Quand Abel apprend que sa mère Sylvie, la soixantaine, est sur le point de se marier avec un homme en prison, il panique. Épaulé par Clémence, sa meilleure amie, il va tout faire pour essayer de la protéger. Mais la rencontre avec Michel, son nouveau beau-père, pourrait bien offrir à Abel de nouvelles perspectives…
Des prises de vues impeccables, des musiques cultes, de l'humour, du drame, de l'amour, voila ce que je retiendrais de L'Innocent. Louis Garrel nous offre un film captivant, qui fait rire et réfléchir. C'est beau, c'est émouvant, digne du cinéma français.
Le pitch est pourtant simple, certains diront même vu et revu ; pourtant l'histoire est loin d'être menée telle que nous pouvons le croire. Les trames se mêlent et s'emmêlent, et derrière l'amour et les mensonges c'est surtout les relations et les secondes chances qui sont mises en avant.
Les spectateurs les plus romantiques seront servis par les folles déclarations en voiture de Sylvie ou encore la discussion émouvante entre Clémence et Abel au cimetière ; tandis que ceux au coeur plus dur apprécieront le côté gangster du film.
Louis Garrel sait ce qu'il fait lorsqu'il se place derrière la caméra. Les plans sont non seulement beaux mais également réfléchis. La culture cinématographique du réalisateur se ressent fortement dans ce film et les cinéphiles se plairont à déceler les moindres références à des films cultes s'y trouvant.
C'est le film de l'automne 2022 et c'est en salle depuis le 12 octobre !
"Le juste milieu. Quelque part entre s'en foutre et en crever. Entre s'enfermer à double tour et laisser entrer le monde entier. Ne pas se durcir mais ne pas se laisser détruire non plus. Très difficile."
L'angoisse du Roi Salomon, Romain Gary
A l'affiche depuis le 31 août dernier, Everything Everywhere All at Once n'est pas passé inaperçu. Avec notamment un score de 95% sur Rotten Tomatoes, le film de Daniel Kwan et Daniel Scheinert se voit encensé par la critique depuis sa sortie, de même sur les réseaux sociaux où les spectateurs applaudissent le travail des Daniels.
Le synopsis est simple.
Evelyn Wang (Michelle Yeoh) croule sous les responsabilités, entre la gestion de la laverie familiale en perdition et une relation mère-fille plus qu'en péril. Soudain une autre version de son mari apparait et l'entraine au sein du multivers. Evelyn fait alors face aux différentes vies qu'elle aurait pu mener, mais très vite il faut se concentrer car une force obscure menace l'équilibre du multivers et seule notre héroïne semble capable de tout arranger.
Jusque-ici l'histoire nous parait simple, banale, et non sans nous rappeler les derniers films des studios Marvel, Spider-Man : No Way Home (2021) et Doctor Strange in the Multiverse of Madness (2022).
Mais EEAAO est bien plus que ça. Sous couvert de science-fiction le film aborde le thème de la famille et des choix de vies.
#spoiler# On comprends très vite que la force obscure menaçant l'équilibre du multivers n'est autre que la fille d'Evelyn, et que pour sauver le monde il faudra d'abord qu'elle arrange leur relation.
Et le film fonctionne bien. C'est déjanté, loufoque et absurde et pourtant si beau, si touchant, si juste. Une véritable pépite pour les yeux, un film de haute qualité. Les plans sont réfléchis, esthétiques et empruntent les codes de nombreux genres cinématographiques, de la science-fiction aux classiques du kung-fu.
Les réalisateurs ne nous offrent pas uniquement deux heures de divertissement, EEAAO est un chef d'oeuvre du cinéma auquel vous penserez encore plusieurs jours après l'avoir vu. Car une question domine, quand notre existence n'est rien qu'une poussière parmi la multitude des univers, quand rien n'a d'importance, comment comptez vous vivre ?