...Aujourd'hui, je disparais un instant dans un espace-temps à mes yeux indéfini. Entre terre et ciel, le boeing MU0548 me sépare de ces terres mystiques, magnifiques, et particulièrement sympathiques. Comment quitter un continent lorsqu'on sait qu'on ne reviendra peut-être jamais? Qui sait si un jour je vais remettre les pieds en Asie ? Qui sait si je vais ne serait-ce qu'une fois revoir les gens que j'ai rencontrés ? Qui sait si je vais continuer de voyager en solitaire comme j'aime tant le faire ? Vais-je rester ad vitam aeternam célibataire pour perpétuer ce privilège égoïste et/ou libertaire? Je ne pense pas, je n'espère pas, mais je ne sais pas. Je sais seulement qu'aujourd'hui je quitte l'Asie. Forte de détachement, ce départ me rend vide de sentiments. Je me sens étrangement absente, à côté de mes pompes comme on dit populairement, comme si bizarrement ça m'était égal... Je ne sais même pas si je suis triste ou joyeuse, enthousiaste ou angoissée, pressée d'arriver ou déjà fatiguée, mes émotions sont confuses, ou plutôt inexistantes. Je suis heureuse, calme et tranquille. Dans la plus grande sérénité, décors, sons et actions sont gravés. Lorsque je ferme les yeux, je me rappelle parfaitement de chaque escale, de chaque paysage, de chaque visage. Le temps d'un battement de cil sept semaines se sont écoulées, il faut revenir à la réalité. À toute allure ce sublime voyage s'est réalisé. Je n'ai aucun regret. Je veux bien rentrer, même si je resterai volontiers. J'accepte exceptionnellement que tout ait un début et une fin, pour une fois chaque chose est faite en son temps, je suis prête. La date retour était dans le contrat, cette fois je partais pour mieux revenir. Le défi est relevé, la promesse tenue, le voyage terminé.









