regardait ses mains gantées plutôt que l'être en face de lui.
Un silence gênant naquit. Leur retrouvaille ne se passait pas dans un cadre idéal. De même que de part leur actions respectives, ils se trouvaient à présent dans une telle position, séparés par une plaque vitrée. Finalement, Katsuki rompit ce silence.
- Hé! … Ca va? Demanda calmement le blond.
Il se doutait que ce n'était pas facile à vivre mais il ne voyait pas comment il pouvait commencer une conversation pour leur retrouvaille. Parler de la pluie et du beau temps? Du fait qu'il l'ait dénoncé sans regret? Malgré son cœur lourd, il savait qu'en tant que héros, il avait pris la bonne décision.
- Je vais beaucoup mieux… Et toi?
- J'ai du arrêter de travailler un certain temps mais ya plus de soucis maintenant. J'ai prouvé que je pouvais garder ma licence.
- Tant mieux, lâcha Izuku soulagé. Je m'en serais voulu si tu avais du arrêter ta carrière…à cause d'un raté comme moi.
- Deku…
- Hum. Je ne suis qu'un Deku. Mais j'ai fait des progrès ces derniers temps, tu sais. Je peux supporter jusqu'à la présence de cinq personnes autour de moi et bloquer mon empathie. Ou du moins l'atténuer de façon à ce que ça soit supportable. C'est encore un peu dur de désactiver mon alter mais je fais beaucoup d'effort.
- Deku…
- Mais c'est quand même dur tu sais…sans toi à mes côtés… Tu me manques, Kacchan. Énormément.
- …
- Je t'aime. Je t'aime à la folie, Kacchan!
- Je sais.
Des larmes perlaient dans ses yeux verts. Il n'osait pas regarder celui dont il avait un jour souhaité la vengeance. C'était si puéril. Rien n'était de sa faute. Mais des pensées l'avaient assaillit du jour au lendemain, sans jamais lui laisser de répit. Encore et encore. Inlassablement. Puis une jour, lorsqu'il avait revu cette chevelure blonde, ces yeux rouges, il avait craqué et sombré.
- Je suis désolé… pour tout le mal que j'ai fait… Je suis si désolé... Kacchan, je suis désolé!
- Hé… Deku. Regarde-moi.
Celui-ci secoua la tête, refusant de se montrer encore plus pitoyable que leur dernier échange dans ce hangar désaffecté. Ses mains liées remontèrent jusque sur son visage, espérant se cacher derrière ses menottes.
- Deku. Je veux te voir. Regarde-moi.
Il avait vraiment envie de revoir celui qu'il aimait après tout ce temps mais il avait peur de croiser son regard. Et s'il était venu le rejeter? Nier celui qu'il était devenu? Et si à cause du mal qu'il avait infligé à la société, le blond coupait définitivement les ponts avec lui, reniant toute relation qu'ils aient pu avoir? Ils avaient été amant. Ils avaient vraiment été amoureux l'un de l'autre. Rien n'était faux. Jamais il n'avait osé jouer sur ce terrain là, de peur que la magie s'estompe si elle était fabriquée de toute pièce.
- Je veux que tu me regardes, Deku.
Deku entendit quelque chose se poser contre la vitre de séparation. Hésitant encore un instant, il finit par relever doucement la tête, craintif, et vit quelque chose d'inattendu. D'abord, il y avait deux mains posées à plat sur cette plaque translucide. Ensuite, il y avait la tête de l'homme qu'il aimait. Elle était un peu floue de par ses larmes mais il reconnaissait cette silhouette entre mille. Puis ses yeux. Ils avaient tellement expressif. Il y avait un mélange assez complexe de sentiments et il regrettait presque de ne rien pouvoir ressentir. Kacchan était comme un livre ouvert. Ses sentiments irradiaient de tout son corps, surtout de ces pupilles rouges, chose rare avec le blond. Il sentait une chaleur monter en lui. Douce et familière. Il voyait dans ses yeux flamboyants de la douleur, mais aussi de l'amour, de la solitude, du soulagement. Avec tout cela, le vert craqua de nouveau et ses larmes inondèrent sur ses joues.
- Je me sens seul sans toi, Kacchan!
- Moi aussi.
Se relevant tout à coup, Izuku fit basculer sa chaise par terre. Les agents de sécurité ainsi que ceux du poste de surveillance accentuèrent leur vigilance sur ces deux là, préférant ne pas agir tout de suite. Des yeux étaient visibles à travers la fente de la porte et la caméra ajusta son focus.
Ne prêtant pas attention aux intrus de sa bulle amoureuse, le vert posa ses mains gantées et menottées contre cette barrière invisible, tentant de détecter la chaleur de son amant. Il ne ressentait rien. Cette plaque ainsi que ses gants le gênait pour ressentir la chaleur de l'homme qu'il aimait. Mais ce simple geste avait suffit à le réchauffer. Étrangement. Il pouvait imaginer la chaleur de son amoureux traverser ce barrage et se diffuser en lui. D'abord dans ses doigts, puis sa main. Viendrait ensuite ses bras et pour finir, son cœur. Celui-ci se chargerait ensuite de réanimer chaque cellule de son corps pour le sortir de sa prison de glace.
Katsuki résistait tant bien que mal à l'émotion trop grande qui le submergeait. Il ne pensait pas que revoir son petit ami le mettrait dans un tel état, lui qui d'habitude, faisait le fier. Le voilà avec des perles aux coins des yeux, sur le point de pleurer. Ah… Deku lui avait tant manqué. Bien plus qu'il ne le pensait. C'était pourtant ce qu'il se disait chaque jour, lorsqu'il se levait seul dans son lit. Lorsque qu'il mangeait seul. Lorsqu'il regardait la télévision seul. Lorsqu'il dormait seul. Depuis quand son petit ami avait-il pris une telle place dans son quotidien? Le héros prit le temps de reprendre le contrôle de soi, même si ce n'était pas parfait.
- Lorsque… Lorsque tu sortiras…
Sa gorge se serrait. Qui sait lorsqu'Izuku pourrait sortir de cette prison. Bien qu'allégé, la peine restait néanmoins assez lourde. D'après les spécialistes qu'il avait consulté, le mental de Midoriya Izuku était toujours fragile. Un rien pouvait encore le faire basculer du mauvais côté et recommencer une nouvelle tragédie. Il avait énormément bataillé pour obtenir cette visite. Qui sait quand aura lieu la prochaine.
- On partira tous les deux, sans personne pour nous déranger. Juste toi et moi.
- Kacchan…
- Dans un endroit où on sera tranquille tous les deux et où l'on pourra vieillir côte à côte, veiller l'un sur l'autre… Dans un endroit où tu seras à mes côtés…
- Kacchan… Je… Je…
- Je me réveillerais tous les matins avec toi à mes côtés et je t'enlacerai tous les soirs pour t'endormir. Je t'embrasserais dix milles fois pour rattraper tout ce temps perdu. On mangera ensemble et on ira se promener, main dans la main. On ira à la plage que tu aimes tant et on mangera une glace. On se fera des pique-niques. Je t'apprendrais à cuisiner et à faire le ménage. Même après tout ce temps, t'es toujours aussi nul.
- Kacchan…
La fontaine avait été de nouveau activée dans les yeux du prisonnier qui ne parvenait plus à refermer les valves. Ne voulant pas briser le contact de leurs mains superposées, Deku ne put cacher son horrible visage ravagé par les eaux lacrymales. S'en était presque mignon. Il n'arrivait plus à parler mais hocha la tête de toute ses forces, acquiesçant à chaque activité proposée, faisant sourire le blond de l'autre côté de la vitre. Celui-ci posa son front sur la plaque transparente, rapidement rejoint par son âme-sœur. Sa voix était proche de son oreille. Il pourrait presque sentir le souffle de sa respiration.
- Deku… Je t'aime. Je me sens seul sans toi… Alors guéris vite et rejoint-moi.
- Kacchan… Je t'aime aussi… Kacchan…
Sans avoir besoin d'un quelconque signe, leurs lèvres se posèrent sur cette vitre incassable. Les yeux fermés, ils profitaient de ce lien qui s'était créé entre eux. La sensation glacée ne disparut guère mais leur cœur s'était uni par ce simple geste. Après quelque seconde, ils se décollèrent de la vitre, sans pour autant bouger leur main. Ils se sourirent. Ils ne faisaient plus qu'un.
Aujourd'hui comme hier, tous les séparaient. Mais dans un futur proche, ils se retrouveront enfin et pourront recommencer leur histoire. Une histoire qui les réunirait et où plus rien ne les séparerait.
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Si vous venez de lire deux fins alternatives, il y en a une troisième et dernière fin!
Comme indiquez précédemment, ce chapitre est la vengeance. Si vous êtes ici par erreur parce que vous n'avez pas lu la note d'auteur ou que vous avez appuyé sur le chapitre suivant par erreur, veuillez passer votre chemin.
De vous à moi… C'était la fin que j'avais envisagé de base… Ce n'est qu'après que j'ai créé des fins alternatives.
Bien, maintenant que je vous ai averti, voilà la vengeance.
Bonne lecture à tous! ^^
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Chapitre 4: Vengeance
- Ahah…
Le visage caché dans son épaule, Katsuki crut entendre des sanglots contre lui. Jamais il n'avait autant maudit le fait d'être incapable de toucher son amant.
- Oï, Deku! Ne pleure plus, je-
- … Ahahahah!
Les pleurs se transformèrent en rire. Deku sépara son corps du sien et la semence du blond s'écoula le long de ses fines cuisses légèrement musclés. Il fit un pas ou deux en arrière, ne pouvant s'arrêter de rire, un regard dément le toisant. Le vilain se tordit sous l'exercice intense au niveau de son abdomen.
- Tu verrais ta tête! Kacchan! T'y as cru en plus? Imbécile! C'est trop facile!
- De-Deku?
Le rire causa des douleurs à l'estomac au vert et il dut faire d'immenses efforts pour reprendre le contrôle de son corps. Il caressa le menton du blond en tendant son bras avant de donner un violent coup de poing avec l'autre, sans crier garde. Le choc avait fait basculer la chaise avec le héros enchainé par terre. Le vilain rejoignit la nouvelle position de son héros et le titilla avec son pied. Avec la pointe de son pied, il caressa cette joue meurtrie qu'il a frappé ainsi que cette bouche qu'il a tant de fois embrassé. Il traversa ce torse musclé qu'il a tant étreint et écrasa légèrement cet organe qui l'a pris tant de fois.
- J'ai tellement attendu ce moment! Alors? Ca t'a fait du bien de baiser avec moi? Une dernière fois avec ton Deku.
- Qu'est-ce que…
Izuku donna un coup de pied pour mettre Katsuki sur le dos et posa, de manière assez jouissive, son pied sur le torse de son amant, le regardant de haut avec tout le plaisir qu'il pouvait exprimer.
- Je suis The Fool à présent. Deku est mort le jour où toi et All Might m'aviez brisé. Heureusement que j'ai pu aller voir All for One l'autre jour pour le remercier de ce si précieux alter.
- All for One…
- Je ne sais pas quelles étaient ses intentions mais il m'a offert l'opportunité de me venger.
- T'es complètement barge!
- Je le suis! Je le suis devenu!
The Fool s'installa à califourchon sur son prisonnier qui était déjà dans une position inconfortable et posa un rapide baiser sur les lèvres scellées de celui qui fut son amant.
- Tout ne fait que commencer, Kacchan. Ma vengeance ne fait que commencer.
Le monde redoutait à présent les héros. The Fool sévissait à travers le Japon tandis que Ground Zero était porté disparu depuis qu'il s'était lancé à sa poursuite. Ce fut un coup dur pour la société. Midoriya Izuku, son amant, fut dévasté par la nouvelle. Dans le but de retrouver l'élu de son cœur, il redoublait d'effort dans le rétablissement des différents héros touchés par la déchéance afin d'obtenir le moindre indice sur The Fool. Il sacrifiait bien trop souvent son temps de sommeil et il fallait le surveiller pour qu'il se nourrisse régulièrement. Avec l'aide d'autres spécialistes criminologues, ils cherchaient à établir des profils et des schémas de folies du à l'alter terrifiant du super vilain.
Depuis l'instant où l'attention fut tournée vers Midoriya Izuku, The Fool avait changé de stratégies et répandit sa terreur parmi les civils. Son bouc-émissaire lui avait servit le temps d'installer sa routine, le temps de préparer son aire de jeu. Il aimait jouer avec ces inspecteurs qui le traquaient sans succès. Il aimait s'amuser. Il aimait le fait qu'on puisse l'aimer autant qu'on le haïssait. Il aimait le fait d'être l'homme le plus indispensable et le plus recherché du pays. Cette dualité le faisait vibrer. Combien de fois avait-il inversé le processus de déchéance? Combien de fois avait-il fait subir l'ascenseur émotionnel à ces héros? Combien de fois avait-il plongé le plus héroïque des justiciers dans le plus profond désespoir? Combien de super vilain avait-il rallié à sa cause? Il jubilait en son fort intérieur. Combien de fois avait-il joué les cupidons entre un super héros et un super vilain? Il aimait les tragédies à la Roméo et Juliette. Combien de fois avait-il brisé des couples? Il ne s'en lassait pas. Combien de temps lui restait-il avant que tout ce jeu ne prenne fin?
Il n'était pas dupe. Un jour, les héros le trouveront. Un jour, ses méfaits sortiront des abysses pour être exposé au grand jour. C'était dans l'ordre des choses. A-t-on déjà vu un super vilain triompher sur le bien? Combien de génie du mal peuvent se vanter d'être insaisissable jusqu'à la fin de leur vie? Il espérait que le jour où il perdrait tout, sa notoriété serait aussi grande que All for One. Quel honneur ce serait. Il rendrait ainsi hommage à l'homme qui l'avait transformé. En attendant ce jour, il allait profiter pleinement de ses jours de liberté. Et puis, quelle expression devrait-il faire, le jour où ces imbéciles se rendront compte que le héros des héros et le super vilain qui ébranle la société fondée sur les héros n'étaient en fait qu'une seule et même personne? Il avait hâte. Tellement hâte. Mais un travail bien fait demandait beaucoup de minutie et une patience à toute épreuve. Il pariait sa vie sur ce jeu. Il saurait rendre ce jour mémorable.
Dans un repaire souterrain, Midoriya Izuku pénétra dans une pièce où était actuellement retenu prisonnier le fameux Ground Zero disparu. Il était attaché contre un mur. Les chaînes aux poignets et aux chevilles ne le laissaient que peu de liberté de mouvement. Au mieux, il pouvait faire deux ou trois pas. Elles n'étaient cependant pas assez longues pour lui permettre de s'étrangler lui-même ou de prendre un éventuel otage.
- Enfoiré… Relâche-moi…
- J'ai ramené un nouvel invité, Kacchan. On fait comme d'habitude, d'accord? Montre-moi ton plus beau désespoir.
Des hommes jetèrent un sac aussi grand qu'un homme par terre et refermèrent la salle, la verrouillant, comme à leur habitude.
- Je dois dire que c'est bien pratique d'avoir l'alliance des vilains comme partenaire de travail. Entre condisciple, on devrait bien s'entendre, non? J'avais toujours travaillé en solo jusqu'ici et c'est de loin ce que je préfère comme méthode de travail.
Le bourreau s'approcha du sac. Il tourna autour, comme s'il l'inspectait puis s'accroupit devant l'ouverture.
- Mais j'ai une dette envers mon bienfaiteur. Je vais donc continuer à prêter mes méfaits à Shigaraki quelque temps. Ah, mais ne lui dit pas que je prévois de l'abandonner un jour prochain, d'accord? Kacchan.
Izuku posa son index contre ses lèvres, comme s'il demandait à son ami d'enfance de garder un secret et lui sourit. Il défit doucement le sac et dévoila une tête aux cheveux rouges piquants. En voyant son ami, Katsuki tira pour la énième fois sur ses chaines, se blessant un peu plus à chaque fois. Ses poignets et ses chevilles étaient recouverts de sang séchés.
- Kirishima! Deku! Arrête!
- J'ai cru entendre que c'était ton meilleur ami. Dire que tu m'avais si facilement remplacé. Quoi qu'on était de simple ami d'enfance. Ce n'est pas du tout le même statut, hein? Je me demande si je dois être jaloux ou pas. Après tout, je suis devenu ton petit ami donc, je suis le numéro un dans ton cœur, n'est-ce pas? J'ai la priorité sur ton meilleur ami, n'est-ce pas? Kacchan.
The Fool débarrassa le héros rouge de son sac et le plaça en position assise. Il s'installa dans son dos, passant ses bras autour du cou de l'inconscient. Il tata ce visage lisse, ce torse musclé, ce cou qu'il rêvait de tordre.
- Arrête! Deku! Je…Je t'en supplie… Arrête…
Deku lâcha un petit soupir satisfait. Il ferma les yeux un instant pour profiter des supplications désespérées de son prisonnier et les bruits de chaînes qui s'entrechoquaient contre le mur, signe qu'il essayait de s'échapper, en vain. En se concentrant bien, il put même entendre une goutte ou deux s'écraser sur le sol. Serait-ce du sang ou des larmes? Un mélange des deux sans doute. Il rouvrit les yeux pour apprécier de la mine accablée de son compagnon. Son esprit se brisait un peu plus chaque jour. Il pouvait presque entendre les fissures craquer encore et encore.
- Venge-toi sur moi et rend-moi fou si tu veux! Mais arrête d'impliquer les autres! Ils ne t'ont rien fait!
- Les autres? Oh, tu parles d'Uravity du mois dernier? Elle était splendide sur le terrain de construction. J'ai adoré quand elle a fait tomber toutes les poutres métalliques sur la grue. Ou bien du dernier fils d'Endevor d'il y a deux mois? J'ai été généreux et je lui ai permis de se défouler sur sa famille. De ce que j'ai compris, le jeune Todoroki Shouto détestait son père, non? Il m'a bien aidé à me débarrasser du nouveau numéro un des héros. Dommage qu'il ne soit pas mort… Mais être infirme pour le reste de sa vie doit être assez humiliant pour cette brute. Voir tout ce qu'il a construit depuis ses débuts réduits en cendre.
Katsuki se souvenait de chacun d'entre eux. Izuku prenait un malin plaisir à laisser les chaines d'information tourner pour lui montrer le désastre que provoquait son alter. Certaines images ont même été censuré tellement elles avaient été horrible. Il se souvenait encore de ce mec au nombril bruyant et trop brillant faire fondre des humains.
- Ah, je sais, l'homme électrique d'avant encore… C'était la première fois que je voyais quelqu'un bouillir de l'intérieur jusqu'à ce que sa cervelle sorte par tous ses orifices.
Combien de fois le héros prisonnier avait-il était impuissant en voyant ses anciens camarades de classe perdre leur lucidité pour plonger dans les abysses de la folie à cause de cet homme? Lui-même se sentait glisser lentement dans les ténèbres, incapable de faire quoi que ce soit, attaché à ce mur, à part supplier pour ses amis. Cela ne lui ressemblait pas. Il aurait du être plus fort. Mais il se savait plus quoi faire, ni ce qu'il pouvait faire.
Il avait tenté l'indifférence. Il avait tenté la haine. Il avait tenté la violence. Il avait tenté l'amour. Il avait tenté d'en finir avec lui-même. Il aurait du être le numéro un des héros. A la place, il était la cause numéro un du désastre des héros corrompus du pays. Tout cela arrivait à cause de lui. Il avait tué All Might. Il avait tué cette femme. Il allait tuer tous ses anciens camarades de classe. Deku les avait tous envoyé à la mort à cause de lui. Aucun n'avait pu être maitrisé. Aucun ne survivait assez longtemps pour suivre la thérapie. Et quelle putain de thérapie. Le sauveur et le bourreau n'était en réalité qu'une seule et même personne.
- Arrête… Fais de moi ce que tu veux mais laisse les autres tranquilles… S'il te plait… Deku…
Le vert pencha la tête, feignant un visage innocent qui se voulait mignon. Cette expression n'avait rien à voir avec la cruauté qui se reflétait dans ses yeux verts.
- Mais Kacchan, te rendre fou serait bien trop facile. Comment pourrais-je voir ton visage ravagé si tu ne sais même plus distinguer ta droite de ta gauche? Où serait ma vengeance dans ce cas-là? Mon plaisir? As-tu déjà cherché à me sauver alors que j'avais justement besoin de ton soutien?
- Deku! Je suis désolé pour avant! J'étais qu'un putain d'gamin sans cervelle et-
- Ah, j'en ai assez d'entendre ça, lâcha Izuku, ennuyé. Ca ne m'amuse plus. Dire qu'au début, tu te débattais plus férocement… Tu essayais différentes stratégies pour me faire plier… T'aurais-je déjà cassé? Je préférais quand tu essayais de m'étrangler avec tes menottes quand on le faisait.
Izuku bougea un peu le corps qu'il soutenait pour se réinstaller de manière plus confortable. Il frotta son visage contre celui de Kirishima tout en réfléchissant au moment où tout avait basculé. Oui, à partir de quand Bakugou Katsuki avait abandonné? Rien n'était éternel, n'est-ce pas? Pourtant, il faisait en sorte de maintenir la barrière entre la lucidité et la folie.
- Tu as si facilement jeté ta si grande et si belle fierté pour eux … Je suis si jaloux… Extrêmement jaloux. Tu les aimes tant que ça, ceux de Yuei? Si j'avais eu un alter plus tôt et si j'étais entré à Yuei… aurais-tu fait la même chose pour moi? Ou m'aurais-tu quand même abandonné?
- Deku… Arrête, je t'en supplie… Deku…
Un petit bruit attira leur attention. L'otage se réveillait. La première chose qu'il vit fut son meilleur ami Bakugou Katsuki, le visage fatigué, les yeux ternes, des sillons de larmes sur le visage, enchaîné à un mur. Jamais il ne l'avait vu aussi mal au point.
- Bakugou!
Le rouge tenta un mouvement vers le prisonnier quand il se sentit retenu. Il baissa son regard et vit une paire de bras autour de son cou. Il voulut se dégager mais il se sentait étrangement faible. Il ne se souvenait pas de grand-chose. Il était entrain de faire sa ronde, cherchant The Fool qui s'en était pris à ses anciens camarades de classe. Il était tombé sur une embuscade de l'alliance. Ils étaient en surnombre. Malgré toutes les précautions qu'il avait prise avec son ainé, Amajiki Tamaki, ils avaient été séparés. Combattant chacun de leur côté en attendant les renforts, malgré sa peau durcit, The Fool apparut, le combattit et l'envoya voler grâce à une superbe technique de combat au corps à corps. Il avait eu l'impression d'avoir déjà vu ce mouvement, mais où? Durant la seconde de désactivation de son alter, il reçut une balle-piqûre. Alors qu'il retirait la seringue, le fou lui balança un coup de pied dans la mâchoire et ce fut le trou noir.
La première chose qu'il voyait à son réveil était son meilleur ami disparu. La première chose qu'il ressentait vraiment depuis son réveil n'était pas ces puissants bras mais cette sensation glaciale qui émanait de son dos. Ce n'était pas le même froid que la glace de son camarade Todoroki. C'était quelque chose qui pénétrait profondément dans sa chair et qui l'effrayait. Avant de pouvoir faire quoi que ce soit, il entendit un murmure.
- Bienvenu en enfer, Red Riot, et…
Une main se leva et cacha sa vue tandis que l'autre raffermit sa prise sur son cou. Le rouge sentit un souffle contre son oreille et une voix lugubre résonna.
- Bon cauchemar.
Un cri de douleur retentit dans la pièce souterraine. Le héros de pierre se débattit, essayant de se libérer de ces vagues d'émotion négative qui affluait en lui. Il avait l'impression de ressentir tout le désespoir, toute la peur et la malveillance de ce monde couler dans ses veines. Il n'avait jamais autant haï sans raison. Il n'avait jamais eu aussi peur sans raison. Il n'avait jamais été aussi triste sans raison. Il n'avait jamais été aussi en colère sans raison. Il n'avait jamais été aussi jaloux sans raison. Il n'avait jamais été aussi désespéré sans raison. Il n'avait jamais eu autant envie de tout détruire sans raison. Il subissait ces vagues, encore et encore. Il voulait résister encore et encore. Il savait qu'il ne devait pas se faire. Il connaissait le schéma d'action de The Fool grâce au gentil petit ami de Bakugou, Midoriya Izuku. Des barrières. Il devait imaginer ériger des barrières et…
La pression exercée sur lui se desserra. Il entrevit une ouverture.
- De fais pas ça! Deku! Ne bouge pas, Kirishima!
Kirishima leva le bras pour se dégager quand il sentit des lèvres sur les siennes. L'emprise était encore plus forte que précédemment. Toujours plus. Plus de colère. Plus de désespoir. Plus de haine. Encore et toujours plus. Il ouvrit difficilement ses yeux qui s'étaient refermé sans qu'il ne le sache. Le choc le paralysa. Ces yeux verts… Il les avait déjà vus quelque part. Il sentit un sourire se dessiner sur cette bouche collée aux siennes. Deku… C'était le surnom que Bakugou donnait à son amoureux… Mais alors…
Quelque chose se brisa en Eijirou. Son bras levé retomba mollement sur le sol humide et glacé. Pourquoi luttait-il déjà? Pourquoi devait-il subir tout ça? Pourquoi lui? Alors que Bakugou Katsuki était sain et sauf, dans sa petite cage dorée, en sécurité. Lui, il avait du combattre et neutraliser ses amis, ses mentors, ses nouvelles recrus, l'amour de sa vie… Il avait du lutter entre ses sentiments et son devoir. Ses mains qui devaient sauver des vies avaient ôté des vies. La sensation humide sur ses lèvres disparut. Le mal s'insinuait lentement mais surement. Tout s'entremêlait dans son esprit. Il craqua, comme ses prédécesseurs.
A ses cris se mélangeait une autre plus déchirée, plus anéantie, qu'il reconnut vaguement comme celle de son meilleur ami. A quoi bon lutter dans ce monde de merde? A quoi bon sauver ce mec qu'il avait considéré comme son ami? Cette amitié avait-elle au moins été réciproque un jour? Pourquoi le considérait comme tel d'ailleurs? Pourquoi sauver celui qui n'avait pas bougé pour le sauver. Tous les efforts qu'il avait fait été vain. Tout ce qu'il avait fait n'était qu'un gaspillage de temps et d'énergie. Il voulait être tranquille. Il voulait en finir avec tout ça. Il voulait décharger toute cette merde hors de son corps. Peu importe qui la subissait, il voulait s'en débarrasser. Au plus vite. Cette sensation désagréable à en vomir devait être expulsée. Par tous les moyens.
- Désolé… Désolé… Kirishima… Toi aussi…
- Red Riot… Et si tu te déchaînais toi aussi contre cette société injuste qui t'a tout pris? Toi, le héros qui a du tuer ses petits camarades à cause de Kacchan?
Izuku appuya sur bouton rouge au mur. Des gardes vinrent dans la seconde récupérer le héros rouge qui n'était désormais plus que l'ombre de lui-même. Une fois le corps sécurité pour la prochaine étape, ils laissèrent le maitre vilain avec son prisonnier, comme à leur habitude. De part leurs expériences, ils savaient qu'ils n'avaient que peu de temps avant que le héros déchu n'émerge de son état second et ne perde le contrôle de ses faits et gestes pour tout saccager. Heureusement que Black Mist n'était jamais très loin pour éjecter les héros déchus en ville.
The Fool prit une télécommande et alluma la télévision, attendant le futur flash info. Il avança vers Ground Zero qui ne bougeait plus, toujours sous le choc de ce qui venait de se passer. Il passa ses bras autour de son cou et l'embrassa. Le blond ne bougeait plus, ne répondait plus, ne se débattait plus. Serait-ce la goutte d'eau qui faisait déborder le vase? Le vert rompit le contact et serra contre lui le héros qui perdait de plus en plus sa volonté.
- Tu es à moi Kacchan… Et tu resteras avec moi jusqu'à la fin. Devrais-je tenter de te «guérir» pour qu'on puisse s'amuser encore un peu?
Il caressa le dos du blond, comme pour le réconforter et enfouit sa tête sur ce torse qui l'avait tant de fois accueilli. Un jouet cassé pouvait être réparé, n'est-ce pas?
- Sombrons ensemble dans la folie, d'accord? Kacchan…
Alors? Satisfait? Maintenant que vous avez vu le pire, le meilleur reste à venir!
Attention, gros tournant ici. Ce chapitre est l'idée de base qui a fait naitre cette fic. Il m'a fallu deux chapitres pour tout mettre en place! Y a pas mal d'explication, j'espère ne pas trop vous ennuyer avec.
Bonne lecture à tous! ^^
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Chapitre 3
Tout allait bien, aussi bien au niveau professionnel que sentimental pour Bakugou Katsuki et Midoriya Izuku, jusqu'au jour où un événement fit trembler la société. Cela se passa quelques mois après l'incident du monstre géant. Les autorités avaient recensé plusieurs cas de perte de contrôle des pouvoirs jusqu'à son épuisement. Au mieux, la victime plongeait dans le coma. Au pire, celle-ci mourrait. Ce fléau se multipliait à une vitesse folle. Bien trop pour les pauvres héros en service. Bientôt, les deux prodiges de leur discipline de prédilection furent réquisitionnés à tout instant, de jour comme de nuit, pour s'occuper de ces cas étranges et particuliers.
En effet, ce phénomène touchait, non pas des personnes lambdas ou des délinquants, mais bel et bien des héros ayant derrière eux plusieurs années d'expériences et de pratiques. Les chances de ne plus pouvoir maitriser son alter étaient quasi nulles. Si seulement cela ne concernait que leur pouvoir. Mais il semblerait que ces malheureux perdaient en réalité la raison et attaquaient aussi bien les vilains que les héros ou pire, les civils innocents. Sans distinction. De grands noms tels que, pour n'en citer que quelques uns, Air-Jet, Tora ou encore Gang Orca avaient été touché par cette calamité dévastatrice. Cet homme orque avait été particulièrement inhumain, sanglant et terrifiant, lors d'un spectacle pour enfant dans un des aquariums qui avaient quémandé sa présence pour une animation pédagogique. Un véritable massacre dans toute sa splendeur. Tel un animal, Gang Orca avait déchiqueté ses victimes avec ses dents acérées, usant de la force brute pour démembrer ses proies avant de les donner en pâture aux poissons carnivores en quêtes de chair fraiche.
Pour le monde, ce n'était pas de simples petits incidents. C'était des catastrophes. Ce n'était plus des bagarres de quartiers où chaque héros protégeait son propre territoire. Cela concernait désormais la sécurité nationale. Ces professionnels détenteurs d'un permis octroyés par le gouvernement, jouissant d'une certaine notoriété auprès de son peuple, les avaient tous trahit. De la pire des manières qui soit. La police était débordée et les justiciers habilités à agir étaient à cran. Les amis d'aujourd'hui pouvaient devenir les ennemis de demain. C'était très dur. Au point même que la position privilégiée de héros fut remise en cause.
Contrairement à ce que certains pouvaient croire en voyant les héros se démener et courir à droite à gauche à longueur de journée, le plus sollicité dans cette affaire fut en réalité Midoriya Izuku. Il avait un rôle particulier dans cette affaire. En tant que professionnel et volontaire, il apportait son soutien de par ses connaissances et son expérience. S'il était autant sollicité, c'était parce qu'il était célèbre pour une chose. Il avait réussi l'exploit de transformer un vilain impitoyable en enfant de cœur. Ce miracle était resté dans les annales.
Ce mal personnifié métamorphosé avait pleuré à chaudes larmes ses victimes, regrettés tous ses actes de barbaries et acceptés sans bronché toutes les infamies lancés à son encontre ainsi que tous les actes de vengeances des familles des victimes. Il avait pleinement coopéré avec la police sur des enquêtes encore non élucidées auxquelles l'homme réincarné aurait participé, et effectué divers travaux d'intérêt général afin d'expier ses crimes envers la société. Il avait même demandé à ce que sa peine soit perpétuelle, reconnaissant ses péchés que seule une vie de souffrance pouvait acquitter. La thèse qui relatait cet exploit avait été publié, réédité, sur cet unique exemple afin que d'autres professionnels de cette profession s'en inspirent et rapportent à leur tour leurs savoirs.
Mais ce n'était pas tout. Le psychologue avait également été invité par les forces de l'ordre afin d'éclaircir sa situation dans leurs quartiers généraux. Avoir accompli un exploit ne l'immunisait pas contre une enquête judiciaire. Devait-il être considéré comme un suspect ou bien comme une victime?
En effet, au cours de son enquête, la police avait établi un lien entre Midoriya Izuku et les héros devenus fous. Un point commun qu'ils avaient tous et non-négligeable. Ils avaient tous été ses patients. Sans exception. Mais l'inverse n'était pas vrai. Tous ses patients ne perdaient pas la raison. Coïncidence? Peut-être. Mais la piste n'était pas écartée. Loin de là. C'était justement ce qu'il fallait creuser. Évidement, il n'était pas aisé de soupçonner quelqu'un qui sauvait ces grands héros de la déchéance. De nombreux grands noms avaient plaidé l'innocence de leur sauveur. Mais il était bien sur impossible que la police fasse l'impasse sur un tel indice. Le métier de héros était bien difficile, aussi bien pour le professionnel sur le terrain que celui dans les coulisses.
Lorsque Midoriya s'était rendu compte de ce point commun entre les héros déments, il avait hésité à le dire. Pourquoi cela? Par peur d'être accusé? Non. A cause du secret professionnel qui était la base de la confiance entre son patient et lui. Il avait conscience que c'était un élément important de l'enquête. Mais révéler cette information aurait-il aussi amené à révéler la cause de leur consultation? Pouvait-il garder le silence après avoir laissé entrevoir une piste sur cette folie meurtrière? Non. L'étude des dossiers des corrompus aurait aussi amené à rechercher de potentiel victime parmi celle encore saine. Il avait été de son devoir de soulever ce point auprès des enquêteurs. Mais si ce n'était qu'un malheureux hasard et qu'il avait trahit la confiance de ses patients, ne perdrait-il pas tout le crédit qu'il avait gagné jusqu'à ce jour? Au final, il avait trop attendu, trop réfléchit et s'était fait accusé. Ce ne fut que sous la contrainte d'un mandat qu'il donna accès aux fichiers concernés par l'enquête.
Malheureusement, le seul lien que les membres de la cellule d'enquête suivaient était bancal. Les héros récemment devenus fous avaient été considéré par le passé comme apte à reprendre du service et n'était plus retourné dans la salle de consultation depuis une longue période. Aucun des héros déchus n'avaient rendu visite au psychologue durant au moins six mois, ni même croisé leur sauveur dans un café du coin. De plus, cette perte de raison se faisait sans aucun signe avant coureur. Les héros devenaient corrompus d'une seconde à l'autre. Ils pouvaient rire et plaisanter avec leurs collègues puis basculer dans la violence à l'état pur. Ils pouvaient combattre un vilain puis se déchainer dans son propre camp.
Au début de toute cette histoire, Midoriya ne pouvait faire un pas sans être suivi. Il avait finit par repérer les policiers habillés en civil et les voitures stationnées devant son appartement ou son bureau. Ayant un mauvais pressentiment quand au motif d'une telle surveillance, il tenta d'éviter son petit ami pour ne pas salir la réputation de Ground Zero. Mais c'était grandement sous-estimer le tempérament du blond. Le jour où le lien fut établi entre le vert et les victimes, le psy fut mis en garde-à-vue et le héros avait tenté d'exploser les barreaux de sa cellule lorsqu'il avait découvert où était retenu son amant. Sans oublier qu'il s'était fait salement sermonné sur le fait qu'il avait gardé ses inquiétudes pour lui-même. Sa garde-à-vue se transforma en assignation à résidence…chez le blond qui refusait toute autre alternative. Ce n'était absolument pas une décision logique et impartiale mais puisqu'elle permettait aussi de freiner les ardeurs destructrices d'un certain héros, le procureur fit une exception. En se mettant en danger, la bombe humaine voulait prouver l'innocence de son amant par les faits.
Quelque temps plus tard, l'enquête avait progressé. Près des lieux d'une énième déchéance, un homme du nom de Daigo avait tenté de semé un policier qui l'avait interpellé au hasard pour recueillir un témoignage sur un récent incident. Ayant éveillé les soupçons des inspecteurs, un nouveau lien vers Midoriya Izuku fut établi. Mais ils durent se rendre à l'évidence que le psy n'était non pas le cerveau comme il le croyait mais belle et bien la victime dans cette affaire. Pourquoi cela?
Premièrement, durant sa surveillance, Izuku n'avait pas bougé de l'appartement de son petit ami. Il n'avait eu aucun contact avec le monde extérieur. Les portes, les fenêtres, les téléphones sur écoute… rien. A part des mots d'amour assez mièvres envers le héros qui vérifiait toutes les deux heures que son amant ne manquait de rien et allait bien.
Deuxièmement, la serrure du bureau du psychologue avait été forcée et des traces de fouille avaient été retrouvées. La salle de consultation avait été mise sans dessus-dessous et les dossiers confidentiels de ses patients avaient été éparpillés. Une véritable tornade. L'ordinateur était resté allumé. Le mot de passe avait été forcé. Il était plausible d'envisager un vol de données. Si le coupable avait accès à de telles informations, il était évident que celui-ci cherchait un bouc-émissaire pour y coller ses méfaits.
Troisièmement, le dénommé Daigo n'avait apparemment jamais pu digérer le fait qu'il se soit fait rejeté par le vert, allant jusqu'à violer son ex-partenaire d'un soir dans un ultime acte de désespoir. Cet événement avait été confirmé par le couple. L'idée de vengeance avait alors envahit l'homme amoureux qui ne rêvait que d'un moyen de se débarrasser de celui qui l'avait humilié. Il avait suivit sa victime plusieurs semaines auparavant. Dans son appartement, ses murs étaient tapissés de photos de Midoriya Izuku. Izuku mangeant une pomme. Izuku faisant la queue dans sa pâtisserie préférée. Izuku en plein dilemme sur son prochain dessert. Izuku mordillant son stylo dans son bureau. Izuku faisant des courses au supermarché. Izuku lisant un livre. Izuku attendant son train. Izuku courant pour rendre un porte-monnaie. Izuku allant à l'hôpital. Izuku ayant un visage érotique entre deux rideaux mal fermés, surement en pleine acte sexuel avec son partenaire.
La police arrêta le nouveau suspect. Les déchéances s'étaient arrêtées un temps, faisant naitre l'espoir d'avoir mis fin à cet enfer. Malheureusement, les héros recommencèrent à se déchainer, tel le calme avant la tempête. Pire! Ce n'était plus seulement les patients de Midoriya qui étaient touchés mais aussi ceux de ses confrères.
Dans tout ce merdier, une nouvelle connexion apparut sous leurs yeux, faisant naitre une nouvelle hypothèse. L'alliance des supers vilains. Ils auraient donné un coup de main à ce pauvre amoureux rejeté. Mais ce pervers que les forces de l'ordre avaient mis aux arrêts n'était en réalité qu'un pantin aux creux des mains de cette organisation maléfique. Il n'avait servit qu'à détourner l'attention des véritables responsables de l'affaire des déchéances. Ce nom résumait d'ailleurs bien les choses. Non seulement les héros passaient du statut d'idole à une simple bête sauvage animé par ses instincts mais les enquêteurs en plein milieu de ce casse-tête sentaient leur santé mentale se dégrader à force de suivre fausses pistes sur fausses pistes. Il fallait se rendre à l'évidence, Midoriya Izuku n'était pas l'instigateur mais la victime de tout ce remue-ménage.
Cependant, loin d'écarter définitivement tous les soupçons envers le petit ami de Ground Zero, et pour mieux prouver sa bonne foi, le vert se porta volontaire pour apportait sa contribution sur cette affaire, entouré d'autres spécialistes de la psychologie humaine et criminelle. Au point où ils en étaient, les défenseurs du bien acceptaient toutes les mains tendues. Ainsi, ils firent d'une pierre deux coups. C'était le meilleur moyen de surveiller un de leur suspect, aussi bien par les exécuteurs de la loi que par les intellectuels plus à même de sentir un stratagème visant à endormir leur vigilance. Mais l'inconvénient d'avoir autant de penseurs furent le nombre d'avis divergeant, des débats à longueur de journée sans parvenir à une conclusion claire et précise. Il n'y avait pas de consensus. Bien entendu, les forces de l'ordre n'étaient pas naïfs au point de croire qu'une simple séance chez le psy pouvait régler tous les cas de folies héroïques. Il y avait eu un miracle chez les vilains. Il n'y en aura pas deux.
Bien que l'enquête fût au point mort, un élément du puzzle fut finalement trouvé. La piste de la drogue, qui avait été longtemps suivie, fut déclarée veine. La piste de l'alter, longtemps négligée, avait été difficile à confirmer de manière sure et certaine. Il y avait tant de paramètres inconnus à prendre en compte. Mais à présent, il ne faisait aucun doute qu'un pouvoir avait été utilisé pour faire basculer les héros dans la démence. Après maintes enquêtes, recherches et sacrifices, les défenseurs du bien étaient enfin sur la ligne de départ.
La connexion entre les divers événements avait été difficile. En effet, trop occupé à penser aux héros, la police avait négligé une partie importante des victimes du nouveau super vilain. Les vilains eux-mêmes. La brigade des stups avait apporté de nouveaux éléments. Cette nouvelle drogue qui circulait et qui ne laissait aucune trace chez les vilains était en réalité un alter. C'était pour cela qu'il n'y avait ni trace de seringue, ni trace de consommation de stupéfiants. Cette nouvelle hypothèse avait ouvert une porte jusqu'alors fermée. Les vilains voyaient leur pouvoir boosté. Les héros voyaient leur raison s'envoler. Dans les deux cas, la perte de contrôle avait été confirmée.
Malheureusement, cet effet ne pouvait être annulé immédiatement. Le héros Eraser Head avait tenté sa chance. L'alter du héros infecté était effectivement effacé mais pas les effets de la folie. Le résultat n'était donc pas celui escompté. Le super vilain anonyme qui répandait la folie, surnommé The Fool par les protecteurs de la justice, avait apparemment un pouvoir étrange qui altérait l'esprit sain de sa victime et la plongeait dans un état second. Étant donné leur passif, serait-ce plutôt un effet régressif? Mais ce terme n'était pas non plus correct car la folie plongeait les héros dans un état pire qu'antérieurement. Les vilains voyaient leur vision du monde plus déformé que jamais. Malgré tous ces efforts, le procédé était encore inconnu. Était-ce à effet immédiat? A long terme? Par illusion? Par contact? À distance? Tant de questions actuellement sans réponse. Pour en découvrir la cause, différents spécialistes de plusieurs domaines de recherches se sont regroupés pour réfléchir sur la question.
Malgré un certain pessimisme et une pointe de désespoir ancrés dans les esprits, tout espoir n'était pas encore perdu. Il y avait différents degrés de trouble psychologique. Pour les moins atteints d'entre eux, ces quelques héros étaient en voie de réhabilitation. Il y avait des folies passagères comme il y en avait des irrécupérables. Nul ne savait ce qui permettait de «s'immuniser» contre ce mal qui les rongeait dans l'ombre. Les vilains avaient ainsi réussi à porter un grand coup à la société de héros. D'autant plus que tous les héros susceptible de tomber dans la déchéance avait été placé sous étroite surveillance. Une telle détresse n'avait plus été ressenti depuis la mort d'All Might qui avait eu lieu peu de temps après la capture d'All for One.
Heureusement, le rythme avait bien baissé par rapport à la frénésie du commencement de ce nouveau stratagème diabolique des supers vilains. Il n'y avait plus qu'un ou deux héros déchus par mois maximum, c'est-à-dire qu'il pouvait y avoir des mois paisibles. C'était rare, mais mieux que rien.
C'était ainsi qu'après une grosse journée à gérer les attaques de vilains, les séances de réhabilitation et les médias friands de scandales, Bakugou Katsuki et Midoriya Izuku rentrèrent enfin chez le blond, épuisés. Comme l'appartement du héros était plus proche du centre névralgique de toute cette névrose, ils se retrouvaient assez souvent à rentrer ensemble plutôt que chacun chez soi. C'était d'ailleurs plus rassurant et fortement conseiller. Il valait mieux être toujours accompagné ou en groupe, tel des écoliers qui rentraient chez eux ensemble après les cours. De plus, Deku avait été un temps la cible des vilains en tant que bouc-émissaire, il n'était clairement pas prudents de le laisser seul. Kacchan avait donc laissé échapper un jour qu'il protégerait son amant envers et contre tout. Une cohabitation temporaire s'était imposée le plus naturellement du monde.
- Le chaos qui règne en ce moment me rappelle celle qui a suivit la mort d'All Might… Murmura Izuku.
- Hm…
- Je me demande si All for One y est pour quelque chose.
- Au fond de sa prison? Y a pas une putain d'mouche qui peut entrer dans sa cellule.
- Tu sais, pour un génie du mal comme lui, il a peut-être trouvé une faille à exploiter. Tu ne sais pas. C'était peut-être un alter qu'il possédait et qu'il a refilé à quelqu'un.
- T'as l'air bien au courant de ce qui se passe là-bas.
Bakugou regarda son petit ami préparer du thé, sans relever sa remarque. Il fixa la télévision allumée sur le journal du soir sans prêter plus attention que cela.
- Mais c'est impossible. Ce mec est surveillé vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept. Il ne peut même pas se curer le nez sans que des flingues ne le pointent direct. Sans parler du tout dernier système de détection des alters qui est infaillible. Si jamais il utilise l'un des siens, il finira six pieds sous terre avec des trous d'balles dans le corps.
Izuku versa l'eau chaude dans les tasses assorties qu'il avait acheté il y a peu lors d'un petit détour et retourna dans le salon où son amoureux était avachi sur le canapé. Il le rejoint et tendit une des deux tasses. Katsuki s'en saisit et but une gorgée avant de la déposer sur la table basse. Il se décala légèrement pour laisser son squatteur s'installer à son tour contre lui.
- Je ne te l'avais pas dit? Tu sais qu'il y a quelques années, j'ai écrit une thèse sur la psychologie des vilains et leur réhabilitation?
- Et t'as transformé un vilain en bisounours.
- Ahah… Les médias ont exagéré la chose, comme d'habitude. Il n'y a eu qu'un seul cas connu à ce jour et puis, je n'étais pas seul. J'étais avec mon professeur. Et c'était un travail de longue haleine et non du jour au lendemain, comme j'ai pu lire dans certain article…
Le vert semblait vouloir rajouter quelque chose quand son smartphone sonna. Il étira au maximum son bras sans se lever afin d'atteindre l'objet de bruyant. Après quelques efforts, il décrocha enfin. Il se redressa et se décolla de la chaleur de son amant sans se lever pour autant du canapé. Katsuki en profita pour baisser le son de sa télévision qui repassait inlassablement les mêmes informations en boucle. Son attention s'en détourna rapidement lorsque la conversation sembla se terminer.
- C'était qui?
- L'inspecteur Tsukauchi.
- Pourquoi il t'appelle? Demanda Kacchan soupçonneux. Encore une déchéance? C'est moi qu'il aurait du appeler alors, dit-il en regardant son portable.
- Non, c'est pas ça… Enfin, ce n'est pas sans rapport non plus… Il m'a appelé pour… commença Deku hésitant. Je lui ai fais une demande et il m'a confirmé une visite… en prison…
- En prison? Tu connais quelqu'un en prison? Demanda surpris le blond.
- Oui et non… Enfin…
Sentant que la patience de Kacchan n'allait pas tenir bien longtemps avec toutes ces hésitations, Midoriya décida de tout avouer. De toute façon, son petit ami l'aurait su d'une manière ou d'une autre alors autant que ce soit lui qui lui en parle. Il expira tout l'air de ses poumons avant de reprendre son souffle doucement.
- Je vais rencontrer All for One demain.
- Ah ok… Qu-Quoi?
Le héros se redressa brusquement sous la surprise. Et il y avait de quoi. Son Deku allait rencontrer le pire super vilain qui puisse exister. Il vit son petit ami lâcher un soupir discret, preuve qu'il s'attendait à une telle réaction de sa part. Il se mit alors à marmonner de manière plus ou moins rebutante tout en se tenant le menton, organisant ses idées, comme il en avait si souvent l'habitude dans leur jeunesse. Quoi qu'il surprenait quelque fois son amoureux le faire devant le journal du soir. Le blond n'en revenait toujours pas. Son amant avait entamé une procédure assez laborieuse pour rendre visite au plus grand criminel de l'histoire dans son dos! Soudain, le vert eu comme une révélation.
- Ah, mais ne t'inquiète pas. La rencontre sera encadrée et contrôlée. Je vais simplement vérifier qu'il ne soit pas derrière ces folies meurtrières.
- Ne pas m'inquiéter? Tu déconnes ou quoi, Deku? Même avec toute la sécurité du monde, ça ne serait pas assez pour arrêter ce putain d'enfoiré!
- C'est le contraire de ce que t'a affirmé tout à l'heure.
- J't'ai pas sonné! T'iras pas! Point! Envoie quelqu'un d'autre! C'est pas comme si t'était le seul psy du pays à pouvoir lui parler!
Le psy soupira pour de bon, ce qui agaça encore plus le héros colérique.
- Écoute, Kacchan. Tout comme vous les héros, nous les spécialistes-chercheurs, on ne sait plus en donner de la tête avec tout ça. Soit les héros corrompus restent bloquer dans leur démence et nous devons trouver un moyen d'annuler l'alter pour espérer une réhabilitation. Soit ils redeviennent lucides mais plongent dans une autre folie lorsqu'ils se rendent compte de ce qu'ils ont fait durant leurs aliénations. C'est un cercle vicieux. Nous sommes dans une impasse qui exige de recourir à tous les moyens à notre disposition.
- Mais de là à voir ce type?
- Je l'ai déjà rencontré tu sais? Et je vais très bien, comme tu peux le voir. Ça se passera bien aussi demain.
- Comment ça tu l'as déjà rencontré? Quand? Pourquoi?
Katsuki avait attrapé les joues de Izuku d'une main pour le forcer à le regarder. Les lèvres du vert étaient à présent collé à la verticale, semblable aux bouches aux formes du chiffre trois comme dans les mangas et animes qu'il avait vu durant ses heures perdues. Bien sur, il avait conscience qu'ils avaient passé près de la moitié de leur vie loin l'un de l'autre, mais il y avait des choses importantes à se dire, non? Par exemple, une rencontre avec le pire être humain sur cette Terre?
Midoriya massa ses joues douloureuses lorsqu'il réussit enfin à s'extirper de cette poigne de fer et prépara son récit, sachant qu'aucune échappatoire n'était possible. Kacchan savait comment faire pour obtenir ce qu'il voulait de lui. Il savait que sous ses traits colériques se cachait un regard soucieux et inquiet. Il fallait aussi dire que jusqu'à présent, il avait habilement évité le sujet. Non pas qu'il ne voulait pas en parler, mais dire à celui qui penser être la cause de la mort d'All Might que son actuel petit ami avait déjà rencontré celui qui avait accéléré cette mort n'aurait pas été d'une très grande délicatesse de sa part. Et puis, techniquement, sans question, nulle réponse, n'est-ce pas?
Pour sa thèse, Midoriya Izuku avait choisit un thème qui requérait une discussion avec plusieurs prisonniers. Avec de préférence des crimes murement réfléchit à leur actif et non une action sous une simple impulsion du moment. Son professeur de l'époque, ayant quelques contacts haut placés, lui permis de rendre visite à quelques meurtriers sur un cours laps de temps. En tant que bon élève, il avait préparé sa visite bien en avance, ses questions, la façon de les amener naturellement, comment maximiser son temps et éviter un éventuel blocage qui gâcherait ses efforts.
Lorsqu'il pénétra pour la première fois au Tartare, il était passé par tellement de fouilles et autres contrôles qu'il crut que l'heure de sa visite était passée. Il avait même eu honte d'avoir emporté un porte-mine plutôt qu'un crayon à papier. Il finit par entrer dans une petite salle séparée en son milieu par une grande vitre en verre blindée, donnant une belle vue sur l'autre moitié encore vide. Il s'installa à sa table et prépara de quoi prendre quelques notes, étant donné que tout enregistrement était prohibé. A peine eut-il terminé que le grand All for One lui fut amené. Le vert retint un tremblement malgré la vision qui s'offrait à lui. Était-il effrayé ou excité par la présence du criminel? Dans tous les cas, son cœur battait la chamade et ses mains devinrent moites. Il devait se calmer. Il devait récolter un maximum de donnée afin de présenter sa thèse. Mais il ne pouvait s'empêcher d'être intimider par une telle présence malgré la position peu flatteuse de celui-ci.
En effet, les mouvements du vilain étaient complètement restreints par une camisole blanche, ceinturée par des lanières en cuirs noir. Des tuyaux entraient et sortaient de son corps, le maintenant encore en vie malgré son grand âge. Cette image qui aurait du être rassurante pour le visiteur ne fit que renforcer l'impression de dangerosité de l'enchainé. L'air semblait même se raréfiait lorsque le plus grand vilain que ce monde ait connu, celui qui avait réussit à mettre fin au long règne d'All Might le symbole de la paix, avait pénétré dans la salle suréquipée et ultra sécurisée.
Le doctorant déglutit puis respira doucement. Il ne devait pas montrer ses faiblesses. Il était devenu plus fort à sa façon. Grâce à cette interview, il allait faire un pas de plus vers son nouveau rêve. Il reprit un semblant de calme et entama alors la conversation avec des salutations des plus banales. Il s'enquit de l'état de santé du vilain, de son ressenti dans cette cage infernale ultra moderne. Étonnement, le prisonnier était assez bavard et répondait à ses questions parfois de manière honnête, parfois en les esquivant, parfois de manière implicite, d'autre fois encore par énigme. Il aurait juré qu'il se faisait tester. Non, il en était sur. All for One était très fort. Alors que le vert était censé être celui qui jouait le rôle de l'interrogateur, il avait plutôt la sensation d'être celui qui se faisait sonder.
Alors que l'étudiant remettait de l'ordre dans ses pensées afin de ne plus jouer le jeu de son interlocuteur maléfique et mener la danse, l'entretien se trouva interrompu par une alarme stridente. Le sol s'ouvrit, avalant son prisonnier dans la seconde, faisant trembler les murs sous les mouvements mécaniques du système de sécurité. Izuku perdit son équilibre sous la surprise. Toute sa concentration s'éparpilla tandis que des gardiens l'évacuaient de la salle sans ménagement jusque dans une pièce équipée pour un examen approfondi.
- Et t'oses dire que ce bâtard t'a rien fait? Hurla Kacchan.
- Le système de sécurité s'est bien déclenché mais rien n'a été décelé. All for One n'en a pas eu le temps je suppose. Je ne sais pas ce qu'il cherchait à faire mais il a échoué.
- Tu-!
- J'ai passé une semaine en observation entouré de scientifiques et chercheurs. Mise à part ce petit incident, si ça n'avait pas été un génie du mal, j'aurai apprécié la conversation qu'on a eue. Bien que je sentais qu'il se jouait de moi.
- Tch! Il te manque vraiment un grain, putain d'nerd.
- En tout cas, grâce à lui, j'ai écrit une bonne thèse et je suis aujourd'hui entrain de travailler avec toi pour sauver les héros corrompus.
- T'auras beau dire ce que tu veux, je t'interdis d'y aller! Ordonna Katsuki en se levant et en pointant du doigt son amoureux.
- Comment ça tu m'interdis d'y aller, Kacchan? Releva Deku, debout à son tour. Même si tu es mon petit ami, je ne te permets pas de t'immiscer dans la vie professionnelle!
- Il a déjà tenté de te faire quelque chose et toi, t'y retourne comme une fleur? C'est un super vilain! Tartare ou pas, il reste trop dangereux pour un simple psy!
La bombe humaine attrapa le simple psy par le col qui n'hésita pas à l'imiter, bien décidé à ne pas se laisser faire. Malgré leur différence de stature, les deux amants se défiaient du regard. La colère se lisait sur leur visage.
- Un simple psy? C'est vraiment ce que tu penses après tout ce que j'ai fait pour toi? C'est vrai que toi, le super grand héros, t'a réussi à résoudre ton problème sans moi, hein! Et tu crois que t'es capable de faire cracher à All for One ce qu'il sait? Désolé de te décevoir mais la violence ne résout rien!
- J'avais pas besoin de toi pour m'en sortir! Et je serais toujours mieux placé que toi pour combattre ce taré! C'est pas avec tes pauvres techniques d'amateur que t'arrivera à te défendre lorsqu'il réussira à se libérer pour faire de toi un de ses pions jetables!
- Ne me fait pas rire Kacchan! Sans moi, tu aurais abandonné ta licence! Tu dis que t'es un héros, mais moi aussi j'en suis un! Et je n'hésiterais pas à mettre ma vie en jeu pour vous sauvez!
- T'as rien d'un héros, Deku! C'est pas avec tes conseils à deux balles que t'arriveras à sauver quelqu'un! Encore moins un héros!
- Mes conseils à deux balles? T'étais bien content lorsque je m'occupais de toi! Et toi, hein? Toujours à penser que t'es responsable de la mort d'All Might? Réveille-toi! Avec ou sans toi, il était condamné! Le monde ne tourne pas autour de ta petite personne!
- La ferme Deku! Je-
Avant d'avoir pu terminer sa phrase, Katsuki se reçut un violent coup de poing dans l'estomac, lui coupant ainsi le souffle. Izuku, debout devant son petit ami replié en deux, ramassa rapidement son sac et sa veste avant de se retourner vers le héros.
- Hors de question de rester une minute de plus ici. Je rentre chez moi. Et sache que même pour toi, je n'arrêterais jamais mon travail. Je ferais tout pour coincer The Fool. Cette fois, je ne laisserai personne se mettre en travers de mon rêve.
Midoriya sortit en claquant la porte, laissant le blond seul dans son appartement devenu soudainement vide et froid. Il tapa du poing sur le parquet et s'allongea par terre, le temps de récupérer du coup reçu. Putain… Il savait où frapper pour faire mal… N'était-ce pas à cet endroit qu'il s'était pris un coup lors d'une bagarre il y avait de cela trois jours? Son petit ami visait un peu trop bien. Il ne pensait pas que son amant aurait autant de force dans les bras malgré sa petite carrure. Ce n'était pas censé rester le cul vissé sur une chaise à longueur de journée un psy? Quoiqu'il avait déjà dit qu'il savait maitriser les héros récalcitrants… puis, il se souvint de comment il avait été récupéré dans ses locaux. Il claqua la langue d'agacement. Il était peut-être allé un peu trop loin dans ses propos… Mais ça, il ne l'admettrait jamais de vive voix. Et puis quoi, Deku pensait que rentrer chez lui allait le pousser à le poursuivre? Ils n'étaient pas dans un putain de manga pour filles. Deku reviendra tout seul ici quand il se sera calmé. Enfin, il l'espérait.
Le lendemain matin, le Izuku se réveilla difficilement sur son canapé rouge, dans sa salle de consultation, repensant aux mots qu'il avait osé prononcer sous la colère. Il regarda son téléphone. Aucun message. Il s'en doutait un peu. Connaissant la fierté de son amoureux, celui-ci n'allait pas le contacter de suite. D'ailleurs, il n'était même pas sur que le héros fasse le premier pas. Il soupira. La priorité, c'était l'entretien qu'il avait avec le plus grand vilain de l'histoire.
Un peu plus tard, le psy arriva devant la prison du Tartare. Il passa la sécurité ainsi que les fouilles corporelles assez minutieuses puis patienta. Tout se passa exactement comme la première fois, il y avait quelques années de cela. Mais cette fois, il avait pris soin de prendre des crayons à papier. Par contre, son taille crayon avait été confisquée.
Les gardiens le firent attendre dans une grande salle vitrée toute blanche, attendant que le prisonnier lui soit amené dans l'autre moitié de la pièce. Il n'eut pas à attendre longtemps.
- Midoriya Izuku! Quelle bonne surprise de te revoir!
- J'aurai voulu partager ce même plaisir, All for One. Je dois vous avouer que je suis plutôt surpris que vous vous souveniez encore de mon nom.
- Tu me blesses là. Depuis que je suis ici, tu es le seul à m'avoir rendu visite.
- Ahah… Si la procédure pour venir vous voir n'était pas aussi longue et difficile, je serai venu bien plus tôt pour vous remercier. Grâce à vous j'ai rédigé une bonne thèse. Merci beaucoup.
- Tu m'en vois ravie.
La lentille de la caméra au dessus de la tête du visiteur réajusta son focus sur All for One et un petit grésillement se fit entendre, faisant relever la tête du psy vers le plafond.
- Allez à l'essentiel, monsieur Midoriya.
Le son du micro se coupa et le vert reporta son attention vers le détenu, un petit air désolé sur la face.
- Vous avez entendu? Je suis désolé mais je vais devoir vous poser des questions sans détour.
- Quel dommage! Tes manœuvres si maladroites étaient absolument adorables.
- J'aurai voulu vous montrer mes progrès mais je doute qu'on me laisse le temps de dévoiler mes techniques.
- Une prochaine fois, j'espère.
Izuku acquiesça puis se concentra sur l'objet de sa visite.
- Connaissez-vous tous les alters que vous avez volés jusqu'à présent?
- Je me fais vieux tu sais. Parfois je le sais, parfois non. Je me rappelle de certains, j'en oublie d'autre. Ce n'est pas facile de devenir sénile, tu sais?
- Ahahah, vous m'avez plutôt l'air d'avoir toute votre tête. Se moqua gentiment Midoriya. Dans ce cas, saviez-vous si vous avez ou aviez eu dans votre stock un alter qui permette soit de contrôler les esprits, soit de le briser soit d'un effet qui s'en rapproche?
- Voilà une question bien difficile. Mais dis-moi, y aurait-il un problème à l'extérieur? Pour qu'on me questionne de manière aussi directe. Vois-tu, je n'ai même pas accès à la télévision ni même à la radio.
- Ne lui répondez pas, Midoriya Izuku, ordonna la voix venue d'ailleurs.
Le psy soupira discrètement, sachant que c'était exactement ce genre de phrase qui révélait tout. Il jeta un coup d'œil à l'homme aux mouvements restreints, imaginant un sourire derrière son masque, avant de faire semblant de n'avoir rien remarqué.
- Je ne peux vous répondre, désolé, s'excusa le visiteur.
- Cela m'attriste. Mais pour te remercier de tenir compagnie à un vieillard comme moi, je vais te répondre.
Un petit silence suivit cette déclaration un peu trop facilement obtenue. Les hommes derrières les écrans se tendirent, attendant la réponse.
- Je n'ai rien de tel en ma possession actuellement, malheureusement.
- Très fâcheux en effet…
- Tu t'imagines bien que si je pouvais contrôler les esprits, je serais sorti d'ici pour faire ma promenade du matin tout en poursuivant mon dessein de faire régner le mal sur terre.
- Ce n'est pas faux. Mais je vous ai également demandé un alter qui s'en rapprocherait.
- Qui s'en rapprocherait… Encore une question bien pertinente. Un alter dépend toujours de son utilisateur. Bien que je puisse me qualifier de sage, je ne suis plus qu'un vieillard dont les idées sont dépassées. Je ne puis rien faire contre l'ingéniosité et l'inventivité de la jeunesse d'aujourd'hui. Regarde mon successeur, Shigaraki. J'en suis si fier.
- Un vrai désastre.
- N'est-ce pas?
Le vert jeta un œil discret à la caméra qui ajustait de nouveau son focus et retourna son attention vers le joyeux prisonnier.
- Et pour en revenir aux alters?
- Ah, oui, c'est vrai. Je peux rarement m'en vanter, vois-tu? Je risque de digresser de temps en temps.
- Comme tout parent fier de leur enfant, je suppose?
- Tout à fait. Pour en revenir à nos moutons, un alter que j'aurai jugé inutile pourrait très bien se révéler être une arme puissante dans d'autres mains. Parfois, il n'est utile que s'il est combiné à un autre pouvoir. tout est une question d'affinité. Mais comme je te le disais, je n'ai actuellement pas d'alter permettant de faire main mise sur la conscience de quelqu'un. Quand aux combinaisons, il faudrait déjà que je me rappelle de ce que j'ai encore en ma possession. Tu t'imagines bien que j'en ai distribué pas mal. Mais impossible de me souvenir de qui a quoi.
Derrière les caméras, les observateurs se rongèrent les ongles. Ils fixèrent les deux protagonistes à l'écran se regarder dans le blanc des yeux, sans rien ajouter.
- On ne tirera rien de lui.
Celui qui semblait être le chef des lieux grogna et attrapa le micro, mettant fin de manière bien arbitraire à l'entretien qu'il jugeait plus que stérile. Mes écrans montrèrent le vilain emporté au loin dans le sous-sol tandis que le psy se débattait contre les gardiens pour quitter la salle sans leur aide.
Lorsque Izuku sortie du Tartare, la fin d'après-midi approchait. Il balaya la rue du regard. Elle était déserte. A quoi s'attendait-il? Un beau blond légèrement renfrogné qui l'aurait enlevé tout le traitant de sale nerd? Un petit sourire triste apparut sur le visage du vert. Bien sur que Kacchan n'allait pas revenir aussi vite après leur dispute. En prenant la route vers son bureau, le psy se rassura en disant que dans quelques jours, leur dispute ne serait plus que de l'histoire ancienne et que naturellement, ils se retrouveraient dans l'appartement du héros à roucouler ensemble.
Une fois arrivée à son bureau, Midoriya commença à rédiger son rapport à remettre à la cellule d'enquête. Il retranscrit la rencontre la plus fidèlement possible. Alors qu'il tapait assidument les touches de son clavier, ses mains se stoppèrent. Il lâcha un long soupir, las. Il sortit son smartphone et d'une pression de doigt, alluma l'écran. Rien. Un nouveau soupir retentit dans la pièce vide. Il reprit son travail. Plus vite il en aurait terminé, plus vite il pourrait retourner à ses occupations. Il ne se fit cependant pas d'illusion sur le nombre d'heure supplémentaire qui allait bientôt alourdir son emploi du temps.
- Kacchan…
Izuku secoua la tête et se reconcentra pour terminer la rédaction de son rapport, prêt à l'envoyer par mail avant de s'installer sur son beau canapé rouge. Il retira le nœud de sa cravate et ouvrit le bouton de son col de chemise. Il retira ses chaussures et s'installa confortablement. Vu l'heure avancé, plus aucun train ne circulait. Dans le silence, il se mit à méditer. Durant combien de temps encore ferait-il ce genre de chose? Il ne le savait pas. Mais il espérait secrètement que cela durerait le plus longtemps possible. Ainsi, il pourrait rester avec Kacchan le plus longtemps possible.
Quelques jours plus tard, loin de se douter des tourments de son psy, Ground Zero effectuait son tour de garde en ville. La tension était telle qu'un roulement fut mis en place avec les autres sociétés de héros et la police, de sorte que tout le secteur soit quadrillé. La nuit, ils se réunissaient pour ratisser la ville en équipe afin de trouver The Fool. Ils espéraient ainsi diminuer les chances de se faire corrompre. Sauf que ce soir-là, un problème survint au cours de cette mission. Katsuki ne retrouvait plus son coéquipier du soir.
Une seconde. Il lui avait fallut qu'une seconde d'inattention pour qu'ils soient séparés. Il scruta tout autour de lui, sur ses gardes. Rien. Les rues étaient calmes. Aucun mouvement n'était détecté. Il claqua la langue.
Pour ne pas changer, Kacchan jura de son vocabulaire coloré. Conformément aux règles de sécurité convenues, il contacta les autres équipes éparpillées sur le secteur pour signaler la disparition de son partenaire. Il devait à présent rejoindre le groupe le plus proche afin de se réunir et non partir à la recherche de son binôme. Ils devaient limiter les dégâts si jamais il y avait une déchéance en cours.
Il fit route pour rejoindre une équipe dans le quartier voisin quand, en passant devant une ruelle, il reconnut le costume d'Ouragan, le héros maîtrisant le vent. Soulagé, il l'interpella. Si ça se trouve, il voulait juste vider sa vessie, même si voir un héros le faire dans une ruelle sombre n'était pas très reluisant.
- Tch! Ouragan, t'étais où bordel? Préviens-moi avant de-
Un nuage se déplaça dans le ciel, laissant ainsi à la lune l'occasion de baigner les rues sombres de sa lueur blanche. Le héros explosif vit alors des bras autour du cou de son collègue et une tête chapeautée. Seule la moitié inférieure de son visage était visible. L'autre moitié était cachée par un masque vénitien. Tout de suite, il se mit en garde. Ce sourire malsain ne présageait rien de bon.
- T'es qui, putain d'enfoiré? Lâche Ouragan!
L'inconnu sourit puis murmura quelque chose aux oreilles de sa victime avant de l'embrasser une seconde. Ouragan se retourna, les larmes aux yeux, un regard empli de rage et de douleur. Les bras autour du cou disparurent dans la pénombre, laissant place à un héros ébranlé.
- Arg! Crève… Crève! Sale fils de pute…. Je te le ferai payer cher…
Le héros à présent aliéné envoya une bourrasque en direction de Ground Zero qui ne put qu'éviter l'attaque au risque de finir comme le lampadaire coupé en deux derrière lui. Au même moment, l'homme au fedora s'engagea dans la ruelle derrière lui, loin des deux héros coéquipiers devenus adversaire.
- Reviens, espèce d'enfoiré!
Heureusement pour Katsuki, l'équipe la plus proche du secteur le rejoint dans la seconde qui suivit la fuite et ils entreprirent de contenir les pulsions destructrices de la tornade humaine. Une véritable tempête fit rage avec, en son cœur, le héros dément qui tranchait tout ce qu'il y avait dans le périmètre. Il n'était pas dans le haut du classement pour rien.
- Je vous laisse vous occuper d'Ouragan! Moi, je vais rattraper ce putain de fou!
- Attends Ground Zero! N'y vas pas seul!
Ne les écoutant plus, la bombe humaine fonça tête baissée à la poursuite de l'assaillant. Il courut quelques mètres avant de perdre sa trace. Il erra quelques secondes avant de capter un mouvement dans l'ombre et se remis à sa traque. Le fugueur semblait bien connaître le labyrinthe de petites rues qu'il empruntait. De plus, n'ayant que peu d'espace, le héros ne pouvait utiliser son alter sans craindre de causer des dégâts aux bâtiments. Il finit malheureusement par perdre complètement la trace du suspect. Il jura et sortie du dédale pour se repérer. Il savait qu'il allait se faire remonter les bretelles pour être parti tout seul mais il ne pouvait décemment pas laisser passer une occasion pareille, même si au final, il l'avait perdu de vue.
En sortant du labyrinthe, Katsuki reconnut le quartier de son amant. Il était actuellement en service et ne pouvait pas aller réveiller le vert au beau milieu de la nuit pour mettre fin à leur dispute ridicule. Il secoua la tête, chassant cette idée grotesque. Il allait retourner vers la tornade à maitriser qui se déchaînait quelques instants plus tôt mais une boule se forma dans son ventre. Il avait quand même suivit le vilain jusqu'au quartier résidentiel. Soit il avait voulu le semer dans les environs pour retourner sur le champ de bataille soit prendre un autre chemin de fuite, soit il pensait l'avoir vraiment semé et avait baissé sa garde en sortant dans ce quartier. A cette pensée, il lui fut difficile de faire un pas de plus vers ses camarades. Il serra ses poings. Juste pour être sur que rien ne se passerait dans les environs, il allait faire un tour des environs. Rien à voir avec le potentiel danger qui planait près de celui qu'il aimait.
Ground Zero parcourut les rues du quartier résidentiel, à l'affût du moindre suspect. Il continua ainsi jusque devant l'immeuble de Midoriya et hésita à aller monter voir si tout allait bien. Le quartier était tranquille et rien ne semblait troublé la douce nuit qui avait commencé quelque heure plus tôt. Il hésita quelques secondes avant de renoncer. Ce n'était vraiment pas le moment. Il lâcha un soupir de frustration et s'éloigna de quelques pas. Il rechercha tout de même la fenêtre de l'appartement de Deku. Pas de lumière. Bien. Soit il dormait, soit il trainait au bureau. Le vert avait tendance à oublier de prendre soin de lui pour cumuler les nuits blanches si son magnifique petit ami ne le rappelait pas à l'ordre de temps en temps. Peut-être qu'à l'occasion, il pouvait trouver une excuse pour passer près du bureau de son amoureux. Il allait faire demi-tour quand il capta un mouvement dans les rideaux. Avait-il bien vu? La lune décida de s'illuminer à ce moment là, comme par hasard. Il fallait dire que vue la violence des vents, les nuages bougeaient à une vitesse incroyable. Mais ce n'était pas le plus important. La silhouette qu'avait entraperçue Kacchan lui glaça le sang. Venait-il de voir un fédora? Izuku n'avait aucune raison de porter un chapeau chez lui. D'ailleurs, il n'en portait jamais. Au mieux, il y avait ce bonnet de lapin qu'ils avaient acheté ensemble au parc d'attraction le mois dernier. Mais ce qu'il avait vu n'avait clairement pas des oreilles de lapins.
Son corps réagit avant sa tête et il fonça dans l'immeuble. Il monta rapidement les trois étages et arriva devant une porte qui portait une plaque sur le côté: Midoriya Izuku. Il posa la main sur la poignée et la tourna, espérant que celle-ci reste verrouillée. Mais elle s'ouvrit. La peur s'insinua en lui. Il fit un rapide tri dans les informations qu'il avait sur le vilain et se demandait pourquoi il viserait un simple psy. Serait-ce vraiment une vengeance envers le vert, comme ce sale stalker? Un simple bouc-émissaire?
Respirant profondément, le héros se décida à pénétrer dans l'appartement de son amant, lieu dans lequel il n'avait encore jamais mis les pieds. Habituellement, c'était toujours Deku qui venait chez lui. Il avait bien essayé d'échanger de temps en temps mais le fait que son propre appartement était plus proche de leur lieu de travail avait toujours était un excellent argument pour ne pas changer leur habitude. Et bien sur, le fait qu'il était certain que le vert n'avait pas une cuisine très équipée, vu le désastre qu'il avait causé dans la cuisine du blond, l'avait convaincu de ne pas faire un trajet inutile pour au final terminer la soirée chez lui.
Le blond pénétra dans l'appartement plongé dans la pénombre. Il y avait une paire de chaussure bien rangée par terre. Il s'abaissa et la toucha. Froide. Deku devait être chez lui depuis un petit moment. Il se redressa et poursuivit son inspection. Il marcha sur la pointe des pieds, ne voulant pas alerter le supposé intrus. Au pire, il aura juste à engueuler Izuku d'avoir été imprudent en laissant la porte ouverte.
Pourquoi chez Deku? The Fool aurait très bien pu choisir un autre habitat, plus proche du sol ou du ciel pour faciliter sa fuite en cas de besoin. Un simple psy… un psy pour héros… Il guérissait les héros… Mais avant cela, il avait travaillé sur des vilains. Serait-ce donc vraiment une vengeance? Il avait entendu dire que des vilains qui avaient suivit sa thérapie avait pu sortir de prison sur liberté conditionnelle. Ils se réintégraient dans la société, regrettant et réparant les tors qu'ils avaient causés. Serait-ce la raison? Mais son petit ami avait affirmé que c'était exagéré… Seulement, pour qu'il y ait une telle rumeur, il devait aussi y avoir un fond de vérité. Peut-être devait-il s'énerver sur le fait d'avoir un petit ami trop efficace dans son travail.
Durant ses réflexions, il avait parcouru le salon. Vu l'état des plantes vertes, le propriétaire des lieux oubliaient souvent son devoir envers ses pauvres pots. La cuisine était bien trop propre, comme si elle n'avait jamais été utilisée. Elle était digne d'apparaitre dans un catalogue. La salle de bain n'avait récemment pas été nettoyée, ou alors, elle ne l'avait pas été correctement faite. Il allait devoir apprendre à son amant comment enlever les moisissures des recoins. Quand au bureau, il était rempli de poster d'All Might. Cela lui rappela des souvenirs, de leur enfance et de leur admiration sans borne pour le numéro un des supers héros. Mais il ne devait pas s'égarer et rester concentrer. Il ne restait plus que la chambre à vérifier. Une goutte de sueur froide glissa le long de sa tempe. Il s'approcha doucement et posa la main sur la poignée. Il l'abaissa et poussa la porte, toujours sur ses gardes. Il entra dans les lieux et se figea devant le spectacle devant lui.
Des photos. Des tonnes de photos de lui. Des grandes et des petites, des vieilles comme des récentes. Des privées et des publics. Elles étaient accrochées sur tous les murs ainsi que sur le plafond. Certaines étaient abîmé, d'autre tailladé ou encore raturé. Il y en avait des froissés, d'autres déchirés.
- Que-
Soudain, il sentie une décharge dans son dos et sentit sa conscience le quitter. Quel imprudent il avait été.
- De…ku…
A peine eut-il prononcé ce nom que sa vision devint noir. Il tomba lourdement au sol. Derrière lui, le jeune homme aux cheveux vert et au fédora tenait toujours le taser qui avait servie à mettre hors d'état de nuire le héros explosif.
- Bonne nuit… Kacchan…
Plus tard, Bakugou Katsuki émergea de son sommeil forcé. Il se sentait lourd et avait une sensation désagréable dans le dos, à l'endroit où le taser l'avait touché. Il essaya de bouger mais impossible. Il ouvrit difficilement les yeux. Il vit ses genoux. Il tenta de nouveau de faire un mouvement mais il était comme retenu. Sa vue s'adapta enfin et il vit des chaînes sur son torse. En secouant ses bras, il sentait plus clairement les maillons de chaîne autour de ses poignets. Il lui serait difficile de les faires exploser mais peut-être pas impossible. Avec l'esprit un peu plus clair, il vit que les chaines n'étaient pas ordinaires.
- Tch! Que-
Il releva la tête et vit dans quel environnement il était retenu prisonnier. Il était dans un genre d'hangar. Un peu de lumière filtrait à travers les fenêtres situées en hauteur. En face de lui était assis Midoriya Izuku, le dos de la chaise devant son torse lui servant de reposer bras. Ses mains gantées pendaient dans le vide, la tête reposant sur ses bras croisés. Ses jambes encadraient chaque côté de la chaise.
- Bonjour, Kacchan! A moins que je ne devrais dire bonsoir?
Sa voix enjouée n'allait pas du tout avec son allure. Ni son costume d'ailleurs.
- De…ku… C'est quoi ce… bordel? Prononça Katsuki encore sonné.
Deku se leva de sa chaise et fit quelque pas en direction de son prisonnier. Il se retrouva plus qu'à quelque centimètre du héros et tendit la main droite pour lui caresser la joue.
- Il se trouve que tu as trouvé mon secret alors je vais faire en sorte que tu garde le silence, Kacchan.
- Ton…secret?
Le vert acquiesça.
- Je pense que tu l'as deviné lorsque tu es entrée chez moi. Ahlala, si j'avais su, j'aurai rangé un peu. Je suis si embarrassé!
- J'ai suivi… The Fool… jusque chez toi et… ta chambre…
Soudain, tout les éléments recueillis jusqu'à ce jour se connecta dans sa tête. Tout ce qu'il prenait pour des coïncidences, les posters, les vilains boostés, les héros qui se détraquaient au même moment, leur retrouvaille. Sa rage explosa et il tira fortement sur les chaînes, tentant de les briser par la force brute.
- Deku! Tu t'es foutu de moi!
Le vert ne bougea pas, regardant de haut son prisonnier essayer de s'échapper pour lui faire la peau. Il observait son Kacchan soumis de force à lui. Il avait beau se débattre, il ne briserait pas ces chaînes conçues avec un alliage spécial. Un sourire jubilatoire se dessina sur ses lèvres.
- C'est toi, Deku?… Tu es The Fool? Pourquoi, Deku?
- Ahah! Tu as vu juste. Je suis The Fool, comme vous aimez m'appeler! Mais j'aime bien ce nom alors je le garde avec plaisir.
- Deku!
- Je t'aime Kacchan! Je t'adore!
Malgré la rage qui le brulait de l'intérieur, il ne pouvait s'empêcher de ressentir de l'amour pour lui. Pour les mois qu'ils avaient passé ensemble, pour la passion qu'ils avaient partagée. Tout cela n'avait-il été qu'une illusion? Il baissa la tête. Pourquoi ressentait-il cela maintenant malgré sa colère?
- Alors? Tu viens de ressentir de l'amour, n'est-ce pas? Malgré ta colère.
Relevant brusquement la tête, le héros regarda le vilain incrédule. Comment avait-il deviné?
- Ah… Je sens une légère désorientation de ta part. Mais c'est normal.
- Mais comment…
Izuku ria légèrement puis se montra du doigt.
- Tu vois, j'ai un alter.
- Impossible!
Il le savait. Il savait que Deku n'avait aucun intérêt à lui mentir à cet instant, mais c'était impossible. Il avait vu la déchéance qu'avait vécu son ami d'enfance lorsqu'il avait apprit qu'il n'aurait jamais d'alter. Il l'avait vu souffrir et subir ses coups sans jamais avoir pu répliquer. Il l'avait vu s'entraîner en cachette. Il avait vu tous les efforts qu'il avait fait pour compiler des données sur les héros, dans l'espoir d'en devenir un lui aussi. Il ne pouvait pas récupérer un alter comme ça, du jour au lendemain. A moins que… Ses yeux s'écarquillèrent face à la vérité qu'il touchait du doigt.
Deku se pencha vers l'oreille de son amant et susurra.
- Je pense que tu l'as deviné mais je te le dit quand même. J'ai reçu mon alter… directement d'All for One.
Il en profita pour déposer un baiser sur la joue de son Kacchan qui digérait l'information reçue.
- C'est impossible… Il est…
- Je sais. Je ne voulais pas y croire au début, mais le fait est qu'il a réussi à me donner un alter.
Lorsqu'il avait rencontré All for One il y avait quelques années, il avait reçu un alter sans le savoir. Il n'avait rien senti lors de l'insertion de l'alter en lui. Malgré les divers examens auxquels il avait été soumis, rien n'avait été décelé. Mais la première fois qu'il s'était rendu compte que quelque chose était différent en lui, ce fut lors de ses visites à d'autres prisonniers pour sa thèse. Certains d'entre eux ressentaient un certain plaisir pervers à lui raconter leur atrocité dans les moindres détails. Si au début, il avait ressenti un malaise vis-à-vis de tant de précision dans leur description, le vert avait ensuite commencé à ressentir des pulsions. Celles-ci étaient tellement fortes qu'il avait presque l'impression de vouloir passer à l'acte. Ses entrailles se tordaient au point de le faire vomir de dégout. Se contrôlant, se raisonnant au maximum, il résistait à cette envie d'égorger cette femme au parfum trop abondant ou d'éviscérer ce chien du voisin qui aboyait à toute heure de la journée et de la nuit. Et c'était sans parler de son admiration pour All Might qui prenait des tournants pervers de destruction. Chose impossible puisque ce grand héros avait trépassé lors de l'enfermement d'All for One. Mais plus il ressassait, plus il se disait qu'il aurait du agir avant d'être confronté au vide. Une vengeance alors que la cible n'existait plus n'était pas des plus apaisantes.
Il avait lutté, encore et encore. Toutes ces émotions qui allaient à l'encontre de son sens de la justice, de son rêve. Lorsque ces pulsions devinrent trop forte, il s'enfermait chez lui, cloîtré dans sa chambre, mais ses murs tapissés de poster du numéro un des héros ne l'aidait absolument pas à retrouver la raison. Il luttait littéralement contre lui-même, entre son rêve de devenir un héros et son désir de saccager cette société bâtit sur ces mêmes supers héros.
Lorsqu'il sortait, la foule le rendait malade. Il se sentait agresser de toutes parts. Par des sentiments malheureux. Par des sentiments heureux. Par des sentiments d'injustice. Par des sentiments héroïques. Par des sentiments égoïstes… Toute une palette de couleurs le pénétrait de part et d'autre, telle des milliers d'aiguilles, sans jamais se retirer, s'enfonçant de plus en plus profondément. Elles se confrontaient violement, sans préliminaire ni douceur, le pénétrant sauvagement. Le pire devait être à l'hôpital, empli de morts et de désespoirs. Il se sentait glisser vers la folie petit à petit. Il avait vaguement compris que sa visite à All for One n'avait pas été sans conséquence. Il était à deux doigt de mettre fin à son calvaire de ses propres mains, peu importe les conséquences qu'aurait ses actes sur son entourage. Il voulait juste en finir. Cette ligne rouge qu'il se refusait de franchir s'affinait. Ses pensées se troublaient. Sa souffrance l'étourdissait. Et s'il posait un pied dans cet autre monde, que se passerait-il?
Un jour, alors qu'il était sur le point de faire un malaise du à la saturation de panique du à une attaque de vilain, un héros qui passait par là l'aida et le soutenu jusqu'au poste de secours. Sa seule pensée cohérente à ce moment fut de se débarrasser de cette peur qui l'assaillait. Il voulait extirper ce corps étranger en lui, peu importe dans quel main elle tomberait. Le héros qui faisait son travail vit sa pâleur et ses tremblements. Il y traduisit la peur et tenta de rassurer le doctorant. Mais alors que Midoriya atteignait le point de non retour, sa tête sembla exploser et il lâcha un cri de douleur. Le héros qui le soutenait toujours dans ses bras fut aussitôt envahi par une immense panique. Il lâcha Izuku comme s'il brûlait et regarda frénétiquement autour de lui. Devenu extrêmement nerveux, le justicier l'abandonna et chercha une autre place. Lorsqu'un civil le bouscula, le protecteur des faibles hurla de peur et activa son alter pour effectuer un massacre de masse. Ce premier bain de sang hypnotisa le vert qui se sentait à présent serein. Il ne tremblait plus pour de la terreur mais frissonna devant de nouveaux sentiments de plaisance.
- Comme tu as pu le comprendre, Kacchan. All for One m'a donné le pouvoir de l'empathie. Je suis capable de capter et transférer les sentiments je perçois. Les émotions d'une personne ne me font rien. Mais imagine recevoir celle de toute une foule en délire. Il y a bien de quoi devenir fou entre toutes ces contradictions, non?
- Deku! T'as besoin de te faire soigner!
Les yeux de Deku brillèrent de démence. Son sourire était difforme et une aura de perversion malsaine l'entourait.
- Reprends-toi, putain d'nerd! C'est toi qui voulais devenir le héros des héros, non? Alors pourquoi devenir un super vilain maintenant?
- Mais c'est les héros qui m'ont mis dans cet état!
Il avait élevé la voix. Le vert se prit la tête, semblant lutter contre quelque chose en lui. Il recula d'un pas.
- Kacchan… murmura doucement le kidnappeur.
Une lueur d'espoir s'alluma dans les yeux du blond. Tout n'était peut être pas encore perdu. Il pouvait encore le raisonner. Étant donné l'introduction forcée d'un tel alter, il y avait peut-être une chance pour lui d'avoir une réduction de peine ainsi qu'une thérapie.
Ses pensées furent cependant interrompues par un rire d'abord tout bas, puis de plus en plus fort jusqu'à l'éclat.
- Mais c'est toi qui m'as mis dans cet état! Si tu savais! Toi et All Might! Vous n'avez fait que me désespérer de plus en plus! Deku! Deku! Deku! Impossible de devenir un héros sans alter! Tu sais ce que ça fait d'entendre la personne la plus proche de soi ainsi que son héros préféré dire que c'est impossible de réaliser ses rêves. J'ai lutté, encore et encore, pour trouver une voie que je pourrais emprunter. Tu crois que c'était facile d'être l'assistant d'un professeur pervers? Tu sais ce que ça fait de ressentir les pulsions meurtrières de tous ces prisonniers? Tu sais ce que sais d'endurer les derniers souffles des patients à l'hôpital? Tu sais ce que c'est de ressentir chez les héros, non pas la notion du bien et le devoir de justice mais la corruption et la quête de puissance pour élever son rang? Cette obsession que vous avez de vouloir être à tout prix le numéro un! Franchement, les vilains étaient beaucoup plus honnêtes et moins hypocrite que tous ces soi-disant héros.
Izuku s'arrêta quelque instant, le temps de reprendre son souffle.
- Je dois remercier Stain, le tueur de héros, qui m'a ouvert les yeux. La société est corrompue de héros qui n'en porte que le nom et qui n'agisse pas comme tel. Le seul véritable héros est All Might. Ah, j'étais déchiré. Malgré mon admiration, j'avais aussi une dent contre lui. Je ne savais pas quoi faire. Et puis, il était mort, je n'y pouvais pas grand-chose. Je n'étais pas non plus un monstre au point d'aller saccager ou piller sa tombe. Je n'étais pas un sans-cœur.
Le revoilà partie dans ses délires. Comme lorsqu'ils étaient jeunes, il parlait dans un monologue à voix basse de manière assez flippante. Mais le fait de savoir que Deku était vraiment devenu un vilain le rendait encore plus écœurant.
- Alors en attendant, j'ai décidé de me venger de toi.
- Hein?
Deku s'assit en califourchon sur son prisonnier, toujours incapable d'effectuer le moindre mouvement. Son érection légèrement visible, le vert n'hésita pas un instant à se frotter contre celui de son amant qui, malgré sa situation, sentait l'excitation grimper au fur et à mesure.
- Dégage Deku! Sale putain d'pervers! T'utilise ton alter là?
- Qui sait, répondu malicieusement le kidnappeur.
Le vert se moqua ouvertement du blond et s'occupa du cou de l'explosif, suçotant et léchant la peau visible.
- Si tu savais comme j'attendais ce moment! Kacchan… Je t'aime et je te déteste en même temps… Tu as eu tout ce que je voulais. Un alter puissant. De la force. Une volonté inébranlable. Tu as les moyens d'atteindre le sommet de la hiérarchie des héros. Mais en même temps, tu étais si cruel. Alors, lorsque après si longtemps sans avoir eu de tes nouvelles, alors que je croyais avoir tourné la page, je te revois après que tu sois devenu un héros… avec ton cœur fragile. Tellement fragile… que j'ai eu envie de m'amuser avec toi. Après tout, rien d'interdit de rendre l'utile à l'agréable, n'est-ce pas?
- Deku…
Il ne savait plus quoi penser. Sa tête lui disait que le vert avait perdu la raison et qu'il ne devait pas écouter les délires d'un dangereux vilain. Mais son corps lui, réagissait à la stimulation extérieure. Il ne savait pas si ce désir qui grandissait en lui venait bel et bien de lui ou bien s'il aurait été incité par cet alter de l'empathie. Il se sentait si bien et en même temps dégouté de lui-même. C'était étrange.
Izuku commençait à se sentir bien étroit dans son pantalon. A force de se frotter contre la bosse naissante de son amant attaché, il sentait son bas ventre d'humidifier. Sachant que le blond ne pourrait pas le toucher, au risque de s'enfuir, il entreprit de défaire lui-même le barrage de tissu de leur deux membres pour les stimuler ensemble dans un mouvement de va et vient avec ses deux mains gantés. Leurs respirations s'accélérèrent.
- Arrête… Deku… Tu me dégoutes.
- Ahah… Pourtant, une partie de toi est plus honnête.
Quelque mouvement supplémentaires de haut en bas et vint la délivrance tant attendu, salissant leurs costumes sombres. Les gants noirs se tachèrent de blanc et le vert entreprit de les retirer avec ses dents, sans quitter du regard le blond qui semblait vouloir le tuer. Si seulement le vilain n'avait pas l'air aussi sexy dans ce costume vert, retirant ses gants de manière si provocateur. Si seulement ce regard ne lui criait pas «je t'aime» malgré l'once de folie.
- L'idée de vengeance m'est venue après notre première séance. Elle me tourmentait jour et nuit, sans me laisser un seul répit. Au début, simplement te revoir me faisait plaisir. Puis, tu as piétiné mes sentiments en refusant de me voir. Tu m'as fait mal tu sais? Très mal.
Midoriya continua son récit comme si de rien n'était. Il s'était détaché du blond, retirant son pantalon avant de poser son genou dans l'espace entre les jambes de son amant, dont les pieds étaient également retenus à cette chaise qui semblait indestructible. Il déboutonna ses boutons, sans pour autant retirer le vêtement et colla son torse au visage du blond qui tentait toujours de feindre l'indifférence.
Le vert utilisa un bras comme appuie sur l'épaule du héros et avec l'autre, entreprit de se préparer, insérant ses doigts en lui, laissant échapper des soupirs et des gémissements près de l'oreille de son prisonnier. Le fait de sentir le souffle chaud de son prisonnier le rendait fou et ne voulait qu'une chose, que le blond s'occupe de la partie découverte de son corps. Mais celui-ci s'obstinait à garder la bouche fermée malgré sa forte respiration qui chatouillait sa chair. Voulant continuer à s'amuser, Izuku recommença à stimuler l'entrejambe de son partenaire qui ne put rapidement plus garder la bouche fermée. Il respira de manière saccadée, son souffle caressant les zones devenues extrêmement sensibles de son corps grâce à leur entraînement régulier.
La tête de Kacchan tournait malgré sa résistance, commençant à faiblir sous la luxure. Il ne rêvait que d'une chose, mordiller ce bout de chair rose pointé vers lui de façon indécente sous son nez. Mais il continua de résister, par fierté de héros.
- Je t'aime tellement… Ah… Mais je ne pouvais te pardonner de m'avoir tant fait souffrir…Hn… Alors… Alors… j'ai tout fait- ah- pour te séduire… ah-ah… J'ai même été jusqu'à provoquer chez le mec avec qui j'ai couché une fois… un excès de violence…ah… pour te rendre jaloux…
Le membre du blond bien dressé et son derrière bien préparé, Izuku se plaça de nouveau à califourchon et prit en main la virilité dressée qu'il plaça devant son entrée. Il s'abaissa doucement, faisant durer son geste. Il savait que Kacchan préférait y aller un peu plus brutalement. Mais le meneur de l'acte n'était pas son petit ami attaché mais lui, le super vilain. Lentement mais sûrement, le vert entoura complètement le blond qui grognait.
- Je ne voulais pas… ah… que tu tombes amoureux de moi par un alter… Ma vengeance n'aurait été complète… que si tu tombes vraiment amoureux de moi… Puis… au moment où tu atteindrais… le point de non retour…
Ses petits mouvements de haut en bas se firent de plus en plus amples et de plus en plus rapide. Le prisonnier se retenait à grande peine de donner des coups de hanche malgré ses fortes restrictions. Et ce téton esseulé qui lui criait de lui porter de l'attention depuis tout à l'heure.
- J'avoue… avoir utilisé mon alter sur toi… pour t'aider à surmonter ton traumatisme… comme à tous mes patients… mais l'amour… Je voulais ressentir ton véritable amour pour moi. Et je n'ai pas été déçu. Tu me submergeais par la violence de tes sentiments… J'étais si heureux…
- Alors pourquoi…?
Katsuki perdait de plus en plus sa conscience. Il ne se pensait pas aussi fort pour résister jusque là. Mais il sentait qu'il allait bientôt céder.
- Parce que t'imaginer me faire confiance -ah- au point de me confier tes pensées…hn… m'aimer au point de vouloir me ravager…et me garder prisonnier, ahah… t'imaginer te briser lorsque tu apprendrais la vérité… Il n'y avait pas plus jouissif comme situation! Aah! C'est si bon, Kacchan… Ici… Ah… Tu-tu aurais vécu ce que j'ai vécu à tes côtés… T'aimer… t'admirer… et me faire jeter comme une sous merde, hn… Je pensais te détester de tout mon être mais…Ah-ah-ah! Je t'aime toujours autant, Kacchan. Ah! Ah-ah-ah!
Kacchan avait cédé. Du mieux qu'il put, il bougea ses hanches avec son ravisseur sur ses cuisses. Il avait attrapé cette protubérance qui s'exhibait sous ses yeux depuis le début de leurs échanges passionnés sous ses dents et lui réservait un traitement particulier. Il se maudit de ne pas pouvoir être libre de ses mouvements pour en profiter pleinement. Il voulait le caresser, l'aimer, le dévaster.
- Ah oui! Kacchan! Ici!
Izuku sautillait sur ses cuisses de manière frénétique, incapable de stopper le mouvement. Et de toute façon, qui voudrait arrêter? Ils étaient si bien ensemble.
- Détache-moi… putain ah… Deku…
- Ah-ah-ah! Je… peux pas… Ah! Tu vas… tu vas partir… et me quitter encore ah! Si je le fais!
Les larmes de plaisir se confondirent avec celle de la tristesse qu'il ressentait en imaginant son amant partir au loin, l'abandonnant une nouvelle fois.
- Kacchan! Kacchan! Kacchan!
Un dernier coup de rein les firent atteindre l'orgasme. Deku s'écroula, essoufflé, sur son prisonnier. Katsuki sentit son épaule se mouiller. Il tourna légèrement la tête, caressant la touffe verte de sa joue. Putain, pourquoi se préoccupait-il encore de lui?
- Deku?
Deku releva la tête, inondé de larme. Le choc lui fit perdre la voix. Il ne pensait pas le revoir pleurer, enfin, pour autre chose que du sexe. Ces larmes, il les avait déjà vu, il y avait longtemps de cela.
- S'il te plait… Kacchan… Aide-moi…
La voix suppliante d'Izuku lui pinça le cœur. Après tout, lui aussi était une victime d'All for One, n'est-ce pas? Il ne pouvait pas laisser l'homme qu'il aimait dans un tel état de détresse.
- Deku…
┬┴┬┴┤・ω・)ノ├┬┴┬┴
C'est la première fois que je fais cela alors j'espère que vous vous prêterez au jeu. En effet, le prochain chapitre signe la fin de cette histoires. Mais ce ne sera pas une fin comme les autres. Pour faire simple, vous avez le CHOIX! Que je vous explique. La prochaine parution comportera trois chapitres, postés simultanément et qui correspondront à trois fins différentes (bon… à deux-trois minutes près, le temps de remplir le formulaire).
Voici les chapitres en question:
- Chapitre 4: Vengeance
- Chapitre 5: Amour
- Chapitre 6: Passion
Maintenant que vous êtes prévenus, choisissez la fin de votre histoire! Bien sûr, n'hésitez surtout pas à jeter un coup d'œil aux autres fins alternatives et dites moi laquelle vous avez préféré!
Merci pour les favoris, suivis et reviews! Ca m'a fait plaisir de voir ce premier chapitre bien accueilli!
Voilà le second chapitre tant attendu! Enfin j'espère… C'est moins long que le premier, certes, mais il y a une petite surprise à la fin du chapitre, profitez-en bien~
Bonne lecture à tous! ^^
Chapitre 2
Depuis la séance de la confession, deux mois avait passé. Le quotidien avait reprit son cours normal. Ground Zero était revenu sur le devant de la scène, pour le plus grand bonheur de ses fans, alliant son travail de héros et ses séances chez Midoriya Izuku. Le héros était bien sur heureux d'avoir diminué le travail administratif au profit du travail sur le terrain. Une fois par semaine, il apprenait comment surmonter son problème. Parfois ils parlaient de la source de son traumatisme, parfois de tout et de rien, d'autre fois, ils faisaient quelques exercices de relaxation et autres méthodes lui permettant de retrouver son sang froid.
- Ground Zero, je vois que tu vas mieux. Tu recommences à insulter tes fans, félicita Red Riot.
- Hein? De quoi tu causes?
- Mec, j'suis allé sur ta fan page! Elles pleurent de joies! T'as repris du poil de la bête et de jolies minettes ne demandent qu'à se faire injurier par toi.
- Tu me fais gerber, cracha le héros explosif. J'vais exploser ta sale gueule de merde!
Alors que les deux héros faisaient leur patrouille dans le centre ville, des cris les alertèrent. Immédiatement, ils regardèrent autour d'eux afin d'identifier la source du désordre et se dirigèrent vers celle-ci. En arrivant sur les lieux, ils virent un immeuble en feu ainsi qu'un vilain qui faisait du grabuge. Celui-ci était immense et déformé avec une peau de couleur bleu. Il avait des sortes de verrues sur les bras et un visage marbré. Son corps était disproportionné par rapport à ses petites jambes. Ses bras étaient trop musclé et ses mains paraissaient minuscules en comparaison.
Rapidement, les taches furent réparties. N'étant pas à l'aise avec les victimes, Ground Zero s'occupa du vilain tandis que son camarade évacuait la zone le temps que des renforts ne viennent prêter main forte. Dans les minutes qui suivirent, les deux héros furent rejoints par d'autres membres de la même profession. Katsuki reçut également de l'aide pour maitriser le monstre déchainé. Des coups fusèrent, des explosions bombardèrent de partout et de l'eau arrosait le bâtiment embrasé. Chacun avait un rôle à tenir et participait dans la mesure de ses moyens. Toute aide reçue était la bienvenue.
Seulement, l'ennemi était plus fort que prévu. Surement un consommateur de cette nouvelle drogue récemment en circulation. C'était à la mode en ce moment. Enfin…drogue était un bien grand mot puisque la substance n'était pas encore détectable. Il y avait plusieurs théories à cela, mais ce n'était actuellement pas le moment d'y penser.
Après un enchainement de coups alternant attaques et défenses, feintes et contre-attaques, l'un d'eux toucha le héros explosif qui se fit éjecter vers l'un des immeubles en grandes parties détruites environnant le champ de bataille. Il s'apprêtait à repartir sur le front quand il entendit des pleurs semblant provenir du dessus de sa tête. Alerté, il se releva rapidement malgré la douleur dans son dos pour sortir des décombres. Il leva les yeux pour voir un enfant en pleurs coincé sur un balcon du troisième étage. Il jeta un rapide coup d'œil aux alentours. Quelqu'un de mieux qualifié que lui devait bien être dans le secteur, n'est-ce pas? Malheureusement, il n'y avait personne. Il lâcha un claquement de langue exprimant son mécontentement. Non pas qu'il rechignait à sauver une vie, loin de là, c'était son métier après tout, mais le sauvetage n'était vraiment pas sa spécialité. Surtout un enfant. Ses collègues étaient tous trop occupés avec le monstre pour lui prêter main forte. Non pas qu'il avait besoin d'aide. Il était un héros professionnel, le futur numéro un. Il avait été formé pour agir dans ce genre de situation. Simplement, l'enfant pleurnichard aurait surement préféré un autre héros. Un héros à l'image plus amical que la sienne par exemple. Mais il était seul. Il allait devoir se débrouiller avec le gamin.
Il envisagea une seconde à pénétrer dans l'immeuble. Il devait simplement rejoindre le troisième étage pour atteindre l'enfant. Mais au moment où cette idée effleura son esprit, une explosion retentit à l'intérieur, faisant s'écrouler les escaliers menant à l'étage supérieur. Résultat, l'incendie grandissait à vu d'œil, l'empêchant de rejoindre le braillard. Il ne restait donc plus que la voie extérieure. Mais au vue de l'intensité des flammes, l'escalier extérieur était également inutilisable. Sans parler de la façade avec toutes ces fenêtres qui crachaient des gerbes de feu. Il avait à un moment imaginé rejoindre le balcon par propulsion en courant sur le mur pour emporter le petit, mais la fragilité de la structure n'inspirait que peu de confiance quand à la résistance face à son poids d'homme adulte. Il ne ferait qu'empirer la situation. Sans ajouter que son alter n'était pas vraiment compatible avec ce genre de situation. Il ne ferait que détruire le maigre espoir du gamin de rejoindre le plancher des vaches. Et qui sait ce que ferait un aussi jeune enfant en le voyant s'approcher avec ses bombes aux mains et sa tête de tueur? Si ce pleurnichard dérapait et tombait sans qu'il ne puisse le rattraper à temps? Ne répéterait-il pas la dernière tragédie? Où était donc cette maudite femme qui contrôlait la gravité quand il en avait besoin? Il devait trouver un autre moyen d'atteindre son objectif. La vie du gamin pleurnichard en dépendait. Il prit une profonde respiration et cria. Première étape: calmer la victime.
- Arrête de chialer, d'mi portion!
Ah… Il n'avait pas voulu être aussi brusque mais c'était sorti tout seul. Il devait se maitriser un maximum. Surtout que l'interpelé s'était figé, arrêtant ses larmes une seconde, avant de reprendre de plus belle.
- Papa! Maman! J'ai peur! Couina l'enfant en ignorant la brute sur la terre ferme.
- T'as pas à avoir peur! Moi, Ground Zero, est là pour te sauver!
Le petit garçon ne se calmait toujours pas. Au contraire, ses pleurs redoublèrent en intensité. Katsuki ne pensait pas cela possible. La chaleur et la fumée ne l'aidaient absolument pas. De même pour les craquements de l'immeuble et les bruits de bataille en fond.
- Je vais venir te sauver, ne bouge pas!
Le héros chercha un moyen rapide et efficace d'atteindre le petit garçon par l'extérieur. Le problème des murs peu fiables le freinait énormément. Il ne pourrait pas prendre appuie sur la façade fissurée sans craindre de le transpercer, risquant de détruire ce qui soutenait encore cette bâtisse. Même s'il avait une confiance absolue en sa maitrise de son alter pour atteindre l'étage voulu, il ne pouvait pas placer cette même confiance en la victime surement âgée de moins de cinq ans. Ce petit démon ne parviendrait pas à rester immobile en le voyant arriver en explosant de partout. Il détestait admettre son impuissance. Et pourquoi après tout ce temps, il n'y a toujours pas l'ombre d'un autre putain de héros avec un alter compatible avec ce genre de situation. Son alter explosait les vilains. Il n'était pas fait pour le secourir un gamin coincé sur son balcon.
Alors qu'il digressait, son attention revint sur l'enfant qui lâcha un cri de terreur causé par une flamme qui le frôla d'un peu trop près. Il n'y avait plus d'autre issue. Le feu gagnait de plus en plus de terrain. Le temps était compté. Le blond avait beau réfléchir, encore et encore, il n'en avait plus le temps. Ce n'était plus qu'une question de seconde et qu'une seule solution. La pire de toute. Pour lui comme pour le petit. Malgré tout, ses membres étaient paralysés en vue d'un possible échec. Il se maudit d'être devenu si pitoyable.
Au moment de crier, sa gorge s'assécha soudainement, bloquant sa voix au fond de sa gorge. Des images funestes commençaient à l'envahir. Il secoua énergiquement la tête. Non. Il devait se reprendre. Il ne pouvait pas persister dans la faiblesse. Il se devait d'avancer. Sa thérapie chez Deku n'avait pas été veine. Après tout ce temps, il avait pris sur lui et fait face à l'humiliation de quémander de l'aide à quelqu'un de plus faible que lui. Impossible d'échouer à ce stade là.
- Courage! Kacchan! Tu peux le faire!
Kacchan leva la tête en direction de la voix mais ne vit personne. Aurait-il rêvé? En tout cas, cela avait le mérite de lui faire reprendre ses esprits. Il respira profondément, faisant le vide, donnant ainsi un coup de poings à ses peurs. Son plan? La pire de toute. Il allait sortir le gamin de son perchoir.
Il se remémora rapidement les conseils reçus ainsi que les gestes à effectuer pour se calmer. Chaque seconde était précieuse mais se précipiter maladroitement le mènerait vers la pire des fins. Il inspira et expira profondément, fixant l'objet de sa mission, déterminé. Il contrôla un maximum sa voix. Il était un héros merde! Il devait sourire, comme son idole, son modèle, son objectif: All Might, l'éternel numéro un des héros. Ses bras tremblotants étaient habilement dissimulés. Ses pieds fermement ancrés au sol. Il cria enfin vers le prisonnier des flammes.
- Eh gamin! Saute! Je te rattraperais!
- Impossible!
L'enfant tétanisé par la peur s'accrocha aux barreaux du balcon sans parvenir à s'en décrocher. Il ne parvenait plus du tout à bouger, tremblant de tout son corps. Malheureusement, le béton atteint ses limites et s'effrita. Ni une ni deux, le grand Ground Zero se propulsa vers le corps en chute libre. Il fonça vers les débris à une vitesse folle, n'ayant qu'une seule idée en tête, sauver cet enfant d'une mort certaine.
C'était maintenant que les choses allaient se corser. Il devait maitriser sa dernière propulsion pour pouvoir atteindre le gamin. Une erreur de dosage et il pouvait rajouter une vie à sa funeste liste de ses victimes.
Soudain, un énorme morceau du bâtiment s'écroula. Au diable toute ces réflexions, un héros agissait avant tout avec son corps. Malgré son équilibre bancal, il frôla juste assez l'enfant pour l'attirer à lui. Un de ses bras maintenait le petit corps contre lui, quand à l'autre, elle visait le bloc afin de la transformer en poussière. La puissance de feu était tel qu'un des débris vola jusqu'au monstre.
- Accroche-toi petit! Ça va secouer un peu!
A présent dos face au sol, il devait choisir la meilleure solution pour atterrir sans blesser le pleurnichard. Son bras libre fut dirigé vers le sol et puisa dans ses dernières réserves pour balancer une petite explosion qui atténua leur vitesse de chute tout en les déviant légèrement mais tout de même assez pour être hors de portée du danger.
Une fois son dos collé contre la terre ferme, Ground Zero se laissa quelque instant pour reprendre ses esprits. Il vérifia ensuite que son petit passager respirait toujours et poussa un soupir de soulagement. Le bâtiment n'était à présent que des ruines, ne pouvant tomber plus bas.
- Kacchan!
Levant les yeux vers la voix familière, Katsuki vit Deku courir vers lui avec une équipe médicale à ses trousses. Le blond se redressa. Maintenant qu'il avait retrouvé son calme, il sentit un peu trop bien son uniforme mouillé, et il ne préférait pas savoir par quel orifice du gamin cela était sortie. Vraiment. Sentir le tissu humide sur sa peau était des plus désagréables. Son costume était bon pour le pressing. Ou la poubelle, cela dépendra de l'étendue des dégâts.
L'enfant soulagé recommença à pleurer, évacuant les derniers soupçons de peur, et serra plus fortement son héros qui le tenait toujours dans ses bras. Le héros explosif se mit debout et avança vers l'équipe en portant son fardeau. Il voulut leur transférer son poids mais celui-ci avait décidé de jouer les sangsues.
- Tch! Lâcha Ground Zero, se doutant bien que cela ne serait pas aussi facile. Deku, fait quelque chose. Après, je veux savoir ce que tu fous sur le terrain.
Deku lâcha un petit rire gêné et se positionna à la hauteur du petit koala qui refusait de lâcher son patient. Il lui murmura quelques mots doux dans le but de le rassurer tout en caressant gentiment sa tête. Peu à peu, les pleurs se calmèrent. La petite bouille de l'enfant sortie de sa tanière et regarda avec ses yeux rougis l'homme aux cheveux verts.
- Bonjour. Je m'appelle Midoriya Izuku. Et toi?
- Et le héros au regard mauvais, c'est Ground Zero.
- J't'ai pas sonné Deku! Grogna le héros au regard mauvais.
- …Riku… Répondit timidement le petit.
- Riku? C'est un joli nom. Tu as du avoir peur. Mais ne t'inquiète pas. Tu es sauvé, grâce à Ground Zero.
- C'est…c'est vrai?
- Hn! C'est vrai!
Riku vérifia les dire du gentil monsieur en regardant par-dessus l'épaule du héros qui le portait toujours. Sa maison était à présent tombée en miette avec des pompiers et des héros qui lançaient de l'eau pour éteindre l'incendie. Mais il ne put continuer son observation car le monsieur aux cheveux verts lui parla.
- Est-ce que t'aimes les héros, Riku?
- … Oui!
- Qui préfères-tu?
- Euh… U-Uravity! Elle nous a fait voler avec des copains… C'était trop cool!
Au fur et à mesure de la petite discussion, le petit Riku se détacha de son sauveur et termina l'éloge de son héroïne préférée dans les bras d'un des secouristes. L'enfant allait être emmené plus loin quand Katsuki reçut un violent coup de coude dans l'estomac avec un regard appuyé de son psy qui fit un signe de la tête vers la victime secourue. Le blond soupira en se frottant le cuir chevelu. Il fit un pas vers l'enfant et posa sa main sur la petite touffe légèrement brulée du pleurnichard.
- Tu as été très courageux Riku. Bravo. J'en parlerai à Uravity.
- C'est vrai?
Les yeux du gamin s'illuminèrent et ses joues rougirent légèrement, heureux d'avoir été félicité par un héros, malgré son regard mauvais. Il acquiesça et fit de grand signe vers les deux adultes qui l'avaient calmé alors que les secouristes poursuivirent leur route.
A présent que cet incident fut clos, Bakugou rattrapa par le col un Midoriya qui tentait de filer en douce. Sa manœuvre d'évasion fut avortée.
- Et toi, qu'est-ce que tu fais ici, Deku?
- Hum… Il m'arrive parfois de…euh…de faire des petites visites surprises…
- Des visites surprises, hein… Répéta Katsuki, suspicieux.
- Oui… Je voulais, comment dire… T'observer sur ton lieu de travail sans que tu n'aie conscience que je sois là? Habituellement, j'observe une petite routine mais il a fallut qu'il y ait cette attaque et ce sauvetage. En tout cas, je suis extrêmement fier de toi, Kacchan. On se fera un petit compte-rendu plus tard.
- Et le fait que t'ai pu avancer aussi loin alors que t'es pas un héros ni un secouriste?
- Je ne te l'ai pas dit?
Izuku sortit de sa poche une petite carte plastifiée portant sa photo qu'il montra à son ami d'enfance.
- J'ai une autorisation de la préfecture pour agir en cas d'urgence sur le terrain. C'est un genre de permis de secouriste volontaire. Tu t'inscris sur une liste et le préfet décide de l'accorder le statut de secouriste volontaire ou non. Il y a différent niveau selon l'alter que tu possèdes et j'ai le plus bas niveau, comme tu t'en doutes. Selon les degrés de la carte et les besoins, je peux être appelé à intervenir sur le terrain. Bien sur, cela ne m'autorise pas à jouer les héros mais je peux au moins rejoindre une équipe de secouriste pour vérifier l'état des patients.
- Parce que t'as aussi un diplôme de toubib?
- Mentalement, je veux dire. Mais il est vrai que je connais au moins les gestes de premier secours, si jamais les secouristes ont besoin de bras supplémentaires. De manière générale, je calme les victimes et effectue un rapide bilan avant qu'ils ne soient transportés à l'hôpital. Et selon les cas, je peux poursuivre ma consultation à l'hôpital.
- Donc ta place reste en arrière et non sur le terrain.
- Arriver jusqu'ici est ma limite. Aller plus loin serait mettre inutilement ma vie et celle des héros en danger. Je connais ma place, ne t'en fait pas.
- C'est que t'a grandi depuis le collège, dis moi, lança Katsuki en faisant référence à l'un de leur souvenir commun avec un certain gluant.
- Ahah… Bref. Grâce à toi, Riku ne gardera peut-être pas un aussi mauvais souvenir que cela de cet incident. Quoiqu'il faudra vérifier s'il ne va pas développer une phobie du feu ou un vertige. Je vais le rediriger vers un confrère qui sait s'y prendre avec les enfants. Enfin, je vais retourner en arrière. Bonne chance pour la suite, Kacchan.
- Tch! Claqua Kacchan de la langue. C'est Ground Zero quand je porte mon costume, stupide Deku.
Le héros explosif reprit sa route vers le vilain après une courte pause. Mais lorsqu'il arriva sur les lieux, le géant avait été immobilisé par les différentes équipes venues en renfort. Étrangement, un énorme bloc de béton avait pris place autour de la tête du monstre. Le blond laissa échapper un léger soupir de soulagement et entreprit de rejoindre Kirishima afin de passer le relais aux diverses équipes de secours et autres formalités.
Suite à ce retour en force, Katsuki reçut énormément de message de félicitation de la part de ses amis, aussi bien ceux au courant de son petit problème que des autres qui cherchaient juste à discuter de tout et de rien, comme cette Uravity qui avait réussi à chopper son numéro il ne savait comment. Il allait la laisser sans réponse quand il se souvint de Riku. Le blond n'était pas du genre à faire le messager, mais une pensée pour ce petit garçon qui l'avait aidé, sans le savoir, à surmonter son traumatisme lui donna envie de le récompenser. Il appuya sur le bouton envoyé. La seconde d'après, il regrettait déjà son geste. Un bruit insupportable et continu l'obligea à mettre le silencieux sur son smartphone. Il savait très bien qu'il allait se maudire d'avoir fait cela quand il vit l'avalanche de message de son ancienne camarade de classe. Mais au milieu de cette violente tempête, un message noyé parmi tant d'autre lui fit plus que plaisir dans la soirée: celle de Midoriya Izuku. Il réussit à l'attraper avant qu'il ne disparaisse de la première page de sa messagerie et le héros ne put s'empêcher de sourire à la lecture du texto, pourtant si court et simple. C'était quasi automatiquement qu'il l'invita à boire un verre avec lui. Le vert accepta et ils se donnèrent rendez-vous chez le blond.
Habituellement, les deux hommes se rejoignaient devant leur bar préféré, mais la journée ayant été très mouvementée, il y avait énormément de choses à raconter et un lieu public ne correspondait guère. Impatient, Katsuki avait préféré la tranquillité et l'intimité de son cher soi. Izuku qui venait de quitter son bureau avait été tout de suite enchanté par cette idée. Loin du cadre professionnel habituel un peu lourd ou d'une simple beuverie dans un bar bruyant, ils accédaient en quelque sorte au niveau supérieur dans leur relation amicale redémarrée. Se faire ainsi inviter par le blond rappelait au vert leurs anciennes soirées pyjamas. Certes, ils n'avaient plus quatre ans mais la joie était au rendez-vous. En chemin, le psy vit une enseigne lumineuse et décida de faire un petit détour au conbini pour prendre de quoi approvisionner leur soirée.
Aux alentour de vingt et une heure, Deku arriva enfin devant la porte du blond et sonna, un peu nerveux. Celui-ci lui ouvrit en râlant, cachant extrêmement bien sa réjouissance. Comme d'habitude.
- C'est pas trop tôt, Deku!
- Désolé Kacchan! Il y a eu la queue au conbini.
- Dépêches-toi d'entrer. J'ai la dalle!
Midoriya entra dans l'antre du héros explosif et se déchaussa. Il pénétra ensuite dans le salon où il déposa ses courses. Bakugou prit le relais et rangea les bières dans le frigo, histoire de les garder au frais, laissant deux canettes sur la table du salon. Le dîner se passa agréablement autour d'un katsudon préparer avec soin par le propriétaire des lieux qui avait toujours été un as de la cuisine, contrairement à son invité.
- T'aime toujours ça hein, le katsudon.
- Hm! C'est mon plat préféré! Ah… Ca doit être le meilleur que j'ai jamais mangé! Je pourrais en manger tous les jours!
Durant le repas, Ground Zero conta fièrement sa journée héroïque malgré le fait que le vert soit déjà au courant de tout. Pour compléter le compte-rendu, il devait rajouter à son récit son ressenti, passant de la ronde journalière à l'incident, de son sang froid trouvé face à la peur envahissante et du sauvetage in extremis de Riku. Les émotions étaient présentes. La joie, la peur, la fierté… Ce qu'il avait vécu ces derniers mois l'avaient grandement fait murir, aussi bien sur le plan professionnel que personnel. Il avait fait un pas de plus vers son rêve.
Sans doute grâce à l'alcool, les langues se délièrent du fur et à mesure qu'avançait la soirée et Deku entendit quelque chose d'invraisemblable. Il n'aurait jamais cru l'entendre ce mot sortir un jour de la bouche de son ami. Surement était-il trop ivre pour avoir de telles hallucinations auditives.
Izuku scruta le visage rouge de Katsuki qui ne savait plus où se mettre, vidant sa canette de bière d'une traite. Ce côté adorable teinté de gêne fut rapidement effacé par l'air colérique habituel du blond. Ce fut court mais plaisant. Heureusement, il avait appris à sauvegarder ces rares images dans son cœur aussi vite que son ombre.
- Quand je pense que t'es qu'un putain d'nerd…
- Eh! Protesta Deku plus pour la forme qu'autre chose. C'est quoi le rapport?
- … J'étais paralysé…quand j'ai vu le gamin sur son balcon… Mais grâce à ta voix et à ta pseudo thérapie…j'ai pu agir et le sauver. Alors… Merci…
- Kacchan… dit le vert, ému.
- Alors profites-en car c'est la dernière fois que j'te dirai un truc pareil!
Se laissant porter par l'ambiance festive qui s'était instaurée, les deux amis d'enfance qui approchaient la trentaine trinquèrent, assis par terre près de la table basse. Ils vidèrent une à une les canettes de bière, dégustant de temps à autre quelques apéritifs en accompagnement. A croire que l'alcool pouvait changer une personne, le Bakugou colérique semblait aussi doux qu'un agneau ce soir là. Avec un pique d'agressivité, mais tellement adorable. C'était là quelque chose qu'il fallait absolument imprimer dans sa mémoire.
L'heure tournait et les facultés cognitives n'étaient plus aussi fonctionnelles qu'en début de soirée. Leur corps était en surchauffe. La douce saison y était peut-être pour quelque chose. Le visage bien rougi, les dernières gouttes de lucidité menaçait de s'évaporer à tout moment.
- Deku…
- Hm?
Le surnommé Deku avait aussi quelques verres en trop dans le sang. Ses joues avaient pris une jolie teinte, cherchant à rivaliser avec celle de son ami presque affalé sur la table basse. C'était à peine s'il parvenait à se maintenir éveillé. Il se sentait sombrer petit à petit quand sa conscience fut retenue.
- Pourquoi…?
- … De quoi?
- Pourquoi… pourquoi tu m'as aidé? Alors que j'ai été aussi cruel avec toi…toutes ces années?
Le vert se redressa du mieux qu'il pouvait, l'alcool dans le sang semblant se dissiper progressivement. Il observa son camarade de beuverie qui le regardait sérieusement. Aussi sérieusement que quelqu'un imbibé d'alcool. Il se demanda vaguement combien de verre ils avaient bu. Retournant son attention vers le blond, il pouvait lire de l'incompréhension dans son regard, mélangé à une pointe de regret. Le psy s'approcha de son patient à quatre pattes et le prit dans ses bras pour y transmettre sa chaleur. Décidément, les langues se déliaient trop facilement ce soir.
- Je te mentirais si je te disais que c'est uniquement parce que je suis ton psy… et que l'idée d'une petite vengeance ne m'avait pas traversé l'esprit…
Le héros n'osa pas rendre l'étreinte, comme si le fait de toucher ce corps allait le brûler, s'envoler et le laisser seul dans son appartement rempli de cadavres de canettes de bière. Seul avec ses cauchemars qu'il avait pourtant appris à maitriser avec le temps.
- Kacchan… Je t'ai toujours admiré… du jour de notre rencontre jusqu'à notre séparation… à la fin du collège… Je n'ai jamais réussi à couper notre lien. Je ne savais pas pourquoi. Alors que tu semblais tant me détester. J'étais sans doute trop jeune pour m'en rendre compte mais… maintenant qu'on a chacun prit du recul… Je peux te dire que je… enfin…
L'ancienne victime se détacha légèrement de son ancien bourreau. Il lui adressa le plus beau de ses sourires accompagné de petites perles aux coins des yeux.
- Je t'aime Kacchan. Je t'ai toujours aimé.
Le bras de Kacchan se leva doucement, voulant certainement vérifier qu'il ne rêvait ou n'hallucinait pas avec tout cet alcool dans le sang. Il toucha du doigt le visage de celui qui venait de se déclarer à lui puis lui caressa la joue. Deku pencha légèrement sa tête afin de mieux sentir le contact si doux, si chaud. Dire qu'habituellement, Kacchan était bien plus brusque, bien plus agressif. Leurs visages se rapprochèrent dangereusement, leurs lèvres se frôlaient. Avec leurs yeux, ils se contemplèrent. Ils sentaient le souffle chaud de l'autre caresser leur peau.
- Kacchan…
- La ferme, Deku.
Sa voix résonnait de manière bien plus affectueuse que d'ordinaire malgré son tic de langage peu raffiné. Le blond franchit les derniers centimètres, attiré comme un aimant, et posa ses lèvres sur celle du vert. Ils restèrent quelques secondes sur ce chaste baiser avant de se séparer, se regardant dans les yeux encore légèrement embués par leurs boissons. Mais ce simple contact ne suffisait pas. Il leur en fallait plus. Un déclic s'enclencha dans leurs esprits et Katsuki bascula Izuku par terre, l'embrassant à pleine bouche. D'un coup, la douceur présente une seconde auparavant laissa place à une bête affamée. Le dos plaqué sur le tapis, Midoriya s'accrocha plus fermement à son ami d'enfance, répondant avec ardeur à cette passion qui papillonnait au creux de son ventre.
Des mains se perdirent sous les différentes couches de vêtements. Certains disparurent en cours de route. Des bruits de succions et des gémissements résonnèrent dans l'appartement. Le propriétaire des lieux explora la gorge de son invité, laissant des traces rouges sur son passage, marquant son territoire. La chemise déboutonnée, limite arrachée, lui permit d'accéder assez facilement aux protubérances pointées et durcit par le doux traitement tortueux offert par des coups de langue bien placés. Ses dents offraient également quelques surprises à cette palette de sensation. Le blond prit un certain plaisir à varier l'intensité de sa parade amoureuse sur ces deux bouts de chairs malmenés en les touchant du doigt, les léchant, les mordillant, les pinçant, s'appliquant à poursuivre avec ardeur son supplice à l'entente des soupirs de bien-être de son martyr.
- Ka-Kacchan…
Leurs parties inférieures s'éveillèrent et se frottèrent l'une contre l'autre à travers les fins tissus de leurs sous-vêtements, faisant grogner Katsuki. La main du blond descendit et toucha la bosse déjà légèrement humide. Il fit des mouvements lents de bas et en haut, plus ou moins appuyés. Il sentait la pulsation de plaisir sous ses doigts.
- Je t'ai à peine touché et t'es déjà dans cet état là.
Perdu dans une douce délectation de sensations enchanteresses, Izuku entrouvrit difficilement les yeux, embrumés par la luxure. Il dirigea sa main vers le gonflement plus que visible de son partenaire. Il n'était pas juste que celui-ci soit le seul à profiter de ce petit moment d'intimité.
- Toi aussi t'es déjà comme ça… et je n'ai eu qu'à t'embrasser.
Les derniers remparts qui les séparaient de la nudité la plus complète furent rapidement écartés. La sensation de leurs deux membres fièrement dressés et pressés l'une contre l'autre était tout à fait exquise. Ils n'auraient jamais imaginé en arriver là un jour. Avec chacun une main, ils s'empoignaient mutuellement leur virilité et les frictionnèrent l'une contre l'autre. Leurs souffles étaient courts. Leurs mouvements avaient été tantôt impatient, tantôt joueur, tantôt taquin, tantôt maladroit, tantôt doux, tantôt violent. Ils s'exploraient sur ce petit morceau de territoire. A mesure que le temps passait, ils perdirent le contrôle de leurs mains qui bougeaient de plus en plus frénétiquement. Leur souffle ne firent plus qu'un. Bientôt, la délivrance pointa le bout de son nez et ils jouirent l'un sur l'autre, dans le petit espace entre leur deux corps. Essoufflés par l'effort, ils s'autorisèrent un chaste baiser chargé d'émotion pure et innocente.
Ils venaient à peine de se découvrir. Ils avaient encore tout le temps devant eux pour reprendre cette aventure. Du moins, c'était ce que croyait Bakugou jusqu'à ce que les bras autour de son cou raffermissent leurs prises, approfondissant le baiser, tel un gourmet. Pas que cela ne le dérangeait mais quelque chose manquait malheureusement à son éducation. Ce fut tant bien que mal que le blond décolla ses lèvres de celles de la source de tentation.
- Oï… Deku, tu…
- J'ai envie de toi Kacchan… en moi… très envie…
Le héros n'était absolument pas contre, bien au contraire. Ce n'était pas ce petit prélude qui allait calmer son appétit à peine entamé. Il n'en était qu'à l'entrée après tout. Et il restait tout un plat et un dessert à consommer. Mais il savait que s'il laisser son instinct prendre le dessus, il ne ferait que blesser Izuku. Sa fierté l'empêchait de se reposer sur l'expérience du psy et d'en découvrir son étendu. Il avait plus ou moins une idée sur la question mais hors de question de vérifier à quel point elle était véridique. Il risquait même de casser l'ambiance si confortable entre eux par simple jalousie. Il ne s'était jamais senti aussi bien. Il voulait que ce moment ne reste qu'à eux. Si seulement il avait admit ce qu'il ressentait avant, sans avoir quelques grammes d'alcool dans le sang, il aurait effectué des recherches préalables. Il se maudissait vraiment.
Voyant la mine tourmentée de son amoureux, Deku éclata de rire, ce qui fit exploser Kacchan qui sentait la moquerie le viser. Ses pensées n'étaient quand même pas si transparente, si?
- Qu'est-ce t'as à rire, Deku?
- Je te montre?
- Hein?
Écartant leur corps, le vert partie en cuisine pour revenir avec une bouteille d'huile sous le regard incrédule du blond. L'expérimenté ouvrit le récipient.
- Si j'avais su qu'on en arriverait là, j'aurai amené ma lotion, mais ça, ça nous dépannera pour ce soir.
Un baiser volé plus tard, Izuku coucha Katsuki sur le dos et se positionna à quatre pattes au dessus de lui. Tête et entrejambe se faisaient face des deux côtés, de manière assez embarrassante. Mais pour une leçon particulière, il fallait bien y mettre du sien. Deku versa une bonne dose d'huile sur sa main droite et la fit disparaitre derrière son dos, regardant son spectateur la tête à l'envers par l'espace entre leur deux corps, droit dans les yeux, une once de gêne dans le regard.
- Regarde bien Kacchan… Il faut faire comme ça…
Le vert s'inséra un doigt et fit quelques mouvements pour s'y habituer. Il élargit doucement son entrée, de manière bien visible pour le blond qui ne pouvait détourner son attention des bruits causés par les mouvements de va et vient dans cet orifice juste au dessus de ses yeux. Rapidement, le nombre de doigts augmenta et l'enseignant nocturne gémit de plus en plus fort. Son souffle de plus en plus rapide termina sa course sur l'alléchante verge qui se réveillait près de son visage, jusqu'à durcir sous ses yeux émerveillés. N'y tenant plus, la langue chaude et humide de Deku se posa sur le mont dressé de Kacchan et entreprit de s'en occuper soigneusement avec tout son savoir faire.
Du point de vue de Katsuki, ses mains le démangèrent. Il voyait l'entrée pour pénétrer à l'intérieur de Izuku s'élargir sous ses yeux, prêt à l'accueillir d'un moment à l'autre. Quand à l'organe pendant sous son nez, elle se gorgea de sang et durcit. Il était impatient de pouvoir s'insérer dans l'être représentant la luxure actuellement devant lui. Il avait envie d'y participer. Très envie. Une de ses mains s'actionna et se positionna sur la verge qui pointait vers lui. Il entreprit de s'en occuper en attendant le plat de résistance, observant minutieusement les réactions de son professeur du jour, devinant ses expressions érotiques. Quand à l'autre main, elle vint en renfort pour préparer son futur passage. Il avait vraiment envie d'y gouter. Peut-être commencer par un coup de langue ou deux…
- Ah…! Si tu fais ça… Kacchan… Ahah… Je vais pas tenir…
Tremblant de désir et d'impatience, Deku retira ses doigts huileux de lui. Il se releva légèrement pour changer de position et se plaça correctement au dessus de la tour érigée qui l'attendait. Il était prêt à amorcer la descente.
- Deku, tu…
- Laisse-moi faire… Kacchan… Depuis le temps… que j'en rêvais…
Aussitôt ces mots prononcés, le passif plutôt actif s'empala, laissant échapper un râle de plaisir. Il se laissa glisser tout le long, jusqu'à atteindre un recoin assez profond en lui. Il gouta à cette nouvelle sensation avec gourmandise. Son sourire béat ne quitta plus son visage. Il se sentait tellement empli par la présence imposante de son patient. Mais cela était insuffisant. Il en voulait plus. Il désirait plus. Il obtiendrait plus. Il commença par de petits mouvements de va et vient illustrés par de petits sauts avant que cela ne devienne incontrôlable.
Voir l'objet de sa convoitise s'agiter dans un plaisir solitaire au dessus de lui renforça son désir. De part son caractère belliqueux, il n'était pas fait pour rester inactif devant un tel spectacle effectué sans lui. Il décida alors d'accompagner son danseur avec des mouvements de hanches synchronisés.
- Att- Pas si vite! Je vais-
Ce n'était pas quelque mot qui allait lui faire perdre le rythme. Loin de là. Cela ne faisait que l'encourager. C'était de loin la soirée la plus mémorable que le blond avait vécu et il comptait bien en profiter. Prêtant une oreille plus attentive aux gémissements aguicheurs qu'aux mots dénués de sens, Katsuki inversa leur position d'un coup de rein pour dominer la situation. Il bougea de manière plus bestiale, laissant son instinct faire le travail. Il sentait sa tête se vider. Il explora du mieux qu'il put l'intérieur de ce corps brûlant dégoulinant d'érotisme, recherchant l'endroit le plus sensible qui augmenterait le plaisir de son amant sous lui. Comment Deku pouvait-il à ce point envahir ses pensées? Plus rien n'avait d'importance que ce corps qui se cambrait sous chacun de ses coups, allant et venant au gré de ses pulsions.
Les deux hommes sentirent la délivrance survenir à nouveau. Des baisers passionnés furent échangés. Le rythme plus saccadé de leur respiration s'accrut au fur et à mesure que la fin approchait. Encore quelques coups, quelques secondes. La connexion entre leur deux corps allait se rompre d'un moment à un autre. Un cri synchronisé retentit lorsque l'orgasme fut atteint. La semence blanchâtre se déversa sur leur corps recouvert de fluides et de sueurs.
Le reste de la nuit fut dédié aux ébats dont Bakugou Katsuki engrangeait beaucoup d'expérience sur les différents moyens de faire grimper son Midoriya Izuku au septième ciel.
Quelques heures plus tard, le soleil avait déjà dépassé son point culminant et poursuivait sa course vers la lune ronde. Le héros émergea doucement de son sommeil. Ses yeux papillonnèrent tout en maudissant les rideaux beaucoup trop fins. Il voulut s'asseoir pour s'étirer un bon coup quand quelque chose de plutôt lourd lui bloqua tout mouvement. Son bras avait vraisemblablement été réquisitionné pour faire office d'oreiller au psychologue encore plongé dans le pays des rêves. Avec sa main libre, il balaya d'un geste les quelques mèches vertes qui masquaient le visage de l'homme qui avait partagé sa couche la nuit dernière. Il admira cette petite frimousse appartenant à l'homme qu'il aimait.
Ah.
Il se l'était enfin avoué. Il l'avait enfin accepté. Bien que ses souvenirs furent légèrement troublés, il savait ce qu'ils avaient fait la nuit dernière et ne le regrettait pas. Jamais.
- Bonjour, Kacchan.
Sursautant légèrement, Kacchan vit deux yeux grands vert qui le fixaient avec douceur. Il sentait la température monté de quelques degrés à la vision de cet ange enveloppé dans ses bras.
- B-Bonjour.
Bon sang! Pourquoi rougissait-il? Il était une adolescente ou quoi? Et pourquoi bafouillait-il? Ce n'était pas comme s'il avait vécu sa première expérience. Quoiqu'avec un homme, c'était bien sa première fois, et surtout, c'était avec Deku. Mais ils avaient fait tellement de chose cette nuit qu'il n'aurait pas du ressentir de gêne à cet instant. Enfin, lui exprimer son amour de manière plus ou moins rude et sauvage et avoir une discussion sur l'oreiller, c'était deux choses différentes. Katsuki revint à lui quand il entendit celui qui avait partagé son lit avec lui rire. Encore. Immédiatement, il démarra au quart de tour.
- Pourquoi tu ris, Deku? Encore!
- Tu es vraiment mignon, Kacchan. Je t'aime!
- Que-! Tu-! Qui est mignon? Tu oses me dire ça alors qu'il y a quelques heures encore, tu gémissais à t'en briser les cordes vocales en me grimpant dessus!
Cette fois, ce fut au tour d'Izuku de rougir comme une pivoine. Il n'aurait jamais pensé avoir l'audace de faire tout ce qu'il avait osé faire la veille. Et de surcroit avec son cher Kacchan.
- Je-je suis pas comme ça d'habitude… Mais…mais parce que c'était Kacchan… je…
Le blond tiqua au mot habitude. Cela sous-entendait pas mal de chose. Et il n'aimait pas cela. Il était vrai que son ami d'enfance n'en était pas à sa première nuit, il en avait eu la preuve sous les yeux. De plus, en se rappelant de ce qu'il avait vu quelque mois plus tôt, le vert ne s'était pas contenté que de relations sérieuses dans sa vie sexuelle et sentimentale. Il grinça des dents, irrité à cette pensée.
Sentant que l'atmosphère n'était soudainement plus aussi euphorique, Izuku leva la tête pour voir la tête contrariée de son amant. Pourquoi? Avait-il dit quelque chose de mal?
- Kacchan?
- Je t'interdis… murmura Kacchan.
La suite ne parvint pas jusqu'à ses oreilles. Deku se redressa et se rapprocha de son amant.
- Quoi? J'ai pas bien entendu.
- Je t'interdis d'aller voir ailleurs, dit-il plus fermement et fortement. T'es à moi. Si un autre gigolo t'approche et que tu oses ne serait-ce que te rincer l'œil, je t'explose! Cette putain d'merde avec!
Se rendant compte de ce que cela impliquait et du sens caché de cette phrase, Deku rougit et acquiesça doucement, se rapprochant du corps de son partenaire, heureux. Il passa ses bras autour du torse offert à ses yeux et enfoui son visage dans la nuque de l'homme qu'il aimait.
- Je t'aime, Kacchan!
- Hn… Je ne te déteste pas…
Le héros resserra sa prise sur le corps qui épousait parfaitement le sien. Il ne put s'empêcher d'y laisser une caresse. Il venait tout juste de se rendre compte de se sentiments alors il ne se sentait pas encore prêt à prononcer cette phrase qui semblait si facile à son ami d'enfance. D'ailleurs, celui-ci semblait se contenter de cette version pour le moment vu les petits baisers qu'il laissait dans son cou. Mais un jour, il réussirait à lui exprimer ses sentiments, de vive voix. Et il savait, au fond de lui, que Deku l'attendrait.
Mais en attendant, il devait donner une leçon au vert pour lui apprendre à rester à sa place. Il n'était pas quelqu'un que l'on pouvait taquiner sans en subir les conséquences. Il s'en léchait déjà les babines.
Vous pouvez me donner votre avis sur ffnet ou sur disqus en bas de la page!
J'ai eu cette idée alors que je m'ennuyais au travail, debout à attendre des clients qui ne venaient pas… C'est pour ça que je me suis mise à écrire sur mon lieu de travail (ce n'est pas bien, ne m'imitez surtout pas!).
Bref! Je vous présente donc ma nouvelle fic My Hero Academia! J'avais d'abord pensé écrire un OS mais allez savoir comment, l'OS s'est transformé en fic… C'est un véritable mystère!
Bonne lecture à tous! ^^
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Chapitre 1
Les héros: une race d'êtres supérieurs appartenant à un monde différent du commun des mortels. Ils sont surpuissants, apparaissent toujours là où le danger met en péril la tranquillité d'honnête gens et possèdent un grand sens de la justice. Certains leurs vouent un culte digne des plus grands dieux. D'autres ne les voient que comme des bourreaux servant le diable en personne. Mais avant toute chose, il ne faut pas oublier que derrière ce masque héroïque se cache des êtres humains comme les autres. Aussi puissants soient-ils, ils ont tous un cœur qui bat sous leur uniforme de travail. A l'intérieur de leur corps composé de chair et de sang, ils ressentent des sentiments et peuvent agir sous le coup de l'émotion. Ces mêmes héros qui sauvent des milliers de vie ont aussi parfois besoin d'être sauvé à leur tour.
- Bien, monsieur Tanizaki, nous nous reverrons la semaine prochaine.
- Merci monsieur Midoriya.
L'homme nommé Tanizaki s'inclina puis sortie de la pièce. Midoriya Izuku, un homme dans la trentaine aux cheveux verts, sourit de manière bienveillante et referma la porte derrière son dernier patient de la journée. Il s'autorisa un petit étirement, levant ses bras au dessus de sa tête, se laissant aller dans un gémissement de bien-être. Il se massa ensuite la nuque dans un mouvement de poignet puis se détendit complètement. Aujourd'hui était une bonne journée de travail. Il retourna derrière son bureau pour taper la synthèse de son rendez-vous sur le dossier du client avant d'enregistrer et fermer le fichier. Il cliqua ensuite sur un autre logiciel et consulta le planning du lendemain.
A première vue, ce ne serait pas une journée très chargée. La plupart des noms inscrits sur l'agenda était des habitués qu'il suivait depuis un certain temps. Aucun d'eux n'était des personnes peu coopératives, comme il aimait les appeler. Il allait fermer le calendrier gentiment garni par sa nouvelle secrétaire quand un nom retint son attention. Un nom qu'il n'aurait jamais cru voir un jour dans ses rendez-vous professionnels. Enfin, c'était ce qu'il s'était dit au début du mois, la première fois qu'il avait vu ce nom apparaitre comme par magie dans son agenda. Depuis ce jour, c'était la troisième fois qu'il le voyait.
Bakugou Katsuki (alias Ground Zero)
«Kacchan» fut sa première pensée à la lecture de ce nom et la nostalgie envahie son cœur. Kacchan l'avait surnommé Deku durant toute son enfance. Les souvenirs douloureux supplantaient les souvenirs heureux qu'ils avaient pu un jour partager. Devait-il le traiter comme un vieil ami, comme un ennemi ou bien comme un étranger? Ses sentiments étaient bien mitigés. Dire qu'une telle personne venait le voir pour se faire soigner. Par lui. Il frissonna à cette idée farfelue. Il ne savait pas s'il devait s'en réjouir, rire ou pleurer. Quelle ironie du sort. Son corps tremblait sans pouvoir s'arrêter. Impatience? Doute? Ce qui était vrai hier ne l'était pas forcément aujourd'hui. Peut-être avait-il sciemment prit rendez-vous avec lui pour renouer leur lien. Après tout, depuis leur dernière rencontre, de l'eau avait coulé sous les ponts alors peut-être pourront-ils recommencer leur relation à zéro.
Enfin, c'était ce qu'il avait pensé la première fois qu'il avait vu ce nom apparaitre dans son agenda. Mais comme par le passé, ses sentiments avaient été rudement piétinés par Bakugou Katsuki. Il avait tellement appréhendé leur retrouvaille, tellement stressé tout au long de la semaine où ce nom si familier s'était inscrit. Il avait été distrait, incapable de se concentrer ou de dormir correctement, tel un enfant de primaire qui attendait les excursions ou les événements scolaires. Mais lors de leur premier rendez-vous, le patient n'avait même pas daigné se montrer, ni même appelé pour annuler ou reporter l'entrevue. Déçu et soulagé à la fois, Izuku pensait que Kacchan ne voulait peut-être pas lui montrer ses faiblesses. Qu'il était optimiste.
Il avait attendu leur deuxième rendez-vous. Dans son secteur d'activité, il n'était pas rare de se faire poser un lapin ou deux, surtout la première fois. Et il paraissait évident que son ami d'enfance entrait dans cette catégorie. La tension en lui s'évapora quelque peu. Ce fut sans réelle surprise que le vert passa son deuxième rendez-vous avec l'homme invisible, n'apercevant même pas l'ombre d'un héros blond explosif. Et pour ce troisième rendez-vous à venir? Devait-il parier sur sa venue ou sur son absence?
L'homme aux cheveux verts secoua la tête, se disant qu'il ne fallait pas trop y réfléchir. Un proverbe lui vint à l'esprit au même moment. Tout venait à point à qui savait attendre, n'est-ce pas? Anticiper le facteur instable, si le caractère de son ami d'enfance n'avait pas évolué, ne lui serait d'aucune utilité. Il devait faire le premier pas? Sinon, il aurait beau attendre, ce ne serait qu'une perte de temps. Il commença à fouiller dans ses papiers et tira le dossier du patient absentéiste. Un numéro était inscrit sur la seule feuille de la pochette cartonnée. Il s'empressa de composer le numéro indiqué. Après quelques secondes, l'interlocuteur décrocha.
- Allo? Je suis Midoriya Izuku. vous êtes celui qui a pris rendez-vous pour Bakugou Katsuki, n'est-ce pas? Oui, c'est cela. J'ai en effet un petit problème. Je me demandais si vous pouvez persuader votre ami de venir me rencontrer. Il est actuellement difficile de faire progresser la situation si l'intéressé ne se montre pas. Oui. Il se trouve que lors des deux précédentes séances…
Après quelques minutes passées à expliquer la situation, Izuku raccrocha. Être paralysé par la peur ne lui ressemblait pas. Surtout face à Kacchan. Un sourire naquit sur ses lèvres. Finalement, il devait avoir plus hâte de le revoir que ce qu'il pensait. Il éteint son ordinateur et pris sa sacoche. Il avança jusqu'à la porte et jeta un dernier coup d'œil derrière lui avant d'éteindre la lumière.
Concernant le pari, devait-il miser sur la présence ou sur l'absence de Bakugou Katsuki? Si tout se passait bien, il le verrait dès le lendemain. Il allait revoir Kacchan. Ce surnom faisait remonter pas mal de souvenirs en lui. Le plus ancien devait être celui où il se prit en pleine face son «handicap» à l'âge de quatre ans.
Contrairement aux autres enfants de sa génération, il n'avait pas d'alter. Il faisait partie des vingt pourcents de la population à n'avoir aucun pouvoir. Ce jour-là, son rêve de devenir héros se brisa une première fois. C'était également à partir de ce jour là que Kacchan, petit surnom affectif qu'il avait donné à ami d'enfance et accessoirement son futur patient, avait commencé à prendre ses distances avec lui et à le brutaliser. Avec le temps, beaucoup de temps, des années plus tard, il était parvenu à relativiser la chose.
A l'époque, ils n'étaient encore que des enfants à la recherche d'une place qui leur était propre. Parfois, ils la trouvaient de suite, parfois ils tâtonnaient, parfois ils s'égaraient. Parmi les enfants, il y avait une sorte hiérarchie qui s'organisait par rapport à la force. Et lui, un sans pouvoir, était évidemment en bas de l'échelle. Un véritable bon à rien, comme l'indiquait son surnom: Deku. Mais il avait nié sa réalité. Il ne pouvait pas l'accepter. Il avait refusé d'abandonner. Il avait lutté. Il avait persévéré. Il s'était entraîné. Il avait tout enduré. Il avait étudié. Il avait tout fait pour devenir un héros pour surmonter sa faiblesse.
Lors de sa dernière année de collège, il avait eu l'audace de s'inscrire à l'examen d'entrée de Yuei, la meilleure école de super héros malgré son aptitude plus que défavorable, carrément inexistante. Ce qui n'avait guère plu à Kacchan. Il se souvenait encore de son regard. Cette dernière année avait aussi été la plus folle, un véritable tournant dans sa vie. Il pouvait aussi dire que c'était l'année où il avait touché le fond du gouffre et tout n'avait été que désespoir. Jamais cela n'avait été aussi violent que cette année là.
Le blond se faisait de plus en plus cruel au fur et à mesure qu'ils grandissaient. Quotidiennement, il le décourageait et le remettait à sa place de moins que rien, tout en bas de la pyramide. Puis un jour, il rencontra son idole. Il avait osé lui demander «est-ce qu'on peut devenir comme vous sans super pouvoir?». Il voulait devenir un véritable super héros. Même sans pouvoir. Il avait osé espérer de belles paroles de la part du numéro un des héros. Mais ce jour-là, son rêve vola en éclat une deuxième fois, de la plus violente des manières qui soient. La réalité le frappa de plein fouet. All Might, le héros parmi les héros, l'éternel numéro un au classement, son dieu vivant, lui avait dit que c'était impossible. Il y avait des choses que la volonté seule ne pouvait compenser. Il devait se trouver une autre voie.
Suite au choc émotionnel assez virulent, Deku se sentait plus que misérable. Toute sa motivation perdue, il n'était plus que l'ombre de lui-même. Même les brimades de son ami d'enfance ne l'avait pas autant secoué que cette phrase d'All Might. Tiraillé entre son rêve de devenir un héros et l'implacable vérité sortie de la bouche de l'objet de son culte, il fit la chose la plus stupide qu'il n'ait jamais faite. Stupide mais tellement satisfaisant pour son égo. Il avait assisté à une de ces arrestations matinales dont il avait l'habitude de poursuivre et vit quelque chose qui fit vibrer son cœur blessé. Kacchan avait été possédé par un super vilain. Le garçon le plus fort de son âge était actuellement en position de victime. Il luttait pour sa survie. Il ne faisait pas le poids. Les héros étaient hésitants. Le corps du sans alter agit avant ses pensées. Ses jambes le transportèrent vers la scène du crime. Il courut à la rescousse de son tyran, permettant de déstabiliser cet inconnu à l'apparence gluante, gagnant juste assez de temps pour que les héros du jour puissent agir.
Maintenant qu'il y repensait, cela ressemblait plus à une tentative ultime et désespérée de sa part de devenir un héros. Il se souvenait également s'être fait sévèrement réprimander par les héros présent sur place. Bien sur, toute action avait ses conséquences. Son bourreau lui avait fait subir le contre coup de son humiliation et il perdit le droit de se présenter aux examens de Yuei. De ce qu'il avait compris au milieu du brouhaha de réprimandes, quelqu'un qui ne savait pas où était sa place et qui gênait une opération sauvetage, risquant par la même occasion la vie de l'otage, n'avait rien à faire dans la plus grande école de super héros.
La remise des diplômes marqua sa séparation avec l'adolescent explosif. Chacun suivait le chemin tracé par ses choix et surtout, ses capacités. L'un fit un pas dans le monde des héros tandis que l'autre empruntait la route du citoyen lambda. Ils ne s'étaient plus revus depuis ce jour. Izuku se rappelait que malgré son rêve brisé en mille morceaux, il ne pouvait se résoudre à abandonner son aspiration première. Toutes ces années à souffrir et à se raccrocher à un maigre espoir ne pouvaient tout simplement pas disparaitre ainsi. Il avait beaucoup médité. Il s'était remis en question. Il avait retourné le problème dans tous les sens et finalement, il trouva la réponse. Comme le lui avait conseillé All Might, il devait se tourner vers une autre voie, plus accessible pour lui, une qui ne nécessiterait pas d'alter. Qu'avait-il donc à offrir à la société?
Sa dernière année de lycée avait été décisive. Il avait fait énormément de recherche et avait demandé des conseils sur son orientation. Au bout de ce long tunnel, il trouva un autre moyen de réaliser ses rêves. Ce n'était pas conforme à ses rêves d'enfant. Il ne pouvait sauver une famille entourée par des flammes ou capturer un super vilain. Mais il entrevit une brèche dans laquelle il s'engouffra sans hésitation. Il s'inscrit in extremis dans l'université visée et passa les concours avec brio. Ce fut difficile. Il se rappelait combien il avait buché pour avoir sa place, combien ce fut l'enfer d'assimiler autant de connaissance en un si court laps de temps. Il ne comptait plus le nombre de nuit blanche qu'il avait effectué pour boucler ses dossiers en temps et en heure. Mais ses efforts furent récompensés. Il parvint à en sortir major de promo. Il enchaina ensuite, grâce à quelques contacts universitaires obtenus de part son statut d'élève modèle, avec un bon stage. Il avait travaillé un peu partout auprès de grands noms dans la profession, professeurs comme médecins, afin d'observer plusieurs angles d'approche différentes et élargir ses horizons, ce qui expliquait une partie de ses activités dans un grand hôpital dans la capitale. Depuis, il avait prit son envol et ouvert son propre cabinet grâce à l'aide de certains grands noms qui l'avaient soutenus depuis sa thèse.
En bref, il attendait avec impatience cette séance du lendemain. Il décida de parier sur la présence de cet homme qui avait changé sa vie. Sur cette conclusion, le vert fit un crochet au conbini, histoire d'avoir de quoi se restaurer et d'être paré pour la bataille à venir. Si Kacchan était resté le même, ce serait alors un long combat qui se profilait.
Le lendemain, après une pause déjeunée bien mérité, Izuku monta les marches pour retourner dans son cabinet avec un petit dessert en main. Son petit pêché mignon depuis quelques années. Arrivé au troisième étage, il tourna au bout d'un couloir aux couleurs sobres et vit deux personnes attendre devant sa porte. Il s'arrêta, le cœur battant. Était-il en retard? Il vérifia sa montre. Non. Il lui restait encore dix minutes. Sur les deux silhouettes qui lui faisaient dos, Midoriya Izuku reconnut immédiatement celle de Bakugou Katsuki. Cela ne pouvait être que lui.
Il inspira, tentant de calmer son pauvre cœur. Il était un professionnel. Il ne devait pas se laisser aller. S'il réagissait ainsi en voyant un simple dos, comment réagirait-il lorsqu'il verra le visage du blond? Une fois calmée, en apparence du moins, il reprit sa route.
- Excusez-moi, je vous ouvre tout de suite.
- Ce n'est rien, c'est nous qui sommes en avance, s'excusa un homme aux cheveux rouges.
Le vert arriva, clé en main. Il faisait tout pour contrôler ses gestes afin de ne pas laisser entrevoir sa nervosité et son appréhension. Il glissa la clé dans la serrure et en profita pour jeter un coup d'œil au deuxième homme étrangement silencieux. La tentation était trop forte. Son cœur rata un battement. Il avait tout fait pour le voir aujourd'hui mais… entre savoir et voir, c'étaient deux choses distinctes. Ses cheveux, ses yeux, les traits de son visage… Son ami d'enfance avait tellement changé et pourtant, si reconnaissable à la fois. S'en était troublant.
- Kacchan… lâcha-t-il d'un souffle.
A l'entente de ce surnom enfantin, vestige d'un lointain passé, le blond se raidit légèrement. Il vit passer une touffe à la fois épaisse et familière couleur forêt. Il regarda avec stupéfaction celui qu'il devait rencontrer cette après-midi. Ce n'était pas possible. C'était une plaisanterie, n'est-ce pas?
- Deku…? Que-
- Entrez, entrez! Coupa Izuku. La salle d'attente est par ici, je prépare la salle et je suis à vous.
Belle esquive. Mais celle-ci n'était que temporaire. Les deux hommes venus pour la consultation s'installèrent dans la salle d'attente et le silence fut rompu immédiatement par celui qui avait rendez-vous malgré lui.
- Je savais que c'était louche cette histoire de me présenter une recrue prometteuse! Pas question que je vois ce mec! J'me casse!
A peine le colérique fit un mouvement pour quitter sa chaise qu'il fut plaquer contre son siège, deux mains sur ses épaules pour le maintenir en place.
- Bakugou, tu as besoin d'aide, soupira son ami accompagnateur. Tu peux pas continuer comme ça. Et si j'ai du mentir, c'est de ta faute. T'as raté deux rendez-vous.
- De quoi tu parles, Kirishima? J'ai pas besoin d'aide! Et surtout pas de celui-là! Rétorqua le blond.
- J'ai entendu parler de ce qui t'es arrivé mec. Désolé d'avoir pris rendez-vous pour toi sans te consulter. Mais t'inquiètes! C'est le meilleur dans ce milieu. Il est jeune mais il a sauvé Chibimini. Sa réputation n'est plus à faire.
- Je-
- Écoute. T'es mon meilleur pote. Et je vois bien que t'as un problème. Avec les autres, on s'est plié en quatre pour toi! On en a chié pour obtenir ce rendez-vous. Et aussi rapidement! Merde, t'en as raté deux! C'est dingue que ce Midoriya ait attendu jusqu'à aujourd'hui!
- J'ai rien demandé!
- Alors tu préfères quitter ton taf et prendre ta retraite?
- Tu me menaces là? Grogna Katsuki, incrédule.
- Si c'est pour que tu restes en vie, alors oui. Considère ça comme une menace si tu veux. Dans ton état actuel, t'es un danger aussi bien pour les victimes que pour tes camarades et pour toi-même! Nous avons besoin de héros sain de corps et d'esprit. Si tu refuses, je me verrai dans l'obligation de le signaler à la commission pour qu'elle te retire ton permis, et ce, malgré ton incroyable talent.
- C'est ce putain de délégué qui t'a écrit ces lignes?
- Ouais, Iida m'a préparé cette phrase. J'ai même du l'apprendre par cœur, tu sais? Mais sache que je le ferai vraiment si tu quittes cette pièce.
Un bruit de porte se fit entendre, suspendant la conversation. Les pas se rapprochèrent et le spécialiste s'arrêta devant les deux hommes, actuellement seuls dans la salle d'attente en ce début d'après-midi ensoleillé.
- Désolé de vous avoir fait attendre. Kacc- Monsieur Bakugou, se reprit Midoriya, par ici s'il vous plait, dit-il en faisant un geste de la main pour indiquer le chemin à suivre.
Le vert avait faillit rappeler son patient par le surnom auquel il était habitué à l'appeler. Il l'avait déjà laissé échapper à l'entrée. Il ne devait plus refaire la même erreur. Jusqu'à cet instant, il considérait Bakugou Katsuki comme étant Kacchan et imaginait que lui, Midoriya Izuku, était toujours Deku. Il réprima un soupir en sentant le regard rempli d'animosité de son client. Mais il devait se rendre à l'évidence. Ils n'étaient plus que des étrangers l'un pour l'autre après tant d'années de séparation.
Izuku secoua légèrement la tête, chassant ses idées noires. Il ne devait pas se laisser abattre par si peu. Il avait une réputation à tenir. Il ne devait pas se laisser aller pour prouver au héros qu'il était un véritable professionnel. Ils avaient tous les deux grandis. Ils n'étaient plus Kacchan et Deku, deux amis d'enfance dont la relation s'était dégradée avec le temps, mais Bakugou Katsuki et Midoriya Izuku, un patient et son médecin.
- Sensei, je laisse mon ami Bakugou entre vos mains. Je compte sur vous pour l'aider, dit le héros Red Riot en s'inclinant.
- Ne vous inquiétez pas. Vous pouvez compter sur moi. Je ferai tout pour le sauver.
- Et toi Bakugou! T'as pas intérêt à sécher une autre séance ou je ferais tout pour que t'ai plus de permis! Et c'est Iida qui remplira la paperasse alors t'es sur qu'il n'y aura aucune erreur!
L'ami de Katsuki s'inclina une nouvelle fois et laissa son camarade entre les mains du sauveur des héros. Midoriya pénétra dans sa salle de consultation et intima silencieusement à son ancien voisin de s'installer. Il se dirigea ensuite de l'autre côté de la table et ouvrit un fichier client jusqu'ici uniquement rempli par une note «N'est pas venu au rendez-vous». Deux fois. Il se concentra un maximum pour afficher une attitude très professionnelle.
- Monsieur Bakugou…
- Tu me fais gerber à m'appeler comme ça, Deku, cracha venimeusement monsieur Bakugou.
Et voilà, ses efforts furent réduits à néant en une simple phrase. Ne voulant pas se faire déstabiliser pour si peu, avant peut-être mais pas aujourd'hui, il connaissait suffisamment son ami d'enfance pour savoir qu'il se moquerait de lui à la première occasion. Il poursuivit donc la séance comme tout professionnel qui se respectait.
- Pas de soucis. Nous ferons comme tu voudras. Tu peux continuer à m'appeler Deku si ça te met plus à l'aise. Et toi? Tu préfères que je t'appelle comment? Ground Zero? Ou bien Katsuki? Kacchan?
Kacchan ressentit un léger frisson lui parcourir l'échine à l'entente de son diminutif si longtemps tombé dans oubli. Il n'avait toléré qu'une seule personne à l'appeler ainsi. Deku. Même après que leur relation ce soit détériorée, le vert avait continué à le nommer ainsi, maintenant le faible lien entre eux, sans jamais qu'il ne lui interdise ce surnom malgré les brimades.
- Fait ce que tu veux, putain d'nerd.
Lui aussi s'en était tenu à Deku. Bien sur, quelques autres surnoms pas très honorifiques avaient pris place mais ce privilège lui avait toujours appartenu. À l'entente de cette appellation, le vert sourit, un petit air nostalgique traversant son visage. Décidément, il ne pouvait pas tirer un trait sur leur passée, aussi douloureux soit-il. Tout ce qu'il avait vécu jusqu'à ce jour l'avait conduit à ce qu'il était aujourd'hui. Il ne pouvait effacer d'un simple geste de la main les bons comme les mauvais souvenirs. Ils allaient de paires. Cette façon de parler était comme une autorisation de sa part.
- Ahah, ça faisait longtemps qu'on ne s'était plus vu, Kacchan. Ca me fait très plaisir. Même si ça fait quand même trois semaines que je t'attends.
Il était sincère. Vraiment. Après s'être séparé de lui et avoir pris du recul, celui qui avait abandonné la voie des supers héros ne voyait plus tout en noir. Le fait est que ses études l'avaient aussi aidé à relativiser sur ce qui s'était passé entre eux, à chercher la raison d'un tel déraillement dans leur relation, à cicatriser leurs blessures de cœur. Lorsqu'ils étaient jeunes, ils s'étaient heurtés sans ménagement, intentionnellement ou non, sans prendre soin l'un de l'autre, créant ainsi des plaies béantes difficiles à panser.
- Il te manque vraiment une putain d'case, Deku. Sache que j'suis pas ici de mon plein gré alors rédige un putain d'rapport comme quoi tout va bien et on ne se reverra plus jamais! Lança le colérique en tapant du poing sur la table.
Ne se laissant pas déstabiliser par les quelques étincelles qui éclataient dans la main suspendue au dessus de son bureau, Izuku ne perdit pas son sourire et parcourut en diagonal un rapport sous ses yeux. Il l'avait lu tellement de fois pour préparer leur entretien qu'il le connaissait par cœur. Il était un professionnel. Il avait l'habitude de ce genre de défi. D'ailleurs, son bureau était composé de matériaux renforcés. Il ne se laisserait plus marcher sur les pieds par son ami d'enfance. Il avait changé.
- Malheureusement, je ne peux pas faire ça, Kacchan. Tu es ici car Kirishima-kun a estimé que tu avais besoin d'aide.
- J'ai pas besoin d'aide! Affirma le blond.
- Pourtant, d'après ce que je vois, depuis cet incident, tu…
- La ferme! Putain d'nerd! T'es qu'un Deku! T'as rien à me dire!
Katsuki se leva brusquement, renversant sa chaise au passage. Il éleva la voix plus précipitamment, plus fortement, que ce qu'il avait prévu. Ce genre de comportement trahissait la nervosité qu'il cachait vis-à-vis de cet incident. Il s'en voulait de s'être ainsi fait mener en bateau.
Izuku quand à lui, continua de le fixer, sans rien dire. Une fois qu'il estima son ami d'enfance calmé, il reprit la parole. C'était dans ce genre de cas qu'il ne fallait surtout pas brusquer le patient. Il sentait que la suite serait bien plus difficile.
- Écoute Kacchan. Je sais combien cela doit être difficile pour toi mais je suis là pour t'aider. Nous n'avons pas à nous précipiter. Prenons notre temps. Parle-moi dès que tu te sentiras prêt. Je ne te forcerai pas. Rassures-toi.
- Alors-
- Par contre, en tant que psychologue, je ne pourrais autoriser la poursuite de tes activités sur le terrain si tu refuses de me voir, dit Deku fermement. A toi de voir. Et je te déconseille de sécher. Je pense que ton ami a été assez clair. Sache que je sais très bien délivrer des certificats d'inaptitude aux actes héroïques.
Malgré son visage souriant, son ton n'autorisait aucun refus. Après toutes ces années, le vert autrefois surnommé bon à rien avait su devenir un homme. Il n'était plus le petit garçon chétif qui ne pouvait que subir sans répliquer. Il était actuellement dans un rapport de force en sa faveur. Il pourrait presque prendre gout à ce sentiment de supériorité vis-à-vis de Kacchan.
- Nous nous verrons une fois par semaine, que cela te plaise ou non, Kacchan. Par contre, comme je te l'ai dit, je ne te forcerai pas à parler de cet incident. J'attendrai que tu acceptes l'idée d'avoir besoin d'aide. Ça n'a l'air de rien comme ça mais c'est un premier pas important. D'ici là, nous pouvons parler de tout ce dont tu as envie. N'importe quel sujet.
Un silence s'installa. Izuku en avait vu, des patients récalcitrants, des plus gentils aux plus insupportables. Le fait que la société avait pas mal de préjugés, du genre plutôt péjoratif, freinait pas mal de personne qui aurait pourtant besoin d'un petit coup de pouce, ne serait-ce que pour les éclairer un peu. Aussi, préférait-il mettre en confiance la personne en face de lui plutôt que d'attaquer de front. Il cherchait ensuite un moyen d'approfondir le sujet, qu'importe le temps qu'il y passerait dessus.
Le blond était dans un tout autre état d'esprit que le psy. Il était littéralement hors de lui. Déjà que ce putain de rouge l'avait trompé pour suivre cette thérapie de merde, mais en plus, il fallait que cela soit Deku qui prenne en charge son dossier.
Deku… Cela faisait bien des années qu'il n'avait plus entendu ni prononcé ce nom ridicule. A croire qu'il faisait le mort. Un jour, tout avait déraillé entre eux et il lui était devenu insupportable de rester auprès de celui qui avait grandi avec lui. Un regard suffisait à lui faire cracher des immondices. Et voilà qu'après toutes ces années, le blond retrouvait ce gamin chétif derrière un bureau, proclamant être son psy et qu'il voulait apporter son aide? Il y avait de quoi rire. Il avait beau le regarder, il ne voyait qu'un Deku incapable de quoi que ce soit. Pas comme lui qui ne pouvait s'autoriser une pause sur sa route vers le sommet des héros. Un simple contretemps et cela ruinerait tous ses efforts.
Physiquement, ils avaient tous les deux grandis et étaient devenus deux hommes bien séduisants dans leur genre. Ses cheveux verts n'étaient toujours pas disciplinés et le renfrogné devait s'avouer que cette chemise verte ne lui allait pas trop mal. Mais il était certain que certains tics assez repoussants étaient toujours présents. Comme le fait de marmonner dans son coin en grattant du papier. Combien de cahier avait-il rempli ainsi? Surement assez pour s'être cru capable de passer l'examen de Yuei et se voiler la face quand à ses capacités, aussi bien physiques que surnaturelles. Une fois lancée sur le sujet des héros, celui-ci était intarissable, ce qui pouvait se révéler ennuyeux pour des personnes lambdas. Avec ce genre de défaut, il se doutait bien que le succès auprès de la gente féminine ne devait pas suivre.
- Ca fait le fier alors que j'suis sur qu'il est encore puceau, marmonna Kacchan, les yeux rivés vers la fenêtre.
- Ahah, Kacchan, même moi j'ai une ou deux expériences à mon âge.
Katsuki tourna brusquement la tête et regarda incrédule celui qui fut son ami d'enfance. Il était surpris. Choqué serait peut-être le mot. Lui qui avait encore la vision du gamin pleurnichard incapable de répliquer à ses coups, à toujours subir sans rien dire, pas fichu d'aligner deux lignes à une fille… Cet enfant serait donc devenu un homme aujourd'hui. Mais en y réfléchissant bien, cela faisait…presque quinze ans qu'il ne l'avait pas vu. Comme quoi, tout le monde changeait. Ils avaient quasiment passé autant de temps ensemble que loin l'un de l'autre. Cependant, il ne s'avouait pas vaincu. Ce n'était qu'un Deku. Il ne pouvait s'empêcher de lui cracher gratuitement son venin à la figure.
- Ca devait être une pauv' fille désespérée…
- T'es méchant Kacchan. Sans vouloir me vanter, Kurumi-chan faisait partie du top cinq des plus belles filles du séminaire et Takeru-sempai était un ainé très attentionné et plutôt beau gosse.
Le blond s'étrangla à l'entende du nom masculin glissé l'air de rien dans la conversation. Ou bien une fille avec un tel nom? Ce n'était pas totalement impossible vu l'ère d'aujourd'hui mais très peu probable. Il lui venait l'envie soudaine de fuir. S'il était un homme ordinaire, il l'aurait peut-être fait mais il était un héros. Et un héros ne déguerpissait pas la queue entre les jambes face à une mauviette.
- T'es devenu gay? Lâcha Kacchan.
- Non, mais pendant que je me cherchais, j'ai multiplié mes expériences. Chaque relation a ses avantages et ses inconvénients.
Il n'en croyait pas ses oreilles. Qui était donc cet inconnu en face de lui? Ca ne pouvait pas être Deku. Il n'avait rien à voir avec son Deku, celui avec qui il avait grandi depuis leur rencontre dans les bacs à sable, joué aux héros et la partie la plus importante en termes de durée…celui qu'il avait tyrannisé. Ils avaient vécu beaucoup de chose ensemble, que ce soit en bien ou en mal. En y réfléchissant bien, la distance qui s'était installée entre eux était de sa faute… enfin… en partie.
Un nouveau silence s'installa. Le héros explosif voulait en finir au plus vite avec cette séance qu'il jugeait stérile. Il y avait tellement de silence qu'il ne savait plus où poser son regard. Depuis quand baissait-il les yeux devant un Deku? Il finit par lever ses prunelles rouges et lorgna sur l'horloge accrochée en haut du mur. Était-elle au dessus de sa tête pour que ses patients désespèrent en voyant la séance s'éterniser? Quinze minutes avaient passé depuis qu'il était assis dans cette pièce. Quinze petites minutes. Combien de temps allait donc durer cette séance?
Voyant le malaise commencer à s'installer, Izuku se leva et se plaça devant son patient. Il fit un geste pour l'inviter à changer de place. Il savait que rester à se regarder dans le blanc des yeux serait contreproductif. Il se devait de détendre l'atmosphère pour mettre le héros à l'aise.
- Tu préfères qu'on discute sur le canapé? Il est très confortable tu sais. Je peux même t'offrir une tasse de café si tu veux. Et cerise sur le gâteau, j'ai ramené une pâtisserie dont tu m'en diras des nouvelles! Elle provient de la nouvelle pâtisserie en face de la gare.
Joignant le geste à la parole, Midoriya se dirigea vers la machine à café et prépara les tasses pour leur boisson chaude. Le temps que l'information atteigne le cerveau du blond, la mixture caféinée était presque prête. Bakugou décida de se lever et alla s'assoir sur le beau, il devait l'admettre, canapé rouge. C'était un rouge un peu hypnotisant qui invitait à se reposer dessus. Il en profita alors pour visiter les lieux en vue panoramique, chose qu'il n'avait pas eu le temps de faire en entrant, trop occupé à préparer sa protestation. Ah, il y avait quelques goodies de All Might qui trainait par-ci par-là. Cette passion était toujours la même apparemment.
Il revint à lui quand il entendit le bruit de quelque chose poser devant lui. Il vit une tasse fumante et un beau gâteau à la fraise. Il glissa une œillade au vert qui se régalait déjà, vue la rougeur sur ses joues, et retourna son attention sur son assiette. Il hésita un instant avant de prendre la petite fourchette pour prendre une bouchée. Il était étonné. Il ne s'attendait pas à ce que cela soit si délicieux. Ils mangèrent en silence, où seul le bruit du couvert se faisait entendre.
- C'est mon petit péché mignon depuis que j'ai commencé à travailler.
- Et tu t'en es pris deux parts? T'es devenu gourmand, se moqua le héros.
- Ce-ce n'est pas ce que tu crois! Rougit Izuku. En général, je prends une part comme dessert et une autre pour le goûter. Mine de rien, ça creuse de faire ce métier. Mon cerveau a besoin de sucre!
Le vert déposa son assiette désormais vide. C'était fou la vitesse à laquelle la pâtisserie avait été engloutie.
- Et puis, il faut bien un peu de réconfort quand on entend les problèmes de tout le monde à longueur de journée.
Derechef, un silence s'immisça entre eux suite à cette déclaration. Le défi semblait assez ardu. La mine du héros se referma. Aurait-il fait une boulette?
- Combien de temps dure la séance?
- Hein? Oh, elle dure en moyenne une heure. Bien sûr, si tu veux une séance prolongée, il n'y a pas de…
- Rêve pas, putain d'nerd.
Le blond but sa tasse en silence, ignorant les tentatives de lancer une discussion de l'homme aux cheveux vert en face de lui. Une heure… Il regarda l'horloge. Encore trente cinq minutes. Il déposa son verre, refusant de croiser les yeux verts d'une certaine personne et fixa la porte.
- Kacchan…
- La ferme.
- Mais…
- Ta gueule Deku!
Le héros entendit un léger soupir. Il vit ensuite le professionnel débarrasser et marmonner en faisant la vaisselle. Surement entrain de réfléchir à une stratégie pour le faire parler. Mais Deku pouvait toujours rêver pour qu'il cède. Il lâcha un claquement de langue, preuve de son mécontentement, et lança son fameux regard rempli d'animosité.
Le reste de la séance fut tout aussi infructueuse que la première moitié. Katsuki ne répondait que par monosyllabe et tuait du regard celui qui tentait de l'aider. Quand l'heure fut terminé, le héros ne perdit pas une seconde et ramassa ses affaires pour quitter le bureau en claquant la porte. Izuku soupira, la tension soudainement disparut. Il savait que la tache serait compliqué mais à ce point là. Il avait pourtant cru que la pâtisserie allait détendre l'atmosphère. Bon, il n'avait plus qu'à dresser une stratégie pour que son patient s'ouvre à lui. Il était du genre persévérant après tout.
La semaine suivante, le psychologue eut la mauvaise surprise de voir son rendez-vous avec Kacchan annulé. Il tenta d'appeler son patient, qui ne prit l'appel qu'après sa quatrième tentative. Cela ne dura qu'une seconde. «J'suis occupé» qu'il avait lâché avant de raccrocher. Dans la soirée, le vert reçut un appel de l'homme rouge qui lui expliquait proprement qu'un imprévu était arrivé, d'où la séance annulée.
La semaine suivante, le blond s'était effectivement présenté, mais en retard, et avait refusé de croiser son regard, ayant les yeux rivé sur son smartphone, jouant à divers jeux dessus. Quelques noms peu élogieux avaient été lâchés par-ci par-là. Mais rien d'exploitable. Cependant, il pouvait confirmer que Kacchan n'avait pas sécher sa séance.
La semaine suivante fut de nouveau annulé. Des heures supplémentaires? Kacchan pensait-il vraiment qu'il allait avaler une telle chose? Après enquête, le thérapeute apprit que le blond avait soudainement renoncé à ses jours de repos pour aller travailler. Sa patience ayant des limites, Izuku contacta de nouveau Kirishima pour mettre en place un plan.
Enfin, le jour de la séance arriva. Izuku sacrifia sa pause déjeunée pour rejoindre Katsuki sur son lieu de travail. Il fit profil bas lorsqu'il rejoignit un certain rouge en bas de l'immeuble et ils pénétrèrent discrètement dans le bureau sous le regard interloqué de la gardienne de l'immeuble. Kirishima Eijiro était un homme assez fort pour avoir réussi à convaincre les employés de l'aider. Arrivé devant la salle où était leur objectif, les deux comploteurs se firent signes puis exécutèrent leur plan.
Bakugou était assis à son bureau, remplissant une putain de paperasse qu'il rêvait d'exploser. Pourquoi s'appliquait-il autant? Parce que c'était soit se taper de l'administratif, soit se taper une autre séance avec Deku. C'était plus simple d'ignorer les multiples appels et notifications qu'il recevait. Soudain, sa porte fut défoncée. Réagissant au quart de tour, Katsuki explosa le morceau de porte qui le visait.
- Bakugou!
Avant d'avoir pu avoir une idée de ce qui se passait, l'explosif vit Kirishima lui foncer dessus, la peau durcie par son alter. Il évita un coup de poing et se retrouva dans le dos de celui qu'il prenait pour son ami. Il allait lui faire regretter son attaque surprise quand il se sentit une autre présence derrière lui. Ses hanches pivotèrent pour apercevoir du coin de l'œil une touffe verte lui foncer dessus. Il esquiva in extremis le coup de poing qui frôla sa joue avant de perdre son équilibre à cause d'une balayette. Avant même s'avoir pu réagir, il fut plaqué au sol. Tout mouvement impossible, le blond sentit des liens autour de ses bras.
- Merci pour ton aide, Kirishima-kun.
- De rien Midoriya. T'es vachement fort comme mec.
- Ahah… Je traite quotidiennement des héros, tu te doutes bien que certains usent de leurs atouts pour m'éviter. J'ai pas mal de matériel dans mon bureau.
Le calme revenu dans son bureau, le héros explosif vit une tête rouge et une tête verte au dessus de lui, discutant tranquillement alors qu'il était immobilisé sur la moquette.
- C'est quoi ce bordel?
- T'es sérieux Bakugou? Je t'avais dis de pas sécher!
- J'ai pas séché!
- Kacchan, tu cherches à m'éviter en prenant pour excuse le travail, ça revient au même. Sachant que tu ne viendrais pas de toi-même, je suis venu te chercher. Allez viens, on va dans mon cabinet.
- Midoriya, appelle-moi quand tu veux!
- Pas de problème Kirishima-kun. Ce fut un plaisir de collaborer avec toi.
Trainant un Bakugou récalcitrant dans la rue, les deux hommes ne passèrent pas inaperçus. Loin de là. Arrivé au parking, Izuku jeta sans ménagement son ami d'enfance sur la banquette arrière de sa voiture et démarra. Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent à destination. Ce ne fut qu'une fois dans la salle de consultation que Deku détacha son patient kidnappé sur son canapé.
- Putain d'nerd! Je vais te-
- Oui, oui. Je sais, je sais. Bien, Quoi de neuf depuis la dernière fois, Kacchan?
- Tu viens de m'enlever!
- Ahah, c'est la première fois que je fais ce genre de chose. C'était plutôt excitant.
- Te fous pas de moi, Deku!
- C'est plutôt à toi de te reprendre Kacchan.
Le ton jusque là léger changea brusquement. La voix était plus grave, plus sérieuse, plus menaçante.
- J'ai fait des efforts, Kacchan. Je t'ai attendu. Passe encore que tu sois scotché sur ton portable durant toute la séance mais que tu me poses un lapin, tu rêves! Je sais que tu ne m'aimes pas, mais je suis avant tout un professionnel. Mon devoir est de te soigner.
- J'ai pas besoin de ton aide!
- Je viendrais te chercher à chaque fois que tu t'esquiveras. Je suis fort à ce jeu là. J'irai même te chercher chez toi s'il le faut. Kacchan! Ne te braque pas! Si tu ne veux pas en parler, soit, mais viens me voir. Tu penses peut-être que c'est une perte de temps mais si tu continue de refuser, tu risques de tout perdre! Alors ressaisis-toi! T'es un héros non?
Deku avait levé la voix sur lui. Cela faisait longtemps que Deku ne s'était plus dressé contre lui. Et cette fois, il avait même été jusqu'à monter un plan aussi minable pour l'emmener dans ce bureau de merde. S'il avait pu, il aurait tout explosé. Mais il était un héros, pas un vilain. Quoique s'il invoquait la légitime défense contre le kidnapping, c'était valable? Mais dans ce cas, tout le monde aurait su la raison de cet enlèvement… Finalement, hurler tout au long du trajet avait été son seul défouloir. Et à présent, il avait la gorge sèche.
Pendant qu'il reprenait peu à peu son humanité, Midoriya apporta un verre d'eau à son récalcitrant qui le lui arracha des mains. Ne s'attendant à rien de sa part, le professionnel de santé s'assit en face de l'homme qu'il avait enlevé. En y repensant, c'était un plan de fou. Mais en se laissant entrainer par l'enthousiasme de Kirishima, il avait accepté la stratégie musclée. Habituellement, un petit harcèlement téléphonique et une visite sur le lieu de travail suffisait, surtout s'il feignait de révéler l'objet de sa visite, à savoir une consultation privée à domicile ou au bureau. Parfois, une petite clé de bras mais rien de bien méchant. Et il n'avait utilisé ses chaines qu'une seule fois. Kacchan ne lui facilitait vraiment pas la tache.
Profitant du calme avant la tempête pour reprendre son souffle, il décida de commencer par des petites questions simples sans importance, telle que la santé, la météo, son petit déjeuner. Histoire de discuter un peu. Mais comme les fois précédentes, les sujets furent vite épuisés grâce au manque d'implication du personnage colérique. Il tenta même de l'amadouer avec une pâtisserie. Mais rien. Peut-être devait-il abandonner pour cette fois et retenter la semaine suivante?
Le blond observa du coin de l'œil le vert qui s'apprêtait à effectuer l'un de ses tics préférés. La main blanche monta jusqu'au niveau du menton et la tint. Ses lèvres légèrement rosées bougeaient de manière désordonnées et un son sinistre sortait à chaque mouvement. Les yeux verts ne le regardait plus mais fixait sans le voir l'assiette vide possédant une légère trace de crème fouettée. Cela lui rappelait le passé, comment il avait cherché à réduire en cendre le rêve de l'homme en face de lui.
Katsuki claqua sa langue dans sa bouche. Il commençait à en avoir assez de tout cela. Assez de ce malaise. Assez de se chercher des excuses pour fuir devant ce faiblard. Ils n'étaient que Kacchan et Deku. Il n'y avait pas de quoi fouetter un chat. Perdu dans ses souvenirs, il finit par lâcher une question.
- Comment t'es devenu psy? C'est pas toi qui clamais haut et fort que tu serais un héros?
Surpris par la soudaine prise de parole de son patient peu coopératif, Izuku laissa passer quelques secondes avant de donner sa réponse, les yeux brillants face à ce soudain intérêt. Le blond regrettait presque d'avoir ouvert sa grande gueule.
- Eh bien…tu ne trouve pas qu'en quelque sorte, je suis aussi un héros? Répondit le psy en se grattant la joue.
- Hein?
- Et bien, tu es un héros et tu es bien ici car tu as un problème, n'est-ce pas? Et que tu ne peux le résoudre seul.
- … Hn, acquiesça le héros à contrecœur.
- Eh bien, mon métier à moi est justement de sauver les héros.
Izuku se désigna lui-même d'une main, la posant sur son torse, l'air fier de lui. Cette tête donnait des idées au héros… tel qu'un poing bien placé. Il serra ses poings pour se retenir.
- Vous, les héros, êtes des humains comme les autres. Je m'en suis rendu compte avec ce qui s'est passé avec All Might. Je parle bien sur de la différence de gabarit qu'il a entre sa forme baraquée et sa forme normale.
Deku nota le léger raidissement de Kacchan et poursuivit sa réponse.
- Cela peut sembler évident mais vous avez une image d'être… supérieur à garder, n'est-ce pas? À la différence de nous, simples civils, vous utilisez vos pouvoirs pour sauver les personnes en danger et protéger notre société des ténèbres. Et comme n'importe quel humain, il peut arriver que vous ayez besoin d'un soutien psychologique. Vous n'êtes pas invincible. Il se peut qu'un événement vous traumatise ou que votre volonté s'effrite face à la dure réalité tel des dilemmes sur la personne à sauver, privilégier le groupe à l'individu, être trop lent, trop faible, et j'en passe et des meilleurs. Bien sur, ce n'est pas toujours aussi grave. Parfois, vous avez juste besoin de parler, de vider votre sac, d'expulser votre colère ou de vous plaindre auprès de quelqu'un. En pensant à tout cela, j'ai décidé d'être cette personne. J'ai voulu être le confident et le conseiller de ces héros en difficulté.
Le regard de Deku paraissait un peu rêveur avec son petit sourire sur les lèvres, ses yeux perdus dans le vide mais néanmoins brillant. A cette vision du présent se superposa une vieille image dans esprit du belliqueux, celle d'un petit enfant aux cheveux vert qui contait son rêve. Une pensée le frappa alors. Son bon à rien d'ami d'enfance s'était trouvé un autre rêve. Un rêve bien plus accessible à son niveau, à ses capacités. Le fond restait le même. Seul le chemin emprunté était différent.
- Et donc… Pourquoi psy?
Heureux de voir que le héros explosif s'intéressait enfin à lui après tant d'année d'ignorance, le teint du professionnel psychologique s'éclaira.
- C'est grâce à toi, Kacchan. A toi et à All Might.
- Moi et… All Might?
Le vert acquiesça. Il joignit ses doigts devant lui, replongeant lentement dans ses souvenirs teintés d'amertume.
- Malgré tout ce que tu m'avais fait subir jusqu'au collège, je t'en suis reconnaissant, Kacchan.
Kacchan se tendit à l'évocation de ces souvenirs peu glorieux. Elles n'étaient agréables, ni pour lui, ni pour Deku. Et sans vouloir l'admettre à haute voix, il reconnaissait être allé trop loin avec son ancien voisin à certain moment.
- Lorsque j'ai découvert que je n'avais aucun alter à l'âge de quatre ans, j'ai nié cette insupportable réalité que tu essayais de m'inculquer par les coups. J'étais si faible et sans pouvoir. Tu n'avais sûrement pas cette intention, rajouta Izuku en voyant que Katsuki allait contredire cette fausse affirmation, mais je me suis souvent demandé pourquoi tu avais changé.
Le spécialiste commença à triturer ses doigts et à les fixer comme s'ils étaient devenus soudainement plus intéressant. Il était sur le point de tout raconter à son ami d'enfance, celui avec qui il n'avait plus eu de contact depuis un peu moins de quinze ans. Il allait extérioriser ce qu'il avait toujours gardé à l'intérieur de lui.
- En dernière année de collège, la veille de ta possession par le vilain gluant, je me suis moi aussi fait posséder… et All Might m'a sauvé la vie. C'est aussi là que j'ai découvert sa vraie forme, ahah… Une avant-première pour un fan tel que moi, je ne pouvais rêver mieux.
L'explosif ambulant frissonna en se remémorant cet incident. La douleur qu'il avait ressentie lors de cette cohabitation forcée dans son corps semblait refaire surface, s'insinuant en lui, petit à petit, par tous les pores de sa peau. Ainsi donc, Midoriya Izuku en avait aussi fait la regrettable expérience. Ce genre épreuve n'était souhaité à personne. Pas même à Deku. Peu importe à quel point il avait pu le détester. Contrairement à lui qui était plus fort et plus résistant que les jeunes de son âge, le vert n'avait rien pour lui. Il était si faible, si impuissant, incapable de se défendre contre de simples collégiens, incapable de se dresser contre lui. Sans l'intervention de All Might ce jour-là, ils ne seraient surement pas entrain de discuter ni raviver leurs souvenirs ensemble, calmement, comme de vieux amis.
- Ce jour-là, poursuivit l'homme sans alter, avec beaucoup d'audace, j'ai osé demander à All Might si je pouvais devenir un héros, même sans alter. L'entendre me dire que c'était impossible m'a complètement anéanti.
Malgré le fait qu'il ait dépassé ce stade depuis longtemps, cette scène se rejouait inlassablement dans sa mémoire, tel un cauchemar sans fin, faisant sombrer son petit cœur fragile dans un océan de noirceur.
- J'étais partagé entre l'abandon ou la poursuite de mon rêve irréalisable. C'est alors que mon professeur principal au lycée m'a renseigné et guidé vers d'autres voies en lien plus ou moins étroit avec l'activité de super héros. En fouillant un peu partout, j'ai découvert le métier de psychologue.
Izuku desserra les doigts qu'il avait inconsciemment pressé entre eux jusqu'à blanchir ses jointures. Tout cela n'était plus d'actualité. Il n'avait plus à se sentir aussi misérable qu'à l'époque. Il était enfin devenu quelqu'un d'important aujourd'hui. Quelqu'un qui pouvait faire avancer les choses. Quelqu'un qui pouvait sauver des vies. Le passé devait être laissé derrière lui, sans pour autant l'occulter. Il devait continuer à se tourner vers l'avenir.
- Ce n'était pas un métier spécifiquement relié aux héros mais en poussant ma réflexion un peu plus loin, je me suis dis que les héros aussi était des hommes. Comme nous, simples civils, ces êtres surhumains faiblissent, et parfois, ils ont aussi besoin d'aide. Donc…si je deviens un assez bon psy, je me suis dit que je serais en quelque sorte un héros des héros… enfin… quelque chose comme ça… Ahah…
Le sourire imprimé sur le visage, le vert se gratta légèrement la joue légèrement rosie par ses révélations avec son index. Il y avait tout un monde entre penser à devenir le héros des héros et confier ses pensées. Même sa mère ne devait pas être au courant. C'était peut-être la première fois qu'il parvenait à expliquer son parcours ainsi que sa façon de penser. Et le fait que cette personne soit Kacchan le rendait heureux. Extrêmement heureux.
Il leva les yeux vers l'horloge cherchant à se dérober de cette petite gêne qui s'était instaurée entre eux. Lorsqu'il vit la place des aiguilles sur le cadran, il s'exclama.
- Ah, c'est déjà l'heure. Notre séance est terminée pour aujourd'hui.
Surpris par ce revirement de situation, Katsuki leva la tête et vit qu'en effet, l'heure était enfin passée. Avec tout cela, le temps avait passé relativement vite. A part un petit moment nostalgie, il ne voyait pas l'intérêt d'une telle séance. Ils n'avaient même pas abordé le cœur de son problème. Si les autres séances s'annonçaient ainsi, autant lui donner de suite ce qu'il désirait, c'est-à-dire confirmer sa bonne santé mentale pour la poursuite de ses activités.
- C'est dommage d'arrêter ici alors qu'on a bien avancé, mais nous nous reverrons la semaine prochaine. Même jour même heure?
- T'oses dire qu'on a bien bossé alors qu'on s'est tapé la discute et que t'as surtout parlé de toi? Lâcha le rebelle, sceptique.
- Bien sûr qu'on a bien travaillé. Jusqu'ici, tu as esquivé les séances ou tu m'as ignoré. Mais aujourd'hui, tu t'es intéressé à moi. Cela fait partie de ta thérapie. Je te l'ai déjà dit, non? Nous discuterons de tout ce que tu voudras. Même si le sujet de conversation, c'est moi. L'important ici, c'est que l'initiative vienne de toi.
Le héros titulaire d'une licence se leva et se dirigea vers la sortie, accompagné par le professionnel psychologique. Ils se firent un dernier face à face devant la porte.
- Kacchan… Si au début, je voulais simplement t'aider en tant que professionnel, je voudrais maintenant renouer notre amitié. Je sais que c'est présomptueux de ma part mais j'aimerais vraiment t'aider en tant qu'ami d'enfance. Sincèrement. Nous comporter comme des étrangers ne nous va vraiment pas.
Deku sortit une carte de visite et griffonna quelque chose avec le stylo qui dépassait de sa poche de chemise. Il tendit le rectangle cartonné à Katsuki qui la prit sans rien dire.
- Tu peux m'appeler n'importe quand. Et pas uniquement pour me dire que t'as envie d'annuler notre rendez-vous hebdomadaire, hein. Pour discuter, pour nous voir…ce que tu veux. Je veux redevenir ton ami, Kacchan. Ici, je n'ai pas d'autre choix que d'agir en thérapeute mais si jamais… si l'envie t'en prend de nouer une autre relation avec moi, n'hésite pas.
- Hn… Je vais y réfléchir, lâcha-t-il en se retournant et en mettant la carte dans sa poche.
En rentrant chez lui, Bakugou s'écroula sur son lit, exténué. Il avait enchainé les heures supplémentaires jusqu'à aujourd'hui et tout ça pourquoi? Pour se faire enlever dans ses propres locaux. Non seulement sa présence sur le terrain était restreinte mais en plus, il était obligé de se taper ces putains de séances. Il savait également qu'il ne pourrait plus utiliser d'excuse bidon pour se défiler. Et ce qui lui faisait le plus chier, c'était qu'il avait besoin de l'autorisation de Midoriya Izuku, alias Deku, pour reprendre pleinement service. Il soupira. En se retournant, il sentait quelque chose le gêner dans sa poche, il le saisit et amena la carte de visite devant ses yeux. Au dos de celle-ci, il y avait, si ses déductions étaient exactes, le numéro personnel du vert. Sur le moment, il l'avait pris sans rien dire, mais à présent, bien au calme chez lui, il doutait de quelque chose. Deku lui avait-il vraiment donné son numéro pour simplement renouer en tant qu'ami d'enfance? Ou bien, avait-il une arrière-pensée?
Il secoua la tête. Non. Deku était trop naïf pour penser une telle chose, du moins, le Deku d'il y a quinze ans. Côté humiliation, il avait largement eu son compte. Vu la facilité avec laquelle il fut mis à terre, même si c'était en grande partie du à une attaque sournoise dans le dos, il y avait aussi une chance pour que cela fasse partie d'un plan de vengeance. A moins qu'il en avait après son corps? Il frissonna à cette idée. Cette histoire lui prenait vraiment la tête. L'explosif ambulant jeta la carte sur sa table de chevet, lâchant un râle de frustration.
Tous les jours durant la semaine qui séparait sa prochaine séance, Kacchan fixait la carte de visite, sans jamais appeler ni envoyer de message à Deku. A toute heure de la journée ou de la nuit, ses yeux finissaient immanquablement par se poser sur ce morceau cartonné. Il avait beau retourner la question dans tous les sens, il ne savait toujours pas ce qu'il devait penser de son psy. Il ne trouvait pas de réponse assez satisfaisante. Rien qui ne tienne la route. Il soupira pour la énième fois de la journée. Il allait devoir y retourner pour affirmer ou infirmer son ressenti.
Pour la séance suivante, les deux hommes parlèrent du parcours de Bakugou Katsuki. Midoriya eu un peu de mal à obtenir quelques informations mais à force d'insistance et quelques feintes bien placées, les langues commençaient à se délier. Enfin un progrès! Tout y passait. De ses années de lycée aux stages, de ses exploits et de ses échecs, en passant par ses relations scolaires. Assez souvent, le fan de héros retombait dans ses travers et marmonnait sans fin, recoupant les informations avec celles qu'ils avaient collectées à l'époque, quémandant des détails qui le faisait frémir de plaisir. Si seulement il avait un de ses fameux cahiers de notes sur les héros. Mais malgré tout cela, le cœur du problème avait été plus ou moins subtilement contourné. Et personne n'avait évoqué une certaine carte portant un numéro de portable personnel. Le blond ne savait pas s'il devait se sentir soulagé ou pas. Bien que peu bavard habituellement, cette relation presque saine lui fit plus de bien que ce qu'il croyait. Était-ce du au thé qu'il avait bu? Au canapé rouge? A la chemise bleue? La fleur posée sur le bureau? Des yeux verts brillants de curiosité et d'excitation? Il n'en savait trop rien. Mais à priori, vu le ton employé durant cette séance, Deku semblait réellement lui avoir pardonné sa violence passée. Lui-même n'avait pas ressentit cette incontrôlable irritation qui l'envahissait autrefois en sa présence. Comme quoi, le temps faisait vraiment des miracles.
La veille de la troisième séance de suite non séchée fut des plus étranges. Alors que le héros en repos se promenait dans les rues un soir, il crut apercevoir une touffe verte assez familière se faire entraîner dans un coin isolé avec bien trop peu de résistance. Il s'approcha, l'air de rien, de la ruelle et vit qu'effectivement, c'était bien son psy…avec un inconnu. Non pas une mais un. Katsuki secoua la tête, voulant s'ôter des idées saugrenues de sa cervelle ramollie. Ce n'était pas parce qu'il avait entendu certaines choses sur les préférences sexuelles de son ami d'enfance qu'obligatoirement, toute personne trainant avec lui était forcément un partenaire nocturne. Ce pouvait être de simples amis ayant différent point de vue sur un quelconque sujet. Mais étrangement, il n'y croyait pas.
Retournant à son observation, le blond vit les deux hommes discuter. Ou plutôt, l'inconnu, loin d'être calme, semblait argumenter de manière plus qu'insistante alors que son ami d'enfance semblait gêné, voir même carrément ennuyé. Ils ne paraissaient pas en très bon terme. L'espion de fortune se rapprocha lentement, mais pas trop quand même, non pas qu'il était inquiet pour le vert mais parce que son âme de héros lui disait que peut-être, celui-ci avait besoin d'aide. Ce n'était absolument pas de l'inquiétude. Absolument pas. Et puis, il se rappelait encore de la façon dont il avait été étalé par terre. En cas de besoin Deku saurait se défendre seul.
- Tu ne peux pas décider de ça tout seul! Déclara l'inconnu en agrippant fortement le bras de son interlocuteur.
- Je t'ai déjà dit que ça n'irait pas plus loin. Inutile d'insister.
Face à la violence de cet acte, le psy laissa échapper un petit gémissement de douleur, ne parvenant pas à se libérer de l'emprise malgré sa résistance. Le sang de l'explosif ne fit qu'un tour. Il réduit en un temps record la distance entre eux et intercepta le bras fautif avant de l'enserrer tel des serres sur une proie.
- Eh, sale merde, j'peux savoir ce que tu fais à Deku?
- Hein? De quoi j'me mêle? T'es qui t-
La prise se resserra, contraignant l'inconnu à relâcher sa victime et geindre de douleur à son tour. Ne voyant plus son environnement, le blond continua sa répression, faisant plier l'homme qu'il détestait sans connaitre. Sans chercher la raison de son irritation, le héros en repos se disait qu'il pouvait bien lui péter un bras ou deux, sans penser aux conséquences de ses actes.
Voyant que la situation commençait à dégénérer, le jeune Midoriya s'interposa entre le bourreau et sa victime. Il posa ses mains sur le torse de son sauveur pour maintenir une distance de sécurité avec son agresseur transformé en proie. Il le fit reculer de deux trois pas.
- Kacchan! C'est bon! Merci de t'inquiéter pour moi mais je vais régler ce problème tout seul.
- Hein? Qui s'inquiète pour qui? Nia le fameux Kacchan.
- Et toi, Daigo, calme-toi. On peut en rediscuter si tu veux mais sache que ma décision est déjà prise, qu'importe ce que tu me diras.
L'inconnu apparemment nommé Daigo acquiesça légèrement. Celui-ci se releva tout en se massant son bras endolori. La douleur l'avait tout d'un coup rendu plus docile, le libérant de ses pulsions violentes dont il était prisonnier quelque instant plus tôt.
- Laisse-moi quand même essayer de te faire revenir sur ta décision. Si je n'y arrive pas, j'abandonne.
- … D'accord.
Le problème semblant réglé d'un côté, Deku détourna la tête vers son sauveur, son autre problème de la soirée, dont il n'avait toujours pas brisé le contact physique. Ses mains étaient toujours pressées contre ce torse qu'il devinait musclé par les entrainements de héros.
- Kacchan, merci, et à demain pour notre rendez-vous. Pas de fausse excuse pour l'annuler, hein!
- De-
Les mains chaudes du vert laissèrent un vide sur le buste du blond soudainement devenu glacial malgré les températures douces de la soirée. Sur un dernier sourire teinté de gêne, Izuku s'en alla en compagnie de ce maudit inconnu, bien trop proche l'un de l'autre à son avis, le laissant seul dans la rue déserte, éclairée par les lampadaires. Bakugou les observa, impuissant, et serra ses poings de frustration. Qui était-il pour les empêcher de se voir? De demander la nature de leur relation et de la briser si elle ne lui plaisait pas? De se coller l'un à l'autre? De retirer ce bras répugnant de l'épaule de son Deku? Il n'était plus personne depuis bien longtemps. Kacchan relâcha toute son irritation accumulée sur une poubelle non loin de là, déversant le contenu sur le trottoir. Il finit par s'en aller les mains dans les poches, sans comprendre pourquoi il se sentait aussi mal.
Le lendemain après-midi, Ground Zero patientait dans la salle d'attente de son psy, attendant sa séance avec d'énorme poche sous les yeux. Il lâcha un bâillement à s'en décrocher la mâchoire. Il n'avait pas pu dormir de la nuit. Pourquoi? Parce qu'il pensait encore à ce fichu Deku qui partait avec son étranger collant aux allures d'hôte à petite vertu. L'idée d'envoyer un message au vert avait effleuré son esprit. Simplement effleuré, rien de plus… Ce n'était pas comme s'il avait mené une rude bataille dans son esprit, fixant son smartphone en main ainsi que la carte de visite de son ami dans l'autre. Il n'avait pas non plus réfléchit sur le choix des mots à utiliser pour envoyer un premier texto. De manière générale, il n'aimait pas ces messages à rallonge rempli d'emoji illisible et incompréhensible qu'il recevait et se contentait du strict minimum pour les réponses.
Katsuki soupira, vidé de toute énergie, quand il entendit le bruit d'une porte qui s'ouvrait et se refermait. Un jeune homme quitta les lieux, semblant apaisé. Quelques minutes plus tard, Deku vint enfin le chercher et ils pénétrèrent ensemble dans la salle de consultation. Il n'aurait jamais pensé qu'un jour, il attendrait impatiemment sa visite hebdomadaire, lui qui désirait en finir le plus rapidement possible.
Le héros suivit machinalement son thérapeute dans la salle de consultation et leva enfin les yeux vers le vert qui se tenait debout devant lui, le sourire aux lèvres. Le blond remarqua quelque chose de dérangeant. Un petit quelque chose d'inhabituel. Il avança dans la pièce tout en continuant son inspection du coin de l'œil. Jusqu'à ce jour, il n'avait pas été très présent lors de ses séances. Il ne pouvait donc pas vraiment établir de vérité générale quand à la tenue vestimentaire professionnelle de son ami d'enfance. Mais il se rappelait étrangement que Deku portait plutôt bien les chemises, surtout la verte. La noire et la blanche étaient passe-partout. La bleue avait adoucit son teint. La bordeaux avait souligné les lignes de sa silhouette. Les éléments composant sa réflexion étaient à présent exposés dans son esprit. L'explosif pouvait établir de manière hypothétique que son psy portait de manière habituelle des chemises. Or, aujourd'hui, il portait un col roulé. Pourtant, il ne faisait pas si froid, voir même, le temps s'était adoucit depuis leur retrouvaille quelques semaines plus tôt. Les manches étaient assez longue et dépassait légèrement de sa veste chocolat. Quelque chose clochait. Vraiment.
- Alors, comment te sens-tu aujourd'hui, Kacchan?
- Vous avez fait quoi hier soir?
Et merde. Katsuki grinça des dents, ne pouvant plus reprendre ses paroles lâchées par inadvertance. Pourquoi avait-il demandé cela? Était-il donc tant obsédé par la réponse? Ce n'était pas comme s'il avait été inquiété hier soir. Il n'avait absolument pas ressassé leur rencontre, ni même imaginé ce qui s'était passé ensuite. Point du tout. Il avait juste eu un peu de mal à trouver le sommeil et avait arrêté de fixer son plafond lorsque les rayons du soleil avaient pénétré dans sa chambre.
- Nous avons discuté calmement et nous nous sommes quittés. Tout simplement.
- Hn…
Encore cette sensation étrange. Quelque chose le dérangeait vraiment. Mais quoi? Il fixa le spécialiste poser une tasse de café devant lui et son regard dévia sur le col roulé. Ce n'était un pull, rien d'extraordinaire. Avec un col roulé. Mais il ne pouvait s'empêcher de la fixer.
- Kacchan? Tout va bien? Demanda le psy, inquiet.
Les doigts d'Izuku effleurèrent son front et repoussa quelques mèches blondes. Des manches trop longues. Son corps réagit avant que son cerveau ne fasse le lien entre ces différents indices. La main de Katsuki empoigna le poignet de la source de son malaise. Avec son autre main, il tira sur col et dévoila une marque rouge. La seconde d'après, il avait relevé la manche qui cachait le poignet qu'il détenait encore prisonnier. Des traces de cordes assez marquées. Encore rouge. Il ne fallait pas être un génie pour deviner ce qui s'était réellement passé la nuit dernière.
Des brides de souvenirs affluèrent en lui. Une femme possédant également des traces de liens sur son corps, vêtue d'une simple nuisette blanche, en pleurs, puis un grand saut sur fond d'un cri de désespoir.
Surpris par ces gestes, Deku retira immédiatement son bras comme s'il s'était brulé, et rabaissa de suite sa manche de manière à recouvrir ses articulations marqués. Il remit ensuite son col bien haut dans une veine tentative d'effacer cette vision qu'il avait osé donner à son ami d'enfance.
Il s'est un peu emporté mais tout est réglé maintenant, tenta Deku d'évincer le sujet.
- T'appelle ça calmement? Commença Kacchan en perdant patience. T'étais pourtant capable de l'étaler avec une de tes prises, non? Je savais que t'étais qu'un Deku, mais pas à ce point là! Je vais le-
- Kacchan! Ce qui arrive à mon corps ne te regarde absolument pas!
- Qu-
- Reprenons où nous en étions la dernière fois, fit le vert en s'asseyant sur le fauteuil annexé au canapé.
Ground Zero n'était pas de cet avis et se leva pour saisir violemment le pull de son interlocuteur par le col, les rapprochant d'un coup. Leur visage n'était plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Il savait qu'il ne pouvait rien dire. Il n'était pas le mieux placer pour dire ce qui s'apprêtait à sortir de sa bouche. Il avait fait beaucoup de mal à Izuku dans le passé. Il le savait. Il était colérique et assez violent, aussi bien dans ses mots que dans ses gestes. Cependant, ils avaient grandi. Ils n'étaient plus des enfants. Accepter une telle agression physique et surement sexuelle à son âge était inadmissible. Il ne le permettait pas. Personne ne pouvait faire subir une telle chose son Deku.
- T'es à moi Deku! Y a que moi qui aie le droit de te faire pleurer!
- Donc, si tu t'en étais pris à moi jusqu'au collège, c'était pour assouvir tes pendants sadomasochistes? Lança le blessé. Désolé, mais je n'étais pas de ce bord là.
Izuku attrapa le poignet de Katsuki et l'obligea à le relâcher. Avec les années, il avait gagné en force et en muscle. Ce n'était pas parce que son métier était plutôt intellectuel qu'il ne devait pas entrainer un minimum son corps. Malgré les apparences, ce travail n'était pas toujours de tout repos. Il vivait dans une société composée de quatre vingt pourcent de surhumains. Ses principaux patients étaient des héros, pas toujours très coopératif. Il n'était pas le plus fort, certes, mais il pensait quand même avoir une assez bonne poigne pour se défendre.
Peu habitué à ce que le vert lui tienne tête, le blond lâcha sa prise et recula d'un pas, installant ainsi une distance assez respectable entre eux deux. Le propriétaire du cabinet respira à nouveau correctement et soupira. Il n'était pas aveugle. Il devinait aisément que sa petite provocation n'avait pas laissé son ami indifférent. C'était fascinant. Une déformation professionnelle sans doute. C'était peut être pour cela qu'il ne pouvait pas s'arrêter en si bon chemin.
- J'apprécie ce que tu ressens pour moi Kacchan. Mais je n'ai pas vraiment de penchants masochistes. Je n'aime pas spécialement avoir mal, vois-tu. Trouve-toi quelqu'un d'autre qui accepterait de jouer ce rôle. En cherchant un peu, je suis sur que tu peux trouver des clubs qui pratiquent ce genre de…
- Te fous pas de moi! Deku! Gronda le supposé sadique en agrippant de nouveau le col roulé.
Le psy sursauta devant ce haussement de voix grave teinté d'une once de violence. Ah… Il était vraiment allé trop loin. La peur et les souvenirs liés à leur relation au collège refirent surface. Il avait trop joué avec le feu. Il trembla légèrement face à ces yeux rouges flamboyant de colère posés sur lui, pénétrant tout son être. Tous les pores de sa peau ressentaient la domination exercée par le blond. Ces mains sur ses vêtements l'enchainaient à lui de façon à l'empêcher de fuir. La proximité de leur visage, son expression, son souffle sur sa peau… Il y avait tant de chose à voir et à décortiquer dans ce mélange complexe qu'était les sentiments. Il ne pouvait plus penser normalement, à tête reposée. Il avait l'impression d'être revenu dans le passé. Et comme à l'époque, il détourna la tête, ne voulant pas l'affronter.
- Kacchan… Nous sommes ici pour toi, pas pour moi. Con-concentrons-nous, tu veux bien?
La douleur qui avait traversé les yeux verts de son interlocuteur calma immédiatement le héros au sang chaud. Il avait une fois de plus cédé à ses pulsions, tel l'adolescent qu'il avait été. Il pensait pourtant avoir changé. Il était un héros, merde! Il relâcha le vêtement pris en otage et se rassit lourdement, refusant de regarder sa victime. Il ne voulait plus voir cette lueur dans ses yeux qui le mettait mal à l'aise.
Izuku tenta de reprendre un ton professionnel, comme si rien ne s'était passé mais en vain. Il avait l'impression que tous ses efforts venaient d'être réduits à néant. Pourquoi? Parce qu'il avait voulu provoquer l'homme aux yeux rouges en face de lui. Il connaissait pourtant le tempérament de son ami. Faire un pas en avant et deux pas en arrière… Il avait surement eu une petite envie de se venger. Une petite voix au fond de lui l'avait peut-être poussé à se jouer de Kacchan, de montrer à quel point le petit Deku avait changé. Il soupira intérieurement et libéra son patient qui ne prit même pas la peine de remarquer que la séance avait été abrégée.
Tard dans la nuit, alors que Midoriya rentrait enfin chez lui après avoir survécu à l'enfer des transports en commun, il se laissa aller dans un bon bain chaud. Il sentit tous les muscles de son corps se détendre et la chaleur de l'eau pénétrer dans chacune de ses cellules. Il soupira de bien-être face à ce petit moment de relaxation. Il se sentait plus léger. Toute sa fatigue s'envola. Lorsqu'il revint, une serviette autour du cou, la petite diode de son téléphone clignota. Il prit le portable en main et le déverrouilla. Après la lecture du message, un sourire apparut sur son visage, incapable de le réprimer.
Ne te fais plus avoir, putain d'nerd, sinon, j'te défonce.
Pour un premier message, une telle violence était typique de Kacchan. Mais étrangement, contrairement à ce qui était écrit, il n'y voyait aucune une menace mais une inquiétude bienveillante. Il lui répondit un rapide «Merci Kacchan». Il s'apprêtait à reposer son smartphone quand celui-ci vibra. Il ne pensait pas recevoir tout de suite une réponse. Il le leva jusqu'au niveau de ses yeux pour y lire la suite.
T'es qu'un Deku. T'as jamais était capable de te débrouiller sans moi.
Deku s'installa plus confortablement sur son canapé, s'étalant sur tout le long, et tapa son texto, faussement outré par ses propos, ayant néanmoins un sourire au coin des lèvres. Les deux hommes s'envoyèrent des piques, comprenant les sens cachés derrières leurs mots parfois violents, parfois puérils, parfois chaleureux, parfois indifférent, jusque tard dans la nuit où chacun finirent par s'écrouler de fatigue, portable en main.
Plusieurs séances furent nécessaires pour mieux cerner le Kacchan du présent. Une fois, ils discutaient de leur loisir, une autre de leur vie amoureuse, encore une autre passée à effectuer quelques petits tests ou des débats stupides tels que la sauce à mettre sur les œufs aux plats. Ils avaient également eu une séance en extérieur, histoire de changer un peu d'air. Pour cette fois-ci, sentant qu'un cap avait été enfin franchi. Ils se faisaient face l'un à l'autre. Depuis le premier message, les deux amis d'enfance avaient considérablement améliorés leur relation, comme s'ils avaient rattrapé le temps perdu pour se rapprocher de leur relation d'origine. Tout ce temps passé à discuter, que cela soit entre quatre murs ou à distance via une interface, ces derniers événements avaient sans doute contribué à la mise en confiance du Bakugou qui finit par sauter le pas pour se confier. Peut-être était-ce parce que c'était justement Deku qu'il déliait sa langue.
- J'ai subit mon plus grand fiasco en tant que héros il y a quelque temps. Je ne suis pas con au point de n'avoir jamais envisagé un échec. Et j'avais déjà raté des missions. C'était jusque là sans réel conséquence. Mais celui-là…m'a marqué. Je… Je flippe grave… lorsqu'il y a des similitudes entre cet incident et mes missions en cours… que ce soit les lieux ou les personnes… l'atmosphère ou des comportements… Je pensais pas qu'un jour… je me sentirais à nouveau aussi faible…
Le spécialiste écouta sans rien dire. Plus que jamais, il devait agir comme le professionnel qu'il prétendait être. Peut-être était-ce leur amitié renouvelé, mais il lui était difficile de se contenir. Non seulement sa main, mais aussi tout son corps le démangeait. Horriblement. Il ne tenait plus en place. Impossible. Il sentait la détresse de Kacchan dans chacun de ses mots. C'était pour cela qu'il cessa toute résistance et laissa son corps le guider. Il s'avança et fit un geste qui dépassa le cadre professionnel qu'il s'était imposé à lui-même, une limite qu'il n'avait jamais franchie avec aucun autre. Lui aussi était bien faible. Il ne pouvait juger le héros à ce niveau là. Parce que c'était Kacchan. Parce qu'il voulait l'aider. Parce qu'il voulait le soutenir. Il lui prit la main et exerça une pression réconfortante. Il le soutenait du fond du cœur.
- Un vilain avait prit en otage plusieurs personnes…dans un immeuble abandonné… J'ai fait diversion alors que mes coéquipiers sauvaient les otages. C'est alors que j'ai trouvé l'enfoiré qui avait osé faire ça en nous «attendant». Ce fils de pute a passé le temps avec l'une des prisonnières… en l'attachant pour mieux la violer. Je pouvais attendre le renfort mais… lorsque j'ai compris ce qu'il a fait… Je tenais plus en place. J'ai massacré ce putain de détraqué. Mais… mais au moment où j'ai fais un pas vers l'otage… elle… elle m'a rejeté.
Il serra ses poings, la tête baissée, tentant de dissimuler ses tremblements. Sa voix se fit plus grave, plus faible.
- Elle ne faisait plus la distinction entre héros et vilains. Elle ne voyait qu'un homme. Un enfoiré qui, comme son violeur, pourrait abuser d'elle. Elle pleurait. Elle me suppliait de la laisser tranquille. Elle reculait. Mais j'ai pas été foutu de comprendre sa détresse. J'ai tenté d'aller vers elle…sans la brusquer… Mais quand elle a vu ce que j'ai tenté de faire… Elle a…elle a couru vers la fenêtre et…
Sa voix s'étrangla. Les mots restaient bloqués en travers de sa gorge. Ses mains étaient moites et des perles de sueurs froides glissaient le long de sa tempe. Il revoyait la scène comme un film qui défilait derrière ses paupières closes. Ses poings se serrèrent au point de blanchir ses articulations. Sa respiration se faisait de plus en plus saccadée. Il avait envi de vomir. Ses tripes se tordaient à l'intérieur de lui. Perdu dans sa vision cauchemardesque, il ne ressentait plus du tout la présence du vert qui n'avait pas bougé de sa position. Son cri de terreur à rendre sourd résonnait encore dans ses oreilles. Son corps se souvenait de la violence avec laquelle la victime s'était débattue. Ses membres étaient entravés par son impuissance à l'empêcher d'en finir avec cet enfer.
Il avait fallut à Kacchan quelques minutes pour refaire surface, émergeant doucement de ses souvenirs pour retrouver le monde réel. Sa gorge était incroyablement sèche. Au moment où il envisagea de soulager ses cordes vocales avec un verre d'eau, l'objet de ses désirs apparut devant lui. Il pivota légèrement la tête pour voir son psy lui tendre la boisson. Il le prit, contrôlant au maximum ses tremblements et avala d'une traite le liquide. Il reposa le verre. Il lui avait encore fallut quelque minute pour reprendre son récit, toujours soutenu par Deku.
- Elle a sauté sans que je ne puisse rien faire… On m'a souvent dit que j'avais une tête de super vilain. J'apparais même dans le top des justiciers qui ressemblent le plus à un vilain. La blague… Je suis pas le mieux placé mais j'suis pas très loin du top dix… Jusqu'ici, j'en avais rien à foutre de leur putain d'vision, tant que je faisais mon travail de héros. Endevor est bien numéro un avec sa tronche! Le fait qu'elle m'ait associé à son violeur m'a vraiment fait chier. Je suis aussi conscient que mon caractère reflète mon alter mais j'suis comme ça. Je suis un héros. Je joue pas à la dinette et rien à faire de toutes ces midinettes qui me collent au cul! Mais…depuis cet incident… j'ai enfin regardé qui m'entourais, qui me regardais… et j'ai commencé à voir de plus en plus souvent la peur dans le regard des victimes de vilain…
L'explosif à la mèche éteinte reprit sa respiration. Il ne pouvait s'empêcher de repenser à ces derniers événements. La pression qu'il avait jusque la ignoré, les attentes qui pesaient sur lui… Il était plus fort que ça, bordel!
- Il y en a qui me fuit et il y en a qui m'attende… Mais…je…je suis devenu incapable de les approcher. A chaque fois, je revois cette putain d'femme se défenestrer pour trouver le salut.
Le héros se prit le visage dans ses mains, quittant la chaleur réconfortante de son ami psy. Laissant le temps à Katsuki de faire face à ses démons, Izuku resta à ses côtés. Ce fut naturellement que leur contact passa d'une simple main à une embrassade. Il avait décidément bien du mal à rester dans son rôle. Conscient d'avoir déjà perdu son professionnalisme dès l'instant où il avait franchi la limite par un contact physique avec son patient, où il agissait plus en tant qu'ami que comme consultant. Deku s'autorisa alors une caresse qui calma Kacchan, lui murmurant que c'était bien et qu'il était là pour l'aider. En ce jour, ils avaient franchi une étape importante dans la thérapie du blond.
- Je ne sais que détruire… C'était pareil avec All Might… A cause de moi… A cause du faible que j'étais, j'ai été capturé par la ligue des supers vilains… J'ai… j'ai été responsable de… la mort d'All Might! J'ai tué le numéro un des héros!
Katsuki se revoyait en tant que lycéen, fier et plein d'orgueil. Une époque où il pensait pouvoir dominer le monde en suivant les traces de son idole pour mieux le surpasser. Lors d'un camp d'entrainement, il avait été si facilement enlevé par l'ennemi. Il n'avait rien pu faire. Pire encore. A cause de lui, All Might n'avait pu déployer toute sa puissance pour le sauver. Ce héros légendaire n'avait jamais parut aussi fragile que ce jour là. Et pour protéger le sale gamin qu'il était, le numéro un des supers héros s'était sacrifié pour lui.
- J'ai tenté de me raisonner. Je n'étais qu'un faible gamin qui pétait plus haut que son cul. J'ai fait des efforts pour respecter l'enseignement d'All Might et atteindre mon objectif: devenir le prochain héros numéro un. Sans jamais oublier ce jour funeste, j'ai fait des efforts. Beaucoup d'effort… Et tout ça pour quoi? Pour inspirer de la peur dans le cœur des victimes de vilain qui préfèrent sauter par la fenêtre plutôt que de me voir! J'apporte la mort!
A la fin de la séance, les deux hommes se quittèrent la mine grise mais le cœur plus léger. L'explosif avait partagé son fardeau avec le spécialiste. Le psychologue s'installa ensuite derrière son bureau, ouvrant un programme, et commença à rédiger son compte-rendu. Au cours de sa synthèse, des larmes lui montèrent aux yeux et s'écoulèrent sans qu'il ne puisse les contrôler. Ils avaient grandement progressé depuis leur première séance, bien plus qu'il ne l'espérait en prenant en compte le tempérament du héros. Il ne savait ce qui avait déclenché le déclic pour une telle confession mais qu'importe, tant que cela parvenait à soulager le héros. Il conclut par le fait qu'il était encore trop tôt pour participer à des missions de sauvetages, mais que des petites missions de routine telle que des patrouilles dans leur secteur, généralement effectué en binôme, pouvaient permettre à Ground Zero de reprendre doucement pied, et surtout renouer le contact de la population civile. Plus l'explosif serait à l'aise, mieux se passera sa réhabilitation. Il était important qu'il comprenne que la route qu'il avait empruntée n'était pas aussi parfaite et immaculée que ce qu'il avait imaginé.
Les doigts du vert se stoppèrent. La pièce devint silencieuse. S'il pouvait aider son ami, il le ferait. Il ferait tout ce qui était en son pouvoir. Tant qu'il pouvait soulager, ne serait-ce qu'un peu, le fardeau de Kacchan, il le ferait.
Suite à cela, les deux hommes s'échangèrent énormément de message, court et simple mais terriblement efficace. Ils eurent leur première sortie au bar. Après tout, ils étaient deux adultes responsables. Dire que quinze ans auparavant, jamais ils n'auraient imaginé partager un verre en toute quiétude. La soirée se passa dans la joie et la bonne humeur. Le blond, reconnaissant, offrit même une tournée à celui qu'il renommait enfin comme son ami.
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Je ne connais absolument rien sur le métier de psychologue (et il y a une différence avec psychiatre mais je confonds toujours les deux). Et puis, comme c'est une fic, tout est permis hein!
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Règles: Réponds au questions et tague 20 personnes que tu voudrais mieux connaître!
Merci à @theuniversebeyondtherain de m’avoir taggué!
Nom : Florence
Surnom: Flo
Signe astrologique: Sagittaire
Maison de Poudlard: Serpentard
Taille: 165cm
Orientation sexuelle: Hétérosexuel
Ethnicité: Française d’origine chinoise
Fruit préféré : framboise, pastèque, mangue, pêche et melon (mais en fait j’suis allergique aux deux derniers...quelle torture)
Saison préférée : hiver
Livre ou série de livres préférés : Je lis que des mangas et ça change tout le temps donc l’actuel c’est.... Bloody Mary
Personnages fictifs préférés: Sawada Tsunayoshi, Bakugou Katsuki, Katsuki Yuuri
Fleur préférée : Tánhuā (昙花), une fleur éphémère, qui veut dire Epiphyllum (selon google trad)
Odeur préférée: la pêche
Couleur préférée : toutes les nuances de bleu
Animal préféré : chat (mais j’suis allergique)
Groupe préféré: j’en ai pas vraiment.... j’écoute surtout les covers de Vocaloid
Café, thé ou chocolat chaud: Thé vert principalement et chocolat chaud subsidiairement, le café est juste une terrible invention selon moi
Nombre d’heures de sommeil en moyenne: en ce moment, je dirais 7h
Nombre de coussins : actuellement, j’en suis à 5
Le voyage de tes rêves : Je veux trop partir au Japon un jour!
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Ahah…. Devinez un peu dans quel période je suis là, actuellement… Exact. En pleine révision… J’ai pourtant tant de chose à faire à côté et pourtant…pourtant… Il a fallut que ça arrive maintenant…
Je n’avais pas prévu que ça prendrait cette tournure là, comme à chacun de mes OS en fait… De base, il ne devait pas avoir de méchant, de combats… Juste un petit KatsuDeku assez mignon… Et voilà le résultat…
Bonne lecture à tous! ^^
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Un jeune homme à la chevelure verdoyante, sa carrière de héros en pleine expansion, regardait son reflet dans la glace de sa salle de bain. Il méditait sur le long parcours qu’il avait emprunté depuis son entré à Yuei, la plus réputée des académies de héros. Il avait appris à maîtriser son alter acquis du jour au lendemain, perfectionner ses techniques et ses connaissances, emmagasiner de l’expérience… Et surtout, c’était sa relation avec son ami d’enfance qui avait évolué. Il avait fallut attendre que son cher ami aux mains explosives murisse un peu et accepte l’idée d’avoir des sentiments à son égard. Cet idiot en avait mis du temps. Et bien qu’il y ait des hauts et des bas, comme dans toutes les relations, ils étaient aujourd’hui heureux.
Midoriya Izuku, âgé de vingt-cinq ans, se fit la réflexion que tout se passait pour le mieux dans sa vie. Tout allait bien aussi bien dans sa vie professionnelle que sentimentale. Excepté un problème survenu quelques semaines plus tôt. Et ce problème était de taille.
Une journée semblable aux autres, Deku le héros effectuait sa ronde quotidienne. Il était intervenu pour quelque délit mineur tel que des vols à l’arraché. Bien qu’attentif au moindre détail, il bouscula un jeune homme qui semblait pressé. Lorsque la victime réalisa qui lui avait foncé dedans, il ne put s’empêcher de s’exclamer de surprises, profitant de cette chance pour avouer son admiration. Flatté, le héros en costume vert le remercia, légèrement gêné mais aussi touché par ces paroles. Il accepta une poignée de main devant ce fan émerveillé, restant souriant. Une seconde. Deux secondes. Et une autre s’écoula. Toutes les poignées de main s’éternisaient-elles autant? D’ordinaire, il y en avait plusieurs alors les fans se bousculaient s’eux-mêmes pour saisir cette chance, mais face à une seule personne… Il ne parvint pas à trouver le timing pour lâcher cette main. Ce fut grâce à un cri au loin que Deku rompit le contact pour se rendre sur les lieux de l’accident. Hâtant le pas, il ne se formalisa pas de l’étrange sensation qu’il ressentait dans son corps.
Le soir venu, alors que Midoriya avait troqué son costume contre une tenue de ville pour rentrer chez lui, il ne vit pas une main surgir d’une ruelle sombre qui le happa avec force. Le héros tenta de se dégager de force avec son alter mais ses mouvements furent bloqués. Il désactiva son pouvoir. A mieux regarder, il était dans un lieu étroit, entouré de bâtiments. Les conséquences pouvaient être terribles s’il faisait des dégâts. Il allait devoir trouver un autre moyen de s’extirper de ce guet-apens.
Il était plaqué face contre le mur, une de ses mains bloquée dans le dos. Il aurait voulu identifier son agresseur mais la pénombre ne l’aidait pas vraiment. Il sentit soudain son assaillant se coller à lui et son souffle erratique lui donnait des frissons d’horreur. Son intuition se confirma quand il sentit quelque chose de dur se presser contre le bas de son dos. Ce délinquant était un pervers. Il allait devoir utiliser les grands moyens, malheureusement pour le criminel.
- Le délai d’incubation doit être terminé maintenant… Je dois faire vite… Murmura l’ombre aux idées vicieuses.
L’homme baragouinait de façon inintelligible. Quelque chose disait au héros victime qu’il valait mieux ne pas savoir. Il comprenait enfin ce que ressentaient ses camarades lorsqu’il marmonnait, plongé dans son monde…
Izuku fut brutalement ramené à la réalité lorsqu’une main moite particulièrement repoussante entreprit d’explorer son torse en faisant au passage sauter les boutons de sa chemise à carreaux. Il retint de justesse un cri d’effroi en percevant au frottement répugnant contre son bassin. Il en avait la nausée. Ne tenant plus, il réactiva son alter, prêt à faire voler cet insolent détraqué sexuel quand une voix se fit entendre en même temps que l’apparition de lumières éclatés.
- Eh, sale merde, je peux savoir ce que tu fais à ma propriété, hein? Demanda une voix lourdement énervée.
N’attendant pas de réponse de la part d’un tel déchet, le propriétaire autoproclamé de la victime fonça sur l’agresseur qui jugea préférable de déguerpir aussi vite que possible tandis les deux héros se retrouvaient, ne pouvant le poursuivre aveuglément.
- Merci, Kacchan. Prononça Midoriya reconnaissant.
- Putain Deku, pourquoi tu l’as pas défoncé tout de suite? Reprocha Bakugou.
- J’allais me dégager quand t’es arrivé, se défendit le héros sauvé.
Izuku et Katsuki sortirent de la ruelle sombre pour s’arrêter sous un lampadaire. Le sauveur du héros vert vit rouge en voyant le torse finement musclé de son compagnon dévoilé au regard de tous. Heureusement que la rue était déserte. Il se jura de tuer ce mec plus tard. Pour l’instant, il y avait plus urgent. Il jeta sa veste sur la partie du corps dénudée et se retint de hurler. Il prit brutalement la main de son Deku, surpris par son geste, et tira un coup sec pour rentrer chez eux. A peine la porte fut-elle franchie que le blond prit violemment d’assaut les lèvres du vert. Midoriya fit un pas en arrière et se cogna contre le mur de l’entrée. C’est à court de souffle qu’il réussit à placer quelque mot.
- Ka-Kacchan! Attend, je-
- Je supporte pas qu’un autre mec que moi t’ait touché! Et putain! Tu t’es laissé faire! Condamna l’explosif.
- Je ne me suis pas laissé faire, j’allais…
- Il t’a tripoté! Rien que pour ça, il mérite de crever la gueule ouverte!
Le Bakugou s’écarta de son amant pour avancer jusqu’au salon, suivit de près par celui-ci qui essayait de défendre sa cause. Toujours sur les nerfs, Katsuki se laissa tomber sur le canapé sans aucune douceur et grogna, ressassant la scène de la ruelle. Izuku soupira avant de laisser un petit sourire en coin se dessiner sur ses lèvres. Il se plaça devant son petit ami qui ne le remarqua pas avant qu’il ne relève cette tête irritée avec ses mains abimées.
- Je ne te l’ai pas encore dit mais… Merci Kacchan. Tu m’as sauvé tout à l’heure.
Le sourire de Deku ainsi que le doux baiser sur ses lèvres le calma immédiatement. Il ferma les yeux pour profiter de ce petit moment de tendresse. Il posa ses mains sur les hanches de celui qui restait debout. Au bout d’un petit moment, ils rompirent le contact.
- T’es un héros je te rappelle, Deku. Te fait pas plaquer comme ça par le premier pervers qui passe.
- Oui, je ferai attention.
- Si tu te fais attaquer, réplique plus vite que ça, le laisse pas te désaper sans rien dire.
- Je prends ton conseil en note.
- Je suis le seul à avoir le droit de te toucher. Le prochain, je l’explose avant qu’il ne réalise ce qui se passe.
- Oui…
Le successeur d’All Might rapprocha ses lèvres au fur et à mesure des recommandations de son amant, ressentant une chaleur familière lorsque ces mains qu’il aimait entourèrent ses hanches afin qu’il ne puisse échapper à son emprise. Il dut poser un genou sur le canapé, entre les jambes du blond pour stabiliser sa position et approfondir leur baiser de plus en plus avide mais de manière bien plus douce qu’à l’entrée.
Les mains de Kacchan ne tardèrent pas à s’aventurer sous sa chemise pour lui caresser la peau. Elles remontaient son dos, avant de faire un détour sur son torse, s’attardant sur l’un de ses tétons dressés. Izuku lâcha un petit gémissement qui semblait satisfaire le blond qui continuait sa route vers le bas. Il atteint un obstacle plutôt gênant et entreprit son élimination. Le vert s’abaissa un peu plus, rapprochant encore un peu plus leur corps, allant jusqu’à se retrouver à califourchon sur son amant qui avait alors un meilleur accès pour poursuivre ses caresses. Bien plus confortable aussi.
Assez rapidement, le bout de tissu sans bouton vola dans la pièce et seul subsistait des bruits de succions et des petits gémissements qui résonnaient dans l’appartement qu’ils partageaient. Leurs respirations se firent plus saccadées et bientôt, les dernières barrières vestimentaires tombèrent. Leur regard étaient fiévreux et leur corps en parfaite osmose.
Une fois bien préparée, l’impatience les gagnait. Le jeune Deku, complètement rouge, abaissa ses hanches sur la virilité dressée de son compagnon tout aussi enflammé que lui. Il commença par des petits mouvements timides avant d’être emporté par une tempête de sensation dans son bas ventre. Kacchan n’avait jamais su être patient et avait vite repris les rennes de la parade amoureuse. Il était à la fois doux et brutal. Le vert aimait ces moments où leur corps exprimait tout ce qu’ils ne pouvaient se dire d’ordinaire, surtout de la part du blond.
- Kacchan… Je t’aime… Gémit Izuku.
- Je sais… Moi aussi… Grogna Katsuki.
- Ah! Kacchan! Encore!
- Dis donc Deku… T’es drôlement sensible ce soir.
- T’aime pas? Demanda-t-il d’une petite voix.
- Au contraire.
Ce ne fut que bien plus tard dans la nuit que la fièvre qui avait consumé leur corps se calma enfin, les berçant dans les bras de Morphée, l’un contre l’autre.
Leur quotidien avait reprit son cours. Tout allait bien, jusqu’à il y a quelques jours où, au moment du diner, Midoriya se sentit soudainement mal. Il lâcha ses baguettes et se précipita en urgence aux toilettes sous le regard inquiet du jeune Bakugou. Malheureusement, le lendemain matin, le malade se sentait toujours nauséeux. Katsuki obligea son petit ami à se rendre à l’hôpital. Le médecin commença son auscultation. Il en profita pour faire un bilan total. La vie d’un héros était loin d’être de tout repos après tout. Un problème pouvait survenir n’importe quand. Une fois les résultats en main, le membre du corps médical crut qu’il s’était trompé de dossier. Il vérifia le nom inscrit sur la pochette cartonnée mais c’était bien celui de Midoriya Izuku, alias Deku, qu’il avait entre les mains. Il rouvrit le dossier, histoire de vérifier qu’il n’avait pas halluciné et recommença ce petit manège plusieurs fois, mettant au passage à l’épreuve la patience de Bakugou.
- Aussi invraisemblable que cela puisse paraitre, il n’y a pas d’erreur possible. J’ai encore du mal à y croire moi-même, mais…félicitation monsieur Midoriya, vous êtes enceinte depuis deux à trois semaines.
Bakugou Katsuki comme Midoriya Izuku se figèrent, tel une statue de pierre. Avaient-ils bien entendu? Le docteur ne semblait ni plaisanter ni proche de la retraite.
- Que- comment ça, enceinte?
- Eh le toubib, t’es bigleux ou quoi? De- Je veux dire Izuku est un mec.
- Oui, je le vois bien, mais les résultats sont là. Un bébé grandit dans votre ventre, monsieur Midoriya.
- Mais comment c’est possible… et depuis deux à trois semaines?
- Exact.
- Un-un…un bébé? Répéta la future «maman», incrédule.
- Tout à fait. Auriez-vous une idée sur ce soudain changement dans votre corps? Rien dans votre dossier médical ne faisait mention d’une capacité à porter un enfant en vous.
L’homme au corps métamorphosé ressassa ce qui s’était passé il y a quelque temps, un évènement qui serait sortie du quotidien il y a deux ou trois semaine. Il se rappela alors de son agression, plus précisément ce que disait cet homme à la voix délirante.
- Délai d’incubation… Murmura le jeune homme.
- Tu marmonnes quoi dans ton coin, Deku.
- Est-ce qu’il est possible de modifier mon corps pour qu’il puisse recevoir un bébé par une injection ou un genre de virus? Ou quelque chose de ce genre là?
- De quoi tu parles?
- Et bien… Si on se fit aux résultats… Il s’est passé «ça», il y a environ deux semaines. La ruelle…
- Me dis pas que ce mec…
- Je n’ai sentis aucune piqure ni quoi que ce soit dans ce genre là, du coup, je ne sais pas si ça a un lien mais…
Une image vint à l’esprit de Katsuki. Celle d’Izuku plaqué contre le mur de la ruelle avec un homme écœurant collé à lui. Il imaginait une seconde ce qui se serait passé s’il n’était pas arrivé à temps pour sauver son amant, si ce putain de pervers était arrivé à des fins. Ses mains tremblaient face à cette horreur et sentait que s’il ne se défoulait pas bientôt, il risquait d’y avoir un massacre dans les parages. Enfin, ses intentions destructrices auraient prit le dessus si son homme n’avait pas prit l’initiative de lui prendre la main dans la sienne, devinant aisément où était partit sa réflexion.
Le médecin prit son temps pour réfléchir à la question avant de répondre. Pour sa propre survie, il avait attendu que le blond au tempérament explosif se calme.
- Eh bien, je n’ai jamais entendu parler de ce genre de…procédé qui permettrait à deux personnes de mêmes sexes d’enfanter. Néanmoins, dans l’ère d’aujourd’hui, la probabilité que cela existe n’est pas nulle.
- Quels sont les risques pour De-Izuku?
- Kacchan…
- Il va me falloir faire des recherches plus approfondie sur le sujet. Si monsieur Midoriya veut bien coopérer avec nous, nous serons plus à même de diagnostiquer sur son état plus qu’insolite et d’avoir une idée plus précise de cette situation inédite.
Le couple continua de discuter de toutes les possibilités qui leur étaient offertes selon leur choix de garder ou non cet enfant à naitre avec le professionnel qui les informait très précisément sur toutes les procédures et leur conséquence. Il fallut encore un peu plus d’une heure pour que les deux jeunes hommes rentrent enfin chez eux. Ils se firent face l’un à l’autre assis à la table à manger, perdu dans leur pensée. Ils avaient encore du mal à réaliser ce qui se passait.
Quelque chose d’inimaginable était entrain de leur tomber dessus, une voie qu’ils savaient inaccessible, sauf par voie d’adoption, et qui n’avaient jamais effleuré leur esprit. Ce malaise fut brisé par une voix.
- Tu vas faire quoi? Demanda le blond.
- C’est-à-dire?
- Bah… Pour le… Le…
- Le bébé?
- … Ouais… Le bébé…
Le silence retomba de nouveau. Chacun n’osait regarder sa moitié, perdu dans divers sentiments mitigés. C’était donc cela que ressentait un couple qui faisait face à un «accident»? Eux qui pensaient ne jamais avoir ce genre de problème, voilà dans quelle situation ils étaient.
- Et bien… Déjà, je vais attendre les résultats pour savoir si je suis apte à le garder, vu qu’il a été engendré grâce à un processus inconnu. Il faut savoir si les effets son permanent, à utilité unique ou encore… Commença celui qui portait l’enfant.
- Deku.
- Il y a tant de paramètres à prendre en compte et…
Sa voix commençait à dérailler, se rendant enfin compte de ce qui l’attendait. Une vie grandissait à l’intérieur de lui.
- Deku.
- Et puis… Je… C’est…
Midoriya posa ses mains sur son ventre encore plat. C’était son bébé. Son bébé avec celui qu’il aimait qui évoluait de jour en jour.
- C’est notre bébé, Kacchan. A tous les deux. On va être papa.
- Je vais être papa…
- Oui…
- Tu vas être papa…
- Oui!
Le vert tendit une de ses mains vers le père de son enfant. Celui-ci effleura d’abord cette main si particulière couverte de cicatrices avant d’y croiser ses doigts. Le bout de ces doigts était glacé. Il n’était pas le seul à s’inquiéter. Normal. Il allait porter leur enfant et le faire venir au monde. Il leva la tête pour voir son compagnon aussi désorienté que lui. Cet avenir si incertains, ils devaient y faire face ensemble, tous les deux. Et ensemble, ils s’en sortiraient.
Chose extrêmement rare, Bakugou Katsuki exprimait de l’amour et de la tendresse à l’égard de Midoriya Izuku, celui qui partageait sa vie. Il avait porté à ses lèvres les doigts abimés de son amant pour y déposer un baiser. A défaut de le dire à haute voie, ce geste lui assurait un soutien sans faille, quelque soit le choix qu’ils prendraient ensemble. Grâce à ce geste, le vert se sentit plus fort, prêt à affronter n’importe quelle situation, tant que le blond était à ses côtés.
- Kacchan… Continuons de réfléchir ensemble, tu veux bien?
Les premiers examens ne tardèrent pas à débuter. A première vue, l’organisme de jeune héros victime semblait s’être parfaitement adapté au changement pour accueillir le futur enfant. Il n’y avait aucun problème et les deux individus se partageait un corps en parfaite harmonie. Enfin… Aussi parfaitement qu’une femme enceinte subissait les symptômes les plus désagréables de la grossesse. Plus les jours défilaient, plus l’homme enceinte se rendit compte du supplice que devait subir ces pauvres mamans. Il eut même une pensée pour sa mère, espérant qu’elle n’avait pas autant souffert. Et ce n’était encore que le début.
Pour des raisons de sécurité, aussi bien pour le bébé que pour lui, Midoriya Izuku fut obligé de prendre un long congé dans sa carrière de héros. Il avait voulu protester en argumentant que la gente féminine était apte à travailler jusqu’à un certain seuil mais les arguments du père de l’enfant ne lui laissait pas vraiment le choix. Il tenta quand même le coup.
- Je pense que je peux très bien travailler dans les bureaux Kacchan. Je saurais gérer un peu de paperasse.
- Prend moi pour un idiot, Deku. Si t’entends la moindre alerte, tu vas foncer dans le tas sans même penser à ton état.
- Je ne vais pas rester neuf mois à rien faire à la maison!
- T’auras divers examens à effectuer assez régulièrement, non? Histoire de vérifier que tout est ok avec ton corps transformé. Il faut que tu restes dispo au cas où.
- Oui mais…
- En plus, le doc l’a dit. Les symptômes sont plus forts chez toi que chez les femmes car, de base, ton corps n’est pas préparé à accueillir un bébé.
- Tu vas risquer ta vie tous les jours alors que moi… Je serais pas là pour toi…
- C’est pas comme si on bossait aussi souvent que ça ensemble vu qu’on est dans deux agences différentes.
- Mais-
- Et surtout! Coupa le futur père. Ce malade se promène quelque part dehors, en train de te tendre une embuscade je sais pas où et continue de te salir mentalement. J’ai envie de gerber rien que d’y penser. Je ne permettrais pas à ce fils de pute de vivre une seconde de plus en pensant à toi. T’es à moi! Repose-toi à la maison et laisse-moi courir dehors pour le défoncer à ta place. Ta seule mission, c’est de garder notre bébé en sécurité.
Après ce discours, Izuku laissa échapper un petit rire. Il déposa un chaste baiser sur les lèvres de Katsuki qui n’aurait pas été contre un petit plus.
- On dirait un papa.
- Mais j’en serai un bientôt, «maman».
Sur ces mots, le futur père quitta l’appartement pour se rendre au travail avant que son compagnon ne le frappe, gêné. Malgré la boule au ventre qu’il éprouvait en permanence en laissant son petit ami seul toute la journée, sachant qu’il ne se sentait pas au meilleur de sa forme à cause de sa grossesse, il ne put réprimer un petit sourire en coin. Il imaginait un instant son futur enfant dans les bras de son partenaire aux yeux verts. Il s’était toujours dit que ce genre de scène était d’une niaiserie sans nom dans les séries télés que regardait sa mère et pourtant, il se surprenait à faire la même chose… Enfin, ça, il ne l’avouerait jamais à haute voix. Finalement, cette nouvelle situation ne lui déplaisait pas tant que cela.
- Bien, les tests sont terminés, tout est en ordre aujourd’hui encore, monsieur Midoriya.
- Merci docteur.
- Aviez-vous des remarques à faire avant de nous quitter?
- Et bien… Concernant les nausées matinales…
Le héros ayant des bombes à la place des mains ratissait la ville au peigne fin à la recherche d’une personne. Il s’était juré d’attraper ce putain de détraquer sexuel et de lui faire regretter d’avoir voulu violé son Deku. Mais il n’avait qu’un vague souvenir de cette nuit là. Les rues étaient déjà sombres, sans même parler de la ruelle plongée dans les ténèbres. Et il avait été tellement aveuglé par la rage qu’il avait à peine retenue la silhouette de cet homme. Comme si rechercher un homme sans plus de précision allait être facile…
Bien évidemment, l’enquête sur ce déchet de la société avait été confiée à la police, plus douée et surtout habilitée, en ce qui concernait l’investigation. Mais il était incapable de rester sans rien faire pour autant. Il était retourné un nombre incalculable de fois dans cette ruelle afin de trouver un éventuel indice, sans succès. Cette vaine recherche l’exaspérait. Les criminels retournaient pourtant toujours sur leur scène de crimes, non? Alors pourquoi celui-là ne revenait pas?
La vie continuait son cours et Midoriya Izuku entamait son quatrième mois de grossesse. Il aimait regarder une petite photo, la toute première échographie qu’il avait effectuée et ainsi voir son bébé. Il ne pouvait s’empêcher de sourire, comme si c’était imprimé sur son visage et que rien ne pouvait faner. Il se rappelait la tête de Katsuki en voyant le fœtus. Ses yeux étaient brillants avant qu’il ne se retienne d’exprimer toute émotion débordante, allant jusqu’à lutter contre lui-même. Une grimace horrible prit forme sur son visage, démontrant sa lutte intérieure. Mais il savait aussi que son cher amant avait discrètement pris une photo avec son téléphone.
Quand aux médecins qui s’étaient penchés sur son cas, ils étaient tous arrivés à une seule et même conclusion. C’était véridique. Son corps s’était parfaitement adapté à sa grossesse mais la cause en était encore inconnue. Aucun indice, ni aucune trace d’une quelconque substance mystérieuse. Mais il y avait au moins une bonne nouvelle, le bébé allait bien. Il se développait à son rythme, chaque jour à l’intérieur de lui.
Le ventre commençait d’ailleurs à prendre quelques formes. Il n’allait pas pouvoir le cacher très longtemps et devrait mettre sa famille ainsi que les Bakugou dans la confidence. Il ne doutait pas que les mères aillaient lui en vouloir de ne pas les en avoir informé plus tôt.
Ce qui arrivait de plus en plus fréquemment, c’était les sautes d’humeur. Un petit rien l’irritait ou déclenchait une crise de larmes. Le plus dérangeant était l’utilisation de son alter dans cet état. Il ne pouvait pas se contrôler et ne comptait plus le nombre de mobilier et de vaisselle ayant rendu l’âme.
Ce jour là, Bakugou Katsuki eu un mauvais pressentiment. La nuit était déjà bien tombée. Sa vie était actuellement en danger. Il risquait d’y passer s’il ne se dépêchait pas de rentrer. Le vert était assez susceptible à cause de ses hormones. Mais ça, tout le monde dans son entourage s’en fichait! Ils ne savaient pas ce qu’il devait subir au quotidien avec un Deku en colère, alter activé à tout bout de champ. Surtout ces putains de groupies qui empestaient le parfum, comme si elles s’étaient renversé une bouteille entière, et s’excitaient telles des hystériques en chaleurs alors qu’il les insultait de tous les noms. Il était épuisé.
- Je suis rentré, soupira le futur papa, éreinté.
- Bon re-
Izuku s’arrêta et huma l’air autour de lui. Katsuki s’approcha pour demander se qui se passait quand il fut violemment projeté de l’autre côté du salon. Il ne l’avait pas vu venir celle là. C’était vraiment une journée de merde.
- Deku, enfoiré! Pourquoi t’as fait ça?
- Tu oses me dire ça alors que tu me trompes?
- C’est quoi ton délire là? T’as encore regardé ton putain drama, c’est ça? T’es vraiment chiant!
- Ouais… T’as raison, je suis chiant, c’est pour ça que t’es allé en baiser une autre! Tu vas l’engrosser comme tu l’as fait avec moi? C’est pour ça que tu rentres aussi tard ces derniers temps?
- Au cas où t’as oublié ton calendrier, on est dans la putain de période rouge!
- Celle où tu vas te taper des salopes en mini jupe?
- Celle où toutes les putains de petites frappes sortes de leur trou pour se faire défoncer par les héros!
- Arrête de dire putain à tout bout de champ! Tu vas me dire que tes vilains se parfumaient pour te voir?
- C’est toi qui me force à dire putain, putain! J’ai été retenu par mes hystériques de groupies. Elle schelinguait tellement que j’allais gerber.
- C’est plutôt moi qui a envie de vomir là! Reste loin de moi!
La victime de ses hormones plaqua sa main sur sa bouche et boucher son nez avant de tourner rapidement les talons pour s’enfermer dans les toilettes rendre ce qu’il avait mangé dans la cuvette, laissant le blond au sol. Il lâcha un soupir irrité et se frotta avec force les cheveux. Il allait encore passer la nuit sur le canapé. Sur cette pensée assez déprimante, il se dépêcha d’aller dans la salle de bain pour retirer cette odeur nauséabonde.
Au milieu de la nuit, alors que Katsuki se retournait pour la énième fois sur son lit de fortune, il entendit Izuku courir rejoindre les toilettes pour y restait un long moment. Il soupira et se leva. Lorsque son amant sortit enfin des sanitaires, le teint pâle, il lui tendit une tasse fumante. Au lieu de prendre la tasse, le héros en congé de maternité enlaça le père de son enfant et enfouit sa tête dans son torse.
- Désolé, Kacchan… T’es si gentil avec moi alors que je suis insupportable…
Kacchan rendit l’étreinte d’un bras, ne pouvait lâcher le breuvage, et déposa un baiser dans les cheveux du vert qui se détendit. Il frotta le dos du malade pour le calmer un peu.
- C’est pas un petit coup de gueule qui va me faire partir, t’inquiète. J’ai du te faire bien pire avant. J’suis là pour toi et le bébé.
- C’est rare de t’entendre parler ainsi.
- La ferme.
Midoriya rit doucement et prit la tasse que son amant tenait toujours, sans pour autant quitter ces bras rassurant. Il but lentement le breuvage qui lui fit un bien fou. Il détestait se sentir aussi faible, mais d’un autre côté, ce n’était pas si mal si cela lui permettait de voir un gentil Kacchan. Ensemble, ils retournèrent dans leur chambre. Le blond borda son cher et tendre et profita de ce répit pour sortir une boite de la poche de sa veste qu’il avait attrapé entre temps.
- Kacchan?
- J’ai dit que t’étais chiant, mais pas que je voulais pas de toi.
Le vert se redressa légèrement, se demandant bien pourquoi son ami d’enfance revenait sur leur dispute. D’ordinaire, il était même le premier à demander d’oublier le passé.
- Va falloir que je te marque pour montrer aux autres que ton cul n’est réservé à personne d’autre qu’à moi.
- Ka-Kacchan? Bégaya Izuku, rouge.
La rouge tomate vit son petit ami ouvrir la boite qu’il tenait entre ses mains puis prendre délicatement sa main pour y enfiler une bague. Kacchan venait de lui mettre une bague au doigt. A lui, Midoriya Izuku, celui qu’il surnommait le bon à rien durant leur enfance. Il sentit ses yeux picoter mais se retint.
- Même si on ne peut pas se marier, avec ça, j’espère qu’il n’y aura plus aucun de ces putains de pervers pour mate ton derrière. T’es entièrement réservé pour ma personne, aussi bien ton cœur que ton corps.
- Kacchan… T’es toujours aussi grossier… Lâcha le vert, incapable de retenir ses larmes, trop heureux.
- C’est comme ça que tu m’aimes, non?
Les larmes coulèrent à flot sur les joues du sensible qui hochait la tête, le sourire aux lèvres. Il se colla contre le torse de son amant pour y cacher son visage qu’il savait affreux. Il souffla un petit «je t’aime» avant de profiter de la chaleur que procuraient ces mains qui caressaient son dos et sa tête, tendrement.
- Tu as quoi? S’écria Bakugou Mitsuki, la mère de Katsuki.
- I-Izuku! Pleura Midoriya Inko.
- Maman… Arrête de pleurer… Tenta de calmer le fils de la pleureuse.
- Imbécile de fils! Tu sais pas qu’il faut toujours se protéger durant les rapports sexuels?
- Sale vieille sorcière! C’est ça qui te choque dans ce qu’on vient de te dire? Deku est un mec qui attend un bébé!
- Même entre hommes, faut savoir se protéger, idiot de fils! Tu vas prendre tes responsabilités j’espère!
- T’as de la merde dans les yeux ou quoi?
Alors que les Midoriya restaient calme face aux Bakugou qui explosaient, Katsuki prit la main de son partenaire pour y montrer une bague qu’il avait offert un peu plus tôt.
- Izuku! Mon bébé est devenu si grand! Pleura plus fortement la mère de la future «maman».
- Ma-maman… Arrête… C’est gênant…
- Mais…Mais…
- C’est bien, Inko! On va devenir une seule et grande famille! Désolé que ce soit mon rustre de fils qui ait réussit à mettre le grappin sur ton Izuku.
- Répète la vieille?
- Autant de fois que tu voudras, sale gamin!
Leurs deux familles étaient déjà proches de base et savoir que leur fils se fréquentait avait été une surprise sans réelle surprise. Ce n’était pas pour autant que ce fut immédiatement accepté. L’un des devoirs d’un parent était bien sur de s’inquiéter de l’avenir de leur enfant. Mais voyant que quoi qu’il arrive, malgré quelques années de froids, ces deux amis d’enfance étaient inséparables, ils avaient tous respecté le choix des enfants devenus adultes. Ce petit moment de nostalgie passé, ils fêtèrent la bonne nouvelle dignement. Le couple avait vraiment de la chance d’avoir de tels parents.
Un mois plus tard, le commissaire de police convoqua le héros explosif au commissariat. Celui-ci s’installa et but une gorgée du thé qui lui fut servi avant de voir le grand chef pénétrer dans le bureau, dossier en main.
- Vous avez du nouveau pour m’appeler ici? Dit le héros en posant sa tasse.
- On patauge à vrai dire. Mais on tient peut-être une piste. Une rumeur pour être plus précis.
- Je vous ai connu plus efficace. Alors?
- On s’est peut être trop focalisé sur la fabrication d’une substance qui modifierait le corps humain, dans le même genre que les booster d’alter. Il semblerait cependant qu’il existerait un genre alter qui rendrait n’importe quelle personne fertile.
- Avoir la possibilité de pouvoir faire des gosses veut pas dire qu’un homme peut accoucher.
- Et si je te dis que c’est une possibilité à 100% de réussite?
- Développe. Demanda Katsuki, intrigué.
- Depuis quelque année, il y a tout un marché de bébés qui a commencé à voir le jour. Endeavor n’est pas le seul à vouloir engendrer l’enfant ultime. Imagine une seconde. Une organisation a la capacité de fabriquer des gosses quand ils veulent. Un seul rapport sexuel et l’enfant arrive neuf mois après. Ils pourraient tester leurs méthodes douteuses sur des couples désespérés, incapable d’enfanter. Cette organisation arrive et paf, miracle, le bébé est là. Il y a de quoi attirer l’attention des plus avides. Une fois l’efficacité démontrée, ils étendent leur marché.
- C’est trop gros ça! Je vois toujours pas le rapport.
- Plus c’est gros, plus ça passe, petit. Imagine un pauvre couple qui ne peut avoir des enfants. Ils entendent parler d’une méthode infaillible et tout ce qu’il faut, c’est payer un certain prix.
- Et pourquoi rendre ça illégal? Je vois pas l’intérêt.
Le blond regardait le commissaire comme s’il avait fumé un bon pétard avant de le voir. Le vieil homme soupira. Un autre jeune incapable de voir plus loin que le bout de son nez.
- Pour un jeune, tu manques d’imagination. Même pour une personne ayant l’autorisation d’user son alter pour la bonne cause et augmenter la population mondiale, il n’en reste pas moins une activité contrôlée par l’État. C’est une question de santé publique. De la commande à la livraison en passant par les honoraires, tout sera soumis à un contrôle strict. Cette personne à l’alter de fertilité ne pourra pas faire ce qu’elle veut et se remplir les poches que si elle passer par la voie souterraine. Or, en construisant un réseau dans l’ombre, les profits arrivent directs et ça sera plus dur de remonter à la source. Et encore, je t’ai donné que la version bonne enfant.
Katsuki assimilait l’information. Pour une simple rumeur, c’était quand même du costaud. Il y avait peut être une part de vérité là-dessous. Les mariages arrangés entre alters rares ou puissants existaient déjà. Inutile de passer par une voie détournée. Puis, il fronça les sourcils. Version bonne enfant? C’est vrai que pour l’instant, à part faire payer des couples désespérés, y avait pas vraiment de… Et si…
- T’es entrain d’insinuer que rendre l’activité illégale permet aux détraqués sexuels de féconder leur victime?
- T’es un peu lent mais avec un peu d’entrainement, tu peux peut être tenté la police.
- Un putain de pervers a entendu cette rumeur et a pensé qu’un viol, ça suffisait pas, fallait aussi un gosse dans le tas?
- Ton pervers a peut-être pensé que ça marcherait sur les hommes aussi, vu que les chances de réussites sont de 100%.
Bakugou serrait ses poings dont les jointures blanchirent. Cette merde allait crever les intestins à l’air.
- Calme ta joie, gamin. C’est encore qu’une théorie. Si je t’en ai parlé, c’est pour que t’arrête de marcher sur nos plates-bandes. C’est notre enquête, pas la tienne.
- Vous êtes trop lent!
- Laisse-nous bosser tranquille et ça ira beaucoup plus vite. Vous les héros, vous vous faites trop remarquer! Vas plutôt t’occuper de ta femme. Crois pas qu’il suffise de mettre une bague au doigt pour que ton compagnon soit tranquille. Certain aime ce qui est déjà pris.
- Que-
- Allez! Dehors. J’ai du travail. Reste quand même dispo au cas où on aurait des pistes plus concrètes. L’enquête, c’est notre domaine, vous les héros, c’est les poings, non?
Pour Katsuki, la seule bonne chose de la journée fut de rentrée enfin chez lui, là où son Deku l’attendait, paisiblement assis sur le canapé, rêveur, caressant son ventre arrondi. Le blond posa ses affaires dans un coin et s’assit doucement à côté de son conjoint. Il déposa un baiser sur ses lèvres avant de caresser lui aussi le nid douillet de son futur enfant.
- Tu m’as l’air fatigué, constata Izuku en passant une main sur la joue du blond.
- La police a enfin trouvé une piste mais elle est tellement faible qu’on n’est même pas sur qu’elle aboutira.
Il raconta la rumeur qui circulait dans les bas fonds et observa le vert qui entrait en pleine réflexion. Il avait encore et toujours ce tic de tenir son menton avant de débiter un flux énorme de paroles marmonnées. Ca faisait longtemps qu’il ne l’avait plus vu ainsi.
- Ca expliquerait pourquoi ce pervers a parlé d’incubation… Mais reste à savoir quand est-ce que j’ai été victime de… Ah! Mais ce qu’il a dit suppose que j’ai été touché avant mon agression et…
- Parce que qu’on t’a tripoté dans la même journée? Tu pensais m’en parler quand? Ose même pas me dire qu’on t’a embrassé ou molesté, sinon-
- Ah! Sembla se rappeler la victime.
- Quoi? C’est vraiment arrivé?
- Non, rien d’extraordinaire. Mais si je me souviens bien, ce jour là, j’ai bousculé un de mes fans qui a voulu me serrer la main en guise de compensation. Ca m’avait semblait un peu long pour une simple poignée de main. Il n’y a pas eu de piqure, de douleur ou surbrillance. Tout était parfaitement normal. J’ai pu m’esquiver sans le froisser grâce à un accident un peu plus loin.
- Et c’ est que maintenant que tu m’en parles?
- Tu ne sais même pas si ça a un lien! Et toi non plus, tu me racontes pas toutes les fois où tes groupies te sautent à la gorge!
Ce début de dispute aurait pu continuer si Izuku ne s’était pas brusquement arrêté de parler pour se tenir le ventre. La surprise marquait son visage. Le héros explosif se tendit, se demandant ce qu’il devait faire. Était-ce normal? Il devait appeler une ambulance? Sa mère?
- Deku? Ca va?
- Kacchan…
- Oui, quoi? T’as besoin de quelque chose?
- Le bébé… Il m’a donné un coup!
- Hein? Attend, je veux le sentir aussi!
Kacchan posa ses mains sur le ventre de son amant mais ne ressentit rien. Il regarda Deku, pour vérifier s’il ne s’était pas moqué de lui mais celui-ci haussait les épaules. Ce n’était pas lui qui commandait un mouvement au bébé. N’étant pas sur de bien ressentir les mouvements de la petite vie dans ce corps, le père de l’enfant posa sa tête au dessus de cet être encore minuscule et attendit. Le vert essaye de ne pas faire de bruit en riant mais ce n’était pas une mince affaire.
- Chut, Deku! J’arrive pas à me concentrer. Arrête de bouger.
Bakugou Katsuki n’avait jamais été aussi mignon! Midoriya Izuku inspira et expira profondément pour se calmer. Sa main passa dans la chevelure blonde de son compagnon, plus douce que ce que laissait imaginer ces piques, et patienta avec lui.
Après un peu d’attente, le père à moitié couché sur sa moitié crut sentir un léger coup contre sa joue. Trop heureux, il se vantait déjà de la force de son enfant.
Dans la semaine qui suivit, Kacchan accompagna Deku à son rendez-vous afin de connaître le sexe du bébé. Les deux héros savaient déjà que le fœtus grandissait normalement, comme n’importe quel enfant à naître. Et le fait que ça soit possible via une source inconnue n’y changeait rien. Le reste de la journée fut consacrée au choix du nom.
- Ça sera Shori, un point c’est tout. Affirma Katsuki.
- Kacchan, je ne dis pas que je n’aime pas, regarde au moins les noms que nos parents ont proposés.
- J’suis sur que la vieille en a proposé un tout pourri. Shori, c’est la victoire. Il aura une vie remplie de réussite.
- Tu m’as toujours appelé Deku le bon à rien et pourtant, je m’en suis plutôt bien sortie je trouve.
- C’est-c’est pas la même chose… Idiot!
Deku, celui qui donnait courage, pouffa doucement avant de se coller au papa qui l’enlaça. Il lui tendit le téléphone.
- Dans ce cas, je te laisse aussi le soin de l’annoncer à ta mère.
- Arg… T’es sur que tu veux pas le faire?
- Un peu de courage, monsieur le gagnant.
- C’est bon, j’ai compris! Je m’occupe de ma vieille.
Le possesseur de l’alter de l’explosion installa son partenaire plus confortablement contre lui, son dos contre son torse et posa ses mains sur le ventre arrondi. Il avait remarqué qu’il le faisait de plus en plus souvent ces derniers temps.
- Il était si horrible que ça le prénom qu’elle a choisie? Demanda le blond au cas où.
- Tu veux vraiment le savoir?
- … Nan c’est bon.
Le sixième mois était celui de l’horreur. Non seulement les supers vilains avaient décidé de sortir de leur trou mais en plus le héros en congé de maternité subissait ses premières contractions. Et c’était sans compter les sautes d’humeur et autres gaietés de ce genre. Ne voulant pas laisser son conjoint seul, le héros blond contacta à contrecœur sa mère pour lui tenir compagnie. La mère du vert avait également répondu présente, mais quelque chose lui disait que des bras supplémentaire ne seraient pas de trop. Quoi qu’il douta quelque peu de son choix lorsqu’il découvrit tout son appartement recouvert de vêtements pour bébé, extrêmement mignon certes, mais néanmoins encombrant.
- Désolé Kacchan… On a craqué…
Mais la tête que faisant son Deku était si adorable qu’il ne put lui en vouloir très longtemps. Il avait même commencé à trier ces vêtements entre portable, pas portable et ceux choisis par sa mère.
- Kacchan! Celui-là est mignon! Rend le moi.
- Mais celui là convient mieux à un garçon.
- Mais celle là est mixte. Shori pourra le porter aussi.
- Ça, j’suis sur que c’est de ma mère.
- Elle n’a pas autant mauvais gout que ce que tu crois.
- Ose me répéter la même chose après avoir vu celle là!
- Bon d’accord pour celle là, mais regarde celui-ci, ça irait bien au bébé non?
Les mères Bakugou et Midoriya avaient conseillé à Izuku de faire un peu de sport. Rien d’extraordinaire. Une simple promenade suffirait. Et puis, il devait se l’avouer, il en avait assez de se tourner les pouces. Même son médecin était de cet avis. Le seul inconvénient était sa tenue. Heureusement qu’il y avait des robes de femmes enceinte pas trop fleuri et féminin. De ce fait, il commença des petites promenades régulières, accompagnée d’une des deux mères. Encore, avec sa propre mère, c’était plutôt tranquille, mais avec sa belle-mère, c’était une autre histoire. Il s’était plus d’une fois fait la réflexion sur la provenance du caractère de son conjoint. C’était une telle pile électrique, qui ne laissait rien passer si quelqu’un osait lui tenir tête. Il s’étonnait encore d’arriver à suivre son rythme.
Ainsi, une routine s’installa. Tous les jours à la même heure, ils accomplirent le même rituel, le même itinéraire, sans contrainte, allant au grès de leur envie, rallongeant ou raccourcissant le parcours selon l’humeur du fils enceinte.
Un jour, sa mère eut un empêchement et ne put faire la promenade quotidienne avec son fils. Celle-ci était si désolée. Il la rassura.
- Ca ira maman. C’est juste un peu de marche.
- Mais Izuku, tu arrives au terme de la grossesse. Et s’il se passait quelque chose. Je ne serais pas là pour t’aider.
- Et bien, un héros passera dans le coin et m’emmènera à l’hôpital. Plaisanta le fils.
- Mais tes contractions sont douloureuses non? Et si…
- Ne t’inquiète pas maman. Et Kacchan aussi sait à quoi s’attendre. On le rencontre souvent non? Je suis sur qu’il a modifié sa route pour passer près de mon parcours.
- Si tu le dis… Soit prudent Izuku.
- Promis maman.
Le fils Midoriya se prépara à sortir après avoir raccroché le combiné. Il hésita un moment à prévenir son amoureux. Il n’y avait rien de dramatique à se promener seul, n’est-ce pas? Et puis, Kacchan le surprotégeait trop. Ce n’était pas non plus comme s’il habitait dans une zone rurale avec personne à la ronde. Il était à la fois homme et héros. Il n’avait rien à craindre. Sur cette pensée, le vert quitta l’appartement, sans se douter une seconde qu’un regard l’épiait dans l’ombre d’une ruelle, et se dirigea vers le parc. Soudain, quelque mètre plus loin, il se fit happer par des bras sortant des ténèbres d’une l’interstice entre les deux bâtiments.
Au même moment, le héros explosif pressait son binôme pour leur ronde quotidienne. Pourquoi devait-il se coltiner le bleu comme coéquipier?
- Ca va, ta femme va pas disparaître.
- Qui a dit qu’on le verrait aujourd’hui?
- Sempai, on fait un détour au parc tous les jours et tous les jours, on voit monsieur Midoriya au parc.
- Ya rien d’anormal à changer de temps en temps le circuit de la ronde. Et Deku n’est là que par hasard.
Ils arrivèrent enfin aux alentours du parc et étrangement, le héros pressé quelques instants plus tôt pris tout son temps. Habituellement, Izuku était assis sur le banc, entrain de faire une pause dans sa balade. Mais aujourd’hui, il n’était pas là. Bakugou commença à rechercher du regard une chevelure verte avec un ventre pouvant contenir un bébé de presque neuf mois. Mais rien de semblable. Il regarda son portable pour s’assurer de l’heure. Il était plus tard un peu plus tard qu’usuellement. Le cadet binôme émis l’hypothèse que le conjoint était rentré, mais ce n’était pas possible. Deku avait son propre rythme. Il ne repartait qu’une fois l’avoir aperçut. Mais là, personne. Un sentiment désagréable lui tordait le ventre. Et si…
- Je te laisse continuer seul. Lança-t-il avant de courir.
- Sem-sempai!
Katsuki prit le chemin du retour afin de rentrer chez lui. Peut-être que Izuku avait eu un problème en chemin. Mais sa mère ou la sienne devrait être avec lui non? Des contractions? L’accouchement? Non, il était encore un peu tôt. Merde! Il ne se calmerait pas tant qu’il n’en aurait pas le cœur net. Il espérait sincèrement que le porteur de leur enfant n’avait qu’un petit retard, mais un frisson lui parcouru l’échine, lui quémandant de se presser.
Dans la ruelle, Midoriya se débattit et réussit à se dégager de la poigne de son agresseur. Mais ce n’était pas facile de bouger avec un tel physique. Il était d’ailleurs déjà essoufflé. Il se tint le ventre sans pour autant baisser sa garde. Mais son agresseur n’était pas de cet avis. Après quelque vaine tentative, il se tint la tête, semblant pleurer.
- Deku! Mon Deku! Comment cet homme abject a osé te mettre dans cet état… C’est notre enfant à tous les deux que tu aurais du porter… Nous aurions été si heureux… Si heureux!
Le héros en congé reconnut la voix de son assaillant, celui qui l’avait plongé dans cet état. Il se mit en garde, jetant un œil derrière le détraqué qui lui bloquait la sortie. Il devait trouver un moyen de sortir de ce lieu sordide.
- Je sais! Je vais d’abord t’enlever cette horreur et on recommencera. Le dieu Min est clément. Il nous accordera une autre chance, j’en suis sur.
- Le dieu Min?
Midoriya esquiva une attaque de son fanatique qui avait la capacité de contrôler ses cheveux comme il l’entendait, de la simple direction d’attaque à sa longueur. Izuku aurait pu tenter une retraite par le haut. Il y avait suffisamment de distance entre les deux bâtiments pour quelque rebond mais il doutait de sa capacité à sauter avec son petit handicap. Et surtout, il ne voulait pas risquer de blesser son bébé par un faux mouvement. Il réfléchit aussi vite qu’il put. Avec un peu de chance, Kacchan se rendrait compte qu’il y a un problème en ne le voyant pas au parc. D’ici là, il devait tenir le coup. Il devait gagner du temps.
- Serait-ce ce dieu Min qui a transformé mon corps?
- Oh! Mon cher Deku, serais-tu intéressé? De toute façon, il faudra aller le voir ensemble pour qu’il t’implante la nouvelle graine. Mais ne t’en fait pas, ça ne fait pas mal… Tu n’as rien senti la dernière fois, n’est-ce pas?
- Comment ça, une graine? On ne m’a rien implanté.
- Si, si! Je l’ai vu! C’est le pouvoir du dieu Min! Il suffit de toucher une personne pour qu’elle puisse féconder.
- Combien de temps faut-il pour…
- Assez parlé. Tu le demanderas au dieu. Mais avant, on va te retirer ce monstre.
- Ne parle pas de mon bébé comme ça. Kacchan et moi seront là pour t’empêcher de lui faire du mal.
- Il t’a lavé le cerveau! Ce misérable! Mais je te pardonne, Deku… Tu n’as rien fait de mal. Tu es manipulé… Je vais te l’enlever.
Les cheveux noirs et gras du grand malade se formèrent en une sorte de lance, visant la partie la plus encombrante de son corps. Il ne pouvait pas rester sans rien faire. Il serra ses poings. Qui ne tentait rien n’avait rien, le héros Deku cria et fonça sur le pervers, activant son alter dans ses jambes et esquiva d’un bond juste avant l’impact. Encore un effort. Il y était presque.
Au moment où il allait atterrir, le chevelu énervé donna un violent coup dans le dos qui projeta Izuku vers la sortie. Il ferma les yeux, redoutant le contact avec le sol, voulant éviter d’atterrir sur l’enfant. Il attendit mais ne sentit rien. Il se risqua à ouvrir les yeux et rencontra ceux meurtriers de Katsuki. Il posa délicatement son amoureux au sol et essuya un filet de sang sur sa joue, avant de faire crépir ses mains en direction de celui qu’il recherchait depuis des mois.
- Je peux savoir ce que t’as fait à mon Deku, enfoiré? Je vais t’exploser pour avoir osé lui faire du mal.
Le héros blond fonça sur le putain de vilain qui tenta de manière désordonné de l’attraper avec ses cheveux gras. Mais ceux-ci brulèrent, explosés par l’alter du héros. Il attrapa le cou du demeuré et lui défonça le visage à coups de poing.
- Ka-Kacchan… Souffla Midoriya.
Obnubilé par sa rage, le héros n’entendit pas le faible écho de la voix d’Izuku. Il jeta l’homme désormais inconscient à terre, s’apprêtant à lui donner le coup final quand un cri le sortit de sa folie.
- Monsieur Midoriya!
Katsuki se retourna vivement, remarquant enfin que son Deku se tenant le ventre, le teint extrêmement pale, marqué par la douleur. Il baissa légèrement le regard pour voir que le bas de ses vêtements était trempés. Putain… Ce n’était quand même pas…
- Deku!
Abandonnant toute idée de vengeance, la bombe humaine se précipita vers son amant sur le point de s’évanouir. Une peur grandissante s’empara de lui. Le blond confia les lieux à son cadet et transporta de lui-même les deux personnes les plus importantes de sa vie jusqu’à l’hôpital, ne pouvant attendre l’arrivée d’une ambulance.
Dès leurs arrivées, Izuku fut pris en charge en urgence et la longue agonie de l’attente commença. Il ne savait plus ce qu’il avait fait, mais sa mère ainsi que celle de Deku étaient arrivées en trombe, le prenant dans leur bras, comme pour le rassurer alors qu’elles-mêmes étaient tremblotante. Le commissaire était également venu s’enquérir de l’état du héros en salle d’opération et tenta de détendre l’atmosphère en se plaignant de l’état de l’agresseur à moitié mort sur une note légère. N’ayant pas eu un public très attentif, il repartit après avoir demandé de passer au commissariat dès que possible. Une tape sur l’épaule et plus personne ne le dérangea. Il attendait, attendait.
Ce ne fut que bien plus tard qu’un chirurgien sortie enfin de la salle d’opération. Katsuki se leva et fonça sur lui pour l’attraper par le col.
- Deku! Deku va bien? Et le bébé?
Le professionnel, habitué à ce genre de comportement dans ce genre de cas, garda son calme et patienta un peu avant de mettre une distance raisonnable entre lui et le conjoint de son patient. Il le rassura. Le père et l’enfant n’étaient plus en danger. Il donna quelques indications à respecter avant de s’en aller.
Rassuré, Katsuki recula d’un pas pour s’adosser au mur du couloir hospitalier. Il percevait vaguement les deux mères exprimer leur joie et leur soulagement. En attendant que le vert se réveille, il suivit les deux femmes jusque devant une vitrine pour voir un bébé installé dans une couveuse. Il était si petit. Il semblait si fragile. Le père de cet être minuscule posa sa main contre la paroi, ne réalisant pas encore ce qu’il voyait. C’était son fils qui était devant lui. Il ne savait pas pourquoi, mais plus il le regardait, plus sa vue se brouillait, sentant même ses joues s’humidifier.
- Félicitation, Katsuki. C’est un beau bébé. A partir d’aujourd’hui, tu es papa. Félicita Mitsuki.
- Comment il s’appelle? Demanda Inko.
- Shori.
Les deux mères, ou plutôt grands-mères, se collèrent contre lui pour une embrassade chaleureuse qu’il rendit. Il ne se sentait pas d’humeur à les rejeter, encore secoué par les événements. Leur présence lui fit du bien.
Lorsqu’Izuku se réveilla, la première chose qu’il vit fut Katsuki qui lui tenait la main. Il la caressa doucement, perdu dans ses pensées.
- Kacchan? Appela doucement le vert.
Le dénommé Kacchan sursauta et se mit debout. Il se pencha vers son amant et avec sa main libre, dégagea une petite mèche de cheveux que son front.
- Deku.
La conscience encore brumeuse, l’ancien porteur du bébé bougea légèrement quand il se rendit compte d’un vide. Il y avait quelque chose lui n’allait pas, comme un manque. Il baissa les yeux pour voir un ventre plat. Il plaça sa main dessus un peu trop vivement et grimaça légèrement. Retrouvant soudainement toute sa lucidité, il s’agrippa à son compagnon.
- Shori! Et Shori?
Le jeune Bakugou calma le Midoriya d’une main et colla son front contre le sien.
- Il va bien. Shori est dans la couveuse pour l’instant. Mais il va bien.
Le patient lâcha un soupir de soulagement et accepta de se recoucher sagement. La tension quitta son corps et il se sentit épuisé.
- Désolé Deku… Je suis encore arrivé trop tard.
- De quoi tu parles, t’es arrivé juste à temps. Si tu n’avais pas été là, je n’imagine même pas ce que serait devenu Shori.
Ils se regardèrent droit dans les yeux, incapables de prononcer un seul mot.
- Deku…
- Oui, Kacchan?
- … Bon travail.
- Merci.
Le héros alité sourit, ce qui apaisa grandement Katsuki. Ce petit moment de tranquillité fut brisé par les grands-mères ne tinrent plus en place et pénétrèrent dans la chambre pour féliciter ce grand garçon qui leur avait offert un petit fils dont elles avaient auparavant abandonné tout espoir d’en avoir un.
Quelque temps plus tard, le quotidien de deux personnes se transforma en trois dans l’appartement des deux héros. Ils avaient fait la une de tous les journaux. Le héros aux bombes aux mains perpétuait sa routine de travail tandis qu’Izuku récupérait de son accouchement. Lui et son fils avaient fait l’objet d’un nombre incalculable d’examen. Heureusement, encore une fois, tout était normal, au grand soulagement du couple.
Il avait d’ailleurs été constaté que le corps de Midoriya Izuku était revenu à sa forme originelle, ne pouvant désormais plus accueillir d’enfant en son sein. Le mystère de cette grossesse restait donc entier.
Épuisé par sa journée, l’homme revenu de son service se coucha, rapidement rejoint par son conjoint. Le blond prit le vert dans ses bras et se détendit.
- Kacchan?
- Hum?
- Qu’est devenu…ce type?
- Il doit crever en taule, nan?
- Kacchan!
L’explosif soupira et se redressa, sa tête soutenue par son bras. Avec sa main libre, il replaça une mèche de son amant et la posa sur la hanche de ce dernier.
- La police essaye de lui tirer les vers du nez. L’enquête avance plus vite maintenant qu’ils savent quoi chercher. Ils n’ont toujours pas attrapé le responsable de tout ce merdier mais ce n’est plus qu’une question de temps. J’ai dit que je les aiderai à l’attraper, vu qu’il leur a filé entre les doigts plusieurs fois, mais on m’a rétorqué que si c’était pour le retrouver dans le même état que ton agresseur, ils s’en passeraient.
Deku rit doucement en entendant son compagnon grogner de mécontentement.
- Et tu sais pourquoi il se faisait appeler dieu?
- Apparemment, Min serait le dieu égyptien de la fertilité et de la reproduction.
- Donc ma grossesse…?
- Ce type avait un alter permettant de rendre fertile celui qui est stérile durant un temps limité. Il implanterait une sorte de graine produit par son pouvoir chez l’homme ou la femme infertile pour augmenter les chances de faire un gosse. La femme peut porter l’enfant et l’homme peut féconder la femme. Mais apparemment, tu n’étais pas dans ses plans. Il savait même pas que c’était possible pour un homme de tomber enceinte.
- Ah?
- Même s’il faut un contact physique pour transmettre la graine, ton agresseur a laissé échapper qu’il a fait croire à son dieu que sa fille n’arrivait pas avoir un enfant avec toi. La bonne blague! Comme si personne savait qu’on était ensemble.
- Kacchan…
- Bref… Les spécialistes ont alors émis une hypothèse sur ta grossesse.
- Laquelle?
Le blond sourit et approcha ses lèvres jusqu’aux oreilles de son cher et tendre.
- Les effets dépendent de celui qui reçoit la graine, c’est-à-dire s’il pénètre ou s’il est pénétré.
Katsuki profita d’un instant de flottement pour lécher l’oreille de Deku qui rougit furieusement. Il esquiva de justesse une main volante avant de bloquer le vert sous lui. C’est fou ce qu’il aimait le mettre dans tous ses états, c’était plus fort que lui. Ah, depuis combien de temps n’avaient-ils plus profité d’un moment rien qu’à eux? Le blond se pencha, rapprochant ses lèvres des siennes esseulées. Elles se frôlèrent quand des pleurs se firent entendre. Le père de Shori dévia de sa trajectoire et plongea sa tête dans le cou de son compagnon qui s’amusa de la situation. Il déposa baiser sur le front du boudeur et se leva.
- Attend.
Izuku se retourna et vit son homme se lever à son tour. Celui-ci lui prit la main.
- Allons voir Shori ensemble.
Deku acquiesça et se dirigeant avec Kacchan vers la chambre de leur trésor, main dans la main.
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C’est la première fois que je me lance dans du mpreg! Oui, bon… pour celles et ceux qui me connaissent déjà dans un autre fandom, j’ai effectivement fait un OS Kyou Kara Maoh où les protagonistes avaient aussi un enfant, mais sachant que c’était un œuf, ça compte aussi?
Bref! C’était mon premier OS Boku no Hero Academia avec un petit KatsuDeku, mon couple préféré dans cet univers là!
N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez sur ffnet ou sur disqus en bas de la page!
J’ai eu une agréable surprise durant l’année 2016 en voyant que mon AMV Hakkenden Touhou Hakken Ibun ~ Ikanaide (ma plus grande fierté) a battu tous les records de vues de ma chaine.
Certain d’entre vous penseront que les chiffres ne sont pas très élevés et qu’il n’y a pas besoin d’en faire toute une histoire, mais pour moi qui suis une toute petite créatrice d’AMV, ça représente beaucoup! ☆*:.。.o(≧▽≦)o.。.:*☆
En 2015, mon score de vue fut de 143 vues en une journée le 10 mai, avec une moyenne de 40 à 50 vues par jour, suivi d’une décroissance progressive.
En 2016, durant une bonne moitié de l’année, j’avais une moyenne de 30 vues par jour. Ca avait quelque peu baissé, mais je relativisais en me disant qu’avec le temps, les fans avaient finit par se lasser de toujours voir la même vidéo (ノ_<。)
C’est à partir du mois de septembre que la moyenne de vue par jour a grimpé progressivement pour atteindre la moyenne de 100 vues par jour. Et cela ne s’arrêta pas là. Les chiffres continuèrent à grimper de plus en plus haut!
Pour bien finir l’année, j’ai explosé mon précédant record d’au moins 100 vues avec un total de 253 vues le 28 décembre Σ(゜▽゜ノ)ノ
Je vous remercie donc tous d’avoir participé à cet exploit, en espérant que cela continue pour la nouvelle année qui commence! ( ´ ▽ ` ).。o♡
Voici ma journée préférée (et au passage, la plus longue). Savourez-la, je ne sais pas quand je sortirai le prochain chapitre (il faut déjà attendre la fin de mes examens...)
Bonne lecture~!
┬┴┬┴┤・ω・)ノ├┬┴┬┴
Chapitre 5: Cinquième jour
- Monsieur Vongola, appela Giotto en ouvrant la porte du bureau de son supérieur.
La doublure se figea en apercevant que son grand patron, nonchalamment installé derrière son bureau, contemplait en silence le monde extérieur grâce à la vue de sa gigantesque baie vitrée. Il se dégageait de lui un grand charisme dont sa seule présence suffisait à fasciner le monde.
- Giotto, fit la voix grave de Tsuna.
Le blond trembla à l'entente de son nom et s'inclina avec respect devant le châtain.
- Pourquoi es-tu venu? Continua ce dernier.
- Les… Hésita l'autre en regardant craintivement son supérieur et alter ego. Les souris se sont remises à danser.
Un sourire amusé naquit sur le visage infantile et Giotto réprima difficilement un tremblement de frayeur. Ce sourire était loin de refléter cette innocence que le châtain feignait usuellement, profitant de la morphologie si spéciale de son corps.
- Bien! S'exclama joyeusement et quasi innocemment Tsuna. Devrions-nous leur préparer une fête de bienvenue?
En l'espace de seulement quelques heures, la Fondation, entourée de tous ses alliés, était déjà en position, dispersée aux quatre coins de la Vongola Corporation. Ils étaient tous en tenue de combat, armés jusqu'aux dents, prêts à donner l'assaut dès que le signal retentirait. Ils étaient tous équipés d'une oreillette et d'une paire de jumelle.
- Hayato fumait sa dernière cigarette, inhalant profondément sa dose de nicotine, avant le début de l'opération. Il vérifia une nouvelle fois son équipement, ses bombes, et son révolver.
- Tch… On est censé être hacker, pas terroriste.
Soudain, un grésillement se fit entendre dans son oreillette.
- Ahah, Haya-tan, cette tenue te rend encore plus sexy.
- La ferme, Yakyu baka. Concentre-toi. Vérifie ton propre équipement.
Soudain, un autre grésillement vint les interrompre. Le couple d'amoureux transis avait oublié ce petit détail. Dès lors qu'une personne avait la bonne fréquence, n'importe qui pouvait les écouter.
- Herbivores.
- Kufufu~ Faite attention, on est peut-être sur écoute.
Du côté de Mukuro, celui-ci semblait beaucoup s'amuser. Il était chargé de surveiller la porte d'entrée avec ses jumelles. Il jonglait entre la porte et une voiture stationnée quelques mètres plus loin. Il appuya sur son oreillette qui se connecta sur une autre fréquence.
- Vous êtes prêts?
- Hai, Mukuro-sama.
- Nagi. Sois prudente.
- Hai, Mukuro-sama.
- Ken, Chikusa. Tout dépend de vous.
Il reçu un simple «hn» comme réponse, provenant sans doute du plus calme des deux hommes chargés de la première phase. L'homme aux yeux vairons fixa calmement sa montre malgré la tension qui grimpait au fur et à mesure que la trotteuse avançait. Elle semblait même ralentir à cet instant précis.
Cinq… Quatre… Trois… Deux… Un… Zéro!
Un «Go!» prononcé par l'homme à la coiffure tropicale résonna distinctement dans l'oreillette de chaque membre de la Fondation, lançant par la même occasion le début de l'opération.
La voiture démarra en trombe, prit assez d'élan dans la grande avenue et fonça à toute vitesse en direction du siège des Vongola. Elle roulait vite, beaucoup trop vite. Elle percuta violement les ordures. Le pare-brise supporta assez bien le choc, heureusement pour eux vu le prix qu'ils avaient déboursé pour ce petit trésor. Malheureusement, les vitres se retrouvèrent rapidement recouvertes de diverses substances non identifiables et peu ragoutantes. Ils terminèrent leur course dans la porte vitrée, s'encastrant littéralement dedans, faisant un magnifique créneau méticuleusement maitrisé au millimètre près dans le hall d'accueil de la grande entreprise. Dans la seconde qui suivie, Ken s'extirpa en premier de la carcasse métallique, l'air complètement paniqué, délaissant ses compagnons. Des agents de sécurité l'appréhendèrent immédiatement, ne lui laissant aucune échappatoire.
- Docteur! Docteur, pyon! S'écria le blond, paniqué.
Les agents furent déstabilisés par les dires du terroriste mais ne quittèrent pas pour autant leur position de défense.
- Vite! Ma femme va accoucher pyon!
Chrome, à l'arrière de la voiture, cria à l'agonie. Elle était en sueurs et haletait de plus en plus fortement.
- Ah! J'ai perdu les eaux! Mon bébé… mon bébé…. Il va sortir!
Chikusa quitta le volant du quatre roues pour rejoindre son compagnon. Malgré son air calme et posé, il se dégageait de lui une inquiétude certaine.
- Où est le docteur Minetsukami! Ma belle-sœur a déjà commencé le travail!
Un des hommes en noirs de la formation s'avança, ne perdant pas son sang froid malgré cette entrée plus que fracassante.
- Vous êtes actuellement au siège Vongola, ce n'est pas un hôpital ici, circulez!
- Quoi, pyon? C'est pas l'hôpital de la Palourde? Pyon?
- Aaaaah! Chéri! Le bébé va sortir!
Le blond aux allures sauvages courut en direction de la voiture, anciennement neuve, ouvrit la portière et prit la main de Chrome, se voulant rassurant. Les agents purent voir que les bas de madame étaient effectivement mouillés avec un ventre aussi gros qu'une montgolfière. Pas de doute, elle était enceinte avec un travail en cours. Elle semblait avoir atteint ses limites.
- Chérie! Tiens bon! Le bébé va s'en sortir! C'est notre bébé après tout!
L'homme à lunettes, chauffeur du couple de futurs parents, s'adressa à celui qui semblait être le chef des gorilles.
- On a plus le choix. Qui a déjà fait accoucher un enfant? Une salle! Nous avons besoin d'une salle, de l'eau chaude, de serviettes propres! On ne peut plus attendre. Le bébé n'attendra pas.
- Aaaaaaahhh! Hi hi hu! Hi hi hu! A-A-aaaahhh!
- Chérie! Pousse!
- Mais vous êtes malades? C'est la société V-…
Du haut de son bureau, Tsuna eu vent de la panique du rez-de-chaussée. Il sourit, amusé, se retenant même d'éclater de rire. Qui aurait pensé à une entrée si flagrante? Il pressa un bouton.
- Préparez une salle pour «madame». Je me contrefous totalement de leur «intimité». Faites-la accoucher devant tout le monde. Enfin, si elle en est capable bien entendue.
- Ha!
Tsunayoshi bougea son doigt et appuya sur un autre bouton de sa tablette multitouche.
Les souris débarquent. Renforcez la sécurité à tous les niveaux. Trop de facilités risquent de rendre le jeu inintéressant.
L'homme à la coupe ananas abaissa ses jumelles tout en souriant d'un air condescendant. Les Vongola allaient avoir du fil à retordre avec sa petite sœur. Après tout, Chrome n'était pas une arnaqueuse professionnelle pour rien. Elle arrivera sans problème à distraire tous les agents de sécurité de la compagnie. Il n'en doutait point.
- Haya-tan. Siffla gaiement ce dernier. A ton tour, kufufu~
- Je t'ai déjà dit que mon nom était Gokudera Hayato, aboya l'interpellé.
Ce dernier écrasa avec violence son mégot de cigarette et tapota ses poches afin de confirmer la présence de ses cartouches de dynamites. Avec toute la discrétion et le naturel qu'il savait réunir, le jeune italien s'avança jusqu'aux portes détruites de la tour exécutive Vongola. Il s'y posta avec fierté. Entrée réussi. Ses yeux verts observèrent la jeune femme enceinte emmenée vers une salle tout en faisant un raffut pas possible puis le comptoir d'accueil où se trouvaient des hôtesses.
Plaquant un sourire poli et charmeur sur ses lèvres, Gokudera s'avança vers l'une des hôtesses du comptoir où il s'adossa calmement. Il enchaina avec un regard séducteur. La jeune femme succomba aussitôt au charme italien particulièrement ravageur dont venait de faire preuve le bel inconnu, en se disant qu'elle avait bien de la chance de faire ce travail.
Pendant ce temps, Yamamoto Takeshi, installé dans la salle d'attente dévastée parmi la foule, fronça les sourcils en voyant son amant séduire sans vergogne une jeune femme inconnue qui rougissait sous chaque sourire enjoliveur. N'en pouvant plus de cette mascarade, il écrasa bien plus fort que nécessaire la manette entre ses mains, la broyant presque.
Aussitôt qu'il eut enfoncé le bouton, son iPod commença à faire un boucan de tous les diables et attira de ce fait l'attention de toutes les personnes encore présentes. Le japonais se contenta de sourire vaguement gêné tout en prenant un accent thaïlandais à couper au couteau, essayant de s'excuser du fait qu'il n'arrivait pas à arrêter la machine.
Hayato plissa ses yeux, énervé, en remarquant que la musique n'allait pas s'arrêter de sitôt. Il s'approcha de Takeshi dans le but de lui arracher l'appareil électronique des mains et l'écraser sans pitié sous son talon.
- Monsieur, je vous prie de vous calmer, l'enjoignit un des rares agents de sécurité resté dans le hall.
Le gris se tourna vers l'individu qui osait l'interrompre et lui lança un regard meurtrier dont il avait le secret. La victime du regard mauvais se sentit menacer et jugea qu'il devait passer à la vitesse supérieure pour faire régner l'ordre dans la salle d'attente. Il s'arma immédiatement sa matraque et ses menottes pour maitriser cet homme dangereux. Alors qu'il était sur le point de faire son travail, l'hôtesse d'accueil, que l'italien avait auparavant séduite, voulut s'interposer.
- Voyons, fit-elle en saisissant le coude du garde, il n'a rien fait!
Le gorille se retourna vers la femme et tira sèchement sur son bras pour se libérer. Il le fit trop brusquement et la jeune femme trébucha. Elle s'écorcha légèrement le genou dans sa chute. Il n'en fallait pas plus pour que le supposé thaïlandais réagisse au quart de tour. Il apostropha l'homme en noir en fronça sévèrement ses sourcils, lui donnant un air encore plus menaçant que le gris aux airs agressif. Il baragouina des choses sans queue ni tête en thaïlandais tout en pointant la jeune femme à terre avec un air réprobateur.
Le gardien de l'ordre décida d'appeler des renforts qui n'arrivèrent jamais, tous réquisitionnés à l'accouchement surprise. Puis, l'enfer se déclencha. Un des visiteurs qui avait assisté à toute la scène s'avança vers le fautif.
- Vous devriez vous excuser, fit-il en fronçant ses sourcils. Elle ne vous a rien fait.
A partir de là, tout s'enchaîna rapidement. Le garde refusait. L'homme protestait et le ton montait. Et tout cela sous les regards entendus du touriste thaïlandais et du séduisant italien, source de tout ce bazar.
- Kufufu, ricana Mukuro en observant sur les différentes caméras qu'il avait hacké quelques instants auparavant. Tout se déroule comme prévu~ Ça va bientôt être ton tour, Alouette~
- Hn, fit calmement Hibari en vérifiant l'état de son harnais.
Quelque part dans les locaux de l'entreprise, un enfer d'un tout autre genre se déchainait sans laisser un seul moment de répit.
- Alors! Y a un médecin dans la salle? Cria Ken à plein poumon.
Même Chikusa commençait à perdre patience, sans doute influencé par le mari surexcité. Il avait quitté son masque d'indifférence depuis que Chrome devenait de plus en plus pale. Ses contractions étaient de plus en plus rapprochées. Ils n'avaient plus de temps.
- Accroche-toi chérie, pyon! Vous allez vous en sortir! Toi et le bébé! Je vous le promets!
- Aaaaaaahhhhhhh! Le bébé! Le bébé…. Je pourrais jamais accoucher avec autant d'homme à mes côtés!
- Désolé. Ce sont les ordres madame. Vous devez accoucher avec nos vingt hommes autour de vous. Question de sécurité, madame. Récita calmement l'un des gorilles.
Le beau-frère plus si calme que cela commença à sortir un livre de son sac. Il pinça son post-it et ouvrit le bouquin à la page qui l'intéressait. L'intitulé du chapitre était «Comment accoucher en sécurité chez soi?»
- Elles arrivent ces serviettes? C'est votre salle est bien stérilisée? Cette bassine d'eau chaude est pour aujourd'hui ou pour demain? Si le bébé a le moindre problème, je vous colle un procès au cul pour non assistance à un accouchement!
- Chérie pyon! Hi hi hu! Hi hi hu!
- La ferme avec tes chéries! Hurla la femme plus qu'irritée. C'est le bébé qui veut pas! C'est parce que je suis violée par les regards de tous ces hommes!
Ken se retourna sauvagement vers les hommes de main pour leur lança un regard de tueur.
- Ah ouais pyon? Grogna le mari. Vous voulez me voler ma femme, pyon?
- Non mais…
Les hommes en noir se regardèrent entre eux. Puis, comme un seul homme, ils se retournèrent face au mur. Le big boss avait bien dit, «accoucher devant tout le monde», mais il n'avait pas forcément dit «regarder». Bien qu'ils devaient être dans la même salle, rien ne disait que…
Un cri strident transperça la salle, arrachant des tremblements à tous ces hommes bodybuildés et à lunettes noirs. Bien qu'ils ne connaissent pas la douleur d'un accouchement, ils pouvaient se l'imaginer à travers ses cris de désespoir de la pauvre petite dame.
- J'espère que vous vous êtes tous laver les mains, le moindre microbe serait fatal au bébé!
Pendant ce temps là, Hibari, perché sur le toit de l'immeuble en face des Vongola, vérifia une nouvelle fois son équipement. La prochaine phase allait commencer. Il fit un signe à l'ananas qui lui répondit affirmativement. Le patron de la Fondation fixa de nouveau le building cible.
A l'entrée, au milieu de la voiture endommagée et de la porte défoncée, des clients agressaient le pauvre agent qui refusait de s'excuser. Yamamoto et Gokudera s'éclipsèrent discrètement. Ils passèrent à côté d'une salle d'où s'échappaient des cris plus qu'horrifiants. N'y prêtant pas plus attention, ils poursuivirent leur route. A chacun sa mission.
Le pauvre agent finit par cracher des excuses, ne pouvant rien faire contre de simples civils. Il tenta même de s'enfuir des lieux en vitesse, voulant passer le relai à un petit bleu qui venait en renfort. L'employée d'accueil voulut remercier son beau séducteur mais fut déçue de ne pas le retrouver. Sans doute était-il mêlé à la foule.
L'agent, toujours en cours de retraite stratégique, bouscula une petite vieille qui s'écroula par terre. Elle se mit à agoniser d'une voix tremblotante.
- Hahi! Je souffre! Je suis cassée! Malotru!
- Alors c'est ça les Vongola? Les petits jeunes agressent les petites vieilles, hein? Dénonça un client outré. Mais vous êtes pas bien! Y a aucun respect! C'est quoi ces employés? Et le grand patron? Il laisse passer un tel comportement inadmissible? Je demande à voir le dirigeant! C'est quoi cette boite?
- Oui! Moi aussi!
- Et moi!
- Mamie! Tenez bon! On appelle une ambulance!
La situation était devenue immaitrisable pour ce pauvre homme qui avait eu le malheur d'être là au mauvais endroit au mauvais moment. Des agents de réserves et de simples salariés venus des étages supérieurs débarquèrent, essayant sans succès de calmer la foule en folie.
Tsuna, tout en haut dans ses bureaux, était plié en deux devant son écran géant. Il n'avait plus autant rit depuis des années. Il essuya une larme solitaire qui menaçait de couler.
- Ils ont de l'imagination, c'est bien. Je savais que je ne m'ennuierai pas avec eux!
Il finit par déclencher une commande sur sa tablette et Giotto apparut quelque instant après. Il ne fallait pas abuser des bonnes choses.
- Il serait dommage que je perde ma réputation pour quelque chose d'aussi insignifiant. Prends ma place et règle ce problème aussi dignement que je pourrais le faire.
- A vos ordres, Vongola-sama.
Le faux Vongola quitta du bureau, complètement différent, comme possédé. Il simula une mine indifférente et descendit les étages. Les souris s'infiltraient dans l'immeuble. Il ferma les yeux et lorsque le «ting» de l'ascenseur retentit, il les rouvrit. Il entra dans son mode boss. Il fit son premier pas vers l'agitation. Par son charisme, la foule se calma. L'employé victime de reproche soupira quand il fut soudainement projeté au loin.
- Qui a laissé entrer ce fou ici?
- M-mais boss…
- Qui?
Giotto le regarda le plus froidement du monde. La source de l'agitation ne put émettre un son, pétrifié sous le regard de son supérieur. La foule resta bouche bée. Un fou?
- Je m'excuse des désagréments causés par cet homme. J'en prends l'entière responsabilité.
Le président remplaçant s'inclina légèrement vers l'assistance aussitôt calmé par sa présence.
- Alors même que nous l'avions refusé dans notre entreprise, celui-ci a tout de même réussit à voler un de nos uniformes et s'est fait passer pour l'un de nos employés.
- Ah! Je me disais… Commença l'un des clients, soulagé.
- Oui, c'est les Vongola après tout. Continua une autre.
- Quand à vous grand-mère, poursuivit Giotto avec un sourire rassurant, ne vous en faites pas. Nous nous occuperons de vos frais d'hospitalisation jusqu'à ce que vous puissiez courir le marathon, même à votre âge.
Dans la salle d'accouchement improvisée, tous les hommes face au mur devenaient de plus en plus impatient, n'ayant aucune information sur de l'avancement du dit l'accouchement.
- Dite, ça prend combien de temps un accouchement? Souffla un des hommes à son voisin.
- Encore un effort chérie! Ca fait même pas une heure. Rappelle-toi! Notre premier enfant est arrivé après 24h de travail!
- Quoi? 24h! Et celui-là va prendre combien de temps! Hurla un agent.
Chikusa avait toujours le nez sous la jupe de sa belle-sœur, zyeutant parfois sur son livre. Ken tenait fermement la main de sa femme pour l'encourager.
- Chéri…. J'ai… j'ai besoin…
- Oui! Tout de suite, pyon!
Ken attrapa l'un des hommes au mur et procéda au remplacement. Il mit la main de sa femme dans la sienne qui se fit immédiatement broyée sous la pression.
- Je vais chercher son porte bonheur! Surtout, ne bouger pas pyon!
Un cri de douleur s'harmonisait avec celle de la jeune femme qui poussait pour donner vie. Le pauvre homme ne risquait pas de bouger, en effet.
- Ferme-la, le gorille. Je peux pas me concentrer. Vas-y belle-sœur, j'attends ton bébé de pied ferme.
- Putain! Pourquoi vot' mari est si long! S'égosilla la victime.
Les autres membres de l'unité eurent pitié, pensant que leur collègue était légèrement sensible à la douleur et se relayèrent chacun leur tour. Sauf que la force d'une femme enceinte n'était pas à sous-estimer. Absolument pas. Dire qu'ils pensaient que ces histoires d'accouchements n'étaient qu'exagération depuis leur petite enfance. Foutaise! Ils se firent tous broyer la main les un après les autres. Mais par fierté et solidarité masculine, aucun désistement n'eut lieu.
Ken revint avec un sac énorme sous les bras. Il le posa dans la salle et remercia l'homme qui n'était plus le même que celui qu'il avait pioché. Il ouvrit le sac et lança un regard entendu à ses deux collègues, à l'abri des regards, laissant les autres agents récupérer des sensations au bras.
Une explosion retentie au loin, le signal était lancé.
Sitôt la fumée de l'explosion dissipée, le système anti-incendie de l'immeuble se mit en route et des trombes d'eau tombèrent dans toutes les salles du building Vongola.
Dans la pièce où se déroulait l'accouchement surprise, les gardes de sécurités échangèrent des regards paniqués en s'imaginant déjà les dégâts sur la mère et l'enfant. Ils s'avancèrent vers la femme enceinte dans le but de la soulever et la sortir au plus vite de l'immeuble. Cependant, à leur plus grande surprise, le beau-frère qui était agenouillé entre les jambes de la jeune femme se retourna et pointa sur eux deux fusils. Chrome cessa immédiatement de pousser des cris à fendre l'âme et glissa ses mains sous sa robe de grossesse pour la retirer d'un geste sec. Elle y dévoila plusieurs couches de cartouches de mitraillette entourant son ventre parfaitement plat. Profitant de l'état de pure stupeur des gardes, Ken enfonça rapidement ses mains dans son sac de voyage, révélant une mitraillette. Il dirigea sa main vers sa partenaire et y glissa l'extrémité des cartouches de Chrome dans son arme.
- Alors… Susurra le blond en souriant d'un air carnassier. Qui d'entre vous matait ma femme, pyon?
Au même moment, alors que tout le monde présent dans le bâtiment évacuait les lieux, Giotto Vongola se retrouva face à une situation plus qu'imprévue.
- À poil. Et que ça saute.
Le blond ne put qu'hocher la tête en regardant avec crainte le revolver dirigé vers son front et dénoua lentement sa cravate tout en se lamentant d'avoir été kidnappé par la petite vieille qui avait été bousculée auparavant et entraîné dans un cagibi où il n'y avait pas de caméras. Et surtout, dans un lieu où Sawada Tsunayoshi ne pouvait le voir. En y réfléchissant bien, il ne savait plus s'il devait être soulagé ou horrifié par sa dernière pensée.
Mukuro éclata de rire en s'imaginant parfaitement bien la scène et se brancha sur la chaîne de Kyoya pour prendre de ses nouvelles.
- Alors? Demanda-t-il.
- Je suis sur le toit. Ne me dérange pas, grogna le brun en éteignant son transmetteur.
- Kufufu~ Rit l'homme aux yeux vairons, secouant doucement sa tête tout en pianotant sur son clavier. Je suppose qu'il est temps de passer à la deuxième phase du plan… Tu sais ce qu'il te reste à faire, mon mignon petit serviteur, kufufu~
Quelque part dans l'un des nombreux couloirs de la tour Vongola, un couple se chargeaient de remplir leur part du plan d'action.
- Je te l'ai déjà dit! Hurla une tête grise en allumant l'une de ses dynamites. Je m'appelle GO-KU-DE-RA HA-YA-TO!
La cartouche vola dans les airs et roula jusqu'aux pieds d'un subalterne lambda qui montait la garde devant un ascenseur privé directement relié au bureau du commandant ennemi. Le sous-fifre baissa ses yeux et regarda le bâton qui l'avait buté, avant de comprendre ce que c'était. Il eut juste le temps de pousser un dernier juron avant d'être pris dans une explosion mineure.
- Haha, s'exclama Yamamoto en s'approchant du garde inconscient. Et de un!
Son amant s'approcha à son tour et claqua la langue, de mauvaise humeur. Il examina ensuite le boitier qui permettait d'ouvrir la porte. Il aurait du s'en douter. Une empreinte digitale ainsi qu'une reconnaissance optique étaient requises.
- Enfoiré d'ananas, grogna le fumeur à sa radio oreillette en s'allumant une cigarette malgré la pluie artificielle. Et maintenant, on fait quoi?
- Kufufu, répondit son supérieur. Tsunayoshi-kun va nous envoyer un petit cadeau~
- Quoi comme cadeau? Aboya le jeune aux cheveux argentés.
Des éclaboussures ainsi que des bruits de pas résonnèrent dans le long couloir censé être vide. Les deux jeunes hommes se retournèrent vivement vers la provenance des bruits, écarquillant les yeux quand ils virent un individu portant un costume ainsi qu'un fedora noir, pointant son Beretta vers eux.
- Oh, fit simplement Gokudera. CE genre de cadeau.
Allongé sur le toit du bâtiment administratif des Vongola, Hibari Kyoya bailla. Puis, il s'étira et admira brièvement le building d'en face qui semblait rempli d'animation. Une voiture avait fracassée l'entrée, une alarme anti-incendie s'était déclenchée et des rumeurs courraient qu'un célèbre terroriste faisait des ravages à l'intérieur. Le jeune japonais eut un léger sourire amusé et sortit de son sac à dos un petit ordinateur portable. La phase deux commençait maintenant.
Dans la salle d'accouchement, Chrome, Ken et Chikusa avait finit de ligoter tout les membres du personnel. Le blond explosa la caméra déjà illisible par la flotte interminable. Une fois leur travail terminé, ils se mirent en formation et quittèrent la salle en courant, armes en main, prêt à les utiliser à la moindre résistance de l'ennemi.
Quand aux agents ligotés qui s'étaient fait avoir comme des débutants et délaissés dans un coin…
- Vous croyez que toutes les femmes enceintes réagissent comme elle?
- Moi, ma femme a accouché par césarienne.
- La mienne est stérile.
- La mienne accouche le mois prochain. Pleura l'un d'entre eux.
- Désolé. Compatie d'une même voix l'ensemble des captifs.
- Je n'ai déjà plus de main droite! Comment je ferais quand je n'aurais également plus la gauche? Je ne pourrais même pas porter mon bébé!
- Bah, avec un peu de chance, elle le fera par césarienne.
- Non… Ma femme pète tellement la forme et répète à longueur de journée qu'elle accouchera au naturel… Le pire, c'est qu'elle veut le faire à la maison!
- … Désolé. Répéta ses collègues une nouvelle fois.
La vieille grand-mère avait toujours son arme braquée sur le front de son prisonnier. Giotto fit lentement glisser sa cravate au sol et ne bougea plus.
- Alors? J'ai pas demandé que la cravate que je sache.
- Vous êtes plutôt en forme pour une grand-mère.
La mamie sourit et retira son masque, révélant un visage parfaitement lisse de jeune fille. Elle jeta ensuite sa perruque à terre.
- Hahi! Elle vient la suite?
- Je ne vous pensais pas si perverse.
- Hahi! Mais quel sexisme! Pourquoi est-ce que les hommes pourraient mater des filles à poil et pas l'inverse? Je te préviens, si tu la retire pas toi-même, je m'en charge.
Une goutte de sueur glissa le long de sa tempe, se mélangeant aux gouttes d'eau qui perlaient sur son front. Le prisonnier déboutonna un à un les obstacles qui l'empêchait de retirer sa chemise. Il laissa tomber sa chemise blanche par terre, exposant son torse légèrement musclé.
Haru, anciennement la mamie, ne put que mater le magnifique spectacle devant elle, sans pour autant baisser sa garde. Elle profita aussi de ce moment d'intimité pour enlever sa grosse robe du troisième âge pour révéler tout un attirail qu'on ne soupçonnerait même pas sous une robe.
- Le pantalon avec, hahi.
La doublure était incroyablement gênée. Il se déshabillait devant quelqu'un. Et devant une femme de surcroit. Il ne savait plus ce qui le dérangeait le plus. La jeune femme ou la mamie? Il déboucla sa ceinture et tira dessus. Il devait gagner du temps. Une fois retirée, il l'envoya auprès de ses autres affaires.
- Hahi! Je n'ai pas que ça à faire alors dépêches de me montrer ton joli p'tit derrière.
La perverse récupéra habillement la cravate et la ceinture sans laisser d'ouverture à Giotto qui n'avait plus qu'une barrière avant sa nudité totale. Elle lança un sourire de dominatrice tout en testant la solidité des affaires qu'elle avait ramassées.
- J'espère que tu aimes jouer mon mignon. Il ne faut pas sous estimer une «grand-mère».
Tsunayoshi bailla dans son bureau, au sec. Son bureau ainsi que le laboratoire avait un système de sécurité différent qui faisait que la pluie déclenché par l'alarme n'était pas activé. L'amusement passé, tout cela n'avait plus aucun intérêt pour lui. L'agitation n'était rien de plus qu'un grouillement de fourmis. Il appuya sur un bouton. Une personne lui répondit.
- Spanner. Tout est prêt?
- Hai!
- Shoichi.
- Hai?
- Monte bien la garde. Il ne faudra pas que de vilaines choses puissent infiltrer notre précieux système.
- Bien sur! De plus, je suis assisté par Spanner. Vous n'avez rien à craindre.
- Lancez la chose dès qu'elle sera prête.
- Hai! Répondirent en cœur les deux techniciens.
Le couple d'amoureux transis évita tant bien que mal les balles tirées par le tueur à gage. Ils purent constater que ce n'était pas une élite pour rien. Les terroristes étaient égratignés de ci et de là, mais toujours en vie. Ce qui était chose rare lorsqu'on rencontrait cet homme.
- Chaos. Prononça le tueur comme un rituel.
- Je t'ai déjà dit ce que je détestais le plus au monde? Lança subitement le grand manipulateur de bombes à son partenaire en roulant à terre pour éviter une nouvelle balle.
- Haha, pas que je sache, répondit avec enthousiasme le fan de baseball en plaquant le premier contre le mur pour le protéger.
- Eh bien… Déclara calmement l'argenté malgré la situation quelque peu inopportune.
Il se saisit de plusieurs cartouches afin de les glisser discrètement dans les poches de son brun.
- Premièrement, il y a Mukuro.
Dans une voiture à quelques mètres du fameux building attaqué, un hacker aux cheveux longs et à l'épi plutôt fruité éternua.
- Ensuite… Continua Gokudera alors que leur ennemi sortait de ses manches des mini-grenades et les jetait vers eux.
Takeshi saisit son amour par les aisselles et le jeta dans les airs pour lui permettre d'échapper aux explosions. L'assistant de Kyoya enchaina en ouvrant le long étui qu'il avait porté sur son épaule jusqu'alors scellé. Il libéra enfin son katana dont l'éclairage du couloir qui s'y reflétait, rendant l'éclat plus que menaçant.
- … il y a bien sûr les imbéciles heureux qui cachent un peu trop bien leurs jeux, termina Hayato en atterrissant souplement de l'autre côté du couloir tandis que les grenades détonaient un peu plus loin.
La fumée des explosifs se dissipa rapidement dans la fine pluie continuelle et automatique des extincteurs. L'homme de main des Vongola, d'un tout autre niveau que les sous-fifres, fixa le fumeur qui regarda l'autre d'un air ennuyé.
Soudain, le tueur professionnel dut faire un pas sur le côté pour éviter de justesse la lame d'un katana.
- Haha, lâcha la voix amusée de Yamamoto à travers la pluie qui semblait ne jamais s'arrêter. Mais je pensais que tu aimais les imbéciles heureux qui cachaient un peu trop bien leurs jeux.
Gokudera haussa les épaules en jetant sa cigarette à terre pour l'écraser sans pitié, préférant ne pas relever la réplique.
- Et pour finir, déclara-t-il avec un ton sans équivoque, je hais les gars qui ressortent la même expression à tours de bras.
Les deux amants de la Fondation se saisirent de leurs armes de prédilections et se préparèrent au combat qui s'annonçait difficile. Leur opposant se contenta de sourire avec amusement.
Le châtain qui avait trahit la Fondation contempla avec ennui les écrans qui espionnaient tout ce qui se passait dans son immeuble et fit les comptes: deux souris se battaient contre Reborn deux étages plus bas. Trois souris faisaient du raffut un peu plus bas. Et une souris s'était enfermée avec Giotto dans un placard. Le compte n'y était pas.
Le jeune homme plissa ses lèvres et claqua avec agacement sa langue en attrapant le combiné d'un téléphone privé. Il composer le numéro d'une personne qui ne manquerait pas de l'aider dans cette affaire.
- Moshi moshi? Fit la voix amusée de son allié.
- Byakuran. Déclara simplement la cible de tout ce raffut en vrillant ses yeux décidés vers les écrans. Élimine-les.
- Tes désirs sont des ordres, plaisanta l'albinos.
Le partenaire de l'Alouette déposa le dispositif d'écoute qu'il avait serrée avec émotion durant plusieurs minutes. Décidément, ce bel oiseau ne finirait jamais de l'étonner. Il ria doucement. Il avait encore des progrès à faire. Pirater aussi aisément la ligne privée du Vongola, et ce, sur le toit d'un building avec un bête ordinateur portable! Il fallait le faire.
- Le marshmallow donc, susurra avec amusement l'homme aux yeux vairons en déballant ses affaires pour se préparer à passer à l'action.
Il ouvrit la porte de son van et sortit en un bond agile. Puis, après avoir vérifié que le véhicule était correctement garé, inutile de recevoir une amende, et verrouillé, le hacker s'avança vers le champ de bataille. Ses yeux se rétrécirent lorsqu'il aperçut sa cible bondir gaiement vers les portes brisées de l'immeuble. Mukuro porta sa main à sa sacoche, prêt au pire.
Il fallait saisir le bon timing. A la seconde où il perçut une ouverture, il en sortit un paquet de marshmallows et l'ouvrit lentement. Ses propres oreilles percevaient à peine la légère friction de l'emballage. Cependant, sa proie leva vivement la tête comme un chien à l'affût. L'Ananas écarquilla ses yeux lorsqu'il remarqua les yeux violets tournés vers lui, l'air affamé.
- Oh merd- S'exclama le vairon en partant en courant avec Byakuran à ses trousses.
- Mukuro-chan! Hurla ce dernier en accélérant du mieux qu'il put. Arrête-toi, mon amour!
Le détenteur du paquet maudit regretta amèrement le fait de s'être vanté auprès d'un certain oiseau d'être le plus rapide d'entre eux, ce qui lui avait valut le rôle de lièvre. Il ne restait plus qu'à prier pour éviter de tomber entre les mains avides de l'albinos accro au sucre.
Toujours posté sur son perchoir, Kyoya déposa ses jumelles et éclata de rire en silence suite à l'image d'un Ananas qui courait comme si sa vie était en dépendait pour échapper à un Marshmallow blanc à ses trousses. Bien, il était temps qu'il se mette en marche.
Hibari stoppa le système anti incendie, bloquant de ce fait la pluie diluvienne qui n'avait cessé de couler et rabaissa l'écran de son ordinateur portable pour le déposer tranquillement sur le toit parmi son équipement. Il revérifia son harnais ainsi que ses crampons puis passa en revue le matériel restant une dernière fois. Tout était en place.
Il saisit son émetteur et le remit en marche. Le japonais écouta toutes les fréquences l'une à la suite des autres pour savoir comment allaient le reste des troupes.
Le groupe de la sœur de l'ananas s'en sortaient à merveille. Ils avaient pénétrés dans une salle où étaient stockés tous les documents importants pour y mettre le feu. Kyoya ne doutait pas que cela enragerait l'herbivore.
Quand à son subordonné, l'herbivore à l'épée, et celui de l'Ananas, l'herbivore pyromane, ils avaient un peu plus de mal à tenir contre le dénommé Reborn, mais le carnivore ne doutait pas qu'ils réussissent à contenir l'homme, juste assez pour lui permettre d'exécuter sa partie du plan.
Pour finir, le plus important. L'herbivore femelle et meilleure amie de la sœur ananas détenait sa cible. L'heure où il mordrait à mort l'Herbivore approchait.
Haru s'étira satisfaite, les joues légèrement rouge, son arme baissée vers le sol. Elle craqua un peu son cou et repris sa position. Elle jeta un petit coup d'œil à son œuvre et fit un clin d'œil.
- On devrait remettre ça mon chou! Le rouge sur ta peau de pêche te met en valeur!
Elle s'en alla en laissant le pauvre Giotto couvert de fines traces de ceinture ancré sur sa peau, les poignets noués par sa cravate. Le caleçon avait du suivre ses compagnons dans un coin de la pièce mais l'ancienne grand-mère avait eu la bonté et la générosité de lui recouvrir ses parties à l'air avec. Celui-ci était justement troué et inutilisable. L'homme attaché était actuellement en plein dilemme.
Devait-il être sauvé tout de suite ou attendre d'avoir récupérer pour essayer de s'en sortir seul, sans que personne ne le sache? Il fallait dire qu'il n'était pas dans une position très reluisante.
Soudain, des coups de feu en continu résonnèrent dans le couloir, suivit de bruits de pas digne d'un tremblement de terre. La porte vola à travers la pièce d'un coup de pied bien placé par le chef de la sécurité. Un petit appareil sonore, déposé en bas de la porte, finit par s'éteindre, son heure étant arrivé plus tôt que prévu pour rejoindre le cimetière des appareils électronique.
Giotto gémit honteusement. La maudite grand-mère avait atteint son but. L'humilier le plus possible. Il leva légèrement la tête pour voir ou plutôt deviner aux travers des lunettes noires, les mines étonnées des hommes de main. Après tout, jusqu'à preuve du contraire et sans contestation de l'original, c'était encore lui le chef des Vongola.
Voyant que personne ne n'osait bouger, il essaya de lui-même de se déplacer afin de se cacher par pudeur. Manque de chance, le caleçon troué qui le recouvrait glissa dans la fameuse partie manquante, révélant ce qui devait être caché. L'adulte gémit une nouvelle fois, mort de honte. Finalement, il fut obligé de le faire.
- Est-ce que quelqu'un pourrait me détacher?
Personne ne bougeait.
- Est-ce que quelqu'un pourrait me réchauffer? Il fait un peu froid avec ce courant d'air.
Quelques idées impures suivant cette réplique provocatrice s'implantaient dans l'imaginaire de ce groupe de gorilles. Mais pourquoi personne ne bougeait pour aider leur «supposé» chef?
Le blond ferma les yeux et se concentra. Il n'était pas assez investit dans son rôle de dirigeant. C'était la seule explication. Il était le chef Vongola. Il était le chef de ces singes en manque. Il avait une attitude de chef. Il rouvrit les yeux, sérieux.
- Bordel! Libérez-moi et rhabillez-moi pour me réchauffer de suite! Si personne ne le fait dans la seconde qui suit, vous allez bouffer les poissons les pieds dans le béton.
La menace ayant fait son effet, tous les hommes de mains retirèrent leur veste pour le jeter sur le chef remplaçant qui fut bientôt enseveli sous une montagne de veste. Le bon côté des choses, il avait moins froid. Le mauvais, il était toujours attaché et toujours en tenue d'Adam. Bien. Comment ces bêtes stupides à la cervelle de poissons rouges allaient bien pouvoir le détacher à présent qu'il était perdu au milieu de cette pile de vêtement?
- Mukuro-chan!
Le dit Mukuro-chan se cacha dans une pièce quelconque dans le territoire ennemi. Il était hors d'haleine. Il le savait depuis longtemps mais cette course venait de confirmer ses soupçons. Il aurait du faire plus de sport. Entendant Byakuran s'éloigner, l'ananas soupira de soulagement. Soudain, il entendit comme des reniflements. Comme un chien, osait-il penser. Ce n'était pourtant pas possible. Il devait sans doute rêver. Aucun être humain ne pourrait le retrouver à l'odeur. Et pas de chien en vue non plus. Il se décolla de la porte et se retourna vers l'intérieur de la pièce isolée. Il découvrit soudain l'accro du sucre en face à lui.
- Mukuro-chan!
Byakuran sauta sur sa proie qui, grâce à un réflexe de survie qui lui était jusqu'alors inconnu, ouvrit en grand le paquet de friandise blanche. Il enfourna sa main dedans pour attraper un des objets de convoitises de la bête pour le jeter par la fenêtre.
Incroyable mais vrai, le blanc sauta sans hésitation la bouche grande ouverte vers sa friandise, se défenestrant presque. Il se maintient en équilibre et s'apprêtait à récupérer le reste des objets de sa quête quand un violent coup de pied dans le derrière le fit traverser l'ouverture qui reliait l'intérieur au le monde extérieur. L'homme à la coupe semblable à un fruit exotique profita de sa petite improvisation pour prendre la poudre d'escampette. Il avait d'autres chats à fouetter que de s'occuper d'un marshmallow géant. Ah oui, en effet, Byakuran n'était pas un homme mais un Marshmallow attiré par ses semblables…ce qui expliquerait son odorat surdéveloppé.
Spanner et Shoichi se hâtèrent d'achever les derniers réglages. Le temps leur était compté. Après avoir achevé le programme, les techniciens se regardèrent dans le blanc des yeux, confirmant leur détermination. Ils hochèrent la tête et enfoncèrent la touche entrée.
Sur le toit du bâtiment administratif des Vongola, Hibari fit craquer ses jointures puis il tira un coup sec sur le harnais solidement attaché. Il tourna ses yeux glaciaux vers sa cible du haut de son perchoir et fit un sourire en coin. Oui, l'Herbivore n'allait pas en revenir.
Un grésillement l'interpela hors de ses pensées et il baissa sa tête vers son émetteur qu'il avait accroché à son cou pour ne pas être dérangé lorsqu'il passerait enfin à l'attaque.
- Mon Alouette adorée~
La voix désagréable de Mukuro inonda les pauvres oreilles de Kyoya qui grimaça. Cependant, il poussa un bref grognement pour faire comprendre à l'idiot qu'il l'avait entendu et attendit.
- Je suis en place, annonça le jeune homme aux yeux vairons.
- Hahi! Exclama une voix féminine en manquant d'éclater les tympans des hommes connectés sur la transmission. Haru aussi!
- Pareil, Mukuro-sama, déclarèrent à l'unisson le trio d'arnaqueurs qui s'amusèrent toujours à vandaliser le building des Vongola.
- Et mon cher esclave? S'inquiéta faussement Mukuro en ricanant sous cape.
Hibari écarta aussitôt son émetteur et entendit un hurlement transpercer le silence qui régnait sur le toit.
- JE TE L'AI DÉJÀ DIT MILLE FOIS! JE M'APPELLE GOKUDERA HAYATO. GO-KU-DE-RA HA-YA-TO!
- Haha, tu es sexy lorsque tu t'énerves, Haya-tan, rigola Yamamoto.
Une explosion retentit soudain à travers de son émetteur et le président de la Fondation fronça imperceptiblement ses sourcils. Les deux herbivores semblaient connaitre quelques difficultés avec le présent de Sawada Tsunayoshi.
- Votre position, déclara simplement le superviseur du plan.
- Nous sommes en place, répondit presque aussitôt Takeshi avec un sérieux inébranlable, mais nous risquerons d'avoir un temps de réponse ralenti…
- Tch, grogna Gokudera. Si la femme stupide est à son poste, tout ira bien.
Ignorant les exclamations outrées de Haru, Kyoya s'étira consciencieusement et soupira.
- Herbivores, annonça-t-il calmement. Nous passons à la phase trois.
Sans attendre les réponses des autres herbivores, qui allaient lui répondre affirmativement de toute façon, l'homme haut perché prit son élan et sauta du toit.
Nonchalamment assis sur son fauteuil, l'auteur et le problème de cette guerre contempla avec ennui les différentes retransmissions qui lui montraient ce que faisaient ses nouveaux jouets.
- Hm… murmura-t-il en jouant distraitement avec une mèche de ses cheveux. Je suppose qu'il est temps que je complique un peu le jeu…
Il se leva dans un soupir et fit quelque pas lent en direction de sa bibliothèque avant de saisir un livre qui contenait entre ses pages un numéro de téléphone. Il composa le numéro indiqué depuis sa ligne privée. Le jeune homme se mit à sourire.
Si Hibari Kyoya n'avait pas hésité à contacter quelques personnes extérieures à participer à leur petit jeu, pourquoi n'aurait-il pas le droit d'en faire de même?
- Enma? S'exclama Tsuna avec un large sourire. T'es libre? Hn. C'est ça. J'ai un nouveau jeu qui ne manquera pas de t'amuser!
Le véritable président Vongola sourit satisfait à la fin de l'appel. Il replaça le bouquin dans sa cachette et observa son bureau. Vu la situation actuelle, où serait la place la plus amusante? Rester dans son bureau? Aller au labo? A moins qu'un petit jeu soit lancé pour les faire patienter jusqu'à l'arriver d'Enma. Le châtain sourit à sa dernière pensée. En tout bon hôte, il avait le devoir de divertir ses invités, n'est-ce pas? Il reprit sa place de président et ordonna quelques directives quand on frappa à sa porte.
- Entrez.
Deux gardes du corps au visage assez rouge pénétrèrent dans le bureau, portant à bout de bras un Giotto vêtu d'une simple veste. Tsuna l'observa indifférent et, d'un geste, renvoya les deux hommes intrigués. Si le boss était dans leur bras, qui était l'autre jeune homme? Son frère?
Le remplaçant tomba au sol, affaiblit. Les femmes étaient cruelles et impitoyables. Il osa jeter un coup d'œil vers l'original pour l'abaisser aussitôt. Son patron était bien plus redoutable que cette grand-mère. Il trembla.
Tsunayoshi s'approcha de Giotto et lui releva la tête avec son pied droit. Il le regarda de haut, le méprisant.
- Quand je pense que j'ai fait de toi mon double.
- V-Vongola-sama! Pardonnez-moi…
- Qui t'a fait ça?
- U-
Devait-il le lui dire? Dire qu'une jeune fille déguisée en grand-mère qui l'avait…
- Parle.
Le jeune Sawada n'était pas patient. Le temps qu'il perdait ici était un temps de jeu en moins. Son regard glacial congela l'homme dénudé qui tremblait de tous ces membres.
- La grand-mère. C'est l'intrus déguisé en grand mère.
Le patron se rappela vaguement de l'une des terroristes. Il déplaça son pied et écrasa la tête de Giotto au sol. Sans s'attarder plus longtemps, il se réinstalla derrière son bureau. Il appuie sur un bouton et montra une vidéo.
- C'est elle?
Le blond se redressa douloureusement. Il fixa l'écran et acquiesça en voyant Haru. Le châtain sourit et lança une télécommande.
- Appuie.
La doublure ramassa la télécommande et vit une vingtaine de bouton. Il n'y avait ni chiffre ni autre signe significatif dessus. Uniquement des boutons blancs.
- Sur…lequel, Vongola-sama?
- N'importe.
Giotto hésita un instant, mais sous la pression du regard perçant qu'il sentait sur lui, il exécuta les ordres et appuya au hasard. Soudain, une explosion retentit dans une rue. L'écran zappa vers une caméra extérieure. Une voiture avait explosé. Une foule s'était attroupée autour de la voiture en flamme, horrifié par ce qui venait de se passer.
- Mauvaise pioche. Essaye encore.
Mukuro pouvait enfin se permettre de souffler un peu. Ce maudit marshmallow sur patte était d'un collant. Apparemment, se faire défenestrer ne suffisait pas à s'en débarrasser. Était-ce du à ses bonbons? Serait-il devenu lui-même tellement moelleux qu'il a rebondi sur le bitume? Son émetteur grésilla.
- Mukuro-sama, appela la douce voix de sa protégée.
- Nagi. Un problème?
- Mukuro-sama! Votre voiture a fait boom, pyon!
- Pardon?
Le sourcil de l'ainé des Rokudo eu un tic nerveux. Il n'était pas sur de comprendre ce que cela signifiait. Non, en fait, il le refusait. Il avait bien garé sa voiture à une distance raisonnable du QG ennemi. Il n'était pas en infraction non plus. Alors pourquoi sa voiture aurait fait…boom?
- Chikusa. Explique.
- Mukuro-sama, notre équipe étant actuellement placé près d'une fenêtre, nous avons vu votre voiture exploser.
Un autre grésillement.
- Tch! C'est moi qui aurait du l'exploser! Qui m'a devancé? Gronda Gokudera.
Le supérieur de Hayato resta murer dans le silence. Sa voiture. Sa chère voiture…
- J'avais pas fini de payer le crédit! S'écria-t-il enfin.
- Mukuro-chan! Je t'ai trouvé~! Déclara Byakuran en entrant dans la salle avec une voix qui se voulait séductrice.
Une nouvelle explosion retentit deux salles à côté de celle de l'ananas.
- Tu n'es pas très doué.
Giotto eut une goutte de sueur qui s'échappa le long de son visage. Chaque bouton était relié à un explosif dissimulé un peu partout près des intrus. Les salles étaient particulièrement solides même si elles étaient ravagées de l'intérieur. Sans doute la quantité de poudre jouait-il un rôle. Il préféra ne pas savoir. Étrangement, ces bombes étaient placées sur le parcours emprunté par les intrus.
- Appuie sur le suivant.
Une explosion souffla dans le couloir où se battaient toujours le manipulateur de katana et son amant contre Reborn. Ceux-ci avaient été pris de plein fouet dans la détonation et il leur fallut plusieurs secondes avant de reprendre leurs esprits.
Gokudera fut le premier à se relever, ayant toujours été un pyromane qui s'amusait avec de la dynamite, il avait une meilleure résistance face aux explosions.
- Hey, Yakyu baka. Appela-t-il se couvrant la bouche à l'aide d'un mouchoir afin de diminuer l'inhalation de fumée nocive. Toujours en vie?
Seul le silence lui répondit. L'argenté saisit son émetteur d'une main légèrement tremblante.
- Ici Gokudera, Yamamoto a été touché.
Ailleurs, le feu les entourait. Ils étaient sans défenses face à celui-ci, coincés comme des rats. Nagi enlaça avec la force du désespoir Ken tandis que Chikusa nettoyait calmement les verres de ses lunettes.
- Nous sommes encerclés par les flammes, pyon! Hurla l'homme aux allures sauvage à travers deux quintes de toux tout en cherchant désespérément une sortie.
Ce n'était pas les seuls groupes atteints par ces attaques surprises.
- Kufufu~ Rit faiblement Mukuro en portant une main à sa tempe ensanglantée. Un peu d'aide ne me ferait pas de mal…
Face à lui, tout aussi blessé par les éclats de verre qui avaient volé suite à l'explosion surprise, Byakuran se redressa sur ses jambes chancelantes et lui fit un large sourire amusé.
- Ahah! Tsuna-chan s'amuse vraiment! Je veux jouer aussi. Se réjouit l'albinos en penchant sa tête d'un côté à l'autre pour faire craquer sa nuque. Par contre… Je doute que cet immeuble survive…
- Je rectifie, ajouta l'homme aux yeux vairons. Beaucoup d'aide ne me ferait pas de mal.
Heureusement, tous les lieux du building n'étaient pas encore touchés par l'attaque suicidaire des Vongola. Bien qu'il y ait eu pas mal de secousses, certaine section était encore sauve.
- Honnêtement… Soupira Haru en secouant doucement la tête. Ce que je ne pas ferai pas pour mes amis…
La jeune fille resserra ses doigts autour du pass qu'elle avait subtilement emprunté à cette doublure de Vongola et la glissa rapidement dans le lecteur. La lumière de ce dernier passa du rouge au vert et Haru rentra dans une salle avec un large sourire.
- Alors mes canards! Sourit-elle largement avec une étincelle purement sadique dans ses yeux bruns. Prêts à passer à la casserole?
Déglutissant à l'unisson, les deux scientifiques cessèrent immédiatement de pianoter sur leurs claviers. Leur laboratoire n'était pas censé être protégé? Ils se tournèrent lentement vers celle qui avait pénétré leur antre pour contempler avec horreur le gigantesque fusil que la jeune fille tenait entre ses fines mains.
- Bon, soupira Dino en plongeant ses mains dans les poches de sa parka. Je suppose que c'est à notre tour…
Un grognement lui répondit. Le blond pivota légèrement pour examiner du coin de l'œil celui qui lui avait répondu. C'était un homme, approchant la trentaine, aux cheveux noirs réunis en catogan et au visage recouvert de brûlures.
- Alors? Sourit le hackeur blond en s'étirant difficilement dans l'espace étroit de leur van. Prêt à saluer le petit Enma-chan, Xanxus?
Un grognement résonna de nouveau dans l'automobile. Le cheval ailé plaignit intérieurement les ennemis de Kyoya. Oui, Sawada Tsunayoshi aurait réellement du repenser deux fois avant de jouer avec son élève.
- Hahi! Vous deux, les mains sur la tête, et décalez vous de dix pas de l'ordinateur géant.
Spanner et Shoichi s'exécutèrent sans protester jusqu'à ce que le roux s'écroule soudainement au sol. Le blond allait l'aider quand le bruit d'un fusil l'en dissuada.
- Un geste et je te fais un deuxième trou de balle.
- Mais Shoichi a mal au ventre quand il est nerveux.
- Dans ce cas, déshabille-le.
Spanner regarda la jeune femme armée surprit. Il y avait une erreur dans ses données. Ou bien n'était-elle plus à jour? Les japonais n'étaient-ils pas censés être pudiques?
- Une fois à poil, je l'envoie aux toilettes. À moins que tu ne préfères un coin d'ordinateur?
Aucun des deux hommes ne bougeait. Ce n'était pas exactement ce qu'ils entendaient par mal de ventre.
- Alors, elle tombe quand cette chemise?
Haru continua de braquer son fusil tout en s'approchant du port USB de l'ordinateur géant.
La bonne nouvelle, c'était que le cadeau offert par Tsuna était distrait pour quelque temps. La mauvaise, c'était qu'il devait trainer son compagnon à l'abri. Gokudera inspecta les dégâts subit par le baseballeur qui s'était prit de plein fouet l'explosion. Celui-ci ne reprendrait sans doute pas connaissance avant un petit moment. La fumée ne les cacherait que durant un court laps de temps.
De plus, bouger le blessé plus que nécessaire serait dangereux. Il jura. Quand les Vongola ont pu poser ces bombes? D'après les rapports radios qu'il avait interceptés, presque toute leur équipe avait été touchée. Comment les Vongola avaient-ils fait ça? Savaient-ils par avance que leur groupe les attaquerait?
La main de Giotto tremblait de plus en plus. Les bombes qu'ils avaient activées ne touchaient pas seulement les terroristes, mais aussi de simples innocents coincés dans l'immeuble. Parmi ces innocents, certains venaient juste d'entamer leur contrat, d'autres n'étaient que de simples citoyens sans histoire. Ils ne savaient rien du vrai visage des Vongola.
- Alors, le prochain bouton?
Il tuait par dizaine de pauvres innocents en pressant un simple bouton. Tout ça pour un peu de confort dans sa vie. Son doigt frôla un bouton, sans l'enfoncer. Comment en était-il arrivé là? Un jour, on était venu le chercher. On l'avait modifié. Puis il s'était retrouvé propulsé à la tête des Vongola comme doublure. Il avait cru en cette illusion et maintenant, il s'en mordait les doigts.
- Je ne suis pas du genre patient.
Il ferma les yeux et pressa le bouton. Une autre explosion retentit dans l'immeuble. Qui avait-il tué? Soudain, il éternua. Parlait-on mal de lui? Ah non… Il avait oublié ce petit détail. Il était toujours dévêtu.
- Hahi!
La jeune terroriste prit son émetteur, alertée.
- Les fichiers ne sont pas corrompus!
Elle retourna vers les deux scientifiques en tenu d'Adam. Enfin…presque. Elle leur avait tout de même permis de conserver leur caleçon, au cas où le rouquin à lunettes aurait des besoins à assouvir. Mécontente, elle tira à un centimètre d'Irie qui faillit se faire réellement dessus.
- Expliquez moi pourquoi.
Elle non plus n'était pas du genre très patiente.
- Oya? S'étonna Mukuro en évitant de peu les mains de Byakuran qui semblait bien déterminer à l'étrangler. Les fichiers ne sont pas corrompus… Serais-tu au courant de quelque chose, Byakuran-kun?
L'accro aux marshmallows rit joyeusement et se mit à tournoyer sur place pendant que l'autre homme l'observait faire avec un air incrédule.
Tout en vrombissant comme un avion, le secrétaire du Vongola tendit sa main vers Mukuro et lui dédia un sourire éblouissant. Le hacker soupira exaspéré tout en secouant sa tête. Il sortit à regret de sa besace un nouveau paquet de marshmallows, le sourire de l'albinos s'agrandissait drastiquement.
- Parle, ordonna Mukuro en ouvrant sèchement le sachet.
Les yeux violets suivirent attentivement son précieux et Byakuran se pourlécha les babines en se murant dans le silence. Ce qui agaça l'autre partie qui se convainquit de passer aux mesures extrêmes.
- Parle, répéta-t-il en brandissant son paquet par delà une des fenêtres brisées du couloir.
- Mukuro-chan, couina Byakuran en portant une main à son cœur tant il était horrifié.
Affichant un sourire sadique, dieu qu'il aimait son métier, Mukuro tourna lentement le sac et contempla avec satisfaction les bonbons blancs glisser terriblement lentement dans le paquet, s'approchant inexorablement de l'ouverture, agrandissant le risque d'une chute imminente.
- JE VAIS PARLER! Hurla subitement Byakuran en se jetant à genoux aux pieds de l'autre homme. Mais, pitié, cesse cette torture! Ils ne t'ont rien fait! Ils sont innocents!
Le sourire de l'Ananas s'élargit face à sa supériorité. Il continua à pencher le sachet avec une lenteur sadique tandis que Byakuran déversa tout ce qu'il savait.
Pendant ce temps, dans le bureau à l'immense baie vitrée à vue panoramique, Tsuna dut faire face à une surprise imprévue. Son téléphone sonna, l'interrompant net dans son petit jeu avec son sosie raté. Il claqua sa langue avec agacement.
- Faisons une pause, proposa-t-il gentiment en décochant un adorable sourire au blond qui tremblait sur la moquette.
Giotto prit une profonde inspiration comme s'il avait passé les dernières minutes sous l'eau et observa avec horreur la télécommande blanche. Sa vue se troublait de plus en plus. Ses mains se mirent à trembler convulsivement et des sanglots hystériques manquèrent de sortir de sa gorge nouée. Cependant, comme son employeur était au téléphone dans la même pièce, le remplaçant tenta de rester silencieux.
Ses yeux dorés échouèrent sur les divers écrans qui retransmettaient toute la débâcle que ses actions avaient déchaînée et il réalisa soudain une chose. Il était le boss, non? N'avait-il pas signé un contrat certifiant qu'il l'était après son opération pour ressembler à Sawada Tsunayoshi? N'avait-il pas occupé ce poste durant ces dernières années, jouant selon le bon vouloir du plus petit? Et en tant que Boss, ne lui revenait-il pas de réparer ses erreurs?
Le blond fronça ses sourcils, une nouvelle résolution brillant dans ses yeux orangés. Il se leva doucement pour ne pas attirer l'attention du châtain. Puis, après avoir jeté un bref coup d'œil à ce dernier, la doublure marcha rapidement vers le clavier situé sur le seul bureau de la pièce et appuya sur une série de touches.
Ensuite, constatant avec satisfaction que le Sawada n'avait rien remarqué de son petit manège, Giotto se remit en place. Il reprit la télécommande maudite après avoir au préalable enlevé les piles. Il montrerait au châtain qui était le vrai Boss Vongola. Il était Giotto Vongola.
Nagi toussait et essayait de croiser le regard de Ken à travers la fumée obscure de la salle où ils étaient piégés mais en vain. La jeune femme baissa sa tête et l'appuya contre le torse de son mari tout en fermant ses yeux avec tristesse. Le jeu s'arrêtait ici pour eux. Soudain, une goutte tomba sur son nez. Elle leva doucement sa tête pour contempler avec ébahissement la pluie jaillir du système anti-incendie de l'immeuble. Un miracle.
Les bras du Joshima s'enroulèrent autour de sa taille et Nagi croisa le regard tout aussi surpris de son mari. Elle lui fit un petit sourire avant de l'embrasser. Appuyé contre un mur, Chikusa essuya l'eau qui avait coulé sur ses lunettes et saisit son émetteur pour annoncer au reste de l'équipe qu'ils étaient en vie.
La Miura terminait de ligoter Irie et Spanner façon bondage, comme quoi certaines lectures n'étaient pas inutiles, et put enfin se tourner vers l'écran, sans crainte d'une quelconque attaque surprise des deux scientifiques. Elle tenta de pénétrer dans le système via l'ordinateur central mais rien à faire. Énervée, elle se disait que peut-être, en trouant cet ordinateur, tout s'arrêterait.
- C'est inutile.
La jeune fille se retourna vers le blond. Elle s'appuie contre la machine et pointa son arme.
- Le programme est fait de telle manière qu'une fois lancée, même l'administrateur ne peut le retirer. Il s'est déjà infiltré sur le réseau et possède une indépendance niveau action comparable à une I.A. Même débrancher l'ordinateur ne pourra pas l'arrêter.
Haru le scruta du regard, le roux étant toujours à terre, paralysé par la peur et la douleur. Elle soupira et prit son émetteur.
- Désolé Tsuna-kun, mais on dirait que j'ai un petit contre temps.
Enma raccrocha et fit face à son adversaire qui avait deux flingues en main pointé vers lui.
- C'est la première fois que nous nous rencontrons, n'est-ce pas, Xanxus?
Un grognement lui répondit suivit de coups de feu. Décidément, la politesse et lui faisaient deux. Enma esquiva et sortie son attirail. Un peu d'amusement ne lui ferait pas de mal. Coincé entre deux immeubles, les deux n'avaient que peu de liberté de mouvement. Mais cela avantageait plutôt l'allié Vongola. Il étira un fil et commença à tendre sa toile.
Tsunayoshi raccrocha le téléphone, peiné de la nouvelle. Ainsi, il fallait encore attendre avant de revoir Enma-kun. Il se réinstalla à son bureau et vit l'évolution de la situation. Depuis quand le système incendie était allumé? Il jeta un vague coup d'œil à la loque au sol, toujours tremblotante. Il tendit la main sur son bureau quand il fit glisser par inadvertance la télécommande des chaines télés. Les caméras se changèrent en chaine info. Son entreprise faisait la une de toutes les chaines. Une attaque terroriste contre les Vongola, il y avait de quoi faire un scoop.
Certaines informations confidentiels sortirent au grand jour, donné au compte goutte. Tsuna laissa s'échapper la preuve de son irritation.
Dino referma son ordinateur portable et observa la foule dans son van un peu éloigné du périmètre de sécurité. Il jeta un coup d'œil de l'autre côté pour surveiller le combat entre Enma et Xanxus. Voilà qui devrait retarder quelque peu l'échéance finale.
Gokudera ne savait s'il devait bénir cette pluie ou la maudire. La fumée se dissipait, dispersant son camouflage. Heureusement, ces quelques gouttes réveillèrent son partenaire, encore sonné.
- Eh Takeshi! Tu m'entends?
- Ha-haya…tan…
Le fumeur allait dire quelque chose quand soudain, son amant se jeta sur lui puis un coup de feu. Hayato écarquilla les yeux. En face de lui, Reborn quelque peu mal au point, mais seulement quelque égratignure. Il venait de tirer sur Takeshi. Il se vida un peu plus de son sang. Voyant rouge il prit la première arme qui lui tomba sous la main.
- Donc… Vous avez fait tout cela pour… une chose aussi stupide? Cracha Mukuro en avalant sauvagement un marshmallow sous le gémissement tortueux de Byakuran.
- Comme tout génie du mal qui se respecte.
Mukuro sembla pensif. Byakuran esquissa un pas et voulu prendre le paquet de marshmallow innocent, aussi pur que laissait penser sa blancheur mais le fruit exotique la ramena près de la fenêtre, limitant les mouvements du fana de sucre.
- Enfin, murmura le hackeur en balançant le reste des sucreries par la fenêtre. Cette donnée change entièrement nos plans…
Il ignora l'homme prosterné à ses pieds qui pleurait comme s'il venait d'assister à l'assassinat de ses êtres chers et se mit à marcher avec assurance à travers les couloirs du bâtiment en pleine attaque destructrice.
- Changements de plans! Siffla Mukuro en saisissant son émetteur. Quittez l'immeuble au plus vite! Tsunayoshi-kun prévoit de le faire sauter!
Puis, le jeune homme s'arrêta net devant ce qui avait été la cage d'escalier qui était désormais un trou béant.
- Bien sûr, ironisa-t-il en soupirant faiblement. C'était sur moi que ça devait tomber…
Il prit une longue inspiration et ferma ses yeux vairons tout en ignorant le bruit de pas qui s'approchait de plus en plus. Alors que Byakuran ne se trouvait qu'à quelques mètres de lui, Mukuro ouvrit brusquement ses yeux et étendit ses bras.
- Nous nous reverrons en Enfer, susurra-t-il doucereusement à l'albinos tout en sautant dans le vide.
Ce dernier le contempla avec ses yeux améthyste écarquillés, son habituel air joueur absent de ses traits choqués.
Gokudera ignora l'information que venait de lui donner son supérieur et resserra ses doigts autour du katana de son amant.
- Enfoiré, feula-t-il en se levant sur ses jambes tremblantes. Je vais te buter!
Reborn se contenta de faire un sourire en coin méprisant et rechargea son révolver en un mouvement souple.
- Approche, enjoignit-il en visant délibérément le corps inconscient de Yamamoto, sachant parfaitement que ce simple fait enragerait l'argenté.
Et il vit juste. Hayato lança le katana vers l'assassin professionnel et saisit prestement le bras du japonais pour ensuite courir vers l'une des fenêtres du couloir. Il se jeter avec force contre celle-ci. Reborn l'observa faire sans lever un doigt et soupira une fois qu'il se retrouva seul.
- Tsuna, fit-il en saisissant son transmetteur. Les souris se sont échappées.
Le châtain fronça ses sourcils et ignora le corps tremblotant à ses pieds. Harceler son sosie ne l'amusant plus. Que lui restait-il à faire? Subitement, ses lèvres s'étirèrent en un sourire satisfait et il saisit la télécommande immaculée que tenait toujours Giotto. Il pressa un bouton mais rien ne se passa. Il fronça les sourcils et se rendit compte que l'objet entre ses mains était plus léger que prévu. Il grinça des dents avant de jeter violement la chose inutile sur l'humain inutile. Il se dirigea vers son bureau et tira d'un des tiroirs un énorme boitier. Il sourit sous le regard horrifié de son alter égo.
- À l'attention de toutes les personnes présentes dans le bâtiment, déclara-t-il en saisissant le micro connecté aux baffles répartis dans toute son entreprise. Plus que cinq minutes avant l'effondrement~
Les yeux du blond s'écarquillèrent avec horreur. Il se leva vivement pour s'empresser de partir par la porte, se souciant guère de son état peu habillé.
«Cinq»
Nagi et le reste de son équipe se hâtèrent de quitter l'immeuble, s'assurant que les autres employés les suivaient.
«Quatre»
Haru soupira et détacha enfin les deux mécaniciens qui l'avaient suivie sans se plaindre depuis qu'ils avaient appris la destruction imminente du bâtiment.
- Et pas d'entourloupes! Menaça-t-elle en agitant son fusil.
Irie et Spanner acquiescèrent vivement.
«Trois»
L'homme aux yeux vairons grogna et maudit une énième fois l'Alouette pour lui avoir donné le rôle du lièvre. C'était la dernière fois qu'il acceptait de participer à un de ses plans foireux! Celui-ci était tout simplement dingue lorsqu'il était mis hors de lui.
L'Ananas leva la tête et contempla avec un large sourire méprisant le visage lointain de Byakuran qui le contemplait, l'air surpris. Probablement curieux de savoir comment il avait su survivre à une chute pareille.
Enfin, Rokudo Mukuro n'était pas un expert en parkour pour rien. Quoique, cette information était classée et seul l'Alouette était au courant. En même temps, Hibari était la seule personne à l'avoir forcé à utiliser son talent lors d'une de leurs innombrables courses-poursuites.
«Deux» chantonna Tsuna en sortant de son bureau et en prenant son ascenseur privé qui menait au toit où l'attendait son hélicoptère, Reborn aux commandes.
Il ne remarqua absolument pas l'absence de son sosie, trop plongé dans sa délectation d'avoir une nouvelle fois deux longueurs d'avances sur ses adversaires.
«Un»
Giotto inspira profondément et sortit du bâtiment tout en cachant sa tête sous l'ample veste qu'il avait chapardée dans la salle d'attente, les gens avaient fui en laissant leurs affaires. Puis, une fois dans la rue, il se mêla avec la populace. Il leva la tête pour regarder sombrement le toit où, il le savait parfaitement, son Boss s'apprêtait à fuir.
«Zéro»
Une explosion parcourut l'entièreté du bâtiment et Kyoya faillit perdre son équilibre. Cependant, il le récupéra bien vite et s'assit calmement sur le toit de l'immeuble dans lequel il s'était tenu quelques heures auparavant.
- Décidément, songea-t-il en levant sa tête pour contempler l'éclat de l'hélicoptère qui s'éloignait à l'horizon, sa balade avait vraiment été intéressante.
Des mètres plus loin, sur la carlingue de l'hélicoptère, un émetteur continuait à clignoter doucement.
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