Des coaches de vie pour les jeunes, SVP
Les self-made-men n’existent pas. On a tous besoin d’un coach. Le gars qui a inventé l’expression self-made-man – c'est un gars, je pense, parce que Wikipédia dit qu'il s’agit de Frederick Douglass ou de Benjamin Franklin –, eh bien ce gars-là, il était soit stupide, soit menteur ou blagueur... Parce que les self-mad-men, c’est un peu comme la fée des dents ou le père Noël, ça n’existe pas. Quoique ce serait vraiment chouette que le père Noël existe, mais ça, c’est une autre histoire !
Vous avez probablement tous, sans exception, côtoyé au cours de votre vie au moins une personne vous ayant guidé dans votre parcours : un parent, un mentor, un coach.... D’ailleurs, étymologiquement, le mot « coach » provient du terme hongrois kocsi, qui désigne une voiture transportant des voyageurs. Un coach qui nous guide dans la vie, eh bien, c’est un coach de vie. Ne serait-il pas important de nous assurer que chaque individu ait le coach qu’il mérite ? Il me semble que oui. Mais c'est quelque chose qui est trop souvent négligé.
Inutile de mentionner que le taux de diplomation après sept années au secondaire n’était que de 73,4 % à Montréal en 2013. Inutile aussi de dire que le taux de décrochage dans certaines écoles montréalaises dépasse les 50 %. Et inutile de souligner que ces phénomènes contribuent à perpétuer le cycle de la pauvreté. J’insiste plutôt sur le fait que face au défi de la réussite éducative, nos institutions ont, avec raison, massivement investi dans la création d’activités parascolaires et sportives au sein des écoles. Il s’agit d’une excellente idée lorsque l’on sait que, d’une part, la réussite éducative dépend à 50 % du développement d’habiletés non cognitives – des « life skills » ou « habiletés de vie » comme la confiance ou le caractère – et que d’autre part, le sport permet justement le développement de ces habiletés.
Le sport, voyez-vous, c’est un peu l’école de la vie. On coexiste avec des coéquipiers, on affronte des adversaires ; des fois on gagne, des fois on perd. Mais surtout, on apprend sur soi et sur les autres. On développe le caractère qu'il faut pour accepter avec respect le dur jugement de l’arbitre, même quand ce jugement semble contestable. On se blesse aussi, dans le sport, et on se relève. Physiquement, parfois, émotionnellement, à chaque fois.
Or, les maîtres d’œuvre du développement des habiletés de vie en contexte sportif, les coaches, n’ont aucune formation adéquate. Ce qui est ahurissant, surtout en sachant que, selon la recherche effectuée, les coaches sont les adultes les plus significatifs pour les jeunes athlètes après leurs parents. N’est-ce donc pas là une occasion manquée, surtout en milieu défavorisé, de miser sur la motivation des jeunes et de guider leur cheminement vers la réussite scolaire ? Poser la question, c’est y répondre.
Tous ces jeunes athlètes qui sont motivés par le sport et s’y investissent corps et âme, y compris ceux qui ont de la difficulté à évoluer au sein de leur école, peuvent également être motivés par leur réussite scolaire et y contribuer activement. Mais à condition que les coaches les entourant priorisent cette réussite et soient outillés pour le faire. C’est ce qu’ont démontré les recherches, maintes et maintes fois… Concrètement, il existe des exemples montréalais patents.
En basket-ball, il suffit, entre autres, de penser au travail de Martin Dusseault à l’école secondaire Jeanne-Mance, ainsi qu’à celui d’Alder Pierre à l’école secondaire Lucien-Pagé. Il s’agit de coaches qui interviennent non seulement auprès des jeunes de leurs équipes respectives, mais qui, grâce à leur leadership, ont élaboré des programmes dont bénéficient des dizaines de jeunes athlètes annuellement.
Ce serait formidable de développer le leadership d’une communauté de coaches de vie dévoués à la réussite scolaire de milliers de jeunes, non ? De créer un modèle pouvant s’appliquer à plusieurs sports et qui, de plus, pourrait être exporté à l’extérieur de Montréal!
C’est ce que Pour 3 Points propose en travaillant quotidiennement à transformer des coaches sportifs en coaches de vie. Parce que malgré leur motivation, les jeunes ont besoin d’un coach de vie.
Rappelez-vous, les self-made-men, c’est comme le père Noël. Joyeuses Fêtes !
Fabrice Vil – Pour 3 Points











