Le retraitĂ© de LâIsle-Adam fait Ă nouveau tomber ses arnaqueurs
Guy Cocheteux, 76 ans, avait portĂ© plainte en 2011 contre des escrocs aux placements douteux. Ils ont Ă©tĂ© Ă nouveau condamnĂ©s en appel, Ă Paris, aprĂšs avoir fait plus de 360 victimes pour un prĂ©judice de 15,7 MâŹ.
Guy Cocheteux est un retraité à qui il vaut mieux éviter de faire des entourloupes. « Je suis content de les avoir fait tomber », lùche, à l'issue de l'audience devant la cour d'appel, celui qui est à l'origine de toute la procédure.
Il avait portĂ© plainte en fĂ©vrier 2011 contre ses escrocs aprĂšs avoir perdu 50 000 ⏠dans les placements sur des tableaux de Marble Art Invest (MAI). Ce rĂ©sident de L'Isle-Adam de 76 ans avait investi 80 000 ⏠à la mort de sa mĂšre. Il avait alors menĂ© sa propre enquĂȘte, avant d'alimenter les policiers en documents dĂ©terminants montrant au final que plus de 360 Ă©pargnants français avaient Ă©tĂ© flouĂ©s pour un prĂ©judice global est Ă©valuĂ© Ă 15,7 MâŹ.
Ce vendredi, la cour d'appel de Paris a confirmé le jugement en premiÚre instance de 2016, notamment pour Mickael Seghier, 48 ans, condamné à 3 ans de prison pour escroquerie en bande organisée et blanchiment. Qualifié d'initiateur et de concepteur de l'arnaque, il promettait aux investisseurs 16 % de revenus par an grùce à l'achat et la vente de tableaux de peinture contemporains, ce qui avait été considéré comme « totalement extravagant et irréalisable ». Il s'agissait en fait d'une pyramide de Ponzi, c'est-à -dire une escroquerie dans laquelle l'apport des derniers investisseurs finançait les revenus des premiers. En partie seulement, le reste allant dans la poche des escrocs.
La peine a Ă©tĂ© alourdie pour certains, comme Me Albou, l'huissier de justice qui apportait sa garantie et sa crĂ©dibilitĂ© au projet en ouvrant un compte sĂ©questre. Son intervention avait permis aux escrocs de passer en quelques semaines de 400 000 ⏠d'investissement Ă 5 MâŹ. Sa peine Ă un an de prison avec sursis a Ă©tĂ© confirmĂ©e par la cour qui a surtout Ă©tendu Ă 10 ans l'interdiction d'exercer sa profession. Deux ans avaient Ă©tĂ© prononcĂ©s en 2016. « Ce qui a Ă©tĂ© soulignĂ© par l'avocat gĂ©nĂ©ral, c'est qu'il Ă©tait dangereux dans le cadre de l'exercice de sa profession », souligne Me HĂ©lĂšne Feron-Poloni, avocate de Guy Cocheteux et de plusieurs victimes de l'arnaque. « Il faut savoir que la chambre des huissiers n'avait pris aucune mesure Ă son encontre et qu'il continuait d'exercer, sans rembourser personne ».
1 700 tableaux sans grande valeur
« Cette dĂ©cision ne va pas nous rendre notre argent. Mais je vais continuer. Il n'est pas question de lĂącher », poursuit Guy Cocheteux qui envisage d'autres procĂ©dures pour tenter de rĂ©cupĂ©rer sa mise. Il confie que le liquidateur a rĂ©cupĂ©rĂ© autour de 700 000 âŹ, plus une Bentley et un Range Rover. Les 1 700 tableaux se sont eux rĂ©vĂ©lĂ©s sans grande valeur. « Ils sont tous insolvables », ajoute-t-il Ă propos des condamnĂ©s. « Depuis fĂ©vrier 2011 je n'ai pas lĂąchĂ© d'un iota. Et je ne suis pas prĂšs de le faire. »
Comme lui, de nombreuses victimes ont beaucoup perdu, souvent originaires de l'ouest de la France. Parmi elles, une jeune Brestoise qui avait investi l'argent obtenu aprĂšs avoir perdu un bras dans un accident, perdant 129 000 âŹ. « Je reprĂ©sente des gens qui ont beaucoup perdu, notamment un couple qui avait dĂ©posĂ© 15 000 ⏠chacun, les Ă©conomies d'une vie », prolonge Me Feron-Poloni. « Il y a des vraies consĂ©quences humaines Ă ces escroqueries. » Les escrocs devront ainsi verser 1 000 ⏠au titre du prĂ©judice moral Ă chacun des Ă©pargnants encore dans la procĂ©dure. Mais la plupart des victimes de l'arnaque ne se sont pas constituĂ©es partie civile ou ont abandonnĂ© en cours de route.














