Journal de quarantaine 25/04/2020
Les spectateurs finissent les derniers chuchotements
La lumière de la salle se tamise, les souffles s’apprêtent à être
L’acteur entre sur scène, le silence ne meurt pas demeure.
Le tabouret latend l’attend.
bien mal acquis ne profiteroles.
Le temps, la transpiration, le temps, transpiration
L’espace entre la transpiration et la chemise
Le temps, l’espace, l’accusation.
Causalité cause toujours, tu m’intéresses.
L’ail en chemisier transparent.
Ca se voit, il accuse le coude de ne pas être à la hauteur,
Il accuse le coude d’être l’auteur d’un mauvais coude.
Il lève les bras, que cherche-t-il ?
Auréolé, c’est un ange à deux têtes
Il lève les bras, l’ébahi baille, braille, bye bye, non pas encore
Entrebâillement de porte, la discussion semble secrète
Qu’attend-il pour commencer les gens s’endorment ?
Le temps de s’étirer et puis c’est bon.
« Un jour, un auteur, une oeuvre ».
En prononçant ces mots il s’est levé d’un bond
Le voilà qu’il marche, le pas est rapide, les aller-retours sur scène, les aléa de la vie
l’aloe vera pour la peau, l’allez tu peux le faire pour l’âme. Le B.A-Ba, faire une B.A, béa.
« Les baobabs ne sont pas des arbustes, mais des arbres grands comme des églises »
Attitude, béatitude, bêtement. Suivre bêtement. Une bête en cage, une bête immonde. Comme hideux, comédie humaine, divine comme as you are.
Faux semblant, fausse monnaie, faux-pas, empaffé. Se fâcher faut pas, ce fashion faux pas.
C’est casher c’est faux. Caches tes faux-amis. La nostalgie camarade. La langue fourche, la langue coûte. Langue coupe.
Coûte que coûte que coûte que coup de queue.
Fourchette couteau, bite. Ma bite, mon couteau. M’avis ma non-oeuvre.
De nos jours ? Des oeuvres au plat. Des oeuvres à la coke. Des oeuvres à la poil. Mais plus d’oeuvre DURE.
Celle qui dure ne se boit pas. Celle qui dure ne se voit pas. On ferme les yeux.
T’es végétarien mais tu manges des oeuvres ? Les oeuvres c’est chronophage.
Reste polis, je l’ai dit hier. POLI ou LIPO.
C’est ça. OU-LI-PO. Le revenant. Ah, ouvre la bouche et dis « ah ». Ouvroir de veine si t’en as. T’as de la veine toi ? Vaine, toi. T’es vaine, t’es vaine-pas.
Je suis nervuré. Lazy lézard. Laissez les files des supermarchés tranquilles. N’embête pas les files indiennes.
T’es bègue ou quoi ? T’as un sacré bagout, t’es à mon goût. Avec un goût de ficelle, il règle tout.
Aux aboies, et caetera. Excitons-Nous sur les variations, indignes de vous.
Crème caramel. Chocolat, clochard, fumée de cigarette, un mec indécis, un coup de dé, 6. Mon pote Jack qu’est roux. Jack Kerouac, non.
Dans le texte qui parle ? Vous entendez quelle voix là ?
En français dans le texte. Enfanté dans le texte le poème sort infâme inflammable. « Mais tu es infâme. - Non je suis une femme. »
Tenir hors de portée. Ferme la porte derrière toi.
« Durée de la gestation »
« Système de lignes horizontales, parallèles et équidistantes, sur lesquelles ou entre lesquelles sont placées les notes. »
« Distance que peut atteindre une arme, un faisceau, un son, etc. »
Je vais partager le chapitre 5 de mon roman :
« Ils discutèrent pendant des jours du discours du chapitre précédent.
Ils se posèrent à la terrasse d'un café pour regarder les jambes passer, ça les aiderait à réfléchir. En effet, le policier-poète ne voyait plus du tout l'utilité de rester policier-poète, et donc pensa. Plus il pensait, plus sa barbe grandissait ; il devint, non pas messie, mais philosophe. Lorsqu'il comprit cette destiné de pilosité, sa barbe vira au blanc. Ils se levèrent et avancèrent. Involontairement malgré lui, le policier-poète devenu philosophe remarqua que cette barbe blanche devenait noire à force de marcher dessus. Il se la caressa dans le sens du poil (comme le font les philosophes) mais rien n'y faisait. Le messie voulait faire un détour par la station service. Le philosophe demanda pourquoi : « Pourquoi ? »
- Parce que l'odeur de l'essence est la plus belle, la plus douce, et la station n'est pas loin.
- Mais l'essence n'a pas d'odeur, c'est impossible.
- Bien sûr que si, mon cher ami, ne vois-tu pas ces gens, tout autour de nous, agir pareillement ?
- Ils ne sont là que pour faire le plein d'idées, répondit le philosophe.
- C'est ce qu'on raconte aux enfants. En vérité, en vérité, je te le dis, l'essence préserve l'existence.
Le philosophe se fâcha, ce qui est normal. Lui, qui voulait faire accoucher des hommes et des ânes. Le messie, qui était très tolérant, n'en dit pas plus.
Le policier-poète devenu philosophe - à cause de son inutilité et de sa barbe blanche - voulait questionner le messie sans arrêt. Le messie préférait ne pas contrarier le philosophe, car personne ne sait de quoi ces gens sont capables - en effet, on ne les a jamais vu faire quoi que ce soit. Ils échangèrent sur la vérité. Le philosophe prit sa respiration et la parole. Il savait que le bon rôle était du côté de celui qui posait les questions (il aimait beaucoup les films policiers). Il ne se mouilla pas - les vrais philosophes ne transpirent jamais. Voici leur dialogue :
- Ne dit-on pas qu'il n'y a que la vérité qui blesse ?
- On le dit, répondit le messie.
- Mais alors, toi, dit le philosophe, qui veut donner des réponses aux gens, comment fais-tu pour ne pas te faire d'ennemi?
- Parce qu'ils savent que je leur veux du bien et que je leur apporte le confort de la croyance.
- Mais si ce que tu leur dis et prédis leur est bénéfique, alors ce que tu leur dis ne peut pas leur faire de mal, donc est nécessairement faux ; car il n'y a que la vérité qui blesse et rien d'autre. Ton discours est faux parce qu'il ne blesse pas, conclut la barbe blanche.
- Ce que tu dis est vrai, tu as raison, dit le messie.
- T'ai-je fait mal, mon pauvre ami, en t'annonçant ceci ?
- Oui, cela prouve bien que tu es dans le vrai, avoua le messie, plus sûr de rien.
Les nuages se séparèrent pour laisser place à un rayon de soleil. Les pupilles du philosophes se dilatèrent, ses yeux changèrent plusieurs fois de couleur pour s'arrêter au bleu, couleur de l'océan. Il fit très chaud et il retourna sa chemise comme on change de chaussette. C'était un torchon, et le voilà transformé. Il scintillait. Il regarda les jambes de son ami ; elles étaient couvertes d'un vêtement plutôt raffiné : des chausses en soie.
Le messie regardait son ami, béat. Il était devenu philosophiste »
Cyril Kaloustian, Roman 1, Chapitre 5, 2012
Je suis axé accent : selon les circonstances éternelles, t’es grave, t’écris vachement bien, t’es un génie t’es en mal d’horreur, je suis Honoré, t’es le roseau le chêne, un gène, ingénieur, un génie rieur, Malin génie, ingénu, Eugènie Grandet, ma caisse gêne, double file garé mal, Garibaldi, gare aux malodorants. Maldodor. T’as des airs d’accent circoncis. Sois concis. Mal dit.
Dans la famille « Un jour un auteur une oeuvre. » j’appelle :
« L’Ombilic des limbes », d’Antonin Artaud.