Accostage vers 11h. La mise en place de la coupée industrielle est assez folklo, le fenwick qui se charge de la mettre en place se retrouve sur deux roues, manquant de tout faire foirer et de blesser quelqu’un. Mais pas de problèmes, on est en Afrique, ça passe. Le soir, quartier libre. Beaucoup de marins ne sont pas sortis au Libéria, et ce soir c’est lâchage des chiens. Après avoir sillonné les rues en moto-taxi (une institution ici), je retrouve tout le monde défoncé au New-York New-York, la boîte la plus populaire de la ville. J’ai décidé de ne pas boire ce soir, aussi je tourne à la red bull-glaçons toute la soirée. La boîte est blindée de filles comme par hasard, et la nuit se termine tranquille à l’hôtel du lac (40€ la nuit). Je suis frais le lendemain matin, contrairement aux collègues, qui ont ramassé gros temps jusqu’au petit matin. C’est dimanche, alors je profite de la piscine de l’hôtel et du patio, avec vue imprenable sur la rivière qui sépare Cotonou en deux, pour siffler des bières avec les potes et fumer des chichas. Le service laisse à désirer. J’ai pas dormi de la nuit à cause de la red bull, et avec les bières je commence à être défoncé. L’effet boomerang des nuits de quart en mer,et là ça fait 48h que je n’ai pas dormi… Il est 16h quand je rentre à bord. Je dors 13h d’affilé! Je suis de service à bord le lendemain, tout se passe sans encombres.
Le surlendemain je suis de nouveau libre, et avec un poto on taille à motos au village artisanal, pour quelques souvenirs en bois. Nos guides nous déposent ensuite dans une gargote pour manger, où la patronne essaye de nous arnaquer, vu qu’on est les seuls clients. Elle nous demande dix fois le prix, sous prétexte qu’on a pas demandé le prix avant de commander. Je la menace d’aller voir les flics, et elle monte sur ses grands chevaux, mais je sais qu’elle flippe. Finalement on paye 2000 cfa comme indiqué sur la carte. Celle-là ne nous verra plus! Nos motos-taxis reviennent nous chercher pour une visite du Danktopa, le plus grand marché d’Afrique de l’Ouest. Gigantesque certes, mais crade aussi, surtout près des rives du fleuve. Je remarque que les gens n’aiment pas qu’on les prennent en photos. Derrière le marché tradi se trouve le marché vodoo, que je voulais absolument voir. J’ai été servi! C’est ignoble… Des milliers d’animaux morts exposés sur des centaines d’étals. Ça va des rats séchés à la tête d’hippopotame en putréfaction, en passant par les têtes de léopards, singes, oiseaux, hérissons… Je vous laisse imaginer l’odeur pestilentielle qui règne dans cet endroit glauque. Et les gamins, voire des bébés, qui jouent tous nus au milieu de tout ça… Comment peuvent-ils ne pas attraper de maladies au milieu de ce charnier? Certains d’ailleurs ont la peau pleins de pustules et d’eczéma. Et tous ces animaux exécutés? Si c’est pas triste tout ça! C’est ça aussi l’Afrique, parfois c’est merveilleux, parfois c’est ignoble. Les photos sont interdites, on comprend pourquoi. J’achète tout de même un gri-gri fait de bois peint à un jeune, qui est censé me procurer toutes les filles que je veux. Ça devrait pas être bien dur ici, surtout que je voue une passion insatiable pour les femmes noires. C’est presqu’une maladie mentale.
L’avant dernier soir, on se retrouve tout un groupe au Saloon, un bar -resto près du fleuve. Gros gros souci de service, et après deux heures d’attente et plusieurs bières enquillées, on se casse sans manger. Finalement, après avoir été rejoins par d’autres dans un bar local, on se retrouve au New York de nouveau pour finir la soirée. J’ai mangé liquide, et je commence à subir. Une bouteille de vodka et on rentre se coucher. Les taximen sont fatigants à toujours nous demander plus que le prix fixé au départ. A croire qu’ils font des extras pour nous. On paye déjà assez cher comme ça, vu le prix demandé aux locaux. Une course de nuit que moi je vais payer 2000 cfa coûte en réalité 500 cfa pour un béninois. Je leur jette pas la pierre, je sais que la vie est dure, mais faut pas abuser. Heureusement, c’est pas Dakar non plus, où les pseudos guides vous harcèlent jusqu’à épuisement.
Le dernier jours d’escale, je sors avec mon poto du bord, boire un verre tranquille dans l’après-midi. On attend sa copine dans un bar bien sombre, où des filles de toutes beautés nous proposent leurs services. On décline gentiment, mais c’est pas l’envie qui manque! Le bar se rempli à bloc, c’est la finale Barça-Bayern. Tout le monde est pour le Barça. Mais le Bayern va leur mettre une branlée, j’en suis persuadé. Sa copine enfin arrivée, et on file en tacos au quartier Haivive, où se situent tous les restos et hôtels. Apéro, resto, la soirée se finit tranquillement. Demain on appareille, retour à 1h sur le rafiot. Cotonou reste pour moi une ville agréable à vivre, j’espère que je reviendrais un jour ici.