Autour de l'exil, de l'héritage familial, de la quête d'identité et d'un destin secoué par l'Histoire tunisienne, Agnès Jésupret nous offre un premier roman émouvant. Et fait revivre les souvenirs de Clara au crépuscule de sa vie.
En deux mots
Au soir de sa vie, Clara rassemble ses souvenirs. Tout en explorant son histoire familiale, l’exil de Sicile en Tunisie, les années de guerre, la prospérité puis le déclin qu’elle croit liée à une malédiction. Pour la narratrice qui recueille sa parole, il s’agit de tenter de démêler le vrai du faux.
Ma note
★★★ (bien aimé)
Ma chronique
Grandeur et décadence des Ignorante
Autour…
v.1850-1914
Intellectuelle et féministe
Empire Ottoman-Egypte
Connue pour avoir rédigé un monumental dictionnaire biographique recensant 453 femmes, Zaynab Fawwaz est aussi une intellectuelle féministe et journaliste de la fin du XIXe siècle. Elle est l’autrice de la première pièce de théâtre écrite par une femme arabe.
Le contexte de la publication de son œuvre est celui des années 1890 où, comme en France, le développement de la presse permet aux femmes d’investir une parole publique auparavant réservée aux hommes. Des demandes pour l’éducation des filles, la fin des harems ou celle des mariages de fillettes prennent une nouvelle force. La Nahda, renaissance culturelle arabe, favorise ce mouvement. L’Égypte y occupe une place particulière.
Si Zaynab Fawwaz a elle-même écrit 453 biographies, on dispose de peu de détails sur sa vie. Sa date de naissance est inconnue et varie selon les versions entre 1846 et 1860. Elle naît dans l’Empire ottoman, dans une famille chiite pauvre à une époque où les autres intellectuelles sont traditionnellement issues de milieux favorisés. Elle serait originaire de Tibnine, ville du sud Liban au cœur du Jabal ‘Amel, une région fameuse pour ses intellectuel·les.
Une de ses biographies mentionne la poétesse Fatima bint As’ad al Khalil, qui lui aurait appris, semble-t-il, à lire et écrire et l’aurait initiés à la poésie. Ce nom de Fatima évoque celui de la maison d’un seigneur local, Ali Beck al-As’ad. On sait que Zaynab Fawwaz a fréquenté cette maison mais on ignore à quel titre. Peut-être servante ou dame de compagnie.
Plusieurs versions s’affrontent sur les raisons de son arrivée en Égypte. La seule chose que l’on sache avec certitude, c’est que son frère est avocat au Caire. Elle prend place sur la scène intellectuelle et publie un premier article dans le journal Lisan al-Hal le 27 avril 1892. Puis elle est repérée par un mentor, Hasan Husni al-Tuwayrani, qui publie la plupart de ses écrits des années 1890 dans son journal al-Nil.
Zaynab Fawwzad y est la première voix féminine arabe à défendre les intérêts des femmes et à les appeler à conquérir l’égalité. Elle lutte pour le travail des femmes en dehors de la maison et la défense de mariages plus tardifs qui permettraient aux filles de fréquenter l’école plus longtemps. Elle publie également quelques articles dans le journal al-Fatat, La jeune fille.
Elle a un style très direct qui révèle le caractère probablement autodidacte de sa formation. À partir de 1892 et jusqu’en 1896, elle rédige son grand œuvre. Sur 552 pages, ses biographies de femmes traitent de toutes les époques et des quatre coins du monde. Zaynab Fawwzad entend souligner le caractère universel de la claustration des femmes, ce qui se retrouve dans son titre, Des perles éparpillées dans le temps et dans l'espace : Classement des dames des espaces cloîtrés.
C’est en connaissant le passé, estime-t-elle, que l’on peut construire le présent. Elle évoque Cléopâtre, l'impératrice Eugénie, la reine Victoria, Jeanne d’Arc, sa consoeur Aïcha Taymur, Augustine d’Aragon ou encore la reine Zenobie. Ses recherches sont ardues dans une société où les femmes vivent en vase clos. Elle fait donc de la recherche en s’informant par exemple dans les bibliothèques de ses amies. Son travail est facilité par le fait que les femmes tiennent des salons intellectuels au Caire à cette époque.
Plus tard, elle écrit deux nouvelles et une pièce de théâtre orientée vers l’éducation morale. Ses romans de 1899 et 1905, Fins heureuses ou la radiante Ghada et Le roi Cyrus, premier des gouvernants perses sont conformes aux codes épiques de son époque. Ils sont grandiloquents et comportent de multiples rebondissements. Mais ils sont aussi porteurs d’un message politique sur la condition féminine, notamment sur le rôle du mariage. Elle vit elle-même une expérience conjugale malheureuse, un mariage par correspondance avec un admirateur qui se termine très rapidement par un divorce.
Ses chroniques sont réunies dans un livre publié par Labiba Hashim en 1905. Celle-ci la présente comme une des meilleures autrices de son époque. Au moment de sa mort en 1914, la presse loue une grande intellectuelle et commentatrice de la société de son temps.
S’arrêter un instant et regarder au loin, ne plus penser à rien et respirer : Life becomes sweet ... #ineedsun #natureinspired #Ilovethesee #écrivainepublique #biographe #L’Ecrit libre ! (à Villeneuve-Lès-Maguelonne, Languedoc-Roussillon, France) https://www.instagram.com/p/BuYc-WMFikj/?utm_source=ig_tumblr_share&igshid=xblkstd1zlt7